‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 59 sur 319 · BOB · texte numérisé non relu

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cruelle ; et il dil qu'il y en a lant, que les juges ne suffiraient à les juger ni les bourreaux à les exécuter. « Aussi, ajoute-tril^ n'advientil pas que de dix crimes il y en ait un puni par les juges, et ordinairement on ne voit que des bélîtres condamnés* Ceux qui ont des amis ou de l'argent édiappent. » — L'auteur consacre ensuite une dissertation à réfuter Jean Wierus, sur ce qu'il avait dit que les sorciers sont le plus souvent des malades ou des fous, et qu'il ne fiallait pas les brûler, a Je lui répondrai, dit Bodin, pour la défense des juges qu'il appelle bourreaux. » L'auteur de la Dé^ monomanie avoue que ces horreurs lui font dresser le poil en la tête, et il déclare qu'il faut exterminer les sorciers et ceux qui en ont pitié, et brûler les livres de Wierus *.

Bodry , — VOy. REVENANTS.

Boèce, — l'un des plus illustres Romains du sixième siècle, auteur des Consolations de la philosophie. Il s'amusait, dans ses moments de loisir , à faire des instruments de mathématiques , dont il envoya plusieurs pièces au roi Clotaire. Il avait construit des cadrans pour tous les aspects du soleil , et des clepsydres qui , quoique sans roues , sans poids et sans ressorts, marquaient aussi le cours du soleil, de la lune et des astres, au moyen d'une certaine quantité deau renfermée dans une boule d'étain qui tournait sans cesse, entraînée, dit-on, par sa propre pesanteur. C'était donc le mouvement perpétuel. Théodoric avait fait présent d'une de ces clepsydres à Gondebaud, roi des Bourguignons. Ces peuples s*imagiuèrent que quelque divinité, renfermée dans cette machine, lui imprimait le mouvement : c'est là sans doute l'origine de l'erreur oij sont tombés ceux qui l'ont accusé de ihagie. Ils en donnent pour preuve ses automates; car on assure qu'il avait fait des taureaux qui mugissaient , des oiseaux qui criaient ei de& serpents qui sifilaient. Mais Delrio dit ^ que ce n'est là que de la magie naturelle.

Boebm (Jacoa) , — né en 4375, dans la Haute-Lusace. De cordonnier qu'il était, il se fit alchimiste, homme à extases, et chef d'une secte qui prit le nom de boehmisbes. Il publia, en 464*2 , un livre de visions ei de rêveries intitulé V Aurore naissante, que l'on poursuivit. Il expliquait le système du monde par la philosophie hermétique, et présentait Dieu comme un alchimiste occupé à tout produire par distillation. Les écrits de cet illuminé, qui

' Joannis Bodini univers» natursc theatrnin, in qiio Wttm omnium effcctricos cansse et fines coiiteiVipIantiir. tn-8". Lugdani, Roussin, 1596.

^- DiiquisiUoji. Qiagic., p. 4U.

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forment plus de cinquante volumes inintelligibles, ne sont pas connus en France, excepté ce que Saint-Martin en a traduit : V Aurore naissante, les Trots principes et la Triple vie. Ce songe- creux était anthropomorphite ' et manichéen ; il admettait pour deuxième principe du monde la colère divine ou le mal, qu'il faisait émaner du nez de Dieu. On recherche, parmi ses livres d'alchimie, son Miroir temporel de réternitét ou de la Signature des choses, traduit en français, in-8*>; Francfort, 4669 *, Ses doctrines philosophiques ont en** core des (^artisans ea Allemagne.

Bœuf. — Le bœuf de Moïse est un des dix animaux que Mahomet place dans son paradis. — On attache à Marseille quelques idées superstitieuses au bœuf gras qu'on promène, dans cette ville, au son des flûtes et des timbales, non pas comme partout le jour du car*naval, inais la veille et le jour de la Fêle-Dieu. Des savants ont cru voir là une trace du paganisme; d'autres ont prétendu que c'était un usage qui remontait au bouc émissaire des Juifs. Mais Rufïl, dans son Histoire de Mar^ seilky rapporte un acte du quatorzième siècle qui découvre l'origine réelle de cette oDUtume. Les confrères du Saint-Sacrement, voulant ré^ galer les pauvres, achetèrent un bœuf et m avertirent le peuple en le promenant par là ville; Ce festin fit tant de plaisir qu'il se renou'vêla tous les ans; depuis il s'y joignit de petites croyances. Les vieilles femmes crurent préserver les enfants de maladie en leur faisant baiser ce bœuf; tout le monde s'em^ pressa d'avoir de sa chair, et on regarde encore aujourd'hui comme très-heureuses les maisons à la porte desquelles il veut bien, dans sa mardie, déposer ses excréments. — Parmi les bètes qui ont parlé on p0ut compter des bœufs. Fulgose rapporte qu'un peu avant la mort de César un bœuf dît à son maître, qui le pressait de labourer : « Les hommed manqueront aux moissons, avant que la moisson manque aux hommes. » On voit, dans Titc-Live et dans Valère-Maxime, que pen* dant la seconde guerre punique un bœuf cria en place publique : « Rome, prends garde à toi ! » François de Torre^-Blanca pense que ces deux bœufs étaient possédés de quelque démon *. Le père Engelgrave { Lux ecunge*-

' Les anthropomorphltes étaient des hérétiques qui donnerai à Dif « la forme hamaine.

^ On peut yoir encore Jacobi }îoehini> ulias dictiteu* tonici philosophi, clavis prœcipuarum rerum quse in reliquis suis scriptis occurrunt pro incipientibus ad ulterîorem consideratïonem levelationis divinae conscripta. 16*24, un vol. in-4».

" Kpit. ^flictor. bivc de magià, )ib. Ji, cap. :^5.

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