‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 8 sur 319 · ADE · texte numérisé non relu

ADE

Diou (otit-puiââant, père de noire Seigneur Jéàiis-Christ, Alpha et Oméga, qui êtes sur le Irône souverain, sur les chérubins et les séraphins, sur l'ange Uriel, l'ange Ilaguel, lange Cabuel, l'ange Michel, sur l'ange Inias, l'ange Tabuas, l'ange Sioûel et Tange Sabaolb, je vous prie de m' accorder ce que je vais vous dire. » — C'était, comme on voit, trèsingénieux. Dans un fragment conservé des mémoires qu'il avait écrits sur sa vie, il raconte que sa mère, étant enceinte de lui, crut voir sortir de son côté droit un veau ; ce qui était^ dit-il, le pronostic des grâces dont il fut comblé en naissant par le ministère d'un ange.

— On arrêta le cours des extra vagancesr de cet insensé en l'enfermant dans une prison où il mourut.

Adam, — le premier homme. Sa chute devant les suggestions de Satan.est un dogme de la religion chrétienne. Les Orientaux font d'Adam un géant démesuré, haut d'une lieue; ils en font aussi un magicien , un cabaliste ; les rabbins en font de plus un alchimiste et un écrivain. On a supposé un testament de lui *, et enfin les musulmans regrettent toujours dix traités merveilleux que Dieu lui avait dictés. Il avait aussi inventé l'alphabet. Voyez Abraham *.

Adam (l'abbé). — Il y eut un temps où l'on voyait le diable en toutes choses et partout, et peut-être n'avait-on pas tort. Mais il nous semble qu'on le voyait trop matériellement. Le bon et naïf Cèsaire d'Heisterbach a fait un livre d'histoires prodigieuses où le diable est la machine universelle; il se montre sans cesse et sous diverses figures palpables. C'était surt^out à l'époque où Ton s'occupait en France de l'extinction des Templiers. Alors un certain abbé Adam, qui gouvernait l'abbaye du Vaux-de-Cernay, au diocèse de Paris, avait l'esprit tellement frappé de l'idée que le diable le guettait, qu'il croyait le reconnaître à chaque pas sous des formes que sans doute le diable n'a pas souvent imaginé de prendre.

— Un jour qu'il revenait de visiter une de ses petites métairies, accompagné d'un serviteur aussi crédule que lui, l'abbé Adam racontaiti comment le diable l'avait harcelé dans son voyage. L'esprit malin s'était montré sous la figure d'un arbre blanc de frimas, qui semblait venir à lui. — C'est singulier! dit un de ses amis ; n'étiez-vous pas la proie de quelque illusion causée par la course de votre cheval? — Non; c'était Satan. Mon cheval s'en effraya ; l'arbre pourtant passa au galop

' Voyez Fabricius, Codex pseud.

* Voyez les Légendes de l'ancien Testament.

et disparut derrière nous. Il laissait une certaine odeur qui pouvait bien être du soufre.

— Odeur do brouillard , marmotta l'autre.

— Le diable reparut bientôt, et, cette fois, c'était un chevalier noir qui s'avançait vers nous pareillement. — Eloigne-toi, lui criai-je d'une voix étouffée. Pourquoi m'attaques-tu ? H passa encore, sans avoir l'air de s'occuper de nous. Mais il revint une troisième fois ayant la forme d'un homme grand et pauvre, avec un cou long et maigre. Je fermai les yeux et ne le revis que quelques instants plus tard sous le capuchon d'un petit moine. Jfe crois qu'il avait sous son froc une rondache dont il me menaçait. — Mais , interrompit l'autre, ces apparitions ne pouvaient-elles pas être des voyageurs naturels? — Comme si on ne savait pas s'y recx)nnaître 1 comme si nous ne l'avions pas vu derechef sous la figure d'un pourceau, puis sous celle d'un âne, puis sous celle d'un tonneau qui roulait dans la campagne, puis enfin sous la forme d'une roue de charrette qui, si je ne me trompe pas, me renversa, sans toutefois me faire aucun mal.

— Après tant d'assauts, la route s'était achevée sans autres malencontres '.

Adamantiuf, — médecin juif, qui se fît chrétien, à Constantinople, sous le règne de Constance , à qui il dédia ses deux livres sur la Physiognomonie ou l'art de juger les hommes par leur figure. Cet ouvrage, plein de contradictions et de rêveries, a été imprimé dans quelques collections, notamment dans les Scriptores physiognomoniœ veteres, grec et latin, cura J.-G.-F. Franzii ; Altembourg, 4780, in-80.

Adamieni OU Adamîtes, — hérétiques du

second siècle , dans l'espèce des basilidieus. Ils se mettaient nus et professaient la promiscuité des femmes. Clément d'Alexandrie dit qu'ils se vantaient d'avoir des livres secrets de Zoroastre, ce qui a fait conjecturer à plusieurs qu'ils étaient livrés à la magie.

Adclgreîf (Jean-Albert), — fils naturel d'un pasteur allemand , qui lui apprit le latin , le grec, l'hébretï et plusieurs langues modernes. Il devint fou et crut avoir des visions ; il disait que sept anges l'avaient chargé de représenter Dieu sur la terre et de châtier les souverains avec des verges de fer. Il se donnait les noms d'empereur universel , roi du royaume des cteuaî, envoyé de Dieu le père, juge des vivants et des morts. Il causa beaucoup de troubles par ses extravagances, qui trouvèrent, comme toujours, des partisans. On lui

I KobertGaguin, Philipp.

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