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FANCHETTE OU L'HEUREUSE ÉPREUVE

opéra-comique en trois actes, paroles de Desfontaines, musique de Dalayrac, représenté à rOpéra-Comique le 13 septembre

FANCHETTE , opéra-comique en un acte , paroles et musique de M. Eugène Déjazet, représenté au théâtre Déjazet le 4 février 1860. La musique est gi-acieuse. C'est un petit tableau villageois agréablement animé par de jolis motifs de valse et de joyeuses chansons. Mlle Géraldine s'y est fait applaudir.

FANCHON LA VIELLEUSE, opéra allemand, paroles de Kotzebue, musique de Himmcl, représenté à Berlin en 1805.

FANCHONNETTE (la) , opéra-comique en trois actes, paroles de MM. de Saint-Georges et de Leuven , musique de M. Clapisson, représenté au Théâtre-Lyrique le ler mars 1856. Les auteurs du livret ont mis en scène une marchande de chansons à qui le prince de Listenay a légué son immense fortune en déshéritant son jeune neveu. La légataire, sans se faire connaître, protège la victime do ses beaux yeux, lui fait parvenir chaque

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mois mille pistoles, puis obtient pour lui le brevet de colonel; enfin s'engage à lui faire épouser la nièce de M. Boisjoly , riche financier. Touché de tant de bienfaits , le jeune Listonay, qui les attribue à la tendresse d'une tante, est enfin admis en sa présence , et son illusion est rendue complète, grâce à un travestissement qui donne quatre-vingts ans à Fanchonnette. C'est un tour de force que d'avoir obtenu un succès avec une donnée aussi invraisemblable. Mais le dialogue est fin, semé de mots heureux , les scènes sont habilement disposées. Ce qui a fait surtout réussir la pièce, c'est la musique et l'interprétation merveilleuse de Mme Miolan-Carvalho. C'est dans le rôle de la Fanchonnette qu'elle a montré le talent le plus souple , le plus fin comme actrice , et sa vocalisation la plus correcte et la plus brillante. C'est aussi la meilleure partition de M. Clapisson. Le début de l'ouverture est tout à fait heureux ; le duo des deux clarinettes est une trouvaille musicale. Les morceaux les plus brillants sont : la romance de Listenay, la Plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a; l'air de Fanchonnette : Belle jeunesse, et la chanson qui sert de finale : la Fanchonnette vous chansonnera ; la romance, avec accompagnement de violon solo, qui commence le second acte : Chaque nuit je voyais en songe; la délicieuse romance du troisième acte : Près du fauteuil où la souffrance , et le beau duo chanté aussi par Fanchonnette, déguisée en vieille, et Listenay. Les autres principaux rôles ont été créés par Hermann-Léon et Monjauze. La reprise de cet ouvrage a eu lieu au Théâtre-Lyrique en 1867. Malgré les nouvelles théories qui sont venues assombrir le ciel musical, la musique de Clapisson a été très-goiitée. Mm<^ Carvalho a encore joué et chanté à ravir le rôle de Fanchonnette.

FANCIULLA DELLE ASTURIE (la), opéra italien, musique de M. Secchi, représenté au théâtre de la Canobbiana de Milan, le 23 octobre 1856. Il y a un beau chœur de victoire, Yittoria, dans cet ouvrage, qui a été repris à Rome en janvier 1865.

FANFAN ET COLAS, opéra-comique en un acte, paroles de Beaunoir et Jadin fils, musique de L. Jadin, représenté à Feydeau le 29 octobre 1822. C'est une assez jolie pièce dont la musique a beaucoup vieilli. Jadin a un peu mieux réussi dans les quatuors.

FANISKA, opéra en trois actes, musique de Chérubin), représenté à Vienne sur le

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théâtre de la Porte-de-Carinthic, le 25 février

FANNY MORNA, Opéra cn trois actes, paroles de Favières, musique de Persuis , représenté à Favart le 22 aoiit 1799.

FANTASMA (il) , opéra , musique de Michel Carafa, composé vers 1802.

FANTASMA (il) , opéra-séria italien en trois actes, musique de Persiani, représenté au Théâtre-Italien , à Paris, le 14 décembre 1843. Il s'agit d'un duc de Sicile qui , après avoir assassiné son frère aîné, laisse peser l'accusation de ce meurtre sur un jeune chevalier nommé Adolfo, qui est obligé de s'exiler. Sa fille aime le proscrit, dont l'innocence est i-econnue au milieu d'une scène de somnambulisme du duc, qui avoue son crime , et se fait pardonner en unissant Adolfo à sa fiUe. Le compositeur était le mari de la célèbre cantatrice M™e Persiani. Sa musique est assez travaillée, mais manque d'originalité. // Fantasma a été exécuté avec beaucoup de talent et de zèle par Mme peri siani , Ronconi et Fornasari , mais sans succès. L'auteur a été plus heureux dans son opéra à' Inès de Castro, qvÀ. renferme plusieurs bons morceaux de chant.

FANTOME (le), opéra, musique de Gyrowetz , représenté en Allemagne vers 1842.

FARAMONDO , Opéra italien , musique de Pollarolo, représenté à Venise en 1699.

FARAMONDO , opéra italien , musique de Porpora, représenté à Naples en 1719.

FARAMONDO, opéra italien, musique de Buzzola, représenté à Venise en 1837.

FARASMANE, opéra italien, musique de Orlandini, représenté à Rome en 1710.

FARASPE , opéra italien , musique de Vii valdi, représenté à Venise en 1738.

FARFADET, opéra-comique en un acte, paroles de Planard , musique de Adolphe Adam., représenté à l'Opéra -Comique le 19 mars 1852. Comme la Poupée de Nuremberg, cette folie de carnaval a réussi. La scène se passe dans un moulin , et le Farfadet n'est autre qu'un batelier qui, après avoir été fait prisonnier par les Espagnols, revient pendant une nuit d'oi-age, et cause involontairement une panique qui se termine par une reconnaissance générale entre tous les poltrons de la pièce. La musique est piquante, écrite avec la plus grande facilité

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et non sans élégance. Nous rappellerons le joli quatuor syllabique , le duo pour voix de femmes: Il me cajolait ; l'air de basse du lutin : Personne en bas, dans le moulin, et le duo tout à fait comique : Que ta peur est imbécile ! dont les phrases. C'est le vent! et Hou hou, hciu hou! ont décidé du succès de cette bouffonnerie. Adam introduisait souvent d'heureux à-propos dans ses partitions. Dans une scène où un sac de farine, renfermant le lutin, s'avance contre les acteurs terrifiés, il a imaginé de reproduire la marche de la statue du commandeur de Don Juan.

Le Farfadet a été interprété par Bussinc, Jourdan, Lemaire, .MUfs Lemercier et Talmon. Cette pièce a été reprise en lever de rideau, en 18G7, au théâtre des Fantaisies-Parisiennes.

FARIDONDAINE, ronde intercalée dans un drame, musique de Adolphe Adam, exécutée à la Porte-Saint-Marlin en 1853.

FARINELLI, opéra en deux actes, musique de Barnctt, représenté au théâtre Anglais, à Londres, en 1839.

FARMER (THii) [le Fermier], farce anglaise, musique de Shield, représentée à Covent- Garden en 1798.

FARMER WIFE (the) [la Fermière], opéra anglais, musique de Bishop, représenté à Covent-Garden, à Londres, en 1814.

FARNACE, opéra italien, musique de Caldara , représenlé à Venise en 1703.

FARNACE, opéra Italien, musique de Pollarolo, représenté à Venise en i7is.

FARNACE, opéra italien, musique de Bonop.cini, représenté à Londres en 1723.

FARNACE , opéra italien , musique de Vinci, représenté à Venise en 1724.

FARNACE , opéra italien , musique de Vivaldi, représenté au théâtre San-Agiolo de Venise en 1726.

FARNACE, opéra italien, musique de Rinaldo da Capua, représenté en Italie en 1739.

FARNACE, opéra napolitain, musique de Arena, représenté à Rome en 1742.

FARNACE , opéra italien , musique de Traetta, représenté au théâtre Saint-Charles de Naples en 1750.

FARNACE , opéra italien , musique de Ferez, représenté au théâtre dellc Dame, à Koroe, en 1750.

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FARNACE, opéra italien, musiquedc P. Gugliclmi, représenté eu Italie vers 17C5.

FARNACE, opéra italien, musique de Sarti, représenté à Venise en i776.

FARNACE , opéra allemand , musique de Sierkol, représenté à Naples en 1780.

FARNACE, opéra italien , musique de Urbani, représenté à Dublin en 1734.

FASEBINDER (niiu) [le Tonnelier], opéracomique, musique de Rœhm, représenlé en Allemagne vers 1780.

FASSBINDER (der) [le Tonnelier], opéra en un acte , musique de Fraenzl, représenté à Munich en 1824.

FAT MÉPRISÉ (le), opéra-comique, musique de Piccinni, représenté à la Comédie- Italienne en 1779.

FATA ALCINA (la) [la Fée Alcine], opéra italien, musique de Tadolini, représenté à Venise en 1814.

FATA BENEFICA (la) [la Bonne Fée], opéra italien , musique de Mortellari, représenté à Varèse en 1784.

FATA CAPRICIOSA (la) [la Fée capricieuse], opéra italien, musique de Gardi, représenté à Venise en 1739.

FATA MARAVIGLIOSA (la) [la Fée meruei7/e«5<;], opéra italien, musique de Scolari, représenté en Italie en 1746.

FATHER AND HIS CHILDREN (the) [le Père et ses enfants] , mélodrame anglais, musique de Bishop, représenté à Covent-Garden en 1817.

FATIMA, opéra-séria , musique de Ottani, représenté à Turin en 1779.

FATIMA, opéra italien, musique de Brunetti (Jean-Gualbert) , représenté à Brescia en 1791.

FATMÉ ou LE LANGAGE DES FLEURS,

opéra en deux actes, paroles de Razins do Saint-Marc, musique de Dezède, représenté à Fontainebleau le 15 mai 1777. Cet ouvrage fit peu d'impression.

FAUCHEUR ( LE ) , opéra , musique de Schack, représenté à Salzbourg vers 1785.

FAUCON (le), opéra-comique en un acte, paroles de Sedaine, musique de Monsignj', représenté aux Italiens le 19 mars 1772. Le sujet est tiré d'un conte de Boccace. Cet ou-

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▼rage, donné à une époque où le Déserteur, opéra du même compositeur, jouissait encore de la vogue, était trop léger pour en partager le succès.

FAUSSE ARTÔT (la), pochade exécutée au théâtre Wilhelmstadt, à Berlin, en juin 1862.

FAUSSE AVENTURIÈRE (la) , opéra-comique ea deux actes, paroles de Anseaume et Marcouville, musique de Laruette, représenté à l'Opéra-Comique le 22 mars 1757.

FAUSSE CROISADE (la) , opéra-comique en deux actes, paroles de Lepoitevin de Saint- Alme et d'Épagny, musique de Lemière de Corvey, représenté à l'Opéra-Comique le 12 juillet 1825.

FAUSSE DÉLICATESSE (la) , opéra en un acte, musique de Hinuer, représenté à la Comédie- Italienne en 1776.

FAUSSE DUÈGNE (la) , opéra-comique en trois actes, paroles de Moncloux d'Epinay, musique de Délia Maria, représenté à l'Opéra- Comique le 24 juin 1802. Le titre indique assez la nature de l'intrigue. Le jeune compositeur était mort à l'âge de trente-six ans, et son opéra le Prisonnier avait rendu son nom populaire. Toutefois, la partition de la Fausse duègne était trop faible pour rester au répertoire; elle fut écoutée avec intérêt, mais promptement oubliée. Délia Maria a eu le bonheur d'avoir pour interprètes de ses ouvrages EUeviou, Mmes Saint- Aubin etDugazon. On croit que Blangini a collaboré avec Délia Maria pour cet ouvrage.

FAUSSE MAGIE (la), opéra-comique en deux actes et en vers, paroles de Marmontel, musique de Grétry, représenté à la Comédie-Italienne le 1er février 1775. La pièce est détestable et n'aurait eu aucun succès si Grétry ne s'était surpassé, surtout dans le premier acte. Elle fut même réduite à un acte et représentée ainsi le 18 mars 1776. Il y a un morceau d'ensemble dont l'harmonie, fortement conduite et colorée, a surpris les auditeurs lors de la reprise qui a eu lieu à l'Opéra-Comique. Parmi les meilleurs morceaux de la Fausse magie, citons le trio : Vous aurez affaire à moi, morceau à trois sujets; l'air : C'est un état bien pénible que celui d'un jeune cœur, etc. ; le duo : Quoi ! ce vieux coq! quoi .' ce milan ! le ravissant duo des vieillards, si gai et si entraînant : Quoi! c'est vous qu'elle préfère ! Il est syllabique et produit toujours de l'effet, à cause de la vérité de l'expression, et enfin les complets qui ter-

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minent la pièce. La Fausse magie a été reprise en 1828 et en 1863. Dans cette dernière reprise. Carrier a chanté le rôle de ténor. Gourdin celui de l'oncle, Mlle Girard, l'air célèbre du second acte : Comme un éclair, la flatteuse espérance.

C'est une des pièces où l'auteur a montré le plus de verve. Bernardin de Saint-Pierre raconte que ce fut à une représentation de la Fausse magie que Grétry fut présenté à J.-J. Rousseau. « Je veux vous connaître, lui dit celui-ci ; ou, pour mieux dire, je vous connais déjà par vos ouvrages ; mais je veux être votre ami. » Qu'on juge du bonheur de Grétry à ces paroles ! Ils sortirent ensemble. Des pierres embarrassant la rue, Grétry saisit le bras de Rousseau et l'avertit de prendre garde. Rousseau retira brusquement son bras , et s'écria d'une voix fâchée : « Laissezmoi me servir de mes propres forces! » Des voitures les séparèrent, et jamais ils ne se revirent.

FAUSSE PAYSANNE (la),0U L'HEUREUSE INCONSÉQUENCE, opéra-comique en trois actes, paroles de Piis, musique de Propiac, représenté à la Comédie-Italienne le 26 mars

FAUSSE PEUR (la), opéra-comique en un acte , paroles de MarsoUier, musique de Darcis, représenté à la Comédie-Italienne le 18 juillet 1774.

FAUSSE PRIMA DONNA (la) , opéra allemand en un acte , musique de Kirchner , représenté à Vienne en 1827. .

FAUSSE VEUVE (la), opera-comique, musique de Saint- Amans, représenté à Bruxelles en 1778.

FAUSSES APPARENCES (les). V. l'Amant jaloux.

FAUSSES NOUVELLES (les) , comédie en deux actes, mêlée d'ariettes, paroles de Fallet, musique de Champein, représentée aux Italiens le 26 août 1786.

FAUST, mélodrame allemand, musique du chevalier de Seyfried, joué à Vienne en 1820.

FAUST, opéra allemand en deux actes, texte tiré de Goethe, musique de Spohr, écrit à Vienne en 1814, et représenté à Francfort en 1818, et depuis sur les principales scènes de l'Allemagne et à Londres. Faust est un des chefs-d'œuvre de l'école allemande. Il s'est maintenu pendant plus de trente ans au répertoire sans rien perdre de l'admiration

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qu'il a excitée. Le célèbre chanteur Devrient a interprété avec un grand succès le rôle de Faust dans les représentations qui ont eu lieu à Berlin. Cette partition est considérée en France comme un ouvrage classique. Les choeurs sont d'une grande beauté, et l'instrumentation est traitée avec une science consommée.

Il tut représenté ensuite au théâtre de la cour, à Cassel. Lorsqu'on reprit plus tard cet ouvrage, on substitua des récitatifs au dialogue et on distribua la pièce en trois actes.

FAUST, opéra en trois actes, paroles de Théaulon et Gondolier, d'après Goethe, musique de Béancourt, représenté au théâtre des Nouveautés le 27 octobre 1827. Cette magnifique et puissante conception du génie do Goethe a été transportée alors pour la première fois sur la scène française. Théaulon s'avisa d'en faire un opéra pastiche.

PAUST, opéra allemand, texte tiré de Gœthe, musique de Lindpaintncr, représenté à Stuttgard en 1831, et à Berlin en 1854.

FAUST, opéra, texte tiré de Gœthe, mu- .siquo de Mlle Angélique Bertin , représenté au Théâtre-Italien le 8 mars 1831.

FAUST, opéra en trois actes, paroles de Théaulon, d'après l'œuvre de Gœthe, musique de M. de Pcllacrt, représenté à Bruxelles au mois de mars 1834. M de Pellaert , amateur distingué, composa sur ce livret une musique à grands développements qui fut appréciée comme l'œuvre d'un musicien instruit et d'un homme de goût. Elle obtint un brillant succès à Bruxelles. ChoUet et Mlle Prévost chantèrent les rôles de Faust et de Marguerite. Il serait difficile d'imaginer un travestissement plus complet que celui que l'arrangeur Théaulon a fait subir à l'ouvrage de Gœthe. Les noms des personnages seuls ont été conservés par lui ; tous les épisodes ont disparu pour faire place à des inventions de son choix.

FAUST, opéra allemand, texte tiré de Gœthe, musique de Rietz, représenté au théâtre d'Immermann, à Dusseldorf, vers 1836.

FAUST, opéra en cinq actes, paroles de MM. Michel Carré et Jules Barbier, d'après le premier Faust de Gœthe, musique de M. Charles Gounod , représenté au Théâtre-Lyrique le 19 mars 1859. Depuis plus de soixante ans, le chef-d'œuvre du grand écrivain allemand a été traduit de bien des manières et il a fait vivre bien des gens. Il a été joué, chanté, mimé, dansé. Théaulon en a fait

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une pièce jouée aux Nouveautés; Spohr, un opéra allemand; MUc Bortin, un opéra français; Frédérick-Lemaître, un succès d'acteur à la Porte-Saint-Martin ; M. Bei'lioz, une symphonie fantastique pleine d'impétuosité, de passion et de paradoxes musicaux. Enfin, MM. Michel Carré et Jules Barbier donnèrent à cette œuvre psychologique une forme dramatique fort convenable et de bonnes proportions. Eliminant tout ce qui leur paraissait extra-lyrique, ils ont conservé les principaux personnages et les épisodes caractéristiques de l'action. Dans le premier acte, le docteur Faust est rajeuni par Méphistophélôs, qui lui montre dans un transparent magique Marguerite à son rouet et qui chante en filant. Dans le second, on! "^'oit la kermesse, la sortie de l'église, Faust abordant Marguerite. C'est dans le troisième acte qu'on assiste à la scène de la promenade, à Xa déclaration d'amour de Siebel, à la séduction de Marguerite. Le quatrième acte débute par le chœur des soldats revenant de la guerre ; il est rempli par la sérénade de Méphistophélès, le duel et la mort de Valentin, la scène de l'église et les remords de Marguerite. Quant à la nuit de Walpurgis et aux dernières scènes de l'ouvrage, qu'on a d'ailleurs retouchées et abrégées, l'effet en a paru manqué. L'arrangement de la pièce est, à cette exception près , très-habilement fait. Nous ne voudrions pas trop restreindre la part du musicien dans le succès presque universel de l'opéra de Faust. Il est incontestable qu'il a déployé dans cette œuvre des facultés remarquables; d'abord une science harmonique de premier ordre; ensuite une grande intelligence scénique et l'appropriation la plus ingénieuse des couleurs de l'orchestre aux différents caractères des personnages et aux situations si variées de ce drame émouvant. Mais il faut reconnaître qu'il y a des conceptions littéraires qui parlent si fort au cœur des spectateurs, dont l'intérêt est si constant et les applications si directes, malgré les apparences fantastiques qu'il a plu à l'auteur de donner à son poëme, que le compositeur est soutenu, fortifié, protégé par son collaborateur. C'est évidemment un sort heureux que de se laisser porter sur les ailes du génie. Il faut cependant rester à la hauteur de cette situation périlleuse et ne pas être pris de vertige. M. Gounod a toujours su profiter du choix habile qu'il a fait d'œuvres dramatiques ou simplement poétiques trcs-autorisées. Soit qu'il traite le j¥edecin malgré lui, le Conte du Faucon sous le

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