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après l’inoculation, en la plaçant dans une étuve à 35 degrés. Mais si les poules sont naturellement réfractaires au charbon, il est une maladie désastreuse qui s’abat sur elles et que l’on désigne vulgairement sous le nom de Choléra des poules. Cette maladie est aussi produite par un organisme microscopique. — Ayant trouvé le vaccin du Choléra des poules, M. P. fut conduit, en 1880, à la merveilleuse découverte de l’atténuation des virus, dans laquelle c’est le virus mortel lui-même qui sert de point de départ au vaccin. Ayant préalablement constaté que la maladie charbonneuse ne récidivé pas, ou du moins que l’immunité acquise a une longue durée, M. P. rechercha et trouva le vaccin de charbon. L’industrie et l’agriculture lui doivent ainsi de si grandes sources de richesses que le savant professeur Huxley a pu dire : « Les découvertes de M. Pasteur suffiraient, à elles seules, pour couvrir le rançon de guerre de cinq miliards payés à l’Allemagne par la France ». — La doctrine microbienne appliquée à l’étiologie des maladies transmissibles fut, au début, vivement attaquée. Des esprits réfractaires continuèrent à soutenir que « la maladie est en nous, de nous, par nous ». Mais, dit M. P., les esprits clairvoyants avaient dès lors pressenti que, le jour où la génération spontanée des êtres microscopiques avait pu légitimement être taxée d’hypothèse chimérique et que la vie de ces êtres avait apparu comme le cause principale de la décomposition organique et des fermentations, la théorie de la spontanéité en médecine avait vécu. C’est du congrès de Londres que date la constatation d’un autre progrès de grand avenir, celui de l’atténuation possible des virus, de la variabilité de leurs virulences et de la conservation de celle-ci par des cultures appropriées, de l’application, enfin, de ces découvertes à la médecine des animaux. Aux microbes vaccius du choléra des poules et du chai’bon, M. P. en a ajouté d’autres. C’est maintenant par centaine de mille que se comptent les animaux préservés contre l’atteinte de maladies contagieuses mortelles. Ces études sur les maladies contagieuses ont ouvert à la médecine une immense espérance de prophylaxie. — Le 28 octobre 1885, M. P. fit à l’Académie de médecine une communication sur une « Méthode pour prévenir la rage après morsure », découverte par lui et dont l’expérience lui avait démontré l’efficacité. Cette communication fut accueillie avec enthousiasme. Après cinq années d’expériences incessantes, M. P. avait réussi à découvrir une méthode capable de prévenir , après morsure, l’affreuse maladie. — C’est le 14 novembre 1888 qu’a eu lieu l’inauguration solennelle de l’Institut Pasteur. C’est à la fois un dispensaire pour le traitement de la rage, un centre de recherches pour les maladies infectieuses et un centre d’enseiguement pour les
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études qui relèvent de la microbie. Dans ce magnifique Institut qui porte son nom, M. P. continue ses recherches. Les résultats qu’il obtient sont publiés sous son patronage, par M. Duclaux, dans les Annales de V Institut Pasteur , revue paraissant tous les mois depuis 1887, avec la collaboration de MM. Roux, Chamberland, Glrancher, Strauss et Nocard. — Ainsi le grand savant français, après avoir trouvé le lien qui unit les fermentations aux maladies, a, par la merveilleuse découverte de l’atténuation des virus, transformé la science médicale et créé en médecine et en chirurgie un art nouveau. Les méthodes employées pour guérir les maladies charbonneuses, le choléra des poules, la septicémie et la rage, sont à citer parmi les plus belles applications de ces idées fécondes. — Par suite de ces découvertes pastoriennes la physiologie pathologique est actuellement en pleine transformation. — En 1887, M. P. succéda à M. Vulpian comme secrétaire perpétuel de l'AO, démie des Sciences. En 1889, ayant renoncé à une charge que sa santé ne lui permettait pas de mener de front avec ses travaux scientifiques, il fut nommé secrétaire perpétuel honoraire et remplacé par M. Berthelot. — (M. P. est grand’croix de l’ordre français de la Légion d’honneur). — Les travaux de M. P. et de son école sont disséminés dans des notes et communications lues à F Académie des Sciences, à l’Académie de médecine, à la Société de médecine vétérinaire, aux Congrès de Londres, Genève et Copenhague, et consignés dans les bulletins et comptes-rendus de ces sociétés savantes. — M. P. a publié à part : « Nouvel exemple de fermentation déterminée par des animalcules infusoires pouvant vivre sans oxygène libre », 1868 ; « Etudes sur le vin, ses maladies, causes qui les provoquent etc. », 1866 ; « Études sur le vinaigre, sa fabrication, ses maladies, moyen de les prévenir »; « Nouvelles observations sur la conservation des vins par la chaleur », 1868; « Études sur la maladie des vers à soie, moyen pratique assuré de la combattre et d’en prévenir le retour », 2 vol. , 1870; « Études sur la bière ». Il faut citer, en outre, ses récents mémoires sur le « Traitement de la rage ». — Associé libre de l’Académie de médecine, M. P. a été nommé membre de l’Académie française, en 1881, en remplacement de Littré. Il a été reçu le 27 avril 1882. La même année, le Conseil de la Société des arts de Londres lui décernait la médaille Albert pour ses recherches sur la fermentation, etc. ; en juin 1883, M. P. a reçu le diplôme de docteur èssciences de l’Université d’Oxford. — Parmi les nombreux portraits de M. P. on peut citer le buste exposé par M. Paul Dubois au Salon de 1880 et qui montre M. P. tête nue, les cheveux et la barbe coupés court. — Au Salon de 1886, on a remarqué deux portraits, l’un peint par