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DONS

opéra en cinq actes, paroles de Scribe, musique de Donizetti, représenté à l'Académie royale de musique le 13 novembre 1843. Cette partition, pleine de vie, de chaleur et de grâce, a été enterrée par Scribe dans un poëme lugubre, absurde, monotone. Le premier acte se passe à Lisbonne. Le roi dom Sébastien va s'embarquer pour une expédition aventureuse en Afrique , laissant son royaume à la merci de ses ennemis, dom Antonio et dom Juan de Silva. Le poète Camocns sollicite la faveur d'accompagner le roi et en même temps la grâce d'une captive africaine qu'on nomme Zaïda. Au second acte, on est en Afrique; Zaïda, rendue à son père, le gouverneur de Fez , repousse l'amour d'Abayaldos, chef d'une tribu. Les indigènes se préparent à combattre les Portugais. Dans un autre tableau , dom Sébastien, vaincu, blessé, va être massacré, lorsqu'un de ses officiers, dom Enrique, se donne pour le roi et tombe frappé à sa place. Mais ce n'est pas assez d'un seul dévouement, Zaïda, par reconnaissance, s'interpose encore entre le roi et Abayaldos , et échange , contre un hymen qu'elle déteste, la vie et la liberté de dom Sébastien.

Quelle musique, fùt-clle céleste, résisterait à des situations aussi ridicules? Au troisième acte, Scribe fait assister le public de l'Opéra et dom Sébastien lui-même au convoi funèbre du roi de Portugal, qu'on croit mort, et qui, malgré le témoignage de Camoons, ne peut se faire reconnaître. On passe du spectacle des pompes funèbres à celui du tribunal de l'inquisition. Zaïda déclare que dom Sébastien a été sauvé par elle ; elle est accusée d'adultère par Abayaldos , qui les fait condamner tous deux à être brûlés. Enfin le cinquième acte arrive et représente dom Sébastien et Zaïda cherchant à s'évader de leur prison, aidés par le fidèle Canioëns (quel rôle singulier Scribe fait jouer à l'auteur des Lusiadesf). Ils confient leur salut à une échelle do corde ; lorsqu'ils s'y sont engagés , des soldats coupent les cordes et les malheureux tombent dans la mer. Abayaldos ajoute encore à l'effet do ce déaoûment en leur tirant des coups de fusil au jugé; la toile tombe. Nous nous sommes résigné à donner cette analyse dans le but de dégager la responsabilité du compositeur et de faire attribuer au seul librettiste la chute de l'ouvrage. L'introduction fait entendre un fragment de la marche funèbre. La cavatine chantée par Camoëns, Soldats, j'ai cherché la victoire, est le morceau le plus saillant du premier acte.

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