‹ Dictionnaire lyriqueChapitre 535 sur 773 · RATAPLAN OU LE PETIT TAMBOUR · texte numérisé non relu

RATAPLAN OU LE PETIT TAMBOUR

opéra-comique, musique de Pillwitz, représenté à Brème en 1831.

RATTO DELLA SPOSA (il), opéra italien, musique de P. Guglielmi, représenté à Gênes vers 1768.

RATTO DELLE SABINE (il) [l'Enlèvement des Sabines], opéra italien , livret de Niccolô Minato, musique de Draghi (Antoine), représenté à l'occasion du jour de naissance de Léopold 1er, à Vienne en 1674.

RATTO DELLE SABINE (il), opéra italien, livret de Bussani, musique de Agostini, représenté sur le théâtre de Saint- Jean-Chrysostome, à Venise, en I68O, et repris à Bologne en 1689.

RATTO DELLE SABINE (il), opéra italien, musique de Zingarelli , représenté à Venise en 1800.

RATTO DI CEFALO (il) , opéra italien, livret de Berni, musique de Andréa Mattioli, représenté à Ferrare en 1650. On fit usage dans cette pièce de machines inventées par Carlo Pasetti.

RATTO DI ELENA (il). Opéra italien, livret de Paolella, musique de Cirillo, représenté à Naples en 1655.

RATTO DI EUROPA (il) [l'Enlèvement d'Europe ] , opéra italien , livret d'Elvezio Sandri, musique de Manelli, représenté à Plaisance en 1653.

RATTO DI PROSERPINA (il) , intermède italien, musique de Asioli, représenté à Naples vers 1785.

RAUBERER (der) [l'Enchanteur], opéra allemand , musique de Holly , représenté en Allemagne vers 1773.

RAUCHFANGKEHRER (der) [le Ramoneur], opéra allemand en trois actes, musi-

RAYM

RE

que de Salieri, représenté en Allemagne en

RAUGRAF (der), opéra allemand, musique du comte de Feltre, représenté à Francfortsur-le-Mein, en 1828.

RAVVEDIMENTO (Je Repentir), opéra italien, musique de Cammarano, représenté au lliéàtre du Fondo, à Naples, en 1840.

RAYMOND ou LE SECRET DE LA REINE,

drame lyrique en trois actes.paroles de MM. de Leuven et Rosier , musique de M. Ambroise Thomas, représenté à l'Opéra-Comique le r> juin 1851. La légende du masque de fer a fourni le sujet de ce sombre mélodrame. La scène se passe àMoret, près de Fontainebleau, au premier acte. Raymond est un jeune paysan, enrichi par la protection d'une personne inconnue. Il va épouser la pauvre orpheline Stella. Tout à coup son mariage est rompu par l'intervention du chevalier de Rosargue, créature du cardinal Mazarin ; car Raymond est le frère du roi, et ne doit pas épouser une paysanne. Il reçoit le brevet d'officier et paxt pour la guerre. Au second acte, Raymond est h Fontainebleau, où il voit la reine, sa mère, et apprend d'une des dames de la cour le fatal secret. Mazarin en est informé ; il donne ordre de conduire Raymond dans une prison lointaine, et de cacher sous un masque de fer les traits qui peuvent révéler sa naissance. Après diverses péripéties, tous les personnages se retrouvent dans un couvent. Le chevalier reconnaît, dans Stella, sa fille. Il répare son lâche abandon en prenant la place de Raymond , et, poussant le dévouement iusqu'à l'héroïsme, il se couvre du masque fatal et se laisse conduire à la Bastille. Un tel livret convenait peu au genre de talent de M. Ambroise Thomas, qui d'ailleurs a eu la mauvaise fortune de prodiguer des trésors de science et de goût dans des pièces médiocres et souvent pires. L'ouverture offre un andante remarquable , suivi d'une brillante péroraison. Le chœur des vieillards, au milieu duquel se trouve une chanson à boire fort originale, a été redemandé par le public. Un autre chœur dialogué, de femmes, a obtenu le même accueil : Heureux époux, quelle faveur! Le deuxième acte renferme, entre autres morceaux intéressants, une romance charmante chantée par le ténor : En proie au douloureux martyre, et une scène pastorale tour à tour musicale et chorégraphique. M. Ambroise Thomas a donné à cette partie de son ouvrage un caractère archaïque parfaitement

réussi. L'ariette : Petits oiseaux , que vous êtes heureux , est d'un goût exquis. Nous ne citerons du troisième acte que la prière des moines , la cavatine du ténor : Point de pitié pour mes larmes, et la mélodie de Stella : Illusion chérie. Le style idéal du compositeur s'est trouvé presque toujours en désaccord avec le fond de cette pièce empruntée au répertoire de l'Ambigu. L'exécution de cet ouvrage a été confiée à Boulo, Bussine, Mocker et à MUcs Lefebvre et Lemercier. La partition pour piano et chant a été arrangée par M. Vauthrot.

RAYMOND DE TOULOUSE, opéra-comique en trois actes, paroles de Guilbert de Pixérécourt, musique de Foignet père et fils, représenté au théâtre des Jeunes- Artistes le 16 septembre 1802.

RE ALLA CACCIA (il) [le Roi à la chasse], opéra italien, musique de Galuppi , représenté à Venise en 1763.

RE ALLA CACCIA (il), opéra italien, musique de Felice Alessandri, représenté à Londres en 1769.

RE GILIDORO (il), fable dramatique, musique de Bertali, représentée à Vienne en

RE INFANTE (il) , opéra italien, livret de Matteo Noris , musique de C. Pallavicino, représenté à Venise en 1683.

RE INFANTE (il)', opéra italien, livret de Matteo Noris, musique de Perti, représenté à Bologne sur le théâtre Malvezzi en

RE PASTORE (il) [le Roi pasteur], opéra italien, livret de l'abbé Pietro Mctastasio, musique de Sarti , représenté sur le théâtre du San-Mosè à Venise en 1753, avec un immense succès. La partition de Sarti est la plus remarquable de toutes celles qui ont été écrites sur cette pièce charmante. Nous citerons les airs suivants : Jniendo, amico rio ; Alla selva, al prato, al fonte; So, che pastor son io ; Si spande al sole in faccia; Per me rispondete; Di tante sue procelle; le duetto : Vanne a regnar, ben mio ; Al mio fedel dirai; Ogu' altro affetto ormai ; Ah per voi lapianta umile; Barbaro, o dio, mi vedi; Se vincendo vi rendu felici; le quartette : Ah tu non sei piii mio; l'Amerô, farà costante; la rimaner divisa; Se tu di me fai dono; Sol puô dir , come si trova; Voi , che fausti ognor donate , et le chœur final : Dalla selva et dall'ovile.

RE

RE PASTORE (n.) {le Roi pasteur], opéra italien , livret de Métastase , musique de Bono, représenté à Milan en 1753.

RE PASTORE (il) [le Roi pasteur], opéra italien, livret de Métastase, musique de Jean- Frédéric Agricola, représenté à Berlin on

RE PASTORE (il) [le Roi pasteur], opéra italien , livret de Métastase, musique de Jomelli, représenté à Stuttgard en 1755.

RE PASTORE (il) [le Roi pasteur], opéra italien, livret de Métastase, musique de Gluck, représenté à Vienne en 1756.

RE PASTORE (il) [le Roi pasteur], opéra italien , livret de Métastase , musique de Zonca, représenté à la cour en 1760.

RE PASTORE (il) [le Roi pasteur], opéra italien, livret de Métastase, musique de Piccinni, représenté à Naples en 1760.

RE PASTORE (il) [le Roi pasteur], opéra italien , livret de Métastase, musique de P. Guglielmi , représenté à Venise en 1767.

RE PASTORE (il) [le Roi pasteur], opéra italien, livret de Métastase, musique de Uttini, représenté à Venise vers 1773.

RE PASTORE (il) [le Roi pasteur], opéra italien en deux actes , livret de Métastase, musique de Mozart, représenté à Salzbourg en 1775. Ce fut à l'occasion du séjour de l'électeur Maximilien dans cette ville que Mozart composa cet ouvrage, dans lequel se révéla son aptitude à écrire la musique dramatique.

RE PASTORE (il) [le Roi pasteur], opéra italien , livret de Métastase , musique de Rauzzini (Matthieu), représenté à Dublin en 17S4.

RE PASTORE (il) [le Roi pasteur], opéra italien, livret de Métastase, musique de Parcnti , représenté en Italie vers 1787.

RE TEODORO (il) [le Roi Théodore], opéra-bouffe italien, livret de Casti, musique de Paisiello, représenté à Vienne en 1784, et au théâtre Feydeau le 21 février 1789. Ce fut sur la demande d" l'empereur Joseph II que le compositeur écrivit II re Teodoro , un de ses chefs-d'œuvre. On trouve dans la partition autant de grâce mélodieuse que de verve scénique. Le septuor du Roi Théodore est une composition charmante qui est devenue célèbre dans toute l'Europe.

RECR

REA SYLVIA, opéra italien, musique de entrera, représenté à Palerme en 1840.

RECHERCHE DE L'INCONNU (la), opérette en un acte , paroles de M. Charles Bridault, musique de M. Mangeant, représentée aux Folies-Nouvelles en décembre en 1857.

RECIMERO, opéra-séria en trois actes, livret de Matteo Noris , musique de Pergolèse, représenté sur le théâtre San-Bartolomeo, à Naples, vers I73i.

RECIMERO, opéra italien, livret de Matteo Noris, musique de Jomelli, représenté à Rome en 1740.

RECIMERO, opéra italien, livret de Matteo Noris, musique de Borghi, représenté à Florence en 1773.

RECIMERO, opéra italien, livret de Matteo Noris, musique de P. Guglielmi , représenté à Naples en 1778.

RECIMERO, opéra italien, livret de Matteo Noris, musique de Buroni, représenté à Stuttgard en 1773.

RECIMERO, opéra italien, musique de Zingarelli, représenté à Venise en i785.

RECIMERO, opéra italien en deux actes, musique de Siri, représenté au théâtre Saint- Charles, de Naples, en 1791.

RECIMERO, RE DE' VANDALI, opéra italien, livret de Matteo Noris, musique de C. Pallavicino , représenté sur le théâtre de Saint-Jean-Chrysostome, à Venise, en 1685.

RÉCONCILIATION VILLAGEOISE (la),

opéra-comique en un acie en prose, mêlé d'ariettes, paroles de Laribardière, retouchées par Poinsinet, musique de Tarade, représenté aux Italiens le 15 juillet 1765.

RECRUES (les), opéra, musique de Mederitsch, représenté à Vienne en i794.

RECRUTEN AUF DEM LANDE (die) [les Recrues en campagne], opéra allemand, musique de Stegmann, représenté à Mittau en

RECRUTEURS (les), opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, paroles de MM. de Jallais et Vulpian , musique de M. Lefébure-Wély , représenté à l'Opéra- Comique le 13 décembre 1861. Sur un livret insipide, l'habile organiste a écrit une partition hérissée de combinaisons harmoni-

REGI

qucs, estimable à cause de la science de détail qu'on y remarque, mais peu mélodique en somme, et dépourvue de qualités dramatiques. Le contre-point sur l'air de La tnonaco est intéressant; les couplets de Lucas, au commencement du second acte , empruntent leur effet comique à un procédé bien souvent employé dans les pièces du théâtre de la foire : Vous ne serez pas mon nez, mon épouse. Qu'aux Variétés on se serve de tels moyens pour faire rire ; qu'on y chante : Ce roi barbu gui s'avance, bu qui s'avance, nous n'avons rien à y voir; mais le genre de l'opéra-comique devrait être préservé de ces drôleries usées et peu spirituelles. Chanté par Sainte - Foy , Berthclier , Gourdin, Capoul, Mlles Marinion, Bélia et Tuai,

RED -CROSS KNIGHTS {les Chevaliers de la Croix-Rouge), opéra anglais, musique de Attwood, représenté sur le théâtre de Hay- Market, à Londres, en 1799.

REDENDE GEMALDE (das) [le Portrait parlant], opéra allemand , musique de Stegmann, représenté à Kœnigsberg vers 1774.

REDIVIVA (la), opéra italien, musique de M. Carrer, représenté au théâtre Carcano, de Milan, en février 1856.

RÉDUCTION DE PARIS (la), drame lyrique en trois actes, paroles de De Rosoy, musique de Blanchi, représenté aux Italiens le 30 septembre 1775. Henri IV est le héros de la pièce.

REEDIFICAZIONE DI GERUSALEMME

(la), opéra italien, musique de Zingarelli, représenté à Florence vers 1812.

REGATA DE VENISE (la) OU L'AMOUR PARMI LES GONDOLIERS, Opéra, musiquo de Flics, représenté au théâtre National de Berlin en i798.

REGENBRUDER (die) [les Frères de la pluie], opéra allemand, musique de Ignace Lachner, représenté à Stuttgard en 1849.

REGENTE (il) , opéra italien, musique de Mercadante, représenté à Naples vers 1840.

REGGIA D'IMENEO (la) [le Palais de l'hymen], opéra italien, musique de Naumann, représenté k Dresde vers 1782.

REGI EQUIVOCI (i) , opéra italien , livret de Matteo Noris, musique de Pollaroli, repré-

REGI

sente sur le théâtre de Sant'-Angiolo, à Venise, en 1697.

REGINA , opéra allemand , musique de Lortzing, représenté à Leipzig en 1847.

REGINA CREDUTA RE (la), opéra italien, livret de Matteo Noris, musique de Bononcini (Antoine) , représenté sur le théâtre de Sant'-Angiolo, à Venise, en 1706.

REGINA DE'vOLSCI (la) [la Reine des Volsques] , opéra italien , livret de Niccolô Minato, musique de Draghi (Antome), i-eprésenté à Vienne, pour le jour de naissance de l'impératrice Eléonore, en 1690.

REGINA DI CIPRO (la) , opéra italien, musique de J. Pacini , représenté à Turin en 1846, et à Trieste en septembre 1864.

REGINA DI GOLCONDA (la), opéra italien, musique de Rauzzini, représenté à Londres en 1775.

REGINA DI GOLCONDA (la) , opéra italien , musique de Donizetti , représenté à Gênes en 1828.

REGINA DI LEONE, opéra italien, musique de Vilani, représenté à Turin en août

RÉGINE ou DEUX NUITS, opéra -comique en deux actes, paroles de Scribe, musique d'Adolphe Adam, représenté à l'Opéra- Comique le 17 janvier 1839. L'action se passe dans la ville de Dunkerque au temps de la République. Une jeune demoiselle noble, fille d'un duc de Volberg, a épousé un soldat, en 1793, pour échapper aux persécutions d'un représentant du peuple. Immédiatement séparée de ce soldat , elle le retrouve colonel douze ans plus tard, à la veille de la bataille d'Austerlitz. Régine avait obtenu un consentement de divorce ; mais , malgré l'opposition de sa tante et les préjugés de sa famille, elle déchire l'acte de divorce et change son titre de princesse de Volberg contre le nom plébéien de Mme Roger. Il est vrai que ce Roger est devenu dans l'intervalle comte de l'empire, ce qui diminue singulièrement l'héroïsme de Régine et affaiblit le ressort de la pièce de M. Scribe, lequel d'ailleurs enrichit ou anoblit toujours ses héros au dénoûment. C'est sur un si pauvre livret qu'Adolphe Adam a écrit, avec la plus grande facilité, une musique facile. On a remarqué dans le premier acte les couplets

REIN

REIN

du maire de Dunkerque : J'ai peur, j'ai peur, chantés par Henri; l'air de Régine : Un Jeune et beau trompette, chanté par Mlle Rossi, enfantillage musical de mauvais goût. Le second acte n'a de saillant que le grand duo final dans lequel se trouve un cantabile pour le soprano , gracieusement accompagné par un violoncelle obligé. Roger, Mme Boulanger et Mlle Berthault ont joué les rôles du soldat, de la tante et de la soubrette.

RÈGNE DE DOUZE HEURES (le), opéra,

musique de Cavos, représenté à Saint-Pétersbourg en 1805.

RÈGNE DE DOUZE HEURES (le), opéra- ■comique en deux actes , paroles de Planard , musique de Bruni, représenté à Feydeau le 8 décembre 1814.

RÈGNE DE LA FORCE (le), Opéra , musique de Bierey , représenté à Breslau vers

REGNERUS, opéra en trois actes, musique de Schicfferdecker, représenté à Hambourg

REGNO DELLE AMAZZONI (il) , opéra

italien, musique de Accorimboni, représenté au théâtre de Parme vers 1782.

REGNO GALANTE (il), opéra italien, livret de Boccardo, musique de Giovanni Reali, représenté sur le théâtre du San-Mosè, à Venise, en 1727.

REGULUS, opéra, musique de J. Michl, représenté à Freisingen en 1782.

REINE CHRISTINE (la), opéra allemand , musique du comte de Roedern, représenté à Berlin en décembre 1859.

REINE D'UN JOUR (la) , opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe et Saint- Georges, musique d'Adolphe Adam , représenté à rOpéra-Comique le 19 septembre 1839. liC librettiste a imaginé d'improviser une reine de circonstance qui n'est autre que Prancine Camusat , marchande de modes de Calais qui débarque sur le sol anglais, passe pour la femme de Charles II , attire l'attention de Richard Cromwell et des puritains, et favorise, sans s'en douter, la rentrée dans ses Etats de la princesse de Portugal, qui vient partager les dangers de son royal époux. Rentrée dans la vie privée , la marchande de modes épouse le pauvre marin Marcel. L'invention est bizarre. La musique de la Reine d'un jour n'a rien de remarquable, si ce n'est peut-être les couplets chantés par Mocker : Non, non , je ne vous aime pas, et

le chant du matelot au second acte. M^e Leplus a chanté le rôle de Prancine. Masset a débuté avec éclat dans cet ouvrage, en compagnie de Grignon, de Mme Boulanger et de Mlle Berthault.

REINE DE CHYPRE (la), Opéra en cinq actes , paroles de M. de Saint-Geoi-ges, musique d'Halévy, représenté à l'Académie de musique le 22 décembre 1841. Le poëme de cet opéra est une œuvre littéraire remarquable. Il rappellerait même la tragédie lyrique telle qu'on l'envisageait au siècle dernier, si l'époque de l'action ne se rapprochait pas des temps modernes. Cependant on est encore en 1469. Un patricien de Venise a promis Catarina, sa fille, à un chevalier français, Gérard de Coucy. Le Conseil des Dix, par la bouche de Mocenigo, lui ordonne de rompre cet hymen et d'accepter pour gendre Lusignan, un roi. Il hésite, et ne cède qu'à des menaces de mort. Au second acte, Catarina est contrainte, pour sauver les jours de son fiancé , de lui déclarer qu'elle renonce à lui, qu'elle ne l'aime plus. Le troisième acte se passe dans la capitale du royaume de Chypre. Mocenigo est informé de la présence de Gérai'd. Dans la crainte qu'il ne soit un obstacle à ses projets, il le fait attaquer par des spadassins ; un inconnu lui porte secours et le délivre. Au quatrième acte, Lusignan et la reine débarquent dans l'île. Le cortège défile et la fête commence. Gérard a juré de tuer l'époux de Catarina; mais, au moment de le frapper , il reconnaît en lui l'inconnu à qui il doit la vie. Lusignan, généreux, la lui sauve une seconde fois. Plusieurs années s'écoulent, Gérard s'est fait chevalier de Rhodes; Catarina s'est noblement résignée à son sort ; elle est mère. Un poison lent va déli- . vrer la république de Venise d'un roi qui sert mal ses desseins ambitieux. Gérard accourt pour avertir Catarina du complot formé contre les jours de son époux. Cette entrevue forme une des plus belles scènes lyriques du théâtre moderne. Mocenigo paraît, et dit qu'il rejettera le crime sur eux; Lusignan a entendu cette menace ; il fait arrêter Mocenigo, mais non pas avant que celui-ci n'ait donné d'une fenêtre le signal à ses Vénitiens d'attaquer la ville. Lusignan sort presque mourant pour combattre ; il est vaillamment secondé par Gérard, mais il revient sur la scène pour y succomber dans les bras de Catarina. Celle-ci montre son fils aux Cypriotes, qui l'acclament comme souverain. Gérard retourne à Rhodes. De tous les livrets d'opéras

REIN

REIN

modernes, celui-ci est peut-être le mieux fait. Il donne lieu à des situations très-dramatiques que le regrettable compositeur a rendues avec une puissante expression, une science profonde, une sensibilité exquise. Son génie a pu se manifester avec plus d'éclat dans plusieurs scènes de la Juive ; mais la partition de la Reine de Chypre est admirable d'un bout à l'autre , et la plus riche en motifs de toutes celles qu'il a écrites. Le caractère général est grave, énergique, tendre et pathétique. Il ne pouvait avoir une vivacité que le sujet ne comportait pas. L'introduction offre une phrase de violoncelle d'une haute distinction. La romance : Le ciel est radieux, le duo qui suit, dans lequel se trouve cet ensemble charmant : En ce jour plein de rkarmes, inaugurent avec grâce la tragédie dont le nœud se forme dans le duo entre le patricien ot l'envoyé de Venise : Sommes-nous seuls ici? Nous signalerons particulièrement la phrase : Eh'.' qu'importe à la république et les serments et les a??iour«.' Le chœur des gondoliers, qui ouvre le second acte, a été souvent bissé ; il est suivi d'une magnifique scène : Le gondolier, dans sa pauvre nacelle, d'une mélancolie profonde. Aucun compositeur n'a exprimé ce sentiment aussi bien que M. Halévy. C'était le fond même de sa nature. Mme stoltz jouait et chantait cette scène d'une manière admirable. Duprez, à son tour, disait avec beaucoup de charme le duo : Arbitre de ma vie. Dans la scène du jeu, on remarque les couplets syllabiques, devenus populaires : l'uut n'est dans ce bas monde qu'un jeu. Le grand duo : Vous qui de la chevalerie, dans lequel se trouve la romance : Triste exilé, est, jusqu'à l'allégro, un des plus beaux morceaux du répertoire; interprété par Duprez et Baroilhet, il électrisait l'auditoire. Nous ne signalerons du quatrième acte que les airs de danse, qui sont mieux réussis qu'on ne pouvait s'y attendre de la part d'Halévy, et le cantabile : Seul espoir de ma triste vie, phrase d'une tristesse amère. L'auteur a rencontré là , par l'effet de la vérité même de son inspiration , la forme des plus anciens airs d'opéras dans lesquels le discours musical était scrupuleusement approprié aux paroles. On remarquera que ce cl'.antestsyllabique. Quoique exécuté dans un mouvement lent , il ne perd rien de son expression et de son intérêt. Chaque note, chaque accord portent et suivent l'accentuation du texte. Après la touchante cavatine chantée par Baroilhet : A ton noble courage, le dénoûnient se prépare, et comme il est amené par

l'entrevue de Gérard et de Catarina, le compositeur a réservé pour ce duo du cinquième acte ses meilleures inspirations. Ce duo : Malgré la foi suprême, qui commence en réalité au récitatif de Gérard: Quand le devoir sacré qui près du roi m'appelle, est un chefd'œuvre. La noblesse des sentiments, la passion contenue, la douleur sont exprimées dans un langage sublime. Si cet ouvrage, qui en somme est entre les mains de tous les musiciens, n'est pas représenté aussi souvent qu'il le mérite à l'Opéra, il ne faut pas l'attribuer à la longue tension des sentiments graves, au défaut de variété, à la teinte un peu sombre de la tragédie , car le public est habitué depuis trente ans à des récréations plus sombres encore , telles que la scène du Miserere du Trovatore , ou celle de l'assassinat nocturne dans liigoletto. D'ailleurs on pourrait à la rigueur introduire au troisième acte des divertissements plus vifs dont l'arrivée du cortège royal fournirait l'occasion. La véritable raison , à notre avis , c'est que Je duo du cinquième acte, qui explique le passé et prépare le dénoûment , arrive trop tard, au moment où le public est fatigué d'une longue représentation, dont le mouvement un peu solennel des morceaux chantés et du récitatif a encore augmenté la durée, et puis, y a-t-il encore un public pour des œuvres de ce caractère, distingué et tendre, pathétique et toujours élevé ? L'opéra da la Heine de Chypre a été un des mieux interprétés du répertoire. Mme Stoltz, Duprez, Baroilhet jouissaient alors de toute la faveur du public. Massol chantait à ravir les couplets des dés. Le rôle de Cornaro était tenu par Bouché.

REINE DE LA MOISSON (l.\), opéra-comique, muSique de M. Salesses, représenté à Orléans en avril 1859.

REINE DE SABA (la), opéra en quatre actes, paroles de MM. Michel Carré et Jules Barbier, musique de JL Charles Gounod, représenté à l'Opéra le 28 février 1862. C'est Gérard de Nerval qui a fourni aux auteurs la donnée de ce poëme assez bizarre. La reine de Saba, appelée Balkis, vient visiter Soliman au milieu des travaux d'art gigantesques qu'il fait exécuter. L'ouvrier chargé de de leur direction s'appelle Adoniram. Enivré d'orgueil, il brave le roi lui-même et inspire à Balkis un amour passionné.

A cent mille ouvriers, dont la voix le proclame,

Adoniram dicte sa loi ; Jaillisse une étincelle, et Sion est en flamme. Qui de vous osera porter la main sur moi ?

REIN

REIN

Soliman a beau presser son hymen avec Balkis; celle-ci conspire sa perte avec Adoniram, et s'enfuit avec cet artisan. La dernière scène se passe dans le ravin de Cédron. Adouiram est assassiné par trois de ses ouvriers dont il a repoussé les réclamations de salaire, et Balkis attribue ce meurtre à la vengeance de Soliman. Quelle a pu être l'intention des auteurs en produisant sur la scène une fable aussi absurde ? Si leurs personnages sont des mythes comme dans le Wilhem-Meister de Gœthe , ils n'ont pas su en accuser assez fortement les rôles. Le plus sage des rois a été transformé par eux en une espèce de Cassandre aussi niais que crédule. La reine de Saba n'est plus cette grande figure mystérieuse que nous trouvons dans les livres saints; c'est une créature qui ne se distingue que par sa bassesse et par sa fourberie. Un tel sujet répugne à notre première scène lyrique. La partition de M. Gounod renferme assurément des beautés ; mais le système y prédomine et trop souvent y tient lieu d'inspiration. On n'a guère applaudi qu'un chœur dialogué entre des Juives et des Sabéennes, encadré dans un magnifique décor représentant un bois de cèdres. L'ouvrage a été chanté par Gueymard, Belvalet M^e Gueymard.

REINE DES ASTRES (la), opéra allemand, musique de Lindpaintner, représenté à Stuttgard vers 1835.

REINE DES GITANOS (la), opéra-comique en un acte, paroles de M. Henri de Bornier, musique de M. Ch. Lartigue , représenté dans les salons de M. d'Algarra le 12 mars 1S64.

REINE DES PÉRIS (la), comédie persane en cinq actes, avec un prologue, paroles de Fuselier, musique d'Aubert, représentée par l'Académie royale de musique le 10 avril 1725. Cet opéra n'a pas été repris.

REINE DES SARMATES (la), opéra allemand eu cinq actes, musique de Georges Kastner, représenté à Strasbourg en 1832.

REINE DES SERPENTS (la), opérette allemande, musique de Drechsler (Joseph), représentée à Vienne vers 1820.

REINE JEANNE (la), opéra-comique en trois actes, paroles de MM. de Leuven et Brunswick, musique de Monpou et Bordèse, représenté à l'Opéra-Comique le 12 octobre 1S40. La scène se passe à Naples. La reine est détrônée par ses sujets , excités à la révolte par le prince Durazzo. Jeanne se dé-

guise en bohémienne et oppose à son ennemi un aventurier nommé Lillo, dont elle fait un prétendant. A la faveur des troubles nouveaux qu'elle suscite , de concert avec le duc de Tarente, elle remonte sur le trône de Naples. La musique de cet opéra, faite en collaboration, tient nécessairement du pastiche. Jamais deux compositeurs travaillant ensemble n'ont montré des qualités plus opposées. Aux accents heurtés et inégaux de Monpou succèdent les mélodies faciles et dans le goiit italien de Bordèse. Cependant, malgré ce défaut d'unité , l'ouvrage a été bien accueilli. Au premier acte , on a remarqué le boléro , et au second un trio trèsbien traité. Mme Eugénie Garcia a eu du succès dans le rôle de Jeanne. Les autres personnages ont été représentés par Botelli, Mocker, Grignon, Daudé et Mile Darcier.

REINE TOPAZE (la) , opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Lockroy et Léon Battu, musique de M.Victor Massé, représenté au Théâtre-Lyrique le 27 décembre 1856. Topaze est une jeune fille qui a été enlevée tout enfant à ses parents , nobles et riches patriciens de Venise. Elle est devenue la reine en quelque sorte d'une troupe de bohémiens. Elle aime un jeune capitaine nommé Rafaël, et, par ses manœuvres aussi hardies qu'originales, elle parvient à détacher celui-ci d'une grande dame de Vicence qu'il doit épouser, et à lui faire partager son amour. Rafaël doit hésiter d'autant moins que le secret de la naissance de Topaze lui a été révélé par deux bohémiens dans un moment d'ivresse. La partition se compose d'un grand nombre de morceaux parmi lesquels on en distingue cinq qui ont particulièrement fixé l'attention, soit par leur mérite intrinsèque , soit par la brillante exécution de Mme Miolan-Carvalho, qui a déployé dans le rôle de la reine Topaze toutes les merveilles de son organisation vocale et de son talent. L'ouverture a une sonorité étrange , bien appropriée à une action qui doit se passer au milieu d'une tribu de bohémiens. Le motif du petit sextuor : Novs sommes six seigneurs , est une belle inspiration. L'air de l'abeille, indépendamment de la mélodie, qui est gracieuse , est accompagné ingénieusement par un trémolo do violons à l'aigu ; l'effet de ce procédé est charmant. Le boléro, déjà entendu dans l'orchestre , est chargé de vocalises qui ont été une nouvelle occasion de triomphe pour la cantatrice. On a intercalé dans le second acte de l'ouvrage l'air du Carnaval de Ve-

RENA

RENA

nise, avec les variations de Paganini. MmoCarvallio les a exécutées avec une facilité, une ténuité de sons, une finesse de détails tout à fait extraordinaires. Enfin, au troisième acte, il y a un trio scénique bien réussi, entre Annibal et les deux bohémiens. Montjauzc , JMeillet, Balanquc, Fromant et M'ie Pannetrat ont créé les rôles dans cet ouvrage dont le titre est 'inséparable du nom de l'artiste créateur, de Mme Carvalho.

REISENDEN NACH HOLLAND (die) [les

Voyageurs en Hollande], opéra-comique allemand, musique de Martelli, maître de chapelle à Munster, représenté en Allemagne vers 1790.

REITMEISTER GORECKI (le), opéra allemand, musique de Stcfani, représenté à Varsovie en 1807.

RÉJOUISSANCES PATRIOTIQUES (les),

opéra allemand en deux actes, musique de Bierey, représenté à Breslau vers 1817.

REKRUTIN AUSHUB (le Recrutement), o^éro.

allemand, musique de Dietter, représenté à Stuttgard vers 1784.

RELIGIEUSE DANOISE (la) OU LA COM- MUNAUTÉ DE COPENHAGUE , opéra-comi- <iue en trois actes , musique de L.-E. Jadin, représenté au théâtre Montansier en 1791.

RELOJ DE MADERA (el) [l'Horloge de huis} , opéra espagnol , musique de Garcia (Manuel-del-Popolo-Vicente), représenté à ?iladrid vers 1805.

REMPLAÇANT (le) , opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe et Bayard , musique de Batton , représenté à l'Opéra-Comique le 11 août 1837. Le poëme offre des détails choquants d'invraisemblance et de mauvais goût. La musique est bien faite, mais dépourvue de mélodie.

RÉMUS ET ROMULUS, opéra allemand, musique de Berck, représenté à Brème en

RENAUD OU LA SUITE DARMIDE, tragédie lyrique en cinq actes, avec un prologue, paroles de l'abbé Pellegrin, sous le nom du chevalier, son frère, musique de Desmarets, représentée par l'Académie royale de musique le 5 mars 1722. A cette époque l'Opéra comptait des pensionnaires renommés à cause de leur talent : Thcvenard, Tribou, Dun, Lemire, Chassé et M'ics Antier, Lemaure, Eremans, Tulou, etc. Les personnages principaux de cette tragédie sont les mêmes que dans les Armide de Lulli et de Gluck, c'est-à-dire Ar-

mide, Adrastc, Renaud et Hidraot; mais c'est la seule analogie à constater.

RENAUD, tragédie lyrique en trois actes, paroles de Lebœuf, musique de Sacchini, représentée à l'Académie royale de musique le 28 février 1783. Comme nous l'avons vu plus haut , le sujet de cet opéra avait été traité par Pellegrin en 1722, et il fait suite à celui de Quinault. L'héroïne de \s. Jérusalem délivrée régnait sur la scène lyrique depuis un siècle, car la première représentation de Y Armide de Lulli eut lieu en 168G. Gluck avait donné un nouvel éclat aux attraits de l'enchanteresse. Sacchini eut tort de s'attaquer à des souvenirs aussi récents. Ce n'est pas que sa partition de Renaud ne renferme de grandes beautés ; mais le ton uniforme de son style , la majestueuse régularité de SCS périodes n'étaient pas de nature à éterniser l'intérêt d'un sujet que le succès même avait affaibli. Il était réservé au génie de Rossini d'évoquer trente ans plus tard cette grande ombre dramatique, et encore il n'a pu lui rendre qu'une courte existence.Nous signalerons néanmoins les principaux fragments de la partition de Renaud. La première scène nous offre deux chœurs assez beaux, le chœur des rois et un ensemble ; la quatrième, l'air de Renaud : Déjà la trompette guerrière ; nous ferons observer que ce rôle est écrit pour une voix de haute-contre et dans un registre plus élevé encore que celui d'Orphée, dans la partition transposée par Gluck à l'usage du chanteur Legros. La scène sixième est remplie par la marche des Amazones et des Circassiennes, entrecoupée par l'air d'Antiope, écrit également dans un diapason très-élevé. L'orchestration de tout l'ouvrage est encore fort simple. Elle se compose des instruments suivants : deux parties de cors et trompettes, deux fliites, deux hautbois, premiers violons, deuxièmes violons, une partie pour les violes, bassons et basses, timbales. Le chœur : Régnez, triomphez, belle Armide, est d'un bel effet et termine le premier acte. Le deuxième acte, qui est le plus beau, débute par un quatuor délicieux de soprani : Vous triomphez, belle Princesse; toutes les parties sont écrites sur la clef d'ut première ligne, et, quoique la voix la plus grave ne descende pas au-dessous du ré, l'intérêt se soutient constamment. Après le duo entre Renaud et Armide, nous remarquons un des airs les plus touchants, les plus pathétiques qu'on puisse entendre ; Rarhare amour, tyran des cœurs ; l'accompagnement est d'une suavité

RENA

Page 1