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Césalpin, particulièrement consulté, répondit par le livre que nous citons. Il commence par exposer une immense multitude de faits attribués aux démons et à la magie. Ensuite il discute ces faits ; il avoue qu'il y a des démons, mais qu'ils ne peuvent guère communiquer matériellement avec l'homme; il termine en se soumettant à la croyai^ce de Téglise. Il déclare que la possession des religieuses de Pisc est surnaturelle ; qub les secours de la mé-' decine y sont insuffisants, et qu'il est bon de recourir au pouvoir des exorcistes.
CéMT (Caïus Julic»), — On a raconté de cet homme fameux quelques merveilles surprenantes. Suétone rapporte que. César étent avec son armée sur les bords du Rubieon que ses soldats hésitaient à traverser, il apparut un inconnu de taille extraordinaire, qui s'avança en sifflant vers le général. Les soldats accourent pour le voir; aussitôt le fantôme saisit la trompette de l'un d'eux, sonae la charge, passe le ikuve ; et César s'écrie, sans délil>érer davantage : « Allons où les présages des dieux et T injustice de nos ennemi:) nous appellent. » L'armée le suivit avec ardeur. — Lorsqu'il débarqua en Afrique pour faire la guerre à Juba, il tomba à terre. Les Romains se troublèrent de ce présage; maisCé* sar rassura les esprits en embrassant le sol et en s'écriant, comme si sa chuLe eût élé volontaire : « Afrique, tu es à moi, car je te tiens dans mes bras. » — On a vanté l'étonnante force de ses regards ; on a dit que, des côtes des Gaules, il voyait ce qui se passait dans l'île des Bretons. Roger Bacoi), qui ne doute pas de ce fait, dit que Jules César n'examinait ainsi tout ce qui se faisait dans les camps et dans les villes d'Angleterre qu'au moyen de grands miroirs destinés à cet usage. — On assure que plusieurs astrologues prédirent à César sa mort funeste: que sa femme Calpurnie lui conseilla de se défîer des ides de mars ; que le devin Artémidore tâcha également de l'effrayer par de sinistres présages lorsqu'il sB rendait au sénat , où il devait être assassiné , toutes choses contées après l'événement. — On ajoute qu'une comète parut à l'instant de sa mort. On dit encore qu'un spectre poursuivit Brutus, son meurtrier, à la bataille de PUilippes; et que , dans la même journée, Cassiuscrut voir au fort de la mêlée César accourir à lui à toute bride, avec un regard foudroyant. C'est, dit-on, effrayé de cette vision terrible qu'il se perça de son épée. Quoi qu'il en soit, Jules César fat nç^is au rang des die^ix par çrdre d'Auguste,qui prétendit que Vénus avait emporté son âme au ciel. On le représentait dans ses lem-
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pies aviec une étoile sur )n lôtc, à cause de la comète qui parut au moment de sa mort.
César ^ — charlatan qui vivait à Paris sous Henri IV , astrologue , nécromancien , chiromancien, physicien, devin, faiseur de tours magiques; il disait ta bonne aventure par l'inspection des lignes de la main ; il guérissait en prononçant des paroles et par des attouchements. Il arrachait les dents ^ans dou* leur, vendait assez cher de petits joncs d'or émaillés de noir, comme talismans qui avaient des propriétés merveilleuses contre toutes les maladies. Il escamotait admirablement et fai-* sait voir le diable avec ses cornes. Quant à sa dernière opération , il semble qu'il voulait punir les curieux d'y avoir cru; car ils en revenaient toujours si bien rossés par les sujets de Beizébuth, que le magicien lui-même était obligé de leur avouer qu'il était fort, imprudent de chercher à les connaître. Le bruit courut à Paris, en 4641 , que l'enchanteur César et un autre sorcier de ses amis avaient été étranglés par le diable. On publiai même, dans un petit imprimé, les détails de cette aventure infernale. Ce qu'il y a de certain, c'est que César cessa tout à coup de se montrer ; il n'était cependant point mort, il n'avait même pas quitté Paris. Mais il était devenu invisible, comme quelques autres que l'État se charge de loger «.
Cétara. — Les Irlandais croient remonfer à Césara , petite-fille de Noé , qui se réfugia dans leur île, où, par grâce spéciale, elle fut à l'abri des eaux du déluge.
Céfom« , — femme de Caligula. Suétone conte que, pour se faire aimer de son auguste époux, elle lui fit l?pire un philtre qui acheva de lui faire perdre l'esprit. On prétend qu'il y avait dans ce philtre de l'hippomane, qui est un niorceau de chair qu'on trouve quelquefois, dit-on, au front du poulain nouveau-né.
Voy. UiPPOMAIVE.
Cteurawata, — sectaiPBS indiens, qui ont si grand'peur de détruire des animaux , qu'ils se couvrent la bouche d'un linge pour ne pas avaler d'insectes. Ils admettent un bon et un mauvais principe, et croient à des transmigrations perpétuelles daps différents corps d'hommes ou de bètes.
Ceyian. — Les habitants croient que cette île fut le lieu qu'Adam et Eve habitèrent, après avoir été chpssés du jardin de délices.
OhaooB (Alphonse), en latin Ciaconius, — dominicaia espagnol du seis^ème siècle, au-
^ Charlatans célèbres, 1. 1^. p. 202.
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teur du traité traduit par Cayet : Comment Vâme de Trajan fut délivrée de V enfer *.
Çhagrfio, — tojinerre de Wishnpu. (.e^ Indiens le représentent soiis la figqre d'vn cercle qui von^it du feu de tpus côtés, comrp^ nos soleils d'arMfiçe.
Cbaine du dUMe. — C'est une tradition parmi les vieilles femmes de la Suisse que saint Bernard tient le diable enchaîné dans quelqu'une des montagp s qui environnent l'abbaye de Clairvaux ; et c'est sur cette tradition qu'est fondée la coutuipe des maréchaux du pays de frapper tous les lundis, avant de se mettre en besogne, trois coups de marteau sur Fenclume pour resserrer la chahie du diable, afin qu'il ne puisse s'échapper.
Chaîs (Pierre), — ministre prolestant, né à, Genève en 1701. Dans son livre intitulé k Sens littéral de V Écriture Sainte^ etjC., traduit de l'anglais, de Stackhouse, 3 volumes in-8°, 1738, il a mis une curieuse dissertation, dp^t il est l'auteur, sur les démopiaques.
dbaloèdoine. — On conte qu'après que les Perses eurent ruiné Chalcédoine, sur le Bosphore, Constantin-le-Grand voulut la rebâtir, parce qu'il en aimait le séjour; mais des aigles vinrent, qui, avec leurs serres, enlevèrent los pierres des mains des ouvriers ; ce prodige se répéta tant de fols qu'il fallut renoncer à reconstruire la ville , si bien que l'empereur alla bâtir Constantinople....
Ohaldéeni. — On prétend qu'ils trouvèrent l'astrologie ou du moins qu'ils la perfectionnèrent. Ils étaient aussi habiles magiciens.
Cham., — troisième fils de Noé , inventeur ou conservateur de la magie noire. Il perfectionna les divinations et les sciences supersti* tieuses. Cecco d'Ascoli dit, dans le chapitre 4 de son Commentaire sur la Sphèrç de Sacrobosco, avoir vu un Hvre de magie composé par Cham , et contenant les Eléments et Iq ^%iique de la nécromancie. Il enseigna CQtte science redoutable a son fils Misraïm , qui , pour les merveilles qu'il faisait , fut appelé Zoroastre, et composa, sur cçl art diabolique, cent niille vers, selon Suidas , et trois cent miJle, selpn d'autres. — Les monstruosités de Cham lui attirèrent, dit-on, un châtiment terrible ; il fut emporté par le diable à la vue de ses disciples. — Bérose prétend que Cham est le même que Zoroastre ; Annius de Viterbe , dans ses notés au texte supposé de cet écrivain , pense que Cham pourrait bien être le
I Tractatas de liberatione animœ Trajani imperalorîp a pœnis infernî, etc. Home, 1576. Reggiô, IS^ ' *
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type du Pan des anciens païens *. Kircliordit que c'est leur Saturne et leur Osiris, d'autres prétendent que c'esl lui qui fut adoré sous le nom de Jupiter Ammon. — On dit encore que Cham a inventé ralchimie, et qu'il avait laissé une prophétie dont Thérétique Isidore se servait pour faire des prosélytes. Nous ne la connaissons pas autrement que par un passage de Sandf qui dit que Cham, dans cette prophétie, annonçait l'immortalité de l'âme *.
Chamans , — prêtres sorciers des Yacouts. Vùy. Mang-Taar.
Chambrei infestée! , — VOy. DeshouliÈRëS,
Despilliers , Athenagore , Ayola , etc.
Ohamean. — Les musulmans ont pour cet animal une espèce de vénération ; ils croient que c'est un péché de le trop charger ou de le faire travailler plus qu'un cheval ; la raison de ce respect qu'ils ont pour le chameau, c'est qu'il est surtout commun dans les lieux sacrés de l'Arabie, et que c'est lui qui porte le Koran quand on va en pèlerinage à Lp Mecque. Les conducteurs de ces animaux , après les avoir faii boire dans un bassin , prennent l'écume qui découle de leur bouche et s'en frottent dévotement la barbe , en disant : « 0 père pèlerin 1 ô pore pèlerin ! » Ils croient que cette cérémonie les préserve de méchef dans leur voyage. — On voit dans les Admirables Secrets d^Albert-le-Grand, livre II, chap% 3, que « si le sang du chameau est mis dans la peau d'un taureau pendant que les étoiles brillent, la fumée qui en sortira fera qu'on croira voir un géant dont la tète semblera toucher le ciel , Hermès assure l'avoir éprouvé lui-même. Si quelqu'un mange de ce sang, il deviendra bientôt fou ; et si Ton allume une lampe qui aura été frottée de ce même sang, on s'imaginera que tous ceux qui seront présents auront des tètes de chameau, pourvu cependant qu'il n'y ait point d'autre lampe qui éclaire la chambre. » Voy, Jean-Baptiste.
ChammadAi, — le même qu' Asmodée.
chamof, — démon de la flatterie, membre du conseil infernal. Les Ammonites et les Moabites adoraient le soleil , sous le nom de Chamos , Kamosch ou Kemosch ; et Milton l'appelle Vobscène terreur des enfants de Moab. D'autres le confondent avec Jupiter Ammon. Vossius a cru que c'était le Cornus des Grecs et des Romains , qui était le dieu des jeux , des danses et des bals. Ceux qui dérivent ce mot de l'hébreu Kamos prétendent qu'il si-
* Comment, ad Berosi lib. m. Wierus, De Praestigiis, dit que Pan est le prince des démons incubes.
> Christoph. Sandii lib. de Origine animce, p. 99.
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gnifie le dieu caché, c'est-à-dire Plutoii, dont la demeure est aux enfers.
ChamowUard , — noueur d'aiguillette qui fut condamné, par arrêt du parlement de Paris, en 4597, à être pendu et brûlé, pour avoir maléficié une demoiselle de la Barrière. Voy. Ligatures.
Champ du Rire. — Annibal , lorsqu'il faisait le siégjf; de Home , se retira , dit-on , de devant celle ville, épouvanté de vaines terreurs et de fantômes qui troublèrent ses esprits. Les Romains, lui voyant lever le siège, poussèrent de tels cris de joie et firent do si grands éclats de rire que le lien d'où il décampa s'appela le Champ du Rire.
Champier ( Symphorien ] , — Lyonnais du quinzième siècle, qui a publié en 4503 la Nef des Dames vertueuses , en quatre livres mêlés de prose et de vers, dont le troisième contient les prophéties des sibylles. On l'a soupçonné à tort d'èlre l'auteur du livre des Trois ImjMSteurs; mais il a laissé un petit livre inlitulé : De Triplici disciplina, in-8*», Lyon 4508. On lui doit aussi des Dialogues sur la nécessité de poursuivre les magiciens ^ .
Champignon. — Les Hollandais appellent le champignon pain du dta&2e (duivelsbrood).
Chandelle. — Cardan prétend que , pour savoir si un trésor est enfoui dans un souterrain où l'on creuse pour cela , il faut avoir une grosse chandelle , faite de suif humain , enclavée dans un morceau de coudrier, en forme de croissant, de manière à figurer avec les deux branches une fourche à trois rameaux. Si la chandelle, étant allumée dans le lieu souterrain , y fait beaucoup de bruit en pétillant avec éclat , c'est une marque qu'il y a un trésor ; plus on approchera du trésor, plus la chandelle pétillera ; enfin elle s'éteindra quand elle en sera tout à fait voisine. Ainsi il faut avoir d'autres chandelles dans des lanternes, afin de ne pas demeurer sans lumière, Quand on a des raisons solides pour croire que ce sont les esprits des hommes défunts qui gardent les trésors, il est bon d'avoir des cierges bénits au lieu de chandelles communes; et on les conjure de la part de Dieu de déclarer si l'on peut faire quelque chose pour les mettre en lieu de repos ; il ne faudra jamais manquer d'exécuter ce qu'ils auront demandé '... — Les chandelles servent à plus d'un usage. On voit dans tous les démonograpbes que les sorcières, au sabbat, vont baiser
■ Dialogos in magicarum artlam destmcttonem. In-4». Lyon, Balsarin, sans date (vers 1507).
> Le Solide trésor du FeUt Albert.
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ie derrièro du dinble avec i)ne chaDdellc noire à la main. Boguct dit qu'elles vont allumer ces cbandelltis à un flambeau qui est sur la tête de bouc du diable, entre ses deux cornes, et qu'elles s'éteignent et s^évanouissent dès qu'on les lui a offertes *. — N'oublions pas que trois chandelles ou trois bougies sur une table sont du plus mauvais augure ; et que quand de petits charbons se détachent de la lumière d'une chandelle , ils annoncent , selon quel^ ques-uns, une visite* ; mais, selon le sentiment plus général, une nouvelle, agréable s'ils augmentent la lumière, fâcheuse s'ils l'affaiblissent.
Chant du ooq. — Il dissipe le sabbat.
Voy, Coq.
Ghaomanoîe , — art de prédire les choses futures par le moyen des observations qu'on fait sur l'air. Cette divination est employée par quelques alchimistes qui ne nous en ont pas donné le secret.
Ohapeattz vcateas , *— voy, Éric.
Chapelet. — On a remarqué pertinemment que tous les chapelets de sorcières avaient une croix cassée ou endommagée : c'était même un indice de sorcellerie qu'une croix de chapelet qui n'était pas entière.
Chapelle du Damné. — Raymond Diocres, chanoine de Notre-Dame de Paris, mourut en réputation de sainteté vers Tan 1084. Son corps ayant été porté dans le chœur de la cathédrale , il leva la tète hors du cercueil à ces mots de l'office des morts : Responde mihi quantas kabes iniquitates, etc., et dit : Jusio judicio Dei accusatus sum, ( J'ai été cité devant le juste jugement de Dieu. ] Les assistants effrayés suspendirent le service et le remirent au lendemain. En attendant , le corps du chanoine fut déposé dans une chapelle de Notre-Dame, qu'on appelle depuis la Chapelle du Damné, — Le lendemain , on recommença l'office, et lorsqu'on fut au même verset, le mort parla de nouveau , e( dit : Justo Dei judicio judicatus sum, ( J'ai été jugé au juste jugement de Dieu. ) On remit encore l'office au jour suivant; et au même verset , le mort s'écria : Justo Dei judicio condemnatus sum. (J'ai été condamné aujuste jugementdeDieu.) Là-dessus, dit la chronique , on jeta le corps à la voirie; et ce miracle fut cause, selon quelques-uns , de la retraite de saint Bruno , qui s'y trouvait présent. Quoique cette anecdote soit contestée, elle est consacrée par des monuments. La peinture s*en est emparée, et
' Discours des sorciers, ch. 22.
* Brown,liv. v,ch.23.
Le Sueur en a tiré parti dans sa belle galerie de saint Bruno.
Chapuis ( Gabriel ) , — né à Amboise en 4546. Nous citerons de ses ouvrages celui qui porte ce titre : les Mondes célestes , terrestres et infernaux, etc., tiré des Mondes de Doni, in-S", Lyon, 1583. C'est un ouvrage satirique.
Char de la mort , — voy, BROUETTE.
Charadrms , — oiseau immonde que nous ne connaissons pas ; les rabbins disent qu'il est merveilleux , et que son regard guérit la jaunisse. Il faut, pour cela, que le malade et l'oiseau se regardent fixement ; car si Toiseau détournait la vue, le malade mourrait aussitôt.
Charbon d'impureté , — l'un des démons
de la possession de Loudun. Voy. Grandier.
OharlataiM. — On attribuait trop souvent autrefois aux sorciers ou au diable ce qui n'était que l'ouvrage des charlatans. Si nous pensions comme au seizième siècle, tous nos escamoteurs seraient sorciers. — Voici ce qu'on lit dans le Voyage de Schouten aux Indes orientales: « 11 y avait au Bengale un charlatan qui, en faisant plusieurs tours de souplesse , prit une canne longue de vingt pieds, au bout de laquelle était une petite planche large de trois ou quatre pouces ; il mit celte canne à sa ceinture, après quoi une fille de vingt-deux ans lui vint sauter légèrement par derrière sur les épaules , et , grimpant au haut de la canne , s'assit dessus , les jambes croisées et les bras étendus. Après cela, l'homme, ayant les deux bras balancés, commença à marcher à grands pas, portant toujours cette fille sur le bout de la canne , tendant le ventre pour s'appuyer, et regardant sans cesse en haut pour tenir la machine en équilibre. La fille descendit adroitement, remonta ensuite et se pencha le ventre sur le bâton , en frappant des mains et des pieds les uns contre les autres. Le charlatan ayant mis alors le bâton sur sa tète sans le tenir ni des mains ni des bras , cette même * fille et une autre petite Moresque de quinze ans montèrent dessus Tune après l'autre; Thomme les porta ainsi autour de la place, en courant et se penchant, sans qu'il leur arrivât le moindre mal. Ces deux mêmes filles marchèrent sur la corde la tète en bas, et firent une multitude d'autres tours de force trèsmerveiUeux. Mais, quoique plusieurs d'entre nous crussent que tous ces tours de souplesse fussent faits par art diabolique , il me semble qu'ils pouvaient se faire naturellement ; car ces filles, qui étaient très-adroites, sujE)tiles, et dont les membres étaient grandement agiles, faisaient tout cela à force de s'y être accou-
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tumées et exercées. » — Il y a eu des charlatans de toutes les espèces: en 1728, du temp$ de Law, le plus fameux des charlatans, un autre , nommé Villars , confia à quelques amis que son oncle, qui avait vécu près de cent aps, et qui n'était mort que par accident, lui avait laissé le secret d'une eau qui pouvait aisément prolonger la vie jusqu'à cent cinquante années, pourvu qu'on fût sobre, lorsqu'il voyait passer un enterrement^ il levait les épaules de pitié, a Si le défunt, disaitily avait bu de mon eau, ii ne serait pas où il est. » Ses amis , auxquels il en donna généreusement, et qui observèrent un peu le régime prescrit, s'en trouvèrent bien et le prônèrent; alors il vendit la bouteille six francs; le débili en fut prodigieux, t'était de l'eau de Seine avec un peu de nitre. Ceux qui en prirent et qui s'astreignirent au régime, surtout s'iis étaient nés avec un bon tempérament , recouvrèrent en peu de jours une santé parfaite. Il disait aux autres : « C est votre faute si vous n'êtes pas entièrement guéris. » On 9ut enfin que l'eau de Villars n'était que de Teau de rivière ; on n'en voulut plus et on alla à d'autres charlatans . Voy. Ane , ChIsvrb ,
ALEXANDRE DE PapHLAGONIE , CtC.
Charles-martel. — Saint Eucher, évéque d'Orléans, eut une vision, dans laquelle il se crut transporté par un ange dans le purgatoire. Là, il vit Charles-Martel, qui expiait les pillages qu'il avait faits et ceux qu'il avait soufferts. — A celte vision, on ajoute ce conte, que le tombeau de Cba ries-Martel fut ouvert et qu'on y trouva un serpent, lequel n'était qu'un démon. Et là-dessus les philosophes , s'en prenant au clergé, l'ont accusé de fraudes. Mais le tombeau de Charles-Martel n'a été ouvert à Saint-Denis que par les profanateurs de l'ïoa.
Ghavlemagne. — On lit, dans la légende de Berthe au grand pied, que Pépin-le-Bref voulant épouser Berthe, fille du comte de Laon, qu'il ne connaissait pas, ceux qui la lui aa)enaientlui substituèrent une autre femme que Pépin épousa. Ils avaient chargé des assassins de tuer la princesse dans la furet de^ Ardennes. Ayant ému leur pitié, elle en obtint la vie^ à condition de se laisser passer pour morte. Elle se réfugia chez un ijneunier où elle vécut plusieurs année^. — Un jour Pépin, égaré à la chasse, vint chez ce meunier; son astrologue lui annonça qu'il se trouvait là une fîUe destinée à quelque chose de grand. Berthe fut reconnue, rétablie dans ses droits; elle devint mère de Charlemagne. — La légende ajoute que la première épouse de Pépin avait
donné le Jour à un fils, lequel, par la suite, élu pape sous le nom de Léon III, couronna Charlemagne empereur d'Occident, — II, serait long de rapporter ici tous les prodiges qu'on raconte de Charlemagne. Son règne est l'époque chérie de nos romans chevaleresques. On voit toujours auprès de lui des enchanteurs, des géants, des fées* Oa a môroe dit qu'il ne porta la guerre en pspagne que parce quesaint Jacques lui apparut pour l'avertir qu'il retirât son corps des mains des S9rrasins. Ses guerres de Saxe ne son t. pas moins fécondes en merveilles , et les circonstances de sa* vie privée sont rapportées également d'une manière extraordinaire par les chroniqueurs. — On dit qu*en sa vieillesse il devint si éperdument épris d'une Allemande, qu'il en négligea non-seulement les affaires de son royaume, mais même îe soin àe m propre personne. Cette femme étant morte , sa passion ne s'éteignit pas, de sorte qu'il continua d'aimer son cadavre, dont il ne voulait pas se séparer. L'archevêque Tar{)iii,^yaBt.tfppris la durée de cette effroyable passjçn , pUa un jour, pendant Tabsence du prince, dans la chambre où était le cadavre , aûn de. voir ail n'y trouverait pas quelque sort ou maléGce qui fût la cause de ce dérèglement, il visita exactement le corps mort , et trouvja en ^ffet, sous la langue, un anneau, qûil emporta. Le même jour Charlemagne, étant rentré dans son palais, fut fort étonné d'y trouver une •carcasse si puante; et, se réveillant comme d'un profond sommeil, il la fit ensevelir promptemenl. — Mais la passion qu'il, avait eue pour le cadavre, il Veut àïors pour î'archevèque Turpin, qui portait l'anneau : il le suivait partout, et ne 'pouvait le quitter. Le prélat, effrayé de cette nouvelle folie , et craignant que Tanneau ne tombât en des mains qui en pussent abuser, le jeta dans un lac a6n que personne n'en pût faire usage à Tayenir. Dès lors Charlemagne devint amoureux du lac, ne voulut plus s'en éloigner, y bâtit auprès un palais et ùh monastère, et y fonda la ville d'Aix-la-Chapelle^ où il voulut être enseveli. On sent que tout ce récit n'est qu'un conte. Voy. Vétin, etc.
Cbarles-le-Chauve , — deuxième (ïù nom de Charles parmi les roîs des Francs. Il eut là vision suivante, dont on prétend qu'il a écrit lui-même le détail, —ta nuit à'ùn dimanche, au retour des matines, comme (1 allait se reposer, une voix terrible vint frapper à ses oreilles ; « Charles, lui dit cettç vpix, ton esprit va sortir de ton corps; (ù viendras et verras les jugements 4e Pieu, qui te g^erviront ou de préservatif ou de présage. Ton esprit,