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LOCANDIERA ASTUTA (la) [l'Hàtellièra rusée], opéra italien, musique de Caruso, représenté à Rome en 1792.
LOCANDIERA DI SPIRITO (la) [l'ffôlelliih-e, femme d'esprit], opéra-bouffe en deux actes, musique de Dominique Auletta, représenté à Naples vers 1820.
LOCANDIERA SCALTRA (la) [V Hàtellièré rusée], opéra italien, mu-ique de Federici, représenté à Paris en 1812.
LOCATAIRE (le), opéra-comique en un acte, paroles de Scwrin , musique do Gavcaux, représenté sur le théâtre de l'Opéra- Comique (salle Favart), le 26 juillet isoo. Cette pièce est amusante et la musique l'accompagne assez bien de ses airs de vaudeville. Nous signalerons les couplets chantés par Apolline : Je vois des jaloux en Espagne; ceux d'Ormond : C'est un admirable jardin que le jardin des Tuileries, et un petit trio. Cet opéra-comique a été joué par Solié, Gavaudan , Dozainville , Moreau et JNIme Gavaudan..
LOCK AND KEY {la Serrure et la clef), intermède anglais, musique de Shield, représenté à Covont-Gardoa en 1796.
LODOÏSKA , comédie héro'ique en trois actes, paroles de Fillette-Loreaux, musique de Cherubini, représentée au théâtre Fcydcau le 18 juillet 1791. Cet ouvrage remarquable fut accueilli avec enthousiasme par les connaisseurs. La musique dramatique entrait en France dans une nouvelle voie. Les effets de l'harmonie et de l'orchestration venaient fortifier ceux de la diction lyrique et de la mélodie. Ce que Gluck avait imaginé incidemment en vue de l'expression passionnée, ce que Mozart avait constamment pratiqué dans ses opéras allemands ou italiens, Cherubini l'érigeait en principe, et, par la constance et la perfection de ses beaux travaux, fondait une école savante, consciencieuse, distinguée et favorable au développement de l'imagination des musiciens. Il est de toute évidence qu'en écrivant les opéras de Démophon et de Lodoïs/ca, Cherubini a ouvert la voie à Méhul, à Lcsueur, à Spontini. Les lecteurs qui ne connaissent pas le livret de Lodoïska peuvent s'en faire une idée en
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réunissant les principaux épisodes de Richard Cœur-de-lion et de Fidelio (voir ces articles). Quant à la musique , il est bien regrettable qu'aucun directeur de théâtre ne songe à la faire entendre de nouveau. Les morceaux de la partition de Lodoïska ne sauraient être exécutés dans les salons , en raison de leur forme toute symphonique. On ne peut se rendre compte de leur haute valeur que par une étude approfondie et à laquelle les musiciens seuls peuvent se livrer. Néanmoins l'ouverture a été souvent jouée dans les concerts. On trouve dans tout l'ouvrage un style noble et soutenu, des masses admirables et profondes, des modulations riches et va • riées qui l'empêchent de vieillir. Je ne crains pas de dire qu'après plus de soixante-dix ans, Lodoïska offre moins de rides que n'en ont la plupart de ses filles.
LODOÏSKA ou LES TARTARES, comédie en trois actes, en prose, paroles de Dejaure, musique de Kreutzer, représentée aux Italiens le ler août 1791. Le sujet de la pièce est le même que celui du poëme de Fillette- Loreaux : loin d'être une comédie, la pièce de Lodoïska est un drame sombre et lugubre : l'action se passe sur les frontières de l&'Vologne, dans un pays exposé aux incursions des Tartares. Dans la scène premièi'e, on voit passer sur le théâtre des jeunes captives emmenées par un parti de ces barbares commandé par Titsikan. Celui-ci se propose de faire le siège d'un château dont ou aperçoit les tours. Le comte de Lowinski, suivi de son fidèle écuyer Albert, est à la recherche de sa maîtresse Lodoïska, fille de Lupanski. Plutôt que d'accorder la main de sa fille au comte qui a aidé Poniatowski à monter sur le trône de Pologne, le vieillard l'a fait sortir de Varsovie et l'a confiée à son ami Boleslas. Celui-ci, abusant des droits de l'hospitalité et épris des charmes de Lodoïska, veut la contraindre à l'épouser : ne pouvant triompher de sa résistance, sa passion se change en fureur et il enferme la malheureuse fille dans une tour, espérant ébranler sa constance par les ennuis d'une étroite captivité. Au moment oii le comte et Albert arrivent près du château de Boleslas, Titsikan les attaque ; mais il est désarmé et ne doit la vie qu'à la générosité de Lowinski. Après cet incident qui doit avoir plus tard son influence sur le dénoûment, le comte, en examinant le château, voit tomber à ses pieds une tuile à laquelle un billet a été attaché. Il reconnaît l'écriture de sa maîtresse qui
a employé ce moyen pour obtenir quelque secours du dehors. Lowinski se décide à entrer dans le château. Il demande l'hospitalité que Boleslas lui accorde toutefois avec défiance. Au second acte, Lodoïska sur la terrasse d'une tour, respire l'air du matin et se plaint de sa destinée. Cette scène est touchante et elle a été bien traitée par le musicien ; la captive déplore la mort de son amant que Boleslas lui a fait annoncer. Le comte, caché, l'entend et ne peut se découvrir ; Boleslas surprend ses hôtes, les traite d'espions et n'accorde la vie à Lowinski qu'à la condition qu'il confirmera de sa propre bouche à Lodoïska la nouvelle de la mort du comte. Cette perfidie amène l'entrevue et la reconnaissance des deux amants en présence même de Boleslas. Mais, avant qu'ils n'aient eu le temps de se concerter , le vieux Lupanski arrive et vient chercher sa fille ; il voit avec le plus grand étonnement Lowinski au château et apprend avec indignation la conduite de celui qu'il croyait son ami. Il déclare que ni l'un ni l'autre ne peuvent prétendre à épouser Lodoïska et il se dispose à emmener celleci lorsque Boleslas enflammé de fureur s'oppose à leur départ et les retient tous prisonniers. Sur ces entrefaites, on accourt annoncer qu'une troupe de tartares entoure le châteatu On en prépare la défense. Au point de vue dramatique, il y a là un très-beau motif de finale. On ne baisse pas le rideau pendant l'entr'acte. Des troupes d'hommes armés passent et repassent sur la scène. Les Tartares s'emparent du château ; Boleslas en fait sauter la plus grande partie et se précipite lui-même dans les flammes. Titsikan délivre les prisonniers et Lupanski consent à l'union de Lodoïska avec le comte Lowinski. La partition est l'œuvre la plus remarquable de Kreutzer. Les combinaisons harmoniques ne sont pas très-fécondes. Le compositeur a trop souvent recours à l'emploi de l'accord de septième diminuée ; mais l'expression est forte et juste; et on sent qu'il a la volonté de toujours peindre les situations. Une introduction tient lieu d'ouverture. Le chœur des jeunes captives qui se détache sur une marche tartare a du caractère. Nous signalerons l'air de Lowinski (haute-contre) : Lodoïska, ma tendre amie, et l'air de Titsikan (basse) : Comme moi jadis Alexandre. Les chœurs offrent des longueurs insupportables et complètement inutiles ; cette longueur n'est rachetée par aucun développement harmonique intéressant. Le deuxième acte est le mieux traité. Le récitatif de Lodoïska : Comme l'air est tranquille
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