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PREFACE

Les ouvrages lyriques affectent des formes nombreuses parmi lesquelles j'en distinguerai cinq principales : 1° l'Oratorio ou Drame sacré, avec ou sans les détails de la représentation théâtrale ; 2° la Tragédie lyrique, qui a été la forme de l'opéra pendant le grand siècle littéraire de la France ; elle s'est appelée en Italie, jusqu'au commencement du dix-neuvième siècle, Dramma per musica et depuis Opéra séria; 3° le Drame lyrique, ou l'Opéra semi-seria, dans lequel l'auteur s'est affranchi de la coupe classique et a donné un plus libre essor à son inspiration, soit sérieuse, soit comique; 4° la Comédie mêlée d'ariettes ou opéra-comique, dont la forme équivalente en Italie est celle de l'Opéra bu/fa, avec cette différence que les récitatifs de l'Opéra bnffa sont remplacés en France par un dialogue ; 5° l'Opérette bouffe, ou plutôt burlesque, appelée Farsa en Italie.

Je ne considère pas comme appartenant à un genre lyrique les pièces auxquelles on a longtemps donné le nom d'opéras-comiques et qui ont été jouées ^ur les théâtres de la foire ; ce n'est pas qu'on n'y chantât souvent; mais l'air des couplets était la plupart du temps emprunté au répertoire de la rue. Ces pièces appartiennent donc, quel que soit leur mérite, au genre du vaudeville. J'ai cependant donné place dans ce dictionnaire à quelques-unes de ces pièces; mais seulement lorsque des compositeurs de talent, tels que Philidor par exemple, avaient écrit pour elles une musique spéciale.

Pour mieux faire comprendre cette division, je vais donner des exemples : le Messie, Judas Macchabée, de Hsendel, Mosè liberato dal Nilo, de Gasparini, sont des oratorios qui ont été exécutés sans action théâtrale. La Morte di Abele, de Métastase et Valentini, le Mose in Egitto, de Tottola et Rossini, Joseph, d'Alexandre Duval et Méhul, ont été écrits au contraire pour la scène, et quoique appartenant par le sujet au genre de l'oratorio, ils doivent être classés parmi les drames sacrés. La partition du Mosè porte en sous-titre : Azione tragico-sacra.

Persée, de Quinault et Lulli, est une tragédie lyrique, comme V Olympiade de Métastase et, de Galdara, comme l'Otello de Rossini (opéra séria), la Reine de Chypre, d'Halévy.

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