ADR
attribua des prodiges, et il fut brâlé à Kœnigsberg comme mai^icicn, hérétique et perturbateur, le 4 4 octobre 1636. Il avait prédit avec assurance qu'il ressusciterait le troisième jour ; ce qui ne s'est pas du tout vérifié.
Adélîtef , — devins espagnols qui se vantaient de prédire, par le vol ou le chant des oiseaux , ce qui devait arriver en bien ou en mal.
AdeluDg (Jean-Christqpiie), — littérateur allemand, mort à Dresde en 1806. Il a laissé un ouvrage intitulé : Histoire des folies /iumaines, ou Biographie des plus célèbres nécromanciens, alchimistes, exorcistes, devins, etc., sept parties; Leipzig, 1785-1789.
Adeptes , — nom que prennent les alchimistes qui prétendent avoir trouvé la pierre philosophale et l'élixir de vie. Us disent qu'il y a toujours onze adeptes dons ce monde ; et, comme l'élixir les rend immortels, lorsqu'un nouvel alchimiste a découvert le secret du grand œuvre , il faut qu'un des onze anciens lui fasse place et se retire dans un autre des mondes élémentaires.
Adés, — roi de l'enfer. Ce mot est pris souvent, chez quelques poètes anciens, pour l'enfer même.
Adhab-Alg«b, — purgatoire des musulmans , où les méchants sont tourmentés par les anges noirs Munkir et Nékir.
Adjnratioa, — formule d'exorcisme par laquelle on commande, au nom de Dieu, à l'esprit malin de dire ou de faire ce qu'on exige de lui.
Adonîf , — démon brûlé. Selon les démonologues, il remplit quelques fonctions dans les incendies *. Des savants croient que c'est le même que le démon Thamuz des Hébreux.
Adrameleoh, — grand-charicelier des enfers, intendant de la garde-robe du souverain des démons , président du haut conseil des diables. Il était adoré à Sépharvaïm, ville d(^ Assyriens, qui brûlaient des enfants sur ses autels. Les rabbins disent qu'il se montre sous la figure d'un mulet et quelquefois sous celle d'un paon. >
Adrien. — Se trouvant en Mésie, à la tête d'une légion auxiliaire , vers la fin du règne de Domilien, Adrien consulta un devin (car il croyait aux devins et à l'astrologie judiciaire], lequel lui prédit qu'il parviendrait un jour à l'empire. Ce n'était pas, dit-on, la première fois qu'on lui disait cette promesse. Trajan , qui était son tuteur, l'adopta, et il régna en
» Wierus, De Prsest. (isem., lib. i.
10 — my
effet. *- On lui attribue en Ecosse la construction de la muraille du Diable. — Ful- ^ose, qui croyait beaucoup à l'astrologie, rapporte, comme une preuve de la solidité de cette science, que l'empereur Adrien, qui était très-habile astrologue, écrivait tous les ans, le premier jour du premier mois, ce qui lui devait arriver pendant l'année, et que, l'an qu'il mourut , il n'écrivit que jusqu'au mois de sa mort, donnant à connaître par son si* lence qu'il prévoyait son trépas. Mais ce livre de l'empereur Adrien, qu'on ne montra qu'après sa mort, n'était qu'un journal.
Aéromanoîe , — art de prédire les choses futures par l'examen des variations et des phénomènes de l'air *. C*est en vertu de cette divination qu'une comète annonce la mort d'un grand homme. Cependant ces présages extraordinaires peuvent rentrer dans la tératoscopie, — François de La Torre-Blanca • dit que i'aéromancie est l'art de dire la bonne aventure en faisant apparaître des spectres dans les airs, ou en représentant, avec l'aide des démons, les événements futurs dans un nuage, comme dans une lanterne magique.
a Quant aux éclairs et au tonnerre, ajoutet-il, ceci regarde les augures, et les aspects du ciel et des planètes appartiennent à l'astrologie. »
Aétîte , — espèce de pierre qu'on nomme aussi pierre d'aigle, selon la signification de ce mot grec , parce qu'on prétend qu'elle se trouve dans les nids des aigles. On lui attribue la propriété de faciliter l'accouchement lorsqu'elle est attachée au-dessus du genou d'une femme, ou de le retarder si on la lui met à la poilrine. — Dioscoride* dit qu'ou/s'en servait autrefois pour découvrir les voleurs. Après qu'on l'avait broyée, on en mêlait la cendre dans du pain fait exprès ; on en faisait manger à tous ceux qui étaient soupçonnés. On croyait que , si peu d'aétite qu'il y eût dans le pain , le voleur ne pouvait avaler le morceau. Les Grecs modernes emploient encore cette vieille superstition, qu'ils rehaussent de quelques paroles mystérieuses.
JEvoli (Cësar), — auteur ou collecteur d'un livre peu remarquable, intitulé : Opuscules sur les attributs divins et sur le pouvoir qui a été donné aux démons de connaître les choses secrètes et de tenter les hommes. Opuscula de divinis attrihutis et de modo et
I Wienis, De Prœst. d»m., Ub. ii, cap. 12.
» Franc. Torre Blanca Cordub. Eplt. delict. sive do Mn.Ejiia, lib. i, cap. 20, post Pictorium et PseUam.
^ Cité par le pt^rc Lebrun, Hiitt. des Pratiques superst., liv. I, chap. 14.
ÂGL 11
poiestate quam dœmones habent intelligendi et passiones animi exct'eatidt, in-4<^; Venise,
Ag*b«vt0. — t Aucuns parlent, dit Torquémada, d'une certaine femme nommée Agaberte, ûlle d*un géant qui s'appclaii Vagnoste, demeurant aux pays septentrionaux, laquelle était grande enchanteresse. Et la force de ses enchantements était si variée, qu'on ne la voyait presque jamais en sa propre figure : quelquefois c'était une petite vieille fort ridée, qui semblait ne se pouvoir remuer, ou bien une pauvre femme malade et sans forces; d'autres fois elle était si haute qu'elle paraissait toucher les nues avec sa tète. Ainsi elle prenait telle forme qu'elle voulait aussi aii^ément que les auteurs écrivent d'Ui^ando la Méconnue. Et, d'après ce qu'elle faisait, le monde avait opinion qu'en un instant elle pouvait obscurcir le soleil, la lune et les étoiles , aplanir les monts , renverser les montagnes, arracher les arbres, dessécher les rivières, et faire autres choses pareilles si aisément qu'elle semblait tenir tous les diables attachés et sujets à ses volontés ^ » — Cette femme ne serait -elle pas la même qu'AcBAFéNA ? Voy. ce mot.
Agarèf, — grand-duc de la contrée orientale des enfers. Il se montre sous les traits d'un seigneur à cheval sur un crocodile, 1 epervier au poing. Il fait revenir à la charge les fuyards du parti qu'il protège et met l'ennemi en déroute. Il donne les dignités, enseigne toutes les langues, et fait danser les esprits de la terre. Ce chef des démons est de l'ordre des vertus : il a sous ses lois trente et une légions^.
Agate, — pierre précieuse à laquelle les anciens attribuaient des qualités qu'elle n'a pas, comme de fortifier le cœur, de préserver de la peste, et de guérir les morsures du scorpion et de la vipère.
Agathîon, — démon familier qui ne se montre qu'à midi. Il parait en forme d'homme ou de béte ; quelquefois il se laisse enfermer dans un talisman, dans une bouteille ou dans un anneau magique*.
AgRthodëmon , — OU bon démon , adoré des Egyptiens sous la figure d'un serpent à tête humaine. Les dragons ou serpents ailés, que les anciens révéraient, s'appelaient agathodemones, ou bons génies.
Agia, — mot cabalistique auquel les rabbins attribuent le pouvoir de chasser l'esprit
* Examéron de Torquémada, traduit par Gabriel Chappuis, Tourangeau, tixièm* journée.
' Wierus, in Fseudomonarch. deeni.
' Leloyer, Disc, et hist. des spectres, liv. m, ch. &.
malin. Ce mot se compo<:e des premières lettres de ces quatre mots hébreux : Athah go* bor leolam^ Adondi; « Vous êtes puissant et éternel. Seigneur. » Ce charme n'était pas seulement employé par les Juifs et les caba- Itstes, quelques chrétiens hérétiques s en sont armés souvent pour combattre les démons. L'usage en était fréquent au seizième siècle *, et plusieurs livres magiques en sont pleins, principalement V Enchiridion , attribué ridiculement au pape Léon III. Voy. Cabalb.
Aglaophotîi, — sorte d'herbe qui croit dans les marbres de l'Arabie, et dont les milgiciens se servaient pour évoquer les démons^. Ils employaient ensuite Tanancitido et la syrrochite, autres ingrédients qui retenaient les démons évoqués aussi long-temps qu'on le voulait. Voy. Baauas.
Agnan, — démon qui tourmente les Américains par des apparitions et des méchancetés : il se montre surtout au Brésil et chez les Topinamboux, et paraît sous toutes sortes de formes, de façon que ceux qui veulent le voir peuvent le rencontrer partout '.
Agobard , — archevêque de Lyon au neuvième siècle. Il a écrit contre les épreuves judiciaires et contre plusieurs superstitions do son éjvoque.
Agraféna-Sbîgaaskaia. — L'une des maladies les plus générales sur les côtes nord-est de la Sibérie, surtout parmi les femmes, est une extrême délicatesse de nerfs. Celte maladie, appelée mirak dans ce pays, peut être causée par le défaut absolu de toute nourriture végétale ; mais la superstition l'attribue à riniliience d'une magicienne nommée Agraféna Shiganskaïa, qui, bien que morte depuis plusieurs siècles, continue à répandre TelTroi parmi les habitants et passe pour s'emparer de la malade. — M. de Wrangel, qui rapporte ce fait dans le récit de son expédition au nord-ost de la Sibérie , ajoute que parfois on trouve aussi des hommes qui souffrent du mirak ; mais ce sont des exceptions.
Agrippa (Henri-Cornbille), médecin et philosophe, contemporain d'Erasme, l'un des plus savants hommes de son temps, dont on l'a appelé te Trismégiste, mais doué d'extravagance ; né à Cologne en \ i8G, mort en 1 535, après une carrière orageuse, chez le receveurgénéral de Grenoble, et non à Lyon, ni dans un hôpital, comme quelques-uns l'ont écriL II
* Leloyer, Disc, et hist. des spectres, liv. viii, ch. 6,
* Pline, Hist. nat., liv. .xxiv, chap. 17.
^ Wierus, De Prœstig., lib. i, cap. 22. ïhcvct, Ob.s, sur rAmériqnc, ch. 35 ei 3B. Bogiiet. Disc d««.s sorciers, ch. 7.
avait été lié avec tous leâ grands personnages et recherché de tous les princes de son époque. Chargé souvent de négociations politiques, il fit de nombreux voyages, que Thevel, dans ses Vies des hommes illustres, attribue à la manie a de faire partout des tours de son métier de magicien , ce qui le faisoit rcconnoislre et chasser incontinent. » — Les démonologues, qui sont, furieux contre lui, disent qu'on ne peut le représenter que comme un hibou , à cause de sa laideur magique ; et de crédules narrateurs ont écrit gravement que dans ses voyages il avait coutume de payer ses hôtes en monnaie fort bonne en apparence, mais qui se changeait, au bout de quelques jours, en petits morceaux de corne , de coquille ou do cuir, et quelquefois en feuilles d'arbres. — Il est vrai qu'à vingt ans il travaillait à la chrysopée ou alchimie ; mais il ne trouva jamais le secret du grand œuvre. Il est vrai aussi qu'il était curieux de choses étranges, et qu'il aimait les paradoxes : son livre de la Vanité des sciences, que l'on considère comme son chef-d'œuvre, en est une preuve. Mais au chapitre xin de ce livre il déclame contre la magie et les arts superstitieux. Si donc il fut obligé plus d'une fois de prendre la fuite pour se soustraire aux mauvais traitements de la populace, qui l'accusait de sorcellerie, n'e?t-il pas permis de croire ou que son esprit caustique, et peutêtre ses mœurs mal réglées, lui faisaient des ennemis, ou que son caractère d'agent diplomatique le mettait souvent dans des situations périlleuses, ou que la médecine empirique, qu'il exerçait, l'exposait à des catastrophes; à moins qu'il ne faille croire, en effet, que cet homme avait réellement étudié la magie dans ces universités mystérieuses dont nous ne savons pas encore les secrets? Voy. Universités. Quoi qu'il en soit, Louise de Savoie, mère de François P*", le prit pour son médecin. Elle voulaitqu'il fùtaussison astrologue, ce qu'il refusa. Et pourtant on soutient qu'il prédirait au trop fameux connétable de Bourbon des succès contre la France. Si cette allégation est vraie, c'était semer la trahison , et Agrippa était un fripon ou un fourbe. — Mais on établit encore réloignement d'Agrippa pour le charlatanisme des sorciers en rappelant ce fait , que , pendant le séjour qu'il fit à Metz, remplissant les fonctions de syndic ou avocat-général (car cet homme fît tous les métiers) , il s'éleva trèsvivement contre le réquisitoire de Nicolas Savin, qui voulait faire brûler comme sorcière une paysanne. La spiriluelleet vivo éloquence d'Agrippa fit absoudre cette fille. A cela les partisans de la sorcellerie d'Agrippa ré-
pondent qu'il n'est pas étonnant qu'un pareii compère ait défendu ceux qui pratiquaient la magie, puisqu'il la pratiquait luimême. — Ils ajoutent que, tandis qu'il professait à l'universilé do Louvain , il infecta ses écoliers d'idées magiques. « Un de ses élèves, lisant auprès de lui un certain livre de conjurations , fut étranglé par le diable. Agrippa, craignant qu'on ne le soupçonnât d'être l'auteur ou la cause de cette mort arrivée dans sa chambre, commanda à l'esprit malin d'entrer dans le corps qu'il venait d'étouffer, de ranimer le Jeune homme et de lui faire faire avant de le quitter sept ou huit tours sur la place publique. Le diable obéit , et le corps du jeune étranglé , après avoir paradé pendant quelques minutes, tomba sans vie devant la multitude de ses camarades , qui crurent que ce n'était là qu'une mort subite ^. » — Ce ne fut pas pourtant à cause de semblables faits qu'il partit de cette ville savante. Ce fut parce qu'il s'y était fait des ennemis, à qui il donna un prétexte par la publication de son ouvrage de la Philosophie occulte. On accusa ce livre d'hérésie et de magie ; et, en attendant qu'il fût jugé, l'auteur passa une année dans les prisons de Bruxelles. 11 en fut tiré par l'archevêque de Cologne, qui avait accepté la dédicace du livre, dont il reconnut publiquement que l'auteur n'était pas sorcier. Les pensées de ce livre et celles que le même savant exposa dans son commentaire In artem 6revem Raymundi Lullii , ne sont que des rêveries. Ce qui surtout a fait passer Agrippa pour un grand magicien, c'est un fatras plein de cérémonies magiques et superstitieuses qu'on publia sous son nom vingt-sept ans après sa mort , qu'on donna comme le quatrième livre de sa Philosophie occulte , et qui n'est qu'un ramassis de fragments décousus de Pierre d'Apone, de Pictorius , et d'autres songes-creux *. — Cependant DelanTe ne porte son accusation que sur les trois premiers livres, a Agrippa, dit-il ', composa trois livres assez grands sur la magie démoniaque; mais il confessa qu'il n'avait jamais eu aucun commerce avec le démon , et que la magie et la sorcellerie (hors les maléfices) consistaient seulement en quelques prestiges au moyen desquels l'esprit malin trompe les ignorants.» — Thevet n'admet pas ces palliatifs. « On ne peut nier, dit-il, qu'Agrippa n'ait été ensorcelé de la plus fine et exécrable magie, de laquelle, au vu et au su de chacun , il a fait proression manifeste. Il étoit si subtil, qu'il
1 Delrio, Disqaisit. mag., lib. n, quiest. S9.
* Voyez Apon«.
^ Tableau de l'ioconatance des démons, Ur. Y,
grippait de ses mains crochues des trésors que beaucoup de vaillants capitaines ne pouvoient gagner par le cliquetis de leurs armes et leurs combats furieux. Il composa le livre de la Philosophie occulte, censuré par les chrétiens « pour lequel il fut chassé de Flandre, où il ne put dorénavant être souffert ; de manière qu'il prit la route d*Italie, qu*il empoisonna tellement que plusieurs gens de bien lui donnèrent encore la chasse, et il n'eut rien de plus hàtif que de se retirer à DôIe. Enfin il se rendit à Lyon, dénué de facultés ; il y employa toutes sortes de moyens pour vivoter, remuant le mieux qu'il pouvoit la queue du bâton; mais il gagnoit si peu, qu'il mourut en un chétif cabaret, abhorré de tout le monde, et détesté comme un magicien mnudit , parce que toujours il menoit en sa compagnie un diable sous laBgure d'un chien noir. » — Paul iove ajoute qu'aux approches de sa mort, comme on le pressait de se repentir, il ôta à ce chien, qui était son démon familier, un collier garni de clous qui formaient des inscriptions nécromantiques, et lui dit : Va-feriy malheureuse héte^ c'est toi qui m'as perdu ; qu*alor9 le chien prit aussitôt la fuite vers la rivière de Saône, s'y jeta la tête en avant et ne reparut plus. — Delancre rapporte autrement cette mort, qui n'eut pas lieu dans un cabaret de Lyon, mais, comme nous l'avons dit, à Grenoble, cf Ce misérable Agrippa, ditil, fut si aveuglé du diable, auquel il s'étoit soumis, qu'encore qu'il connût très-bien sa perfidie et ses artifices, il ne les put éviter, étant si bien enveloppé dans les rets d'icelui diable, qu'il lui avoit persuadé que, s'il vouloit se laisser tuer, la mort n'auroit nul pouvoir sur lui, et qu'il le ressusciteroil et le rendroit immortel ; ce qui advint autrement, car Agrippa s'étant fait couper la tète, prévenu de cette fausse espérance , le diable se moqua de lui et ne voulut (aussi ne le pou voitil) lui redonner la vie pour lui laisser le moyen de déplorer ses crimes. » — Wiérus , qui fut disciple d'Agrippa, dit qu'en etfet cet homme avait beaucoup d'affection pour les chiens, qu'on en voyait constamment deux dans son élude, dont l'un se nommait Monsieur et l'autre Mademoiselle, et qu'on prétendait que ces deux chiens noirs étaient deux diables déguisés. — Tout cela n'empêche pas qu'on ne soit persuadé, dans quelques provinces arriérées, qu'Agrippa n'est pas plus mort que Nicolas Flamel, et qu'il se conserve dans un coin, ou par l'art magique , ou par Télixir de longue vie*.
< On peut voir la légende d'Agrippa dans les Légendes infernales.
AIG
AguApa, — arbre des Indes orientales dont on prétend que l'ombre est venimeuse. Un homme vêtu, qui s'endort sous cet arbre, se relève tout enflé ; et l'on assure qu'un homme nu crève sans ressource. Les habitants attribuent à la méchanceté du diable ces cruels effets. Voyez Boiion-U'pas.
Agnerre. — Sous Henri IV, dans celte partie des Basses-Pyrénées qu'on appelait le pays de Labour, on fit très-gravement le procès en sorcellerie à un vieux coquin de soixante-treize ans, qui se nommait Pierre d'Aguerre, et qui causait beaucoup de maux par empoisonnements dits sortilèges. On avait arrêté^ en même temps que lui, Marie d'Aguerre et Jeanne d'Aguerre, ses petitesfilles ou ses petites-nièces, avec d'autres jeunes filles, et les sorcières qui les avaient menées au sabbat. Jeanne d'Aguerre exposa les turpitudes qui se commettaient dans les grossières orgies où on Tavait conduite ; elle V avait vu le diable en forme de bouc. Mario d'Aguerre déposa que le démon adoré au sabbat s'appelait Léonard, qu'elle l'avait vu en sa forme de bouc sortir du fond d'une grande cruche placée au milieu de l'assemblée,qu'il lui avait paru prodigieusement haut, et qu'à la fin du sabbat il était rentré dans sa cruche.- — Deux témoins ayant affirmé qu'ils avaient vu Pierre d'Aguerre remplir au sabbat le personnage de maître des cérémonies, qu'ils avaient vu le diable lui donner un bâton doré avec lequel il rangeait, comme un mestrede-camp, les personnes et les choses, et qu'ils l'avaient vu à la fin de l'assemblée rendre au diable son bâton de commandement *, Pierre d'Aguerre fut condamné à mort comme sorcier avéré. Voy. Bouc et Sabbat.
Aîgltt. — L'aigle a toujours été un oiseau de présage chez les anciens. Valère-Maxime rapporte que la vue d'un aigle sauva la vie au roi Déjotarus, qui ne faisait rien sans consulter les oiseaux : comme il s'y connaissait, il comprit que l'aigle qu'il voyait le détournait d'aller loger dans la maison qu'on lui avait préparée, et qui s'écroula la «nuit suivante. — De profonds savants ont dit que l'aigle a des propriétés surprenantes , entre autres celle-ci, que sa cervelle desséchée, mise en poudre, imprégnée de suc de ciguë et mangée en ragoût, rend si furieux ceux qui se sont permis ce régal, qu'ils s'arrachent les cheveux et se déchirent jusqu'à ce qu'ils aient c-omplétement achevé leur digestion. I^ livre qui contient cette singulière recette * donne
^ Delancre, Tableau Oe Tinconstance des démons,etc., liv. it, discours 4.
> Admirables secrets d'Albert-Ic-Grand, liv. it, ch. 3.
lii'-lw, .1» ,„„/,-,>U, ,„ ,|,„ |„ (j„^^i „,,^ fl'lIlIlM «I lliHiu.l ilf'lllllll'llll, * — t^lUll^^
» '""■•' 'l"l ""'1 .'""".I- •'<,lll(H lui. ,J,M-<,t
<|l( '.Il II" |lf<l|l lu (l'[.(/..|-|,(j., ,|i|„ |.,rt|,„^ „„
liili"ii , /p r iiiiv i|i< tu l„„U-<ir rnii|fi'|iii' , h dn ',""'"'"• """"" "iii'-ill lin>u;„mifm
IIIIM' <!>'« lrl;v>l|ii» Il HVllII nilitiKiiil i]ii |.|iyi)r ■■"X llllll'l «Il IllUtlIllllll |l,|| («„|||„ p,| „[||,„, K'Ni M, m>U •\lll «■ l'Iiiiiii/Kiill, ,11, |,„|,t ,)„,|i|,,|.
,''" HlM (iK.iil., Ii|ll..|r,|» et, f„„)IU
"'"'"'* " •'•' vihI i|ii'fi vliiKl iiiM H
l|l"|llllltlUllinl.ll»„|«MMIM ,.|,|||,M|„ ; „|„j, 'lu HHIIul
•II' rlioM
""" > ''< i|il il llltDIIII Iii> I tuyn. : .„„
, '\W l'iXI I
ll«'tl> RI il^Hir 11 lui ,
|>it'iiilh> lu liiih»
■ >»>vl|„i
I" lit |">;'iilni'i', t|iii |',i,vii.
,' ,V Saw^
lî - AGK
Mil a luni'.fT^ii- de LMitaïa. i nfaa ses **iÀ,':r» 4 1**, nm^iH». ■ L'i de SCS ëeœ, Umiil murrr» <1« jm u» fMaia Im» dedafofiiii'/ft*, fui aran^lé pw le dôUe. AeriFfM. irai^tMint qu'on m le foapçtmaài d'être fw- Imr Ml II rauw de ceUe nMMt anrTTéedMsa HiimlM-e, cammanàa à l'e^t nalii d'm- Irnr dan* le rofp« qu'il vtm^ à'éUKMer. de moJim»- le jeune homme et de lui bm bin iiviinl (le le quitter Mpt ou huit tours nrla [dHcrt puhjique. Le diable obéit, et le cwps du Jniine /flronfjlâ , oprèa avoir paradé penilitnt (|ii{>lr|iio» minutoB, lomba sam vie devant l<i miiltittide de lett camarades, qui crarenl i|iioronVuii[làqii'uiiemortsubile*. »— Ce lie Tut (lUH iiuurtant à cause de semblablet fuilM qu'il partit de celle ville Bavante. Ce fut |Mim, qu'il s'y était fait des ennemis, à qui il "loiinu un iirétexte par la publicaUon de eon oiivriim» (te In l>hilo»oi,hie occuUe. On accusa n> livrii irhWsiopt de magie; et, en olleoilnnt qu'il tùi Ju^é, l'auteur passa une anute iluri* li<* jiriiiuiM du Bruxelles. Il on fut tiré par ri«R'luivA<|U(> ilii <>)lo)(ne. qui avait accepté la iliVIiiiiif- ttu liïTV, dont ii reconnut publiquelUiMil iiiin l'iiuloiir n'était pas sordor. Les pen- »i*iw iti' «1 li\ rt> i<t (^ii>s que le même savani ««viHWK ilun* m,n mntmrolaire h arUm brttytH fti!irwHN.it I.H/hv , ne sont que des rè- ^^"'"*- Cfl i),H «hmimH X tait paser Agrippa |J.«W un B,«„d nwp.-iM». f-^ UB folrss plein '"' '"^^thMiJA* iiMi|R.)u(>« rt 9Bpef!*itieuse5 •1" -^» |«il>l>* *.«* *,« ,«^ ximfi-^tpi ans
grippait de ses mains crochues des trésors que beaucoup de rai I la n [s capitaines ne pouvoient gagner par le cliquetia de leurs armes el leurs combats furieux. Il composa le livre de la PUtompAie occulte, censuré par les dirétienâ , pour lequel il Tut chassé de Flandre, où il ne pul dorénavant être soufTert ; de manière qu'il prit la route d'Italie, qu'il empoisonna tellement que plusieurs gens de bien lui donnèrent encore la chasse, et il n'eut rien de plus hâtif que de se retirer à Date. Enlin il 80 rendit à Lyon, dénué de facultés ; il y employa toutes sortes de moyens pour vivoter, remuant le mieux qu'il pouvoit la queue du bâton; mais il gagnoit gi peu, qu'il mourut en un chétif cabaret, abhorré do (ont le monde, et détesté comme un magicien mnudit , parce que toujours il menoit en sa com|)agnie un diaNe sous lafigure d'un chien noir, s — Paul Jove ajoute qu'aux approches de sa mort, comme on le pressait de se repentir, il âla à c« chien, qui était son démon familier, un collier garni de clous qui formaient des inscriptions nécroman tiques, et lui dit : Va-t'en, mailuttreme bite, c'tst loi qui m'as perdu; qu'alors le chien prit aussitôt la fuite vers la rivière de Saône, s'y jeta ta tête en avant et ne reparut plus. — Delancre rapporte autrement cette mort, qui n'eut pas Meu dans uu cabaret de Lyon, mais, comme nous l'avons dit, à Grenoble. « Ce misérable Agrippa, ditil, fut si aveuglé du diable, auquel il s'éioit soumis, qu'encore qu'il connût très-bien ?» perfidie el ses artifices, il ne les put éviter. étant si bien enveloppé dans les rets d'ieelu diable, qu'il lui avoit persuadé que, s'il lo»loit se laisser tuer, la mort n'auroit nul pnvoir gur lui, et qu'il le ressusciteroit et le r«droit jmanortel ; ce qui advint autreineal. s-
*«~P"> — orliro ili'H I11.I.
dont on prétend r|iii< l'utnliMi r»l Un homme \élii, iji,i t,-m\ml «n se nitive tant f.nlU ; m \im 11 hon)DK nu ann<i- ^nni rf-itiimt-i- I atlnbueot ;i (a mii-hunm/. ,j„ ,(,^,, effet l'iwr liuiinv-O,,
**>— ■ — >'>'r» H.-'ir, fv partis Its Basifci-p-..i-.Ticn-4 ,-,„ ^ pays lie Lauoiir iin il tr'-i-'-.-i-^n ces m -orreilirre ^ Jin ;■ o„-
d'iaiwre. "i nu aii.^ii i»iaij, par wnpoiîonnt'menu jii,* 4,
ffl** nu •« ie']i!-*-T\.'- .-1 l