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relier de filois, à l'enseigne du Cyyne^ che^ qui elle était servante, lui avait fait gouverner trois mois cette marionnette ou mandragore, qu'elle lui donnait à manger avec frayeur d'abord , car elle était fort méchaptç , que quand son maître allait aui^ champs, il lui disait : (( Je vous recommande ma bête, et que personne ne s'en approche que vous. » Elle conta qu'une certaine fois Jehan étant allé en voyage, elle demeura trois jours sans donner à manger à la bête, si bien qu'à son retour, elle le frappa vivementau visage... Elle avait la forme d'une guenon, que l'on cachait bien, car elle était si hideuse, que personne ne l'osait regarder. Sur ces dépositions, le juge fil mettre la femme Bouchey à la question , et plus tard le parlement de Paris la condamna comme sorcière ^ Il est assez probable que la marionnette était simplement une vraie guenon.
|k>u«ll9o fhi t^blMt. — Pierre Delancre assure, dans V Incrédulité et mécréance du sortilège pleinement convaincuiSf traité dixième, qu^ les sorcières, au sabbat, font bouillir des enfants morts et de la chair de pendu , qu'elles y joignent des poudres ensoircelées, du millet noir, des grenouilles; qu'elles tirent de tout cela un bouillon qu'elles boivent, ^n disant : « J'ai bu du tympanon *, et me voilà professe en sorcellerie. » On ajoute qu'après qu'elles ont bu ce bouillon, les sorcières prédisent l'avenir, volent dans les airs, et possè* dent le pouvoir de faire des sortilèges.
Bo^llé (Thomas), — vicaire de Picard, sorcier comme lui, et impliqué dans l'affaire de Madeleine Bavan. On le convainouit d'avoir noué et dénoué l'aiguillette, de s'être mis sur des charbons ardents sans se brûler, et d'avoir fait plusieurs abominations. Il souffrit Ta question sans rien dire, parce qu'il avait le sort de lacitiirnité , comme l'observe Boisroger. Cependant, quoiqu'il n'eût rien avoué, parce qu'il avait la marque des sorciers et qu'il avait commis dea actes infâmes ; il fut, après amende honorable, brûlé vif, à Rouen sur le Vieux-Marché, le 22 août 4647 ■.
BquIUqo ( Jacques) , — astrolçgue 4 Qou^ logne-la-Gra3se, né au diocèse de Dql ei) Bretagne. Il ùji, plusieurs traitéji d's^ro|ogie que nous ne connaissons pas ; il prédit les troubles de Paris sous Charles YI, ainsi qu^ la prise de Tours par le Dauphiq, U fit aussi,
< Arrêts notables de P. Delancre.
> Ce bouillon se met dans une oatre de peaii de bouCi qui sert quelquefois de tympanon ou de tambour.
-^ M. Jules Garinet, Histoire du la magie en France,
BOU
dii-on, i'horoscofve de Polbon de SaiiUroilIes, en quoi onaââure qu'il rencontra juste ^
BottlvèM, — professeur d'hébreu au collège de Montatgu. Il a écrit l'histoire de la possession de Lâon, en 1356 ; c'est l'aventure de Nicole Aubry. C'était un homme excessivement crédule.
BottiiAMlieioh, — Livre de Vetemitè, très^ révéré des anciens Persans. C'est là qu'on voit qu'Ormusd est l'auteur du bien et du monde pur , Arimane l'auteur du mal et du monde impur. Un jour qu'Ormusd l'avait vaincu, Arimane, pour se venger, tua un bœuf qu'Ormusd avait créé : du sang de ce bœuf naquit le premier homme, sur lequel Ormusd répandit la force et la fraîcheur d'un adoles^ cent de quinze ans, en jetant sur lui une goutte (ïeau de santé et une goutte d'eau-de-vie. Ce premier homme s'appela Kaid-Mords; il vécut mille ans et en régna cinq cent soixante. . 11 produisit un arbre des fruits duquel naquit le genre humain. Arimane, ou le diable, sous la Ggure d'un serpent, séduisit le premier couple et le corrompit ; les premiers hommes déchus se couvrirent alors de vêtements noirs et attendirent tristement la résurrection ; car, ils avaient introduit le péché dans le monde. On voit là une tradition altérée de la Genèse.
Bovrignoo (Antoinette], — visionnaire, née à Lille en 4646, morte en 4680 dans la Frisé. Elle était si laide, qu'à sa naissance on hésita si on ne l'étouSérait pas comme un monstre. Ette se consola de l'aversion qu'elle inspirait par la lecture mal digérée de livres qui enflammèrent son imagination vive et ardente. Elle eut des visions et des extases. A vingt ans, comme elle était riche, il se trouva un homme qui voulut bien l'épouser ; mais, au moment d'aller à l'autel, elle s'enfuit déguisée en garçon. Elle voyait partout des démons et des magiciens. Elle parcourut la Hollande et fréquenta les hérétiques, les rabbins, les sorciers ; car il y avait alors à Amsterdam des sorciers de profession. — Ses nombreux ouvrages, qui furent tous imprimés sous ses yeux, en français, en flamand et en allemand, combattent tout culte extérieur et toute liturgie, en faveur d'une perfection mystique inadmissible. Les plus célèbres de ses écrits sont le traité du Nouveau Ciel et du règne de l'Antéchrist, et son livre ûe V Aveuglement des hommes et de la lumière née en ténèbres,
Mùvktf, — voy. Flaque.
I^urru. — Les Parisiens faisaient autrefois beaucoup de contes sur un fantôme imaginaire
^ Extrait d'un manuscrit de la Bibliothèque du roi, rapporté à la fin dei Benarques de Joly sur Bayle.
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qu'ils appelaient le moine bourru ; i} pi^'ceurait les rues pendant la nuit, tordait le cou à ceux qui mettaient la tête à la fenêtre, ei faisait nombre de tours de passe^passe. Il parait que c'était une espèce de lutin. Les bonnes et les nourrices épouvantaient les enfants de la menace du moine bourru. Croque-mitaine lui a succédé.
Bourreau. -^ Le maître des hautes-oeuvres avait jadis diverses prérogatives. On lui attribuait môme, dans plusieurs provinces^ le privilège de guérir certaines maladies, en les touchant de la main, lorsqu'il revenait d'une exécution de mort ^. On croit encore, dans nos campagnes, que le bourreau es(^ un peu sorcier, et il n'est pas rare que dçs malades superstitieux se fassent traiter par lui, quoiqu'il n'ait plus de graisse de pendu.
BouianthropSe, — maladie d'esprit qui frappait certains visionnaires, et leur persuadait qu'ils étaient changés en bœufs. Mais les bousanthropes sont bien moins- copimuns que les loups-garous ou lycanthropes, dans les annales de la superstition. Voy. LvcANTaBOpiE.
Bouton de bachelier. •— Les jeunes paysans anglais prétendaient autrefois savoir d'avance quels seraient leurs succès auprès des jeunes Biles qu'ils voulaient rechercher en mariage, en portantdans leur poche une plante nommée bouton de bachelier, de l'espèce des lychnis, et dont la fleur ressemble à un bouton d'habit. Ils jugeaient s'il fallait espérer ou désespérer, selon que ces boutons s'épanouissaient ou non ^
Bovîlle ou Bovelles, Bovillus (CHARLES de), — Picard, mort vers 4553.11 veut établir, dans son livre De sensu^ cette opinion que le monde est un animal, opinion d'ailleurs ancienne, renouvelée plusieurs fois depuis et assez récemment par Félix. Nogaret \ On cite encore de Bovillus ses Lettres * , sa Vie de Raymond Lulle, son Traité des douze nombres et ses Trois dialogues sur Vimmortalitè de Vâme, la résurrection et la Fin du monde ^.
1 Tbiers, Trai^ des superst., t. !<'', p. 443.
2 Smith , Notçs aux Joyeuses commères de Shakspeare, acte III.
3 Dans un petit volume inlitulé : La Terre est un animal.
* Epistolœ complures super mathematicum optis quadripartitum, recueillies avec les traités De duodeeim niimerîs, de numeris perfectis, etc., à la suite du Liber da inte11ectu,de sensu, etc.In-fol., rare. Paris, H.Estienne, IBIO.
* Vita Raymundi ercraitœ, â la suite du Commenta rius in primordiale evangelium Joannis. In-4''. Paris, 1514. — Dialogi très de animœ immortalitate, de resiirrectione, de mundi excidio et illius instaurationc. In-S". Lyon, Gryphius, 1552.