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lui , avait toujours agi de telle sorte que per* sonne ne lui refusait l'aumône *.
CaméUon. — Démocrite , au rapport de Pline , avait fait un livre spécial sur les superstitions auxquelles le caméléon a donné lieu. Un plaideur était sûr de gagner son procès, s'il portait avec lui la langue d'un caméléon arrachée à l'animal pendant qu'il vivait. On faisait tonner et pleuvoir en brûlant sa tète et son gosier sur un feu de bois de chêne , ou bien en rôtissant son foie sur une tuile rouge. Boguet n'a pas manqué de remarquer cette merveille, dans le chapitre 23 de ses Discours des sorciers. L'œil droit d'un caméléon vivant, arraché et mis dans du lait de chèvre, formait un cataplasme qui faisait tomber les taieâ des yeux ; sa queue arrêtait le cours des rivières. On se guérissait de toute frayeur en portant sur soi sa mâchoire , etc, — Des curieux assurent encore que cette espèce de lézard ne se nourrit que de vent. Mais il est constant qu'il mange .des insectes ; et comment aurait-il un estomac et tous les organes de la digestion , s'il n'avait pas besoin de digérer ? Comment encore , s'il ne mange pas , produit-il les excréments , dont les anciens faisaient un remède magique pour nuire à leurs ennemis? — La couleur du caméléon paraît varier continuellement, selon la réflexion des rayo()s du soleil el la position où l'animal se trouve par rapport à ceux qui le regardent : c'est ce qui l'a fait comparer à l'homme de cour. — Delancre dit, d'un autre côté, que le caméléon est l'emblème des sorciers , et qu'on en trouve toujours dans les lieux où s'est tenu te sabbat.
Ci^méfarîuf ( JoAcHiM ), — savant allemand du seizième siècle. On recherche son traité De la nature et des affections des démons • et son Commentaire sur les divinations '. — Nous indiquerons aussi, de Barthélemi Camerario, Bénéventin, mort en 4564, un livre sur le feu du Purgatoire * ; les Centuries de Jean Rodolphe Camérarius , médecin allemand du dix-septième siècle , sur les horoscopes et Vastrologie ^ , et le fatras du même auteur sur les secrets meroeilleux de la nature ^. Enfin
I Boguet, Discours des sorciers, ch. 14.
' De natura et affectionit»ua diemonum yikti ^o, LipsiàB, 1676. In-8».
3 Commentarius'de generibus divinationum, acgnecis latinisque earum yocabulis. Lipsiœ, lb76. In-8**.
^ De purgatorio Igné. Romœ, 155T.
^ Horarum natalium centurise II pro cerUtudine astrologiee. In-4<*. Francfort, 1607 et 1610.
6 Sylloge memorabilium medicinœ et mirabilium naturœ arcanorum centuri» Xll. In-12. Strasbourg, 1624. L'édition in-B» de;Tubingae, 1683, est augmentée et contient XX centuries.
VAS — i
Élie Camérarius, aulrc rêveur de Tubinguc, a écrit en faveur de la magie et des apparitions, des livres que nous ne connaissons pas.
Oampanella (Thom.vs], — homme d'esprit, mais de peu de jugement , né dans un bourg delà Calabre en i568. Tout jeune, il rencontra, dit-on, un rabbin qui Finitia dans les secrets de Talchimie, et qui lui apprit toutes les sciences en quinze jours , au moyen de TArt Notoire. Avec ces connaissances , Campanella , entré dans Tordre des dominicains, se mit à combattre la doctrine d'Aristole alors en grande faveur. Ceux qu'il attaqua l'accusèrent de magie ; et il fut obligé de s'enfuir de Naples. On s'empara de ses cahiers ; l'inquisition , y trouvant des choses répréhensibles, condamna Fauteur à la retraite dans un couvent : notez que c'était l'inquisition d'État et que la vraie cause qui lui fit imposer le silence dans une sorte de séquestration, fut nne juste critique qu'il avait faite dans son Traité de la monarchie' espagnole , des torts graves de cette nation, dominée alors par un immense orgueil. Il sortit de sa retraite par ordre du pape, en 1626 , et vint à Paris, où il mourut chez les jacobins de la rue Saint-Honoré, le 2i mai 1639. On a dit qu'il avait prédit l'époque de sa mort. Nous ne citerons de ses ouvrages que ses quatre Hyres Du sens des choses et de la magie ' , et ses six livres d'ostrologie^; l'auteur, qui faisait cas de cette science, s'efforce d'accorder les idées astrologiques avec la doctrine de saint Thomas.
Oampetti, — hydroscope, qui renouvela à la fin du dernier siècle les merveilles de la baguette divinatoire. Il était né dans le Tyrol. Mais il a fait moins de bruit que Jacques Aymar. Au lieu de baguette pour découvrir les sources, les trésors cachés, et les traces de vol ou de meurtre, il se servait d'un petit pendule formé d'un morceau de pyrite, ou de quelque autre substance métallique suspendue à un fil qu'il tenait à la main. Ses épreuves n'ont pas eu de suites.
Oamuz ( Philippe ), — romancier espagnol du seizième siècle. On lui attribue la Vie de Robert'le-Diable ', qui fait maintenant partie de la Bibliothèque Bleue.
Canaie, — montagne d'Espagne , fameuse dans les anciennes chroniques ; il y avait au
^ De sensu rerum et magialibri iv, etc. In-é^. Francfort, 1620.
* Astrologiconimlibrivi. ln-4''.Lyon, 1629. L'édition de Franclori , 1630, et plus recherchée, parce qu'elle contient un septième livre intitulé De fato syderali vitando.
3 La Vida de Robcrto el Diable, etc. In-rolio. Sévillc,