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sur la liste du clergé national, se retira de la direction des écoles et fut destitue de sa chaire universitaire par le Conseil d’Etat radical. Quatorze ans plus tard, en 1860, Genève se flatta de l’espérance de voir rentrer dans son corps enseignant l’illustre philosophe. La Vénérable Compagnie l’appela en effet à la chaire d apologétique, devenue vacante par la mort de M. Diodati, mais un différend avec le Conseil d’État au sujet du suppléant qui serait désigné pour la théologie pratique l’amena au bout d’une année à prendre sa retraite une deuxième et dernière fois. M. N., malgré ses remarquables capacités pédagogiques, n’a pu, bien contre son gré, fournir qu’une brève carrière officielle, il n’en a pas moins exercé dans la Suisse française et même dans toute l’Europe cultivée une influence aussi étendue que légitime, soit par son enseignement au gymnase après la révolution de 1846, soit par les cours de philosophie qu’il donna fréquemment à la Faculté des lettres et pour lesquels, par un raffinement de coquetterie, il ne revendiqua que le titre de privât Docent , soit par les discours sur des sujets religieux qu’il prononça devant de vastes et compactes auditoires masculins à Genève, à Lausanne, à Neuchâtel et qui par la clarté de l’exposition, la vigueur de la dialectique, l’élégance de la forme, le placèrent au premier rang des orateurs contemporains. Depuis 1864, la question électorale a tenu une large part dans ses travaux : l’association qui s’est créée à Genève pour la représentation proportionnelle de tous les partis politiques au sein des assemblées législatives s’honore de l’avoir eu pour fondateur et premier président. L’Institut de France (Académie des Sciences morales et politiques) a élu M. N. en 1863 membre correspondant, en 1887 associé étranger, en remplacement du comte Mamiani. Les très nombreuses publications de M. N. peuvent se ranger sous les cinq chefs suivants : 1° Philosophie: « Mémoire sur le livre du chancelier Bacon, De dignitate et augmenté scientiarum », 1844; « Notice historique et bibliographique sur les travaux de Maine de Biran », 1851 ; « Préface aux oeuvres d’Ad. Lebre », 1856 ; « Maine de Biran, sa vie et ses pensées », 3rae éd., 1857 ; « Œuvres inédites de Maine de Biran » (avec introduction, en collaboration avec M. Marc Debrit) 3 vol., 1859; « Le Camposanto de Pise, ou le scepticisme », 1863 ; « La philosophie italienne contemporaine » (deux traductions d’A. Conti), 1865; « Préface au Christianisme de Fénelon », 1870; « La logique de l’hypothèse », 1880 ; « La physique moderne, études historiques et philosophiques », 1883; 2° Discours de philosophie religieuse: « La Vie éternelle », 5rae éd., 1861 (traduit en allemand, anglais, italien, hollandais, suédois, danois, russe et grec) ; « Le Père Céleste », 1865 (3me éd. et nombreuses traductious) ; « Le

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