‹ Dictionnaire lyriqueChapitre 546 sur 773 · ROBERT DEVEREUX , COMTE D'ESSEX · texte numérisé non relu

ROBERT DEVEREUX , COMTE D'ESSEX

opéra italien en trois actes , livret de Cammarano, musique de Donizetti, représenté pour la première fois à Naples en 1836, et chanté par Baroilhet, Bassadona, Mme Ronzi de Bcgnis. Cet opéra a été donné au Théâtre-

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Italien de Paris le 27 décembre 1838. Le sujet a été tiré de la tragédie de Thomas Corneille. Elisabeth éprouve de l'amour pour le comte d'Essex, qui de son côté est captivé par les charmes de Sara, duchesse de Nottingham. Robert Devereux, se faisant deux ennemis à la fois , de la reine vindicative et jalouse, ainsi que du duc de Nottingham outragé, est condamné par sentence du parlement à avoir la tête tranchée. La partition, écrite avec une grande facilité, renferme de beaux motifs. On ne comprend pas que Donizctti ait eu l'enfantillage de choisir pour thème de sou ouverture le God save the king, qmn'a. été composé que cent cinquante ans après l'époque de l'action du drame. Le premier acte offre deux beaux duos, l'un chanté parla Grisi et Rubini , l'autre par le célèbre ténor et Mn>e Albertazzi : Questo addio fatale. Le second acte n'intéresse guère que par l'action dramatique. Mais au troisième on retrouve l'âme du maître de Bergame dans deux cavatines, dont la seconde est délicieuse : Bagnato il scn di lagrime, et dans la scène finale où Elisabeth apprend la mort de celui qu'elle aimait et qu'un ordre tardif n'a pu sauver. La Grisi a déployé dans le rôle d'Elisabeth ses belles qualités de tragédienne et de cantatrice.

ROBERT DER TEUFEL {Robert le Diable), parodie allemande, musique de A. MiiUer, représentée au théâtre An-der-Wien, à Vienne , en 1833.

ROBERT ET CALIXTE, opéra-comique allemand, musique de Kurzinger, représenté à Vienne en 1794.

ROBERT ET JEANNETTE, opéra, musique de Hanke, représenté à Varsovie en 1781.

ROBERT LE BOSSU, opéra-comique , musique de Poignet (Charles), représefeté à Paris en 1795.

ROBERT LE DIABLE, opéra en cinq actes, paroles de Scribe et G. Delavigne, musique de Meyerbeer, représenté à l'Académie royale de musique le 21 novembre 1831. Cet opéra est, avec celui des Huguenots, le principal titre de gloire du grand compositeur. Il avait déjà obtenu des succès en Allemagne et en Italie, où il avait fait représenter Emma di Resburgo, Marguerite d'Anjou et // Crociato; mais son génie l'entraînait vers des régions plus élevées. Le livret de Robert le Diable lui offrit les situations dramatiques les plus favorables à l'épanouissement de ses puissantes

facultés. Une légende du moyen âge a fourni le sujet du poëme dont voici l'analyse succincte. Un être malfaisant, sorte d'envoyé de Satan, a séduit Bcrthe , fille du duc de Normandie. Robert est le fruit de cette union. Ses déportements excitent contre ce jeune seigneur l'indignation de ses vassaux, qui le chassent. Robert, fugitif, aborde en Sicile, se fait aimer de la princesse Isabelle et devient son fiancé. Mais il irrite par son insolence les chevaliers et le père d'Isabelle; il va succomber sous les coups de ses ennemis, quand un mystérieux personnage, le chevalier Bertram, le dégage. Robert s'attache à son libérateur et lui jure une amitié à toute épreuve. Or ce Bertram est son père , le séducteur de sa mère. Il est damné et ne songe plus qu'à enchaîner son fils à sa destinée. Livré à ses perfides conseils, Robert joue avec fureur et perd ses richesses et même ses chevaux, ses armes, à la veille du tournoi dans lequel il doit combattre pour celle qu'il aime. Le prince de Grenade triomphe à sa place et va épouser Isabelle. Bertram propose alors la conquête d'un talisman, d'un rameau qui doit faire recouvrer à Robert tout ce qu'il a perdu. Ce rameau doit être cueilli dans le monastère antique fondé par sainte Rosalie. Là, au milieu des ruines, les ombres des nonnes sacrilèges se livrent chaque nuit à d'impudiques ébats. Robert, à qui Bertram reproche son manque de courage, cède encore et va s'emparer du rameau magique. Il retourne auprès d'Isabelle, qui, sentant l'influence impérieuse du talisman, frémit, demande grâce, et a recours à ses larmes. Robert s'abandonne à sa générosité naturelle, brise le rameau aux pieds d'Isabelle; mais il redevient faible et désarmé. Il est contraint de s'enfuir. Bertram, pressé par l'heure fatale, découvre enfin à son fils le mystère de sa naissance et le conjure de se livrer à lui. La scène se passe sur le parvis de la cathédrale de Palerme. L'orgue se fait entendre ; Alice, scjur de lait de Robert, présente à celui-ci le testament de sa mère. Un affreux combat se livre dans son âme. Enfin la terre s'entr'ouvre sous lespieds de Bertram , et Robert , ramené au bien, épouse la princesse.

Des épisodes fort intéressants viennent distraire le spectateur des invraisemblances de ce drame romantique. A travers ce merveilleux, l'idée de la lutte entre le bien et le mal se fait jour, et c'est le principal ressort de l'action dramatique.

Meyerbeer a fait preuve dans cette oeuvre d'une individualité puissante et a indi-

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qné nn horizon nouveau. Il a dramatisé la science harmonique des écoles allemandes par des procédés que nous ne pouvons qu'indiquer brièvement. L'expression du caractère du personnage et de la situation dramatique est dans l'accord. L'impression en est plus concise, plus instantanée que dans la phrase mélodique qui a besoin de quelques mesures pour exercer son influence. La modulation enharmonique est la ressource la plus habituelle du maître pour entrer inopinément, sans préparation, dans le sens moral de son sujet. 11 résulte de cette manière d'envisager la composition que, privée d'un texte, d'un titre, d'un canevas, d'une situation exprimée, la musique de Meyerbeer n'intéresse pas, n'attache pas autant que celle des compositeurs qui se préoccupent moins de peindre avec énergie , précision et toute la force possible les sentiments humains, que d'émouvoir l'âme par le charme prolongé de l'oreille et par la sensation du rhythme. C'est pour cette raison que les pièces instrumentales de Meyerbeer sont généralement courtes. L'esthétique de son art ne l'invitait pas à faire précéder ses opéras d'ouvertures développées. L'orchestration de Meyerbeer est admirable de science, de ressources, d'intentions dramatiques; mais elle ne se détend jamais. La sonorité, la variété des timbres , tout concourt incessamment à l'effet. Que les imitateurs du maître prennent garde ; s'ils poussaient trop loin ce système sans le. soutenir par d'éminentes qualités, ils agiraient sur leur auditoire d'une manière plutôt acoustique que musicale.

L'analyse de la volumineuse partition de Robert le Diable nous entraînerait trop loin. Nous devons nous borner à en rappeler quelques fragments. Le compositeur, d'accord avec les auteurs du livret , a pu ménager et graduer l'intérêt en l'appliquant successivement à des scènes de caractères très-variés. Les deux premiers actes n'offrent que des tableaux gracieux auxquels le sentiment dramatique n'a qu'une faible part. La ballade : Jadis régnait en Normandie, a de l'originalité et de la couleur ; la romance d'Alice : Va, dit-elle, mon enfant, est d'une suavité, d'une sensibilité exquises ; l'harmonie en est intéressante et distinguée. Le chœur syllabique : Au seul plaisir fidèle , avec la Sicilienne : 0 fortune, à ton caprice, ont eu un succès populaire. Les modulations qui ramènent les motifs sont piquantes , mais peut-être trop développées. L'air de soprano : En vain j'espère, au milieu de phrases charmantes,

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offre des difficultés d'exécution; le duo : Ah! l'honnête homme, est un chef-d'œuvre de haute comédie musicale. Les deux caractères du naïf villageois et du satanique Bertram sont rendus avec une vérité saisissante.

Les trois derniers actes diffèrent totalement des actes précédents. Les scènes mystérieuses, lugubres , bizarres , pathétiques s'y succèdent. C'est la Valse infernale avec ses a.ccords sauvages et stridents ; ce sont les couplets d'AUce : Quand ie quittai la Normandie, interrompus par l'arrivée de Bertram, qui donne lieu à un duo dans lequel la frayeur est simulée par la musique avec une habileté merveilleuse ; le duo : Si j'aurai ce courage, où se trouve cette phrase, l'écueil des ténors : Des chevaliers de ma pairie, manque d'unité de composition, sans doute à dessein ; des phrases fort mélodiques et inspirées se suivent sans être reliées entre elles; l'évocation ; Nonnes qui reposez, empreinte d'une énergie forte et pittoresque ; l'air : Robert , toi que j'aime, appelé communément l'air de Grâce, qui, très-beau à la scène, conserve au salon toutes ses qualités mélodiques et son expression pathétique; enfin le Chœur des moines, qui réunit le triple mérite de la beauté du chant, de l'originalité du rhythme et de la vérité d'expression. La scène des dernières luttes de Robert, la prière, les aveux de Bertram : Je t'ai trompé, je fus coupable , terminent dignement cet ouvrage gigantesque dont on peut critiquer la théorie à quelques égards , mais qui a certainement élargi l'horizon de l'art musical, fait connaître des ressources nouvelles et enrichi le répertoire des facultés humaines. L'interprétation de Robert le Diable a été fort remarquable dès l'origine. Le rôle de Bertram fut créé par Levasseur avec une supériorité qui a fait longtemps honneur à cet artiste ; celui de Robert a été d'abord chanté par Adolphe Nourrit avec chaleur et intelligence, puis par Duprez et Gueymard; celui de Raimbaut, par le ténor Lafont. Mme cinti- Damoreau se faisait vivement applaudir dans le rôle d'Isabelle. M'ie Dorus fut, en i832, remplacée dans celui d'Alice, par Mlle palcon. Mme Stoltz l'a chanté depuis avec talent. On remarquait dans le ballet , dont l'idée était un peu trop romantique, M^es-Taglioni, Montessu, Julia et Noblet. De tous les opéras modernes, celui de Robert le Diable a été un des plus souvent représentes.

ROBERTO DA FICARDIA. SoUS ce titre, Robert le Diable a été représenté en Ita-

lie avec succès eu rôle de Robert.

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1855. Naudin a chanté le

ROBERTO E COSTANZA , opéra italien , musique de Fornasini, représenté au théâtre Nuovo de Naples en 1839.

ROBIN DES BOIS, opéra en trois actes, paroles de Castil-Blaze et de Sauvage, musique de Weber, représenté à l'Odéon le 7 décembre 1S24, repris à l'Opéra-Coniique le 15 janvier 1835, et au Théâtre-Lyrique le 24 janvier 1855 (voyez Freischùtz).

ROBIN ET MARION (jEu DE) , musique de Adam de la Haie, dit le Bossu d'Arras, représenté vers l'année 1270. Ce n'est pas ici que nous devons soulever des doutes sur l'attribution qu'on a faite à Adam de la musique de cette pièce. Nous dirons seulement qu'elle offre bien peu d'analogie avec les mélodies et les procédés do composition que nous avons remarqués dans le manuscrit de la bibliothèque d'Arras , qui renferme les chansons d'Adam de la Haie.

ROBIN GRAY, intermède, musique de Samuel Arnold, représenté à Hay-Market de Londres en 1794.

ROBIN HOOD, epéra- comique anglais, musique de Shield , représenté au théâtre de Covent-Garden, à Londres, en 1784.

ROBIN HOOD, opéra anglais, musique do Charles-Frédéric Baumgarten, représenté au théâtre de Covent-Garden, à Londres, en

ROBIN HOOD, opéra anglais, musique de Mac Farren, représenté au théâtre Anglais en 1861.

ROBINET THE BANDIT, Opéra anglais, musique de Addisson , représenté au théâtre de Covent-Garden, à Londres, vers 1820.

ROBINSON, opérette, paroles de MM. Duvert et Lausanne, représentée sous le titre de Vendredi, avec la musique composée par M. Montaubry (frère du ténor) , aux Folies- Nouvelles, en avril 1859.

ROBINSONE SECONDO {le ScC07id Robinson), opéra italien, musique de Trento, représenté à Florence, Parme, Turin, Naples, Venise, vers 1798.

ROCCIA DI FAHENSTEIN (la), opéra semi-séria, musique de J.-S. Mayer, représenté à la Fenice, à Venise, en 1803.

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ROCHER DE LEUCADE (lk), opéra-comique en un acte , paroles de MarsoUier, musique de Dalayrac , représenté à l'Opéra-Comique le 14 février 1800.

ROCHETTA IN EQUIVOCO (i.a), opéra italien, musique de Marinelli, représenté à Florence vers 1790.

R,OCK LE BARBU, opéra-comique en un acte, paroles de Paul Duport et Deforges, musique de Gomis, représenté à l'Opéra- Comique le 13 mai 1S36. Cette pièce est amusante. Un jeune officier norvégien, d'un caractère romanesque, est affolé d'une jeune veuve dont la tournure d'esprit est aussi singulière; elle ne peut souffrir qu'on lui fasse une déclaration dans les formes ordinaires. Notre officier pénètre dans sa maison sous le nom de Rock le Barbu, fameux voleur redouté dans tout le voisinage. La belle comtesse, d'abord effrayée, se rassure ensuite lorsqu'elle apprend qu'elle a affaire à un amant déguisé. Elle se venge en affectant de le prendre au sérieu.x et en lui proposant de partager sa vie aventureuse. Le militaire perd contenance en se voyant aimé en qualité de brigand. La nouvelle de l'arrestation du véritable Rock le Barbu vient mettre fin à cette situation embarrassante. La musique a paru entachée de réminiscences rossiniennes. On a remarqué les couplets de Rock le Barbu, un bon quatuor en ré mineur et un air chanté par Mn>e Casimir. Les autres rôles ont été tenus par Fargueil, Thénard, M'if « Olivier et Annette Lebrun.

ROCKENWEIBCHEN { DAS ) [la Petite fileuse], opéra-comique, musique de Reissiger, représenté à Vienne en 1821.

RODELINDA, opéra italien, musique de Haendel, représenté à Londres en 1725.

RODELINDA, opéra italien, livret d'Antonio Salvi, musique de Cordans, représenté sur le théâtre du San-Mosè à Venise en 1731.

RODELINDA , Opéra italien, musique de C.-H. Graun, représenté à Berlin en 1741.

RODENSTEIN, opéra allemand, musique de Stœssel, représenté à Stuttgard en 1835.

RODOALDO, RE D'ITALIA, Opéra italien, livret de Thommaso Stanzani, musique de Gabriel! (Domenico), représenté sur le théâtre du San-Mosè à Venise en 1C85.

RODOGONE, opéra italien, livret de Niccolô Minato, musique de Draghi (Antoine),

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représenté à Vienne pour l'anniversaire de la naissance de l'impératrice Eléonora, en 1677.

RODOLPHE DE FELSEK OU LA TEM- PÊTE, drame allemand, musique de Wraniczky, représenté à Vienne vers 1797.

RODOLPHE OU LE SEIGNEUR ALLE- MAND , opéra romantique en trois actes , musique de Loewe, représenté à Stettin vers

RODOMONTE SDEGNATO (il) -, Opéra italien, livret de Braccioli, musique de Gasparini (Michel- Ange), représenté à Venise en

RODRIGO, opéra italien, musique de Hœndel, représenté à Florence en 1808.

RODRIGO, opéra italien , musique de Sapienza, représenté au théâtre Saint-Charles, à Xaples, en 1823.

RODRIGO Dl VALENZA, Opéra italien, musique de F. Oriandi, représenté en Italie en 1814.

RODRIGO DI VALENZA, Opéra italien, musique de Generali , représenté à Milan en

RODRIGUE DE TOLÈDE , opéra, musique de Litolff, écrit vers 1848.

RODRIGUE ET CHIMÈNE , opéra en trois actes, musique de Aiblinger , représenté à Milan vers 1824.

RCEUBERBERGEN {la Montagne des brigands), drame lyrique, musique de Kuhlau, représenté à Copenhague vers 1810.

RŒUEERBRANT (die) [la Fiancée du brigand], opéra allemand, musique de Appel, représenté à la cour de Dessau en 1840.

RCEOBERLIEBE ( le Voleur amoureux ) .

opéra allemand , musique de "Weitzmann , représenté à Reval vers 1834.

ROGER DE SICILE ou LE TROUBADOUR,

opéra en trois actes, paroles de Guy, musique de Berton, représenté à l'Académie royale de musique le 4 mars 1817. Ce fciible ouvrage n'eut aucun succès.

ROGER ET JEAN, opéra-comique, musique de Lampe, représenté à Londres en 1739.

ROGNÉDA, opéra russe, musique de M. Séroff, représenté à Saint-Pétersbourg en novembre 1805.

ROI BOIT (le), opérette en un acte, paroles de MM. Jaime et Mestepès, musique de M. Emile Jonas, représentée aux Bouffes- Parisiens en avril 1857. Jouée par Davoustet Mlle Macé.

ROI CANDAULE (le), opéra-comiquo en deux actes, paroles de M. Michel Carré, musique de M. Eugène Diaz, représenté au Théâtre-Lyrique le 9 juin 1865.

ROI D'YVETOT (le) , opéra -comique en trois actes , paroles de MM. de Leuven et Brunswick, musique d'Adolphe Adam, représenté à l'Opéra-Comique le 13 octobre 1S42. C'est une paraphrase très-libre de la chanson de Déranger. Josselyn, ancien marchand drapier, possède le testament du îeu roi d'Yvetot, qui l'institue son successeur. Amoureux de la paix à tout prix, et loin de faire valoir aucune prétention à la royauté, Josselyn ne songe qu'à faire ses quatre repas tout en se disposant à marier sa fille Marguerite au jeune Adalbert, neveu d'un commandeur de Malte. Mais son ambitieuse ménagère Jeanneton surprend son secret, et fait reconnaître son maître roi d'Yvetot. Le commandeur de Malte lui déclare la guerre dans les formes et somme son neveu d'abandonner sa fiancée et de se faire chevalier de Malte. Tout est en désarroi dans cette principauté de carton; mais tout à coup le commandeur apprend que celle qu'il refuse pour sa nièce est sa fille, ahandonnée par lui dès sa naissance ; que Marguerite a été recueillie par le marchand drapier et élevée comme sa fille sous le nom de Marguerite. Rien ne s'oppose plus à ce que la pièce finisse par le mariage désiré. La musique de cet opéra a été écrite avec cette facilité et cette grâce bourgeoise qu'Adolphe Adam a mises dans tous ses ouvrages. L'ouverture est une des meUleures de ce musicien ; l'effet sur le public y est habilement ménagé. Les couplets : Fi des honneurs , ont obtenu le succès populaire qu'ils méritaient. Les Couplets du moulin ont plus d'originalité. On a remarqué dans le second acte le duo pour ténor et basse: Allons, point d'indigne faiblesse , et le quatuor : Dites, dites-lui. Le troisième acte n'offre guère de saillant qu'une romance do ténor assez bien tournée : Marguerite , à vous pour la vie. La chanson : // e'tait un roi d' Yvetot , faisait partie nécessairement du programme de la partition. Chollet a trèsbien joué le rôle de Josselyn, et Mlle Darciei" celui de Jeanneton. Grard, Mocker, .\udran

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et Mlle Rouvroy ont interprété les autres rôles,

ROI DE BOHÊME (le) , opéra-comique en trois actes, musique de Vander Does, représenté au théâtre de La Haye vers 1855.

ROI DE SICILE (le), opéra-comique en un .icte, paroles de F. Soulié et Dulac , musique de Casimir Gide, représenté à l'Opéra-Comiquele i70ctolire 1831. C'est une erreur de deux hommes d'esprit. A cette époque le public croyait encore au genre opéra-comique et n'admettait pas cette bouffonnerie à outrance, sans art, qu'il s'est laissé imposer depuis. Aussi la pièce fut-elle jouée au milieu des sifflets. En voici le sujet : Un jeune musicien du nom de Sainville, compte sur le succès d'un opéra pour payer ses créanciers. Il est hébergé par M. Potain, dont il aime la lille; mais il est contrarié dans ses projets par les sieurs Bon-Nez et Joyaux. Notre musicien, pour apaiser ce dernier qui le menace de le faire incarcérer s'il ne lui paye un àcompte de 300 francs, imagine de faire passer, aux yeux de M. Potain, M. Joyaux pour le roi de Sicile détrôné et lui-même pour le prince héréditaire. Il obtient ainsi du bonl:omme la somme désirée, et si le père de Sainville n'arrivait à temps pour tirer son fils d'affaire d'une manière plus honorable, l'immoralité le disputerait à l'extravagance dans cette pièce due cependant à un romancier célèbie, à l'auteur de la Famille de Lusigny et des Mémoires du diable. Quoique associée à un aussi mauvais livret, la musique de Casimir Gide a été remarquée. Sa partition renferme plusieurs chants heureux, des effets bien combinés, un bon quintette et unejolie romance chantée par Thénard. Les qualités que les connaisseurs surent distinguer dans sa musique lui valurent l'honneur de collaborer avec Halévy dans le grand ballet en cinq actes la Tentation , accompagné de choeurs, qui fut donné à l'Opéra l'année suivante et qui obtint un grand succès. Plusieurs airs de danse, composés par Casimir Gide, eurent beaucoup de vogue.

ROI DE SION (le), opéra allemand, musique de MarkuU , représenté à Dantzick vers

ROI DES ELFES (le) , opéra allemand , musique de Kocher, représenté à Stuttgard au commencement du xix* siècle.

ROI DES GÉNIES (le), opéra allemand, musique de Weber (Frédéric-Dionis), représenté à Prague avec succès le ler juin 1800.

ROI DES HALLES (le), opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, paroles de MM. de Leuven et Brunswick, musique d'Adolphe Adam, représenté au Théâtre-Lyrique le 1 1 avril 1853. Le duc de Beaufort a été singulièrement transfiguré par les auteurs du livret. Il a une fille naturelle, la jolie Mariette, qu'il fait élever chez un épicier de Paris. L'intérêt qu'il lui porte fait croire à un agent de Mazarin qu'elle est sa maîtresse, et comme il est poursuivi pour unemazarinade dont il est l'auteur, Mariette est enlevée par Bondinelli dans la pensée que le duc de Beaufort, en cherchant à la délivrer, se livrera lui-même. Tout se termine parla rentrée en grâce de Beaufort et le mariage de Mariette avec Planchet, garçon épicier. M- Scribe mettait peu de façons à maltraiter l'histoire. La musique n'a pas eu un meilleur sort que la pièce. Elle a paru généralement faible , à l'exception des couplets de Bourdillat : Les longs discours ne sont pas mon affaire, et d'un joli quatuor au premier acte. Les principaux rôles ont été joués par ChoUet, Junca.

ROI DES MINES (lb), opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, paroles de M. Ernest Dubreuil, musique de M. Chérouvrier, représenté au Théâtre-Lyrique le 22 septembre 1865.

ROI DON FEDRE (le) , opéra-comique en deux actes et trois tableaux, paroles de MM. Cormonet Grange, musique de M. Poise, représenté à l'Opéra-Comique le 30 septembre 1857. Le héros cruel de la tragédie de Du Belloy est transformé en galant coureur d'aventures dans cet. opéra-comique. Il ne s'agit plus de Maria Padilla, mais de la jeune arabe Nerheda que don Pedre veut enlever à son amant, le sculpteur Fabio. La musique est claire, facile et dans la manière d'Adolphe Adam. Les morceaux les plus applaudis sont les couplets accompagnés par le chœur, la sérénade, chantée par le roi, à laquelle Nerheda répond par un motif de boléro et qui estsuivie d'un joli petit trio: 0 nuit charmante! les couplets du juif Machar ont été goûtés ; ils se terminent par ces deux vers :

Je perds sur tout ce que je vends...

Mais il faut bien gagner sa vie.

Delaunay-Ricquier, Jourdan, Prilleux, Lemaire, M"e Boulart et M°»e Félix ont interprété cet ouvrage.

ROI DO DANUBE (le), Opéra en un acte, musique de Pilati , représenté sur le théâtre d'Adelphi, à Londres, dans le mois de mai

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ROI EDGARD (le), opéra en cinq actes, musique de Lassen, représenté au théâtre de Weimar en mai 185".

ROI ENZIO (le), opéra allemand, musique de Abert, représenté à Stuttgard le 5 mai 1862. Le sujet est tiré d'un drame de Raupach.

ROI ET LA LIGUE (le), Opéra en deux actes, paroles de Théaulon et Armand Dartois, musique de Bochsa , représenté à l'Opéra-Comique le 22 aoiit 1815.

ROI ET LE BATELIER (le), Opéra en un acte, paroles de M. de Saint-Georges, musique de Rifaut et d'Halévy , représenté à rOpéra-Comique le 3 novembre 1827.

ROI ET LE FERMIER (le), comédie en trois actes, mêlée d'ariettes, paroles de Sedaine, musique de Monsigny , représentée aux Italiens le 22 novembre 1762. Il s'agit d'un certain roi d'Angleterre qui s'égare à la chasse, reçoit un asile chez un inspecteur des chasses de la forêt, et, en récompense de l'hospitalité qu'il a reçue, favorise le mariage de cet inspecteur ou fermier nommé Richard, avec la gentille Jenny, que milord Lurewel voulait confisquer à son profit et qu'il avait même fait enlever. Le sujet, qui rappelle un peu la Partie de chasse de Henri JY de Collé, n'est pas compliqué, comme on le voit ; c'est presque puéril ; mais Sedaine savait si bien donner de la valeur aux scènes les plus familières, par le naturel de son dialogue et par la vérité du sentiment, que cette pièce pourrait être entendue avec intérêt. Quelques scènes pathétiques bien rendues faisaient déjà pressentir l'auteur du Déserteur, joué sept ans plus tard. Dans le premier acte, nous citerons le duo moitié comique moitié sérieux entre Richard et sa soeur Bctsy, le récit fait par Jenny de son enlèvement; dans le second, le quatuor final, et dans le troisième, le joli trio : Lorsque j'ai mon tablier blanc , toute cette scène est charmante , et enfin les trois ariettes de Jenny, de Richard et du roi, qui ont chacune un caractère différent et bien exprimé.

ROI ET LE FERMIER (le), opéra, musique de J. Michl, représenté à Munich vers 1777.

ROI LEAR (le) , opéra allemand , livret tiré de la pièce de Shakspeare , musique de André, représenté à Berlin vers 1780.

ROI MARGOT (le), comédie en tm acte avec des airs nouveaux, de Desvergers et

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G. Héquet, musique de M. Thys, représentée au théâtre de la Renaissance le 6 février 1839.

ROI RENÉ (le), opéra-comique en deux actes, paroles de Belle et Sewrin, musique de L.-J.-F. Hérold, représenté à l'Opéra- Comique le 24 août 1824.

ROI THÉODORE À VENISE (le), opéra héroï-comique en trois actes, livret traduit de l'italien par Moline, musique de Paisiello, représenté par l'Académie royale de musique le 11 septembre 1787. Ce célèbre compositeur avait écrit la partition de II re Teodoro, à Vienne, pour l'empereur Joseph II. C'était un opéra-bouffe dans lequel se trouve un septuor admirable. La reine raffolait de cet opéra, qui fut joué pendant trois mois suf le théâtre de la ville de Versailles. Elle le fit représenter à la cour par Garât, Azevedo et Richer. Le public accueillit assez froidement le Boi Théodore à l'Académie de musique. (Voyez II Re Teodoro.)

ROLAND, tragédie-lyrique en cinq actes, avec un prologue, paroles de Quinault, musique de Lulli, représentée par l'Académie royale de musique devant sa majesté , le 18 janvier 1685, et à Paris le 8 février suivant. On n'a jamais autant célébré les douceurs de la paix que sous le règne de celui de nos rois qui a inauguré le système des longues et grandes guerres. Comme dans tous les prologues d'opéras, le poëte chante le plus grand des héros :

Qui fait cesser partout La guerre impitoyable et ses fureurs affreuses.

Par une licence géographique et chronologique qui dépasse un peu les limites du genre, il met dans la bouche de Démogorgon et des fées les vers suivants :

Allons faire entendre nos voix Sur les bords heureux de la Seine ; Allons faire entendre nos voix Au vainqueur dont tout suit les loix.

Le sujet de la pièce est connu. Angélique, reine de Cathay, est aimée de Médor, officier d'un roi africain, et elle partage sa passion. Dans le premier acte, Roland, neveu de Charlemagne et le plus renommé des paladins, fait remettre à Angélique un bracelet d'un grand prix comme témoignage de son amour, au deuxième acte , le théâtre représente la fontaine enchantée de l'Amour au milieu d'une forêt. Roland se présente pour voir Angélique; mais celle-ci met dans sa bouche un anneau dont la puissance magique la rend invisible. Roland, désappointé et désespéré, s'éloigne. Médor paraît ; il ne

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pense pas que la reine consente à acceiitcr son cœur et sa main, il se lamente et tire son épée pour se tuer, et, s'adressant à la fontaine d'amour qu'il rend confidente de sa peine, il s'écrie :

Ruisseaux, je vais miler mon sang avec votre onde, C'est trop peu d'y mêler mes pleurs.

Angélique arrive à temps pour lui dire : Vivez, Médor. Ici se trouve une scène charrhante dans laquelle Médor chante l'air remarquable : Je vivrai, si c'est votre envie. Angélique ne songe plus qu'à protéger son amant contre la fureur de Roland. Pendant que ce guerrier se berce des plus douces illusions ; elle se dérobe avec Médor à ses recherches, aux applaudissements du chœur:

Ainnz, régnez en dépit de l'envie, Goûtez l(;s biens les plus doux de la vie: La fortune et l'amour, la gloire et les plaisirs, Peuvent-ils à .janiais combler tous vos désirs. Dans la paix, dans la guerre, Dans tous les climats.

Jusqu'au bout de la terre, Nous suivrons vos pas.

Puisse l'heureux Médor être un des plus grands rois, Puisse-t-il rendre heureux ceux qui suivent ses lois.

C'est par cet épilhalame, qui en vaut bien un autre, que se termine le troisième acte. Le quatrième est consacré au désespoir do Roland qui, au lieu de trouver celle qu'il aime au rendez-vous, lit gravés sur un arbre les vers qui expriment les amours heureux de Médor et d'.Vngélique. Des bergers, à qui il s'adresse, le confirment dans la pensée de son malheur et lui montrent le bracelet que la reine leur a laissé en reconnaissance de leurs soins. Roland devient fou. Le cinquième acte le représente endormi. Une symphonie aide à calmer ses sens agités. Les ombres des anciens héros paraissent et invitent Roland à prendre souci de sa gloire et à aller délivrer son pays. Roland sort de son assoupissement, revient à la raison et cède aux conseils et aux entraînements des Fées guerrières, de la Gloire, de la Renommée, de la Terreur et d'une troupe d'ombres de Héros qui répètent en chœur :

Ne suivez plus l'amour, c'est un guide infidC-le; Non, n'oubliez jamais Les maux que l'amour vous e faits.

Nous recommandons, dans la partition do LuUi, l'air de Médor :

Ah! quel tourment.

De garder, en aimant, Un éternel silence!

Ah! quel tourment.

D'aimer sans espérance!

le duo pour soprano et ténor : Vivez en paix; le duo d'Angélique et de Thémire :

Le secours de l'absence

Kst un puissant secours.

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l'invocation de Roland à la nuit ; dans le quatrième acte : l'air de Musette et le petit chœur de bergers, et la scène de folie de Roland; et au cinquième, les airs de danse et le chœur guerrier final. Angélique et Médor occupent presque constamment la scène, et Roland a un rôle fort court. On n'a pas manqué d'omettre cette circonstance dans les parodies qui furent faites de cet opéra. On ne Compte pas moins de six reprises de lioland depuis 1685 jusqu'à 1743. Le rôle d'Angélique a été tenu successivement par Mlles Desmatins, Journet, Antier et Le Maure ; celui de Thémire, suivante d'Angélique, par MUcs Armand, Poussip, Pelissier, Fel. Le rôle de Médor a été chanté par Poussin , Cochereau, Tribou et enfin par le célèbre Jélyotto. Celui de Roland a eu pour interprète Thévenard pendant quarante-deux ans. Ce chanteur ne fut remplacé par le sieur Chassé qu'à la sixième reprise, en 1743. Cet exemple de longévité lyrique est curieuse à constater. Il est vrai que les voix de basse -taille résistent plus longtemps que les autres aux fatigues de la scène. Louis XIV avait indiqué à Quinaultlc sujet de Roland. Lulli le regardait comme le meilleur de ses opéras.

ROLAND , opéra allemand , musique de Steffani, représenté à Hambourg en 1690.

ROLAND, opéra en ti-ois actes, paroles de Marmontcl, musique de Piccinni, représenté à l'Opéra le 27 janvier 177S. Piccinni était arrivé de Naples à Paris depuis deux ans, appelé par la reine Marie-Antoinette. Il ne savait pas un mot de français et il l'apprii en écrivant sa partition de Roland sur le nouveau poëme que Marmontel avait compoîîé pour lui d'après l'ancienne pièce do Quinault. L'exemplaire de la partition que nous avons sous les yeux a une valeur historique. Il a appartenu à l'infortunée princesse de Lamballe , qui avait partagé les plaisirs délicats et élevés de la reine avant de partager ses douleurs jusqu'à la mort. Piccinni dédia sa partition à la reine en ces termes : « De tous les talents que votre majesté daigne animer de ses regards et faire fleurir autour d'elle, aucun n'a ressenti cette favorable influence aussi vivement que lo mien. Transplanté, isolé dans un pays où tout était nouveau pour moi, intimidé dans mon travail par mille difficultés réunies, j'avais besoin de tout mon courage, et mon courage m'abandonnait. Un coup d'œil do ■Votre Majesté me l'a rendu. L'extrême désir de lui plaire, l'espérance d'y réussir, qu'EUo

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a bien voulu m'inspirer, m'ont donné une force nouvelle; mes inquiétudes se sont calmées, et ce travail, si épineux d'abord, n'a en pour moi que des attraits. S'il a quelque succès , madame , je le devrai à vos bontés , comme la terre doit ses fruits aux rayons de l'astre du jour; et vous consacrer cet ouvrage, c'est vous faire hommage de vos propres bienfaits. " Roland réussit malgré les intrigues des gluckistes. Les gens de goût comprirent que les formes de l'art musical pouvaient quelquefois serrer moins étroitement la pensée scénique et littéraire, de même qu'un ample vêtement peut entourer de plis ondoyants un corps bien proportionné et vigoureux. Un critique du temps traite la partition de Roland de chef-d'œuvre d'énergie et de sensibilité. C'est peut-être trop dire; passe encore pour Bidon. L'ouverture est intéressante ; l'andante de l'air de Médor : Malheureux que je suis, est plein de sensibilité ; le duo qui suit entre Angélique et Médor : Soyez heureux loin d'elle, offre de belles phrases , mais l'ensemble montre quelle était encore à cette époque l'inhabileté des maîtres à écrire des duetti. Le chœur : Triomphez, charmante reine, a obtenu un grand succès ; mais il n'a pas la noblesse de ceux de Lulli , ni même la puissance de rhythme de ceux de Rameau. Les airs de danse sont peu saillants. En revanche , le chœur des amants enchantés, qui ouvre le deuxième acte, est ravissant. Toute la scène de la fontaine est bien réussie. L'air d'Angélique : C'est l'amour qui prend soin lui-même d'embellir ces paisibles lieux, est le plus beau morceau de l'ouvrage. En signalant de nouveau l'air de Médor : Je vivrai, si c'est votre envie, nous ferons observer e» passant que dans certaines éditions ce premier vers est ainsi dénaturé : Je mourrai si c'est votre envie , et que nous entendons depuis plus de quinze ans des chanteurs prêter avec le plus grand sangfroid cette affreuse envie à Angélique.

Je vivrai, si c'est votre envie, Je vous vois, mon sort est trop doux ; Mais s'il faut m'éloigner de vous.

Je ne réponds pas de ma vie.

Le chœur qui termine le deuxième acte . Régnez en dépit de l'envie, est bien traité. Le rôle de Roland a été écrit pour basse ou plutôt pour baryton. Ce personnage ouvre le troisième acte< par l'air : De l'aimable objet qni m'enchante, suivi du âno : Ah! d'un laurier immortel. Ces morceaux, parfaitement écrits et accompagnés par les instruments avec beaucoup de goîit, vous laissent froids

et n'ont plus qu'un intérêt archaïque. Le compositeur se réveille dans la grande scène du désespoir de Roland. Si elle était bien chantée et bien jouée , elle produirait encore maintenant beaucoup d'effet. L'intermède des bergers est fade. La pastorale do Roland qu'on a jouée sur tous les clavecins est fort médiocre. En .somme l'opéra de Roland renferme des beautés incontestables. Écrit avec plu.s de facilité et de pureté dans l'harmonie et les accompagnements que les ouvrages de Gluck , beaucoup mieux disposé pour les voix, il lui manque ce qui se trouve à forte dose chez son vigoureux rival , cette concision énergique, cet entraînement irrésistible, cette domination exercée par le génie, tout incorrect qti'il puisse être.

ROLAND À RONCEVAUX, opéra en quatre actes, paroles et musique de M. A. Mermet, représenté à l'Académie impériale de musique le 3 octobre 1864. De tous les guerriers que les légendes du cycle carlovingien ont rendus célèbres, le paladin Roland était le personnage le plus propre à figurer sur notre première scène lyrique. Il se présentait déjà entouré de l'auréole brillante des fictions de la poésie, et l'auteur du livret n'a eu qu'à disposer dans une suite de scènes les principaux épisodes du poëme en langue franco-normande de Théroulde, intitulé : La chanson de Roland.

Le comte Ganelon , envoyé en Espagne par Charlemagne, pour faire aux Sarrasins des propositions de paix commence par rendre la liberté à la fille de l'émir de Saragosse, Saïda, qu'il retenait prisonnière. Une belle châtelaine, Aide, éprise en secret des exploits de Roland, repousse les offres de Ganelon qui veut l'épouser malgré elle. Les deux femmes, qui se sont liées dans leur malheur par des sentiments d'amitié, se concertent pour empêcher cette union que doit bénir l'archevêque Turpin. Un violent orage force Roland à accepter l'hospitalité dans le château. Il est accueilli par Aide comme un libérateur, et il pourrait s'apercevoir de la passion qu'il inspire si son « cœur d'acier » n'était resté jusqu'alors volontairement inaccessible à l'amour. Apprenant que Ganelon veut opprimer une faible femme, il le provoque et lui ferait payer cher sa félonie, si l'archevêque n'arrêtait leurs bras au nom de Charlemagne. Ganelon se dispose à enlever la belle châtelaine ; mais Saïda vient au secours de son amie et lui offre, auprès de l'émir son père, un asile qu'elle acceiite. Le se-

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cond acte transporte la scène dans le palais de l'émir. Celui-ci se soumet en apparence aux conditions dictées par Charlemagne. Roland, malgré le serment qu'il a fait de ne jamais se laisser surprendre par l'amour, ne peut résister aux beaux yeux de la châtelaine. Ganelon, en proie à la jalousie et à la fureur, n'hésite plus à consommer la plus noire trahison. Il forme avec l'émir le dessein de surprendre le paladin dans le défilé de Roncevaux, Roland et les douze pairs conduisant l'arricrc-garde de l'armée, qui doit quitter l'Espagne pour retourner en France. La scène, au troisième acte, représente le vallon de Roncevaux. Le paladin raconte à l'archevêque Turpin comment sa fameuse épée Durandal est venue en sa possession et à quelle condition elle doit rester invincible. Il lui confesse qu'il n'est plus maître de son cœur. Turpin lui conseille de rester fidèle à son serment et d'oublier la femme dont il est épris. Roland est agité de mille pensées contraires ; Aide n'a que lui pour protecteur, et il l'aime. Un pâtre vient annoncer que le val est cerné par les ennemis ; les soldats francs accourent et crient à la trahison. Les douze pairs pressent Roland de sonner de son cor d'ivoire pour avertir Charlemagne du danger qui les menace. Le guerrier refuse :

Quelle honte m'est proposée!

Ne plaise à Dieu qui fit ciel et rosée, Que pour des Sarrasins je sonne l'oliphant.

L'archevêque bénit les combattants, et tous se précipitent sur les pas de Roland.

Au quatrième acte, qui n'est à proprement parler qu'un tableau, Roland vient de tuer le traître Ganelon ; mais, mortellement blessé, c'est au milieu des cadavres qui jonchent la terre, qu'il sonne enfin de son cor d'ivoire; il succombe. Charlemagne apparaît au fond du théâtre pour voir le corps de son neveu emporté sur les boucliers. En présence d'un livret si bien conçu pour l'effet théâtral, il y a peu d'intérêt à en signaler les anachronismes et les inexactitudes historiques , à rappeler par exemple que ce furent les Vascons et non les Sarrasins qui exterminèrent l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne en 778.

L'opéra de M. Mermet a réussi de primeabord, grâce au caractère français et sympathique du sujet, et ensuite à la clarté du style musical, à l'allure martiale, franche et décidée des périodes mélodiques. On ne saurait assurément mettre Roland en parallèle avec les grands ouvrages du répertoire : la Juive, les Huguenots, Guillaume Tell; il ne

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saurait non plus soutenir la comparaison avec les principaux ouvrages de Donizetti, de Bellini, de Verdi, avec Lucie,\a. Favorite, Norma, le Trouvère. Mais il peut être classé au premier rang des opéras de troisième ordre , qui ont mérité du succès à cause de certaines qualités saillantes. Dans Roland on remarque peu ou point de situations tendres ; il n'y a ni duos ni cavatines, ni même de ces ensembles à deux et trois mouvements qui sont pour l'auditeur une source d'impressions variées. L'inspiration du compositeur est entraînée comme fatalement vers l'accent guerrier, la force rhythmique et la sonorité. Le corps de l'ouverture est peu dessiné. Des appels fréquents de trompettes, nne marche guerrière donnent le ton général de l'ouvrage. Les morceaux les plus saillants du premier acte sont : la Chanson de Roland, dite par un pâtre, et le finale, dont la mélodie est large et puissante d'effet : Superbes Pyrénées. Cette chanson de Roland n'a aucune couleur historique. Il semble qu'elle aurait dû fournir le thème principal de l'ouvrage. On sait le parti que Meyerbeer a tiré du Choral de Luther dans les Huguenots. La Chanson de Roland, que Taillefer entonna en 1066 avant la bataille d'Hastings, était une sorte de plainchant d'un caractère héroïque et religieux, d'ailleurs très-favorable au développement musical. Dans le second acte, nous signalerons le chœur du complot : Roncevaux, vallon triste et sombre, dont la phrase mère est fort belle, mais qui est développée d'une manière insuffisante. Le troisième acte, qui a décidé du succès de l'œuvre, renferme de beaux fragments : la chanson mélancolique du pâtre, un chant de guerre, une farandole dont les ondulations serpentent dans la montagne et descendent sur la scène sur un motif de danse fort animé ; la lecture de la devise gravée sur l'épée Durandal : Je suis Durandal, du plus dur métal; la scène de la confession, un bon trio entre Turpin , Roland et Aide, et le finale : En avant! Montjoie et Charlemagne! Les rôles de cet opéra ont été créés par Gueymard, Belval, Cazaux, \Varot , Mme Gueymard et M'ie Camille de Maesen.

ROLAND.'S KNAPPEN (die) [les Ecuyers de Roland], opéra en deux actes, paroles et musique de Dorn (Henri-Louis-Edmond), représenté au théâtre Kœnigstaedt avec quelques succès vers 1840.

ROLAND'S KNAPPEN (dik) [les Ecuyers dp

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Roland], opéra allemand, musique de Lortzing , représenté à Leipzig, en mai 1849.

ROLLA , drame allemand , musique de Wraniczky, représenté à Vienne en 1785.

ROLLÂ, opéra italien, musique de Mabellini, représenté au théâtre de Carignan, à Turin, en 1840.

ROLLA, opéra italien, musique de Sarmiento, représenté au théâtre del Fondo, à Naples, en 1841.

ROMAGNESI, opéra en un acte^ paroles de Lemontey, musique de Plantade , représenté au théâtre Feydeau le 3 septembre

ROMAN (le), opéra en un acte , paroles de Gasse, musique de Plantade , représenté à Feydeau le 12 novembre isoo.

ROMAN COMIQUE (le), opéra - boufTe en trois actes, paroles de MM. H. Crémieux et L. Halévy, musique de Jacques Offenbach, repréFenté au théâtre des Bouffes-Parisiens le 10 décembre I866. Il n'a guère été conservé de l'œuvre de Scarron que le titre et les noms de quelques personnages. On a applaudi plusieurs morceaux écrits avec verve par le compositeur, notamment le finale : Exécutons presto, presto!

ROMAN D'ELVIRE (le), opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Alexandre Dumas et de Leuven, musique de M. Ambroise Thomas, représenté à l'Opéra-Comique le 24 février 1860. La donnée du livret est fort singulière et ne peut guère être résumée en quelques lignes. Gennaro, jeune fou, joueur et assez libertin , a refusé d'épouser sa fiancée. Celle-ci jure de se venger. Sous un travestissement de vieille à faire peur, et grâce à une bohémienne qui abuse de la crédulité de Gennaro, elle se fait épouser par lui dans un moment où il est ruiné et poursuivi par ses créanciers. Après une multitude d'incidents, d'épreuves et de scènes de magie blanche, Gennaro reconnaît qu'il est l'époux d'une femme charmante, jeune et belle. Il est guéri de ses erreurs. Cette pièce bizarre, moitié féerique, moitié réaliste, convenait au genre de talent de M. Ambroise Thomas, très-ingénieux , complexe dans ses effets , tout entier de nuances et de détails. Aussi la musique du Roman d'Elvire a -t- elle été trouvée très-intéressante. On a surtout remarqué le duo de la sorcellerie entre la mar-

quise et la bohémienne, les couplets de Gennaro : J'aime l'or, et ceux du podestat : C'est un Grec; le grand air de ténor et le finale du deuxième acte ; enfin la romance de Gennaro au troisième : Ah! ce serait un crime. Les rôles ont été créés par Montaubry, Crosti, Prilleux, Mlles Monrose et Lemercier.

ROMAN DE LA ROSE (le), opéra en un acte, paroles de MM. Jules Barbier et Jules Delahaye, musique de M. Prosper Pascal, représenté au Théâtre-Lyrique le 29 novembre 1854. Le sujet est poétique, mais le dénoiiment est trop peu vraisemblable pour émouvoir. Un pauvre garçon a vu sa bienaimée épouser un baron pour obéir à son père. Il est devenu fou et amoureux des oiseaux et des fleurs. Quelques années se sont écoulées sans doute, car sa Marguerite est veuve, et elle parvient à rendre la raison au pauvre Daniel en se présentant à lui parée de la rose, objet de son culte symbolique. On a remarqué dans la partition le duo : Eh quoi! pour une rose, et une romance de soprano. Ce petit ouvrage a été chanté par Grignon , MUes Bourgeois, Girard et Mme Meillet.

ROMANCE (la), opéra-comique en un acte, paroles de Loraux jeune et Lesur, musique de Berton, représenté à l'Opéra-Comique le 26 janvier 1804.

ROMANCE OF A DAY (the) [le Roman d'un jour], opéra anglais, musique dejBishop, représenté à Covent-Garden de Londres en

ROMANI IN POMPEJANO (i) [les Romains à Pompéï], opéra italien, musique de Rota, représenté à Trieste en mai 1856.

ROMANINA, opérette anglaise, musique de Leslie, représentée au théâtre Anglais de Londres, vers 1830.

ROMANS (les), ballet héroïque en trois et quatre entrées, paroles de Bonneval, musique de Niel, représenté par l'Académie royale de musique le jeudi 23 août 1736. La fiction et Clio forment le prologue; la Bergerie, la Chevalerie, la Féerie sont les entrées de ce ballet. On y ajouta, le 23 septembre suivant, une quatrième entrée : le Roman meroeilleux.

ROMANS (les), opéra-ballet héroïque en quatre actes, paroles de Bonneval, remis en musique par Cambini, représenté par l'Aca-

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