‹ Dictionnaire infernal, ou Recherches et anecdotes sur les démonsChapitre 98 sur 319 · COM · texte numérisé non relu

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pour les uns, il est heureux pour les autres, puisqu'on accablant ceux-ci d'une grande défaite il donne à ceux-là une grande victoire. — Cardan explique ainsi les causes de l'influence des comètes sur l'économie du globe : « Elles rendent l'air plus subtil et moins dense , dSt-îl , eh l'échauffant plus qu'à l'ordinaire : les personnes qui vivent au sein de la niollesse, qui ne donnent aucun exercice à leur corps, qui se nourrissent trop délicatement, qui sont d'une santé faible , d'un âge avancé et d'un sommeil peu tranquille, souffrent dans un air moins animé, et meurent souvent par excès de foîM'esse. C«la arrive plutôt aux princes qu'à d'autres, à cause du genre de vie qu'ils mènent ; et il suffit que la superstition ou l'ignorance aient attaché aux comètes un pouvoir funeste, pour qu'on remarque, quand elleâ paraissent, des accidents qui eussent été fort naturels en tout autre temps. — On ne devrait pas non plus s'étonner de voir à leur suite la sécheresse et la peste , puisqu'elles dessèchent l'air, et ne lui laissent pas la force d'empêcher les exbalaisons pestiférées. Enfin les comètes produisent les séditions et les guerres en échauffant le cœur de rhorame , et en changeant les humeurs en bile noire. » — On a dit de Cardan qu'il avait deux âmes^ l'une qui disait des choses raisonnables, l'autre qui ne savait que déraisonner. Après avoir parlé comme on vient de voir, l'astrologue retombe dans ses visions. Quand une comète paraît auprès de Saturne, dit-il, elle présage la peste, la mort des souverains pontifes et les révolutions dans les gouvernements; auprès de Mars, les guerres ; auprès du soleil , de grandes calamités sur tout le globe ; auprès de la lune, des inondations et quelquefois des séclieresses ; auprès de Vénus, la mort des princes et des nobles ; auprès de Mercure , divers malheurs en fort grand nombre. — Wiston a fait de grands caculs algébriques pour démontrer que les eaux extraordinaires du déluge furent amenées par une comète, et que quand Dieu décidera la fin du monde, ce sera une comète qui le brûlera....

Comieri (Claui>b), — docteur en théologie, mort en 4693. Il est auteur d'un Traité des prophéties, vaticinations, préêicîions 6t prognostications, 11 a écrit aussi stir là baguette divinatoire et sur les sibylles.

Compîtalet, — fétes des dieux Lares ou lutins du foyer, chez les anciens Romains. On leur sacrifiait dans l'origine dés enfants, auxquels Brutus substitua des têtes de pavots.

Comtes de l*finfer , — démons d'un ordre supérieur dans la hiérardiie infenàale, et qui

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commandent de nombreuses légions. On les évoque à toute heure du jour, pourvu que ce soit dans un Ueu sauvajge, que les hommes n'aient pas coutume de fréquenter ' .

,-^cféï'éttoortîiè rôindinB, da temps du paganisme. ElYe cohdf sf aîtà a)>pe!er à graiMfe cris l'indiviii\i qui venait de mourir, afin d'arrêter l'âttie fugitiv'e, ou de te réveilfer si elle était attachée au corps.

Coadè. *— On lit dans une lettre de madame de Sévigné au président de Monceau que , trois semaines avant la mort du grand Condé, pendant qu'on l'attendait à Fontainebleau , M. de Vernillon , l'un de ses gentilshommes , revenant de la chas3e sur les trois heures , et approchant du château de Chantilly (séjour ordinaire du prince), vit, à une fenêtre de son cabinet, un fantôme revêtu d'une armure , qui semblait garder un homme enseveli ; il descendit de cheval , et s'approcha, le voyant toujours ; son valet vit la même chose et l'en avertit. Ils demandèrent la cief da cabinet au concierge ; maiê ils en trouvèrent les fenêtres fermées, et un silence qui n'avait pas été troublé depuis six nx>is. On conta cela au prince, qui en fut un peu frappé, qui s'en moqua cependant ou parut s'en roo*<

Dans l'église romaine, pour faire sortir le démon du corps des possédés , on emploie certaines formules ou exorcismes, des aspersion» d'eau bénite , des prières et des cérémonies instituées à ce dessein *. — Les personnes superstitieuses et criminelles qui s'occupent de magie abusent du mot, et nomment conjura* tiens leurs sortilèges impies. Dans ce sens, la conjuration est un composé de paroles et de cérémonies détestables ou absurdes, adoptées par les sorciers pour évoauer les démons. On commence par se placer dans le cercle magique {voy. Cercle) ; puis on récite les formules suivante^. Elles sont extraites d'un Grimoire, — Conjuration universelle pour les esprits, « Moi (on se nomme) , je te conjure , esprit (on nomme l'esprit qu'on veut évoquer), au nom du grand Dieu vivant, etc., etc., je te conjure de m'apparaitre, comme dessus dit; sinon, saint Michel archange, invisible, te fou* droiera dans le plus profond des enfers ; vienpi donc (on nomme l'esprit), pour faire ma volonté. » — Conjuration d'un livre magique. a Je te conjure et ordonne , esprits , tous et autant que vous êtes , de recevoir ce livre en bonne pact , afin que toutes fois que nous lirons ledit livre, où qu'on le lira étant approuvé et reconnu être en forme et en valeur, vous

qner; mais tout le. monde sut cette histoire et. ^yez à paraître en belle forme humaine, lorstreœbla pour ce prince, qui mourut trois se- ^"*on vous appellera , selon que le lecteur le

maines après jugera, dans toutes circonstances, etc. ; je vous

conjure de venir aussitôt la conjuration faite» afm d'exécuter, sans retardement, tout ce qui est écrit et mentionné en son lieu dans ce dit livre : vous obéirez > vous servirez , enseignerez, donnerez, ferez tout ce qui est en votre puissance , en utilité de ceux qui vous ordonneront, le tout sans illusion. — Et si par hasard quelqu'un des esprits appelés parmi vous ne pouvait venir ou paraître .lorsqu'il serait requis, il sera tenu d'en envoyer d'autres revêtus de son pouvoir, qui jureront solennellement d'exécuter tout ce que le lecteur pourra demander ; en vous conjurant tous , par les très-saints noms du tout-puissant Dieu vivant, etc.. » — Conjuration des démons. a Alerte, venez tous, esprits. Par la vertu et lé pouvoir de voire roi , et par les sept courpnnes et chaînes de vos rois, tous esprits des enfers sont obligés d'apparaître à moi devant ce cercle, quand je les appellerai.. Venez tous à mes ordres, pour faire tout ce qui est à votre pouvoir, étant recommandés; venez donc de l'orient, midi, occident et septentrion; je vous conjure et ordonne, par la verlu et puissance de celui, etc. » — Conjurations pour cha-

CondQrmants, — seclairés quî parurent en Allemagiié au treizième et au seizième siècle, et qui durent leur nom à l'usage qu'ils avaient de coucher tous ensemble , sous prétexte de charité. On dit que les premiers adoraient une image de Lucifer et qu'ils en tiraient des oracles.

Conféréntei , — dieûx de^ anciens , dont parle Arnobe, et qui étëieiit, dit Leloyer, des démons incubes.

Confùinii*. -^ On sait que ce philosophe est révéré comme un dieu à la Clnne. Oh lui offre surtout en sacrifice de la soie, dont leâ restes sont distribués aux jeunes ûUes , dans la persuasion où l'on est que, tant qu'elles conservent ces précieuses amulettes, elles sont à ' l'abri de tous dangers.

GoBjnratenrfl),'^ magiciens qui s'attribuent le pouvoir de conjurer les démons et les tempêtes.

îioitjaratiôii, -^ ieiorcisme, jparoles et cérémonies par lesquelles on chasse les démons.

^ Wierus, in Psendomonarchia dsem.

» Bergier, Dictionnaire tbéolog.

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que jour de la semaine. Pour le lundi, à Lucifer. Cette expérience se fait souvent depuis onze heures jusqu'à douze , et depuis trois heures jusqu'à quatre. Il faudra du charbon, de la craie bénite, pour faire le cercle, autour duquel on écrira certains mots niagiques. Ensuite on récite la formule suivante : — a Je te conjure , Lucifer, par le Dieu vivant , etc. » —Pour le mardi, à Nambroth. Cette expérience se fait la nuit, depuis neuf heures jusqu'à dix; on lui doit donner la première pierre que Ton trouve, pour être reçu en dignité et honneur. On procédera de la façon du lundi; on fera un cercle autour duquel on écrira : « Obéismoi, Nambrolh , obéis-moi, etc. » On récite, à la suite, celte formule : — « Je te conjure Nambroth, et te commande par tous les noms par lesquels tu peux être contraint et hé, etc. d — Pour le mercredi, à Astaroth. Cette expérience se fait la nuit, depuis dix heures jusqu'à onze ; on le conjure pour avoir les bonnes grâces du roi et des autres. On écrira dans le cercle : « Viens. Astaroth; viens, Astaroth; viens, Astaroth; » ensuite on récitera celte formule : — « Je te conjure , Astaroth , méchant esprit, par les paroles et vertus de Dieu, etc. » — Pour le jeudi, à Acham. Cette expérience se fait la nuit , de trois heures à quatre; il paraît en forme de roi. Il faut lui donner un peu de pain, afin qu'il parte. On écrira autour du cercle : a Par le Dieu saint, etc. ; » ensuite on récite la formule qui suit : — « Je te conjure, Acham ; je te commande par tous les royaumes de Dieu ; agis , je t'adjure, etc. » — Pour le vendredi, à Déchet. Cette expérience se fait la nuit, de onze heures à douze ; il lui faut donner une noix. On écrira dans le cercle : « Viens, Béchet; viens, Béchet ; viens, Béchet ; ys et ensuite on dira celle conjuration : — « Je le conjure, Béchet, et le contrains de- venir à moi ; je te conjure derechef, etc. » — Pour le samedi, à Nabam. Cette expérience se fait de nuit , de onze heures à douze, et sitôt qu'il paraît il lui faut donner du pain brûlé, et lui demander ce qui lui fait plaisir : on écrira dans son cercle : « N'entre pas, Nàbam ; n'entre pas, Nabam ; n'entre pas, JVabam ; » et puis on récitera la conjuration suivante : -r- « Je te conjure Nabam, au nom de Satan , au nom de Béelzébuth , au nom d'Astaroth et au nom de tous les esprits, etc. » — Pour le dimanche, à Aquiel. Cette expérience se fait la nuit, de minuit à une heure ; il demandera un poil de votre tête ; il lui faut donner un poil de renard ; il le prendra. On écrira dans le cercle : a Viens, Aquiel; viens, Aquiel; viens, Aquiel. » Ensuite on récitera la Conjuration suivante :— « Je fe conjure, Acjuiel,

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par tous les noms écrits dans ce livre, que sans délai tu sois ici tout prêt à m'obéir, etc. » — Conjuration très-forie^ pour tous les jours et à toute heure du jour et de la nuit, pour les trésors cachés tant par les hommes que par les esprits. « Je vous commande, démons qui résidez eu ces lieux , ou en quelque partie du monde que vous soyez , et quelque puissance qui vous ait été donnée de Dieu et des saints anges sur ce lieu naéme , je vous envoie au plus profond des abtmes infernaux. Ainsi, allez tous, maudits esprits et damnés, au feu éternel qui vous est préparé et à tous vos compagnons ; si vous m'êtes rebelles et désobéissants, je vous contrains et commande par toutes les puissances de vos supérieurs démons, de venir, obéir et répondre positivement à ce que je vous ordonnerai au nom de J.-C, etc. » Voy. Pierrk d'Apone, etc. — Nous n'avons fait qu'indiquer ces stupidités inconcevables. Les commentaires sont inutiles.

OoBttaBtin. — Tout le monde sait que, frappé de l'apparition d'une croix miracuculeuse , et de l'avis qui lui était donné qu'il vaincrait par ce signe , Constantin-le-Grand se convertit et mit la croix sur ses étendards. — Jusqu'au seizième siècle, aucun écrivain n'avait attaqué la vision de Constantin ; tous •les monuments contemporains attestent ce mi^ racle. Mais les protestants, voyant qu'il pouvait servir à autoriser le culte de la croix, ont

entrepris d'en faire une ruse militaire Les

philosophes du dernier siècle n'ont pas manqué de copier leurs déraisonnements. — J.-B. Duvoisin , évêque de Nantes, et l'abbé de l'Eslocq, docteurs en Sorbonne, ont publié des dissertations sur la vision de Constantin.

Conttantm Copronyme, — empereur iconoclaste de Constantinople. IL était, dit-on, magicien. Il conjurait habilement les démons, dit Leloyer; il évoquait les nâorts, et faisait des sacrifices détestables et invocations du diable. Il mourut d'un feu qui le saisit par tout le corps , et dont la violence était telle , qu'il ne faisait que crier *.

CboftellatloiM. — Il y en a douze, qui senties douze signes du zodiaque, et que les astrologues appellent les douze maisons du soleil , savoir : le bélier, le taureau , les gémeaux, l'écrevisse, le lion, la vierge, la balance, le scorpion, le sagittaire, le capricorne, le yerseau et les poissons. On les désigne

' Leloyer, Hist. des spectres et des apparitioiis dfa esprits, liv. iv, ch. 6^ p. 302.

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irés-bien dans ces deux vers techniques, que tout le monde connaît :

Sunt arics, taurns, gemini, cancer, leo, ▼irgo, Libraque, scorpias, arclteneDS, caper, amphora, plicea.

— On dît la bonne aventure par le moyen de ces constellations. Voy. Horoscopes et Astrologie.

Oontfe^Ohanneft , — charmes qu*on emploie pour détruire l'effet d'autres charmes. Quand les charmeurs opèrent sur des animaux ensorcelés, ils font des jets de sel préparés dans une écuelle avec du sang tiré d'un des animaux maléficiés. Ensuite on récite pendant neuf jours certaines formules. Voy, Gratianne, Amulettes, Sort, Maléfices, Ligatures, etc.

Convalaidnft. — Au neuvième siècle, des porsonnes suspectes déposèrent dans une église de Dijon des reliques qu*elles avaient , disaient-elles, apportées de Rome, et qui étaient d'un saint dont elles avaient oublié le nom. L'évèque Théobald refusa de recevoir ces reliques sur une allégation aussi va- ^ue. Néanmoins , elles faisaient des prodiges. Ces prodiges étaient des convulsions dans ceux qui venaient les révérer. L'opposition de révèque fit bientôt de ces convulsions une épidémie; les femmes surtout s'empressaient de leur donner de la vogue. Théobald consulta Amolon , archevêque de Lyon , dont il était suffragant. a Proscrivez, lui répondit révéqiie , ces fictions infernales , ces hideuses merveilles, qui ne peuvent être que des prestiges ou des impostures. Vit-on jamais , aux tombeaux des martyrs , ces funestes prodiges qui , loin de guérir les malades , font souffrir les corps et troublent les esprits?... » — Cette espèce de manie fanatique se renouvela quelquefois; elle fit grand bruit au commencement du dix-huitième siècle, et on prit encore pour des miracles les convulsions et les grimaces d'une foule d'insensés. Les gens mélancoliques et atrabilaires ont beaucoup de dispositions à ces jongleries; surtout si dans le temps que leur esprit est dérangé , ils s'appliquent à rêver fortement, ils finissent toujours par tomber en extase, et se persuadent qu'ils peuvent aussi prophétiser. Cette maladie se communique aux esprits faibles , et le corps s'en ressent. De là vient, ajoute Brueys ^ que dans le fort de leurs accès les convulsionnaires se jettent par terre, où ils demeurent quelquefois assoupis. D'autres fois, ils s'agitent extraordinairement; et c'est en ces différents états qu'on les entend parler d'une voix étouffée , et débiter toutes les extrava-

* PréllKe ^ YBUi^itp do FafiatiaiQ^

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