FAUX
i.itre de la Colombe, Philémon et Baucis, le Mireio de Mistral ou le Faust de Goethe, M. Gounod est un interprète fidèle, et montre autant de goût que de savoir dans cette tâche difficile. Son succès est plus contesté lorsqu'il est aux prises avec des livrets d'une provenance plus modeste et d'un mérite plus contestable, tels que ceux de Sapho, de la A'onne sanglante ou de la Reine de Saba. Il semble qu'un compositeur n'a gagné ses éperons que lorsqu'il a triomphé d'un mauvais poëme. M. Gounod agit vis-à-vis des auteurs dramatiques comme certains directeurs de théâtre à l'égard des jeunes compositeurs. Il s'en défie un peu et se rejette sur le domaine public. L'ensemble de l'œuvre musicale est intéressant, surtout à cause de sa remarquable appropriation aux diverses situations du drame. Chaque morceau offre une phrase ordinairement courte, mais d'une vérité d'expression forte ou ingénieuse ; au point de vue de l'art proprement dit, on désirerait que ces phrasses fussent plus développées, au lieu d'être souvent répétées à satiété, comme le fait jusqu'à seize fois Siebel dans ses couplets : Faites-lui mes aveux. Dans des opéras plus récents, le compositeur a su écrire des morceaux mieux coupés, plus complets; le souffle, l'haleine, l'inspiration enfin augmentent d'intensité et de puissance -à chaque production, et nous croyons fermement que M. Gounod nous donnera quelque jour un chef-d'œuvre digne d'être classé parmi les ouvrages de premier ordre qui s'imposent pendant un demi-siècle à l'admiration publique. En attendant , nous mentionnerons ici les fragments les plus saillamts de son Faust. D'abord la ronde bizarre du \eau d'or, la phrase des vicillai'ds pendant la kermesse : Aux jours de dimanche ; la valse, la cavatine de Faust : Salut , demeure chaste et pure, phrase délicieuse accompagnée par un violon solo, mais dont les développements manquent d'intérêt; la ballade : Jl était un roi de Thulé, dans laquelle le compositeur a introduit un emprunt caractéristique fait à la tonalité grégorienne; l'air brillant des bijoux, la scène de la fenêtre : Laisse-moi contempler ton visage; le duo passionné : 0 nuit d'amour, ciel radieux , et enfin le chœur des soldats, devenu populaire : Gloire immortelle de nos aïeux. Le rôle de Marguerite, rêveuse, passionnée et mystique , a été pour son habile interprète, Mme Carvalho, l'occasion d'une suite de succès et d'ovations qui dure encore. Celui de Faust a été chanté d'abord par Barbot, puis par Monjauze et Michot. Le
personnage de Méphistophélcs a été bien rendu par Balanqué et Petit. Mlle Faivre chantait fort agréablement le rôle du jeune Siebel. Ismaël a joué Valentin avec l'énergie et l'intelligence dramatique qui en ont fait un de nos premiers sujets lyriques. L'opéra de Faust a eu autant de succès à l'étranger qu'en France. Il a élevé M. Gounod au rang de nos premiers compositeurs dans l'opinion populaire. Il ne s'offensera pas si nous lui disons qu'il lui reste encore un pas à faire pour que cette place ne lui soit contestée par personnel
FAUST LEBEN, THATEN UND HŒLLEN- FAHRT {la Vie, les actions et la descente de l'aust aux enfers), opéra allemand, texte tiré de Gœthe, musique de Lickl. représenté au théâtre Schikaneder en 1S15.
FAUST'S LEBEN UND THATEN (la Vie et les actions de l'aust) , opéra allemand , texte tiré de Gœthe, musique de Strauss, représenté dans la province de Transylvanie vers 1814.
FAUSTA, opéra italien, de Donizetti, joué Naples en 1831, et plus tard au théâtre de la Fenice à Venise , et chanté par M™e Pasta, DonzeUi et Cartagenova. Il y a dans cet ouvrage, comme dans toutes les œuvres de Donizetti, même dans les plus faibles, de jolies cavatines et de beaux duos.
FAUSTO, opéra italien, musique de L. Gordigiani, représenté au théâtre de la Pergola, à Florence, en 1837.
FAUSTO ARRIVO (il) [l'Heureux retour], opéra italien, musique de Raimondi, représenté à Naples vers 1837.
FAUSTUS , opéra anglais , musique de Bishop, représenté au théâtre de Covent- Garden, à Londres, en 1825.
FAUTEUIL DE MON ONCLE (le). Opérette en un acte , paroles de M. René de Rovigo , musique de M'ie Collinet, représentée aux Bouffes-Parisiens le 8 septembre 1859.
FAUX FAUST (lk), opérette-bouffe, musique de M. Stephan, représentée aux Folies- Nouvelles en novembre 1858.
FAUX INQUISITEUR (le) , opéra-comique en trois actes, paroles de Viennet, musique de Daussoigne, représenté à Paris dans le mois de décembre 18I7.
FAUXLORD (le), comédie en deux actes, en prose,!mêlée d'ariettes, paroles de Piccinni fils,, musique de Piccinni père, représentée à l'O -
FAYO
FAYO
pcra-C'omi(iuc le 6 décembre 1783. L'intrigue consiste dans une supercherie d'assez mauvais goiit. La musique a été jugée digne du maître. Nous trouvons, dans le récit de la première représentation, la preuve que les exhibitions de la personne des auteurs avait lieu au xviiie siècle chez nous comme en Italie, et comme on en veut généraliser la fâcheuse coutume. Le public demanda l'auteur, Ficcinni fils parut. On demanda l'auteur de la musique; Piccinni père parut à son tour aux applaudissements de la salle.
FAUX MENDIANTS (Liis), opéra en un acte, musique de Gresnick, représenté au théâtre de la rue de Louvois, à Paris, en 1796.
FAUX MONNAYEURS (LliS) OU LA VEN- GEANCE, drame eu trois actes, musique de Gresnick, représenté au théâtre Montansier, à Paris, en 1797.
FAUX RECRUTEUR (le), opéra-comique, musique de Frédéric Xeumann, représenté à Vienne vers 1800.
FAUX SERMENT (Lii), opéra-comiquc , musique de Dcshayes, représenté au théâtre (le Beaujolais en 1786.
FAVORE DEGLI DEI (l\) [la Faveur des dieiu], o[iéra italien, musique de Sabadini, représenté à Venise en 1689.
FAVORITA E LA SCHIAVA (i,a) [la Favori/e et l'esclfive], opéra italien, musique de JI. Victor Massé, représenté à Venise en 1855.
FAVORITE (la), opéra en quatre actes, paroles de A. Rover et Gustave Waëz, musique de Donizetti, représenté à l'Académie rovale de musique le 2 décembre 1840. Cet ouvrage devait être joué en trois actes au théâtre de la Renaissance, sous le titre de : l'Aiifje (le Xisida. La fermeture de ce théâtre lit transporter la pièce à l'Opéra. Ce fut alors qu'on ajouta un quatrième acie auquel Scribe collabora : ce qui explique pourquoi le nom de cet auteur se trouve dans les premières éditions de la partition. Le sujet de cet ouvrage est intéressant. Les auteurs l'ont emprunté à la tragédie de Baeulard-Darnaud, intitulée : le Comte de Commiiujes. Fernand, novice au couvent de Saint-Jacques de Compostelle , se sent troublé à la vue d'une femme qu'il rencontre au sortir de l'église. Son imagination s'exalt«, et, malgré les avertissements de son supérieur, il renonce à la vie monastique. Celle dont il est épris n'est autre que Léonore de Gusman, la favorite du roi Alphonse XI , roi de Castille ; mais Fernand
l'ignore, et, pour mériter sa main, il prend l'épée et rend au monarque des services signalés; à titre de récompense, il demande et obtient d'épouser celle qu'il aime. Alphonse découvre la trahison de sa maîtresse, et presse le moment de cette union funeste. A son tour, Fernand apprend de la bouche des seigneurs de la cour le déshonneur dont il vient de se couvrir. Le message par lequel il aurait pu connaître la vérité avait été intercepté. Révolté du rôle que le roi lui a fait jouer, il brise son épée à ses pieds, car, dit-il, il est le roi ; il se dépouille de ses insignes et de ses titres, et revient pleurer dans le cloître ses illusions perdues; mais Léonore, brisée par la douleur, s'est traînée jusqu'au monastère. Elle entend la voix de son amant prononcer des vœux éternels, et lorsqu'il sort du temple, elle tombe expirante à ses pieds. Une réconciliation in extremis a lieu entre les deux amants.
La musique de Donizetti est constamment à la hauteur de ces situations dramatiques , passionnées, émouvantes. Le souffle de l'honneur, qui circule dans le poëme, anime aussi la partition. Les aristarques peuvent signaler çà et là les traces du laisser-aller italien ; mais il est impossible d'admettre qu'un ouvrage qui est resté à la scène xjendant vingt-huit ans sans interruption soit une œuvre médiocre. L'introduction , qui n'est autre chose qu'une gamme ascendante et descendante, est rhythmée et accompagnée de manière à satisfaire le goût des harmonistes les plus sévères. La cavatine : Un ange , une femme inconnue, est suave et touchante; le duo qui suit offre une phrase inspirée : Idole si douce et si chère. Un chœur fort gracieux précède un duo plein de passion, oii se trouve encore une phrase distinguée , à trois temps larghetto: Ah/ que dit-elle ? L'air de bravoure du ténor : Oui, ta voix m'inspire, d'une allure un peu commune peut-être, exprime l'ardeur belliqueuse d'un jeune capitaine. Le second acte s'ouvre dans les jardins de l'Alcazar. Le roi y chante un air dont le début est empreint d'une langueur voluptueuse , d'une morbidesse orientale ; mais la fin manque de distinction. Le petit duo qui suit est d'une mélancolie à laquelle l'emploi des grandes ressources harmoniques n'aurait rien ajouté. Nous accordons que les airs du ballet sont insignifiants, et que le finale du deuxième acte est bruyant et rendu presque intolérable par la façon dont on l'exécute. Dans le troisième acte , le compositeur se relève par le trio pathétique avec voix récitante : Pour tant d'amour ne soyez