NOE.M
tre , et empruntées à des chefs - d'œuvro comme la Juive , Othello, les Huguenots , Mobert. M. Gounod a abordé résolument ces difficultés, et si le succès n'est pas venu couronner sa tentative, on ne saurait s'en prendre entièrement à lui, car jamais musique n'a été mieux appropriée à la couleur générale du poëme L'introduction a un caractère sinistre obtenu principalement par la sonorité des cors, les gammes chromatiques des violons et le chant des trombones. Un air en la majeur de Pierre l'Ermite, avec chœurs, la romance de Rodolphe, le duo : Mon père, d'un ton inflexible, l'ensemble à douze-huit du finale sont les morceaux saillants du premier acte. Le second acte est le plus intéressant. Les couplets d'Urbain, l'air de Rodolphe : Du seigneur, pâle fiancée, sont suivis d'une sorte de symphonie descriptive pendant laquelle l'œil du spectateur ne voit sur la scène que ruines et désolation. Derrière la coulisse, des choristes, à bouche fermée, joignent à l'orchestre des accords bizarres. On comprend la fuite de Rodolphe avec son étrange compagne et on songe à la ballade de Lénore : Hurrah ! les morts vont vite. Les ruines font place à un palais enchanté resplendissant de clarté. Ici M. Gounod s'est visiblement souvenu du lever du soleil dans le Désert de Félicien David : Cuique suum. A la Marche des trépassés succède un finale d'une grande puissance. Le troisième acte offre des situations plus douces. Nous rappellerons la valse en ré majeur; l'air : Un Jour plus pur, un ciel d'azur brille à ma vue, est instrumenté avec tant de goût et la mélodie en est si gracieuse qu'on remarque peu l'une des innombrables fautes de français dont. Scribe a émaillé ses livrets d'opéra. Le quatrième acte renferme de jolis airs tle ballet; quant au cinquième, l'auditeur, fatigué, ne remarque guère que le duo d'Agnès et do Rodolphe, et l'air de Luddorf. Cet ouvrage a été distribué comme il suit : Rodolphe, Gueymard; Luddorf, Merly ; Pierre l'Ermite, Dopassio; la Nonne sanglante, Mlle Wertheimber; Agnès de Moldaw, Mlle Poinsot; le page Urbain, MUe Dussy.
NORMA, opéra en deux actes, poëme de .Soumet, Bclmontet et Romani , musique dfi BcUini, représenté à Milan en 1822, et chanté par Donzelli , Mmcs Pasta et Grisi. Ce chefd'œuvre fut représente sur le Théâtre-Italien de Paris le 8 décembre 1835. Le sujet de Norma appartient à MM. Soumet et Belmontot, auteurs d'une tragédie de ce nom ioué'^