EUPHROSINE ET CORADIN OU LE TYRAN
CORRIGÉ, opéra-comique en trois actes et en vers, paroles d'Hoffman, musique de Méliul, représenté pour la première fois sur le ThéàJre-Italien le 4 septembre 1790. Méhul avait vingt-sept ans et luttait encore contre la fortune lorsque Hoffnian lui confia le poëme à'Euphrosine et Coradin. Le génie du compositeur se révéla tout à coup dans cet ouvrage et ce fut le point de départ de sa brillante carrière. Le duo : Gardez-vous de la jalousie, au deuxième acte, est un chefd'œuvre d'expression dramatique. Nous transcrivons ici le jugement qu'en portait Grétry : « Le duo à' Euphrosine est peut-être le plus beau morceau d'effet qui existe. Je n'excepte pas même les beaux morceaux de Gluck. Ce duo est dramatique : c'est ainsi que Coradin furieux doit chanter ; c'est ainsi qu'une femme dédaignée et d'un grand caractère doit s'exprimer ; la mélodie en premier ressort n'était point ici de saison. Ce duo vous agite pendant toute sa durée ; l'explosion qui est à la fin semble ouvrir le crâne des .spectateurs avec la voûte du théâtre. » Quand on sait que les Essais sur la musique, de Grétry, ne sont que l'éloge de la musique de Grétry , on comprend combien cet enthousiasme du musicien pour l'œuvre de son confrère a de valeur. Nous mentionnerons aussi l'air d'Alibour , médecin de Coradin, air qui est fort bien traité :
Quand le comte se met à table.
De monseigneur j'observe l'appf^tit Et selon qu'il est faible, ou qu'il est indomptable, Je vois hausser ou baisser mon crédit.
EURIDAMANTE, Opéra italien, musique de Lucio, représenté au théâtre Saii7Mosè, de Venise, en 1654.
EURIDICE, drame de Rinuccini , musique de Jules Caccini, imprimé sous ce titre : l'Euridice composta in musica in stile rappresentativo da Giulio Caccini dctto Romano, représenté à Florence en 1595. L'Euridire a été mise en scène à la cour, le 6 du même mois. Plusieurs morceaux de cet ouvrage furent intercalés dans celui de Péri, qui, sous le même titre, fut représenté au palais Pitti, à l'occasion des noces de Marie de Médicis avec Henri IV, en 1600.
EURIPO (l'), opéra italien, musique de Cavalli- représenté à Venise en 1649.
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EDRISTEO, opéra italien, livret de Zeno, musique de Ristori, représenté en Italie vers
EURISTEO, opéra italien, livret de Zeno, musique de Caldara, représenté à Vienne en
EORISTEO, opéra italien, livret de Zeno, musique de J.-A.-P. Hasse , représenté à Varsovie en 1733.
EORISTEO, opéra, livret de Zeno, musique de Coccia, représenté à Venise en 1815.
EUROPA RICONOSCIUTA, Opéra sérieux italien en trois actes, musique de Salieri, représenté à Vienne en 1776.
EUROPE GALANTE (l'), opéra-ballet en quatre actes, paroles delà Motte, musique de Campra , représenté à l'Académie royale de musique le 24 octobre 1697. Campra étant maître de chapelle de la cathédrale de Paris a fait représenter ses premiers ouvrages sous le nom de son frère. On dit que, s'étant endormi pendant les vêpres, un sous-chantre lui entonna selon l'usage les premiers mots de l'antienne ; Campra, réveillé en sursaut, répondit en chantant ces paroles qui terminent la prière de son Europe galante ; Vivis, vivis, gran sultana. Cette anecdote, si elle est vraie, prouve qu'il y a quelque inconvénient à mêler le sacré au profane. La partition de l'Europe galante renferme quelques morceaux de Destouches.
EUROPE GALANTE, opéra allemand, musique de C.-H. Graun, représenté à Berlin en 1748.
EURYANTHE, grand opéra allemand en trois actes, paroles de M«>e de Chezy, musique de Weber (Charles-Marie de), représenté à Vienne le 25 octobre 1823. Le sujet du poëme, ayant déjà été souvent traité, avait perdu beaucoup de son intérêt. La belle Eurianthe , trahie par une rivale , est abandonnée par son amant à qui elle n'a cessé de rester fidèle. Sur ce livret dépourvu d'incidents dramatiques, Weber a composé une admirable musique qui ne fut que médiocrement comprise, même en Allemagne. L'ouverture , le chreur des chasseurs , d'un rhj-thme si original , le duo de femmes sont des morceaux partout applaudis, souvent bissés. Weber était un penseur. Il cherchait les moyens de s'affranchir des marches harmoniques, des procédés, des usages d'orchestration employés à son époque. Aussi écrivait-il lentement. Euryanthe lui coûta dix-
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huit mois de travail. Freyschûtz, Oheron, Preciosa, Euryanthe, telest, selon nous, l'ordre de mérite des principales partitions de Weber. Castil-Blaze a eu la bonne pensée de faire connaître en France divers opéras étrangers au nombre desquels se trouve Euryanthe. Il a poussé trop loin l'appréhension de déplaire au public , et il s'est trop défié du goût français , en bouleversant l'ordre de la partition originale, en introduisant par exemple des morceaux à'Obéron , la barcarolle, le duo du troisième acte et la marche turque. Une telle représentation n'est qu'un concert; elle eut lieu , avec un succès fort contesté, le 6 avril 1831, à 1' .académie royale de musique. M. et Mme Dabadie, Nourrit et Mme Damoreau dans le rôle d'Euryanthe, interprétèrent cet ouvrage; mais il le fut plus fidèlement, dans la même année, au théâtre allemand, par Mme Schrœder-Devrient et les choristes allemands, qui ont conservé encore la tradition de cette musique d'un caractère sombre, énergique, quelquefois bizai-re , toujours digne d'être étudiée par les hommes intelligents.
MM. de Saint-Georges et de Leuven ont refait un nouveau livret pour le Théâtre-Lyrique, où a eu lieu la première représentation à'Euryanthe, le 1er septembre 1857. Ils ont repris la donnée d'un vieux roman de la 5!bliothèque bleue. Elle est naïve et presque brutale. La belle Euryanthe est fiancée à son amant, le chevalier Odoard. Ce dernier a pour rival le traître Reynold. Une Egyptienne nommé Zara, qu'Odoard a ramenée de la Palestine, est jalouse d'Euryanthe. Elle est magicienne et devineresse, possède toutes sortes de charmes, excepté celui qui la ferait aimer de son maître. Elle révèle à Reynold un secret dont il se fera une arme contre l'honneur d'Euryanthe. Elle lui apprend que la jeune fille porte au-dessous du sein l'empreinte d'une églantine. Ce détail un peu risqué a déjà été mis en œuvre au théâtre. C'est une violette dont l'héroïne , dans l'opéra de Carafa, porte la marque. Pour convaincre Reynold , Zara découvre Euryanthe couchée et profondément endormie, ce qui n'était pas nécessaire. Le traître n'a pas honte de fournir, comme une preuve de ses relations avec Euryanthe, la connaissance de ce détail caché, et cela en présence d'un tribunal de trente chevaliers. Ici les bienséances ont été omises par les auteurs. Euryanthe se trouble, Odoard la croit coupable ; elle est couverte d'opprobre et en proie aux invectives de tout le chœur. Odoard, sans être complètement revenu de