MENA
de Planard, qui se précipite de désespoir près de la vanne d'un moulin , est bien plus intéressante que cette Phrosine se jetant dans les flots du canal de Messine pour fuir un amour incestueux. Tout a été exagéré dans ce drame qu'on croirait avoir été écrit quarante ans plus tard, si la forme du dialogue n'y était plus châtiée et plus élégante que dans les mélodrames modernes. Il est bien regrettable que sa chute ait eu pour conséquence l'oubli de la musique que Méhul écrivit au plus beau temps de son inspiration, quoique, à proprement parler, le talent de ce maître n'ait point connu d'éclipsé.
MÉLISSA , opéra allemand , musique de Placide de Camerloher, représenté à Munich en 1739. Un intermède comique avait été représenté sous ce titre sur le théâtre San-Cassiano, à "Vienne, en 1707, et ensuite à Bologne
MELODANZA (la), opéra italien, musique de F. Orlandini, représenté à Milan en 1806.
MÉLOMANIE (la), opéra-comique en un acte, livret en vers de Grenier, musique de Champein, représenté à l'Opéra-Comique national le 23 janvier 1781. L'auteur a dédié sa partition à Mlle de Condé. Elle obtint assez de succès. C'est une œuvre travaillée et qui dénote aussi de la iacilité ; mais les idées sont communes. La pièce est très-bouffonne. Géronte est un vieillard extravagant qui raffole de musique. Quoiqu'il ait promis la main de sa fille Elise à Saint-Réal, il se ravise et veut la donner à un nommé Fugantini, musicien italien dont l'arrivée lui est annoncée. Lisette vient au secours de sa jeune maîtresse ; sou ami Crispin aidant, on fait passer Saint-Réal pour le maestro Fugantini. Géronte charmé , ravi de la voix et de tout ce que lui chante son futur gendre, comble les voeux de sa fille et les siens propres. L'ouverture est fort médiocre. L'auteur a cherché à rendre successivement plusieurs effets musicaux, la vivacité du ballet, la solennité du récitatif du grand opéra, la boursouflure du mélodrame, et à imiter plusieurs instruments : la harpe, la mandoline, la guitare, le hautbois, le cor, les timbales et même le canon, si toutefois cet instrument de destruction peut être considéré comme appartenant à l'orchestre. Ce n'est pas le seul ouvrage dans lequel on ait cherché à produire des imitations de ce genre. Plusieurs compositeurs ont cru qu'il était tout naturel et opportun dans un opéra d'indiquer les ressources de l'art musical et do montrer leur
savoir-faire. Sauf de rares exceptions, ils n'ont pas raisonné juste en ceci. D'abord, en annonçant successivement un air de flûte, des arpèges de harpe, etc., ils ôtent au spectateur le charme de la surprise et les font assister malgré eux à un concert plutôt qu'à une représentation; ensuite, ils se méprennent sur le rôle de l'art musical, qui consiste à peindre les sentiments et les situations de l'âme à l'aide d'un procédé tout idéal que la préoccupation de l'imitation matérielle ne peut qu'afTaiblir. Champein ne connaissait pas cette théorie, et son mélomane s'en donne à cœur joie. Crispin même le dépasse dans son air descriptif : Mousicien terrible et barbare. Cependant nous signalerons, en dehors de ces rôles chargés, l'ariette d'Elise : Que je suis malheureuse! celle de Lisette : De la gaieté' le doux transport ; la musette lourée en sol : A douce et gentille fillette, et enfin la romance de Saint-Réal : 0 des dieux le plus bel ouvrage. Le quinque qui suit n'offre rien qui le distingue, si ce n'est les traits de bravoure de la partie de soprano qui ont dii faire honneur à la vocalisation de M'ie Colombe, chargée du rôle d'Elise, et qui donnait sans doute brillamment le ré suraigu. Voici la suite de la distribution de cet ouvrage : Saint-Réal, haute-contre, Michu; Géronte, baryton, Narbonne; Crispin, ténor. Trial; Crisanthe, ténor. Rosières; un notaire, ténor, Favart; Lisette, soprano, Carline.
MÉLUSINE, opéra romantique, musique de Conradin Kreutzer, représenté au théâtre de Kœnigstadt le 27 février 1833.
MÉLUSINS , opéra allemand en quatre actes, musique de Schindelmeister , représenté au théâtre de la Cour, à Darmstadt, en janvier 1862.
MÉMOIRES DE FANCHETTE (les), Opéracomique en un acte, paroles de M. Nérée- Desarbres, musique du comte Gabrielli, représenté au Théâtre -Lyrique le mercredi 22 mars 1865.
MEMORIE DEL DIAVOLO (le) [les Mémoires du diable], opéra italien, livret tiré du roman de Frédéric Soulié, musique de M. Sozzi, représenté au théâtre Carcano , de Milan, en décembre 1864.
MÉNAGE DE GARÇON (le), opérette en un acte, musique de Gyrowetz, représentée à Vienne vers 1813.
MENASKO ET ELWINA, mélodrame, musique de Joseph de Blumenthal, représenté à Vienne vers 1S15.