‹ Dictionnaire lyriqueChapitre 58 sur 773 · AUCA · texte numérisé non relu

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quer dans quel sens il faut entendre ce qu'on a dit de l'opéra-comique : que la musique était presque tout dans le succès de ces sortes d'ouvrages, rarement faits pour être lus. C'est peut-être ce que l'auteur a fait de plus mauvais; le fond est d'une absurdité qui révolta tout d'abord : quelques changements, beaucoup de spectacle , et surtout le jeu de MtneDugazon firent supporter une reprise de la pièce. Le père d'Aucassin est un imbécile odieux, le fils est un fou non moins odieux, et le père de Nicolette un niais. Ce ne sont pas là des caractères de chevalerie, bien que l'auteur ait eu la prétention de peindre les moeurs du bon vieux temps.

Du reste, Sedaine s'est inspiré du vieux roman d'amour, qui est, comme nous l'avons dit plus haut, une des plus charmantes productions littéraires du moyen âge. Nous allons en donner une analyse succincte :

Garin, père d'Aucassin et comte de Beaucaire, avait acheté aux Sarrasins une jeune fille nommée Nicolette, dont Aucassin est amoureux et qu'il voudrait épouser. Garin les fait enfermer l'un et l'autre ; mais Nicolette parvient à s'échapper et se réfugie dans une forêt voisine. Dans sa fuite, elle reconnaît la voix d'Aucassin, qui se plaignait dans son cachot, et pour le consoler elle lui jette une mèche de ses cheveux. Bientôt Aucassin parvient lui-même à sortir de sa prison ; il rejoint Nicolette et s'éloigne avec elle de Beaucaire. La barque qui les emporte est assaillie par une tempête ; ils abordent sur un rivage, où ils tombent entre les mains des Sarrassins, venus pour combattre le roi du pays. Ceux-ci, après avoir lié les bras et les mains d'.\ucassin, l'abandonnent dans une barque, que les flots ramènent àBeaucaire juste au moment oii Garin vient de mourir : le jeune homme est reconnu par les vassaux de son père, qui le proclament seigneur de Beaucaire. Cependant Nicolette, transportée à Carthage, y retrouve son père, qui est précisément le roi de cette ville ; mais on vent lui faire épouser un roi païen ; tous ses sentiments se révoltent contre cette indigne alliance et elle se voit encore obligée de prendre la fuite. Elle revient à Beaucaire, y retrouve son fidèle amant, et l'épouse. On ne connaît point l'auteur de ce roman, où des couplets monorimes en vers de sept ou de huit sj'Uabes sont entremêlés à des récits en prose. Tout y est naïf, tendre et gracieux. La Bibliothèque impériale en possède un exemplaire manuscrit. Méon l'a publié dans son Itecueil de fabliaux.

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