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sée de moralité. L'auteur du poëiiie n'a pas semblé le comprendre. Plusieurs scènes sont d'une grossièreté qui devait révolter un public français, et le dénoûment est honteux. La musique , conçue dans un système plus littéraire que musical, n'a pas tenu les promesses que des preneurs exaltés et presque fanatiques avaient fait espérer. A l'exception de l'ouverture, de la marche des pèlerins, des strophes du chevalier au premier acte, du duo avec Elisabeth, de la romance de Wolfram au troisième acte , de quelques autres passages qui accusent une forte organisation musicale, un sentiment puissant de l'effet harmonique et instrumental, tout le reste de la partition est ou ténébreux, ou puéril, mais assurément fort ennuyeux. A la première représentation, une chasse hyperbolique, une meute de chiens traversant la scène, une apparition de Vénus et des détails d'orchestre appartenant à un genre de description réaliste, ont singulièrement égayé l'assistance. La deuxième représentation, qui a eu lieu le lundi 18 mars, malgré de larges coupures, a achevé la chute bruyante d'un ouvrage trop bruyamment annoncé comme lin chef-d'œuvre. Le Tarnihaûser a eu pour interprètes le ténor allemand Niemann, Morelli, Cazeaux, Coulon, Mme Tedesco et Mlle Marie Sass. La partition a été réduite pour piano et chant par M. Vauthrot.
TANNH^USER , parodie do l'opéra de Wagner, par Kalish, représentée au théâtre d'été, à Leipzig, en aoîit 1858.
TAPFERKEIT {Bravoure), opéra allemand, musique de J.-M. Haydn, représenté àVienne, sur le thécâtre de la Cour, vers 1792.
TAQUINERIES (i-Es), opéra-comique en trois actes, musique de Lœwe, représenté à Stettin en 1796.
TARARA, opéra italien, musique de Blanchi, représenté à Venise vers i788.
TARARE, opéra en cinq actes, avec un prologue, paroles de Beaumarchais, musique de Salieri, représenté à l'Académie royale de musique le 8 juin 1787. Ce drame lyrique marque une époque dans l'histoire de l'art. Ce n'est rien de moins qu'un opéra romantique dans lequel le bouffon est mêlé au tragique. Les dimensions sont celles des anciens ouvrages de Quinault et de Lulli; mais la conception en est toute différente. Dans le prologue, la Nature et le Génie du feu créent des hommes et leur assignent une destinée sur la terre. Tarare doit être un soldat heureux ;
Atar un souverain d'Ormus vaincu par son sujet. Les cinq actes développent les incidents tragiques et comiques de ces deux personnages. Beaumarchais avait pris celte idée dans un conte persan traduit par Hamilton. La versification en est pitoyable. Salieri triompha des difficultés du poëme. Il avait déjà obtenu en France un grand succès avec les Danaïdes en 1784. Maître de la chapelle impériale, protégé par Joseph II, il était arrivé à Paris, précédé d'une grande réputation à laquelle l'opéra de Taî-are ajouta un nouveau lustre. Les récitatifs sont traités selon le style de Gluck, dont il avait été l'élève affectionné; mais la manière de conduire les voix, d'écrire les chœurs lui appartient en propre. Tarare eut trente-trois représentations consécutives. Nous nous bornerons à citer le bel air de Tarare : Astasie est une déesse. Salieri, de retour à Vienne, fit connaître sa partition sous le titre à'Axur Me d'Ormus. Les Allemands l'accueillirent avec enthousiasme. Les rôles d'Atar et de Tarare furent chantés par Chéron etLainez; ceux d' Astasie et de Spinette, par Mi'es Maillard et Gavaudan. C'est dans cet ouvrage que ChoUet, père du ténor de notre Opéra-Comique, fit ses débuts en qualité de coryphée.
TARQUIN LE SUPERBE, Opéra, musique de Gebel (Georges), représenté à Rudolstadt en 1752.
TARSIS ET ZÉLIE, tragédie opéra en cinq actes, avec un prologue, paroles de Laserre, musique de Rebel et Francœur, représentée à l'Académie royale de musique le 19 octobre
TARTARISCHE GESETZ (das) [la Loi des Tartares], opéra allemand, musique de Ferdinand d'Antoine, représenté à Cologne vers
TARTARISCHE GESETZ (das) [la Loi des Tartares], opéra, musique d'André, représenté à Berlin vers 1780.
TAUCHER (der) [le Plongeur], grand opéra en deux actes, musique de Conradin Kreutzer, représenté à Vienne en 1823.
TCHERKESSE (la Vengeance), opéra russe, musique de Rubeinstein, représenté à Saint- Pétersbourg en 1852.
TEBALDO ET ISOLINA, opéra-sérieux en deux actes, musique de Morlacchi, représenté à Dresde en 1820, et au théâtre royal Italien de Paris en 1827. Le poëme a une grande analogie avec celui de Roméo et Juliette. La
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musique offre des chants d'une charmante élégance. Le duo du premier acte et l'air chanté par Mme Pisaroni ont eu du succès. La grande réputation de Morlacchi avait précédé à Paris l'audition de cet ouvrage. Son buste avait été placé au théâtre de Parme avec cette inscription : Orphea mutescit lyra, Morlacchique Camenœ suspiciunt genium. En IS05, il avait été chargé de composer la cantate pour le couronnement de Napoléon comme roi d'Italie. Malgré tous ses titres, auxquels est venu s'ajouter celui de maître de chapelle de Saint-Pierre à Rome , la gloire de Morlacchi s'est éclipsée. On ne chante plus que quelques airs de son Raoul de Créqui, encore populaire à Dresde, où il a été joué pour la première fois en isil.
TEKELY, mélodrame, musique de Quaisain, représenté à Paris vers 1795.
TEKELY, mélodrame anglais , musique de de J. Hooke, représenté sur le théâtre de Drury-Lane, à Londres, en 1808.
TÉLÉGONE, tragédie-opéra en cinq actes , avec un prologue, paroles de l'abbé Pellegrin , musique de Lacoste, représenté à l'Aeadémie royale de musique le 6 novembre 1725. Ulysse, tué par son propre fils, telle est la péripétie finale de cet opéra, qui fut chanté par Mlles Eremans, Lagarde, Dun, Anticr, Le Maure , Souris , Mimer, et les sieurs Dubourg, Thévenard, Murayre, Le Mire et Tribou.
TÉLÉGRAPHE (le), opéra allemand, musique de Tayber, représenté à Vienne et à Léopoldstadt vers 1800.
TELEMACCO, opéra italien, livret de Sigismondo Capece, musique de Alessandro Scarlatti, représenté à Rome en iTis.
TELEMACCO, Opéra italien, livret de Sigismondo Capece, musique de Gluck, représenté à Rome en 1750.
TELEMACCO, opéra italien, livret de Sigismondo Capece, musique de Bertoni, représenté à Venise en 1777.
TELEMACCO, opéra italien, livret de Sigismondo Capece, musique de P. Grua, rejirésenté à Munich en 1780.
TELEMACCO, opéra italien, livret de Sigismondo Capece, musique de Zingarelli, représenté à Milan en 1785.
TELEMACCO, opéra italien, livret de Si-
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gismondo Capece, musique de J.-S. Mayer, représenté à la Fenice, à Venise, en 1707.
TELEMACCO, opéra italien, livret de Sigismondo Capece, composé par Cipalla, refait avec quelque succès par Sor, et représenté à Venise en 1797.
TELEMACHUS, opéra anglais, musique de Bishop, représenté sur le théâtre de Covenl- Garden, à Londres, en 1815.
TÉLÉMaQUE, opéra en cinq actes, musique de Schurmann, représenté à Hambourg en 1721.
TÉLÉMAQUE, opéra, musique de Hoflfmeister, écrit à Vienne vers 1800.
TÉLÉMAQUE, Opéra, musique de Boieldieu, représenté à Saint-Pétersbourg vers 1807. Il n'a pu être représenté en France; le compositeur introduisit plusieurs morceaux de cet ouvrage dans d'autres partitions. L'air de la princesse de Navarre dans Jean de Paris : Ah! quel plaisir d'être en voyage, a été extrait de la partition de Télémaque (voy. Cahjpso).
TÉLÉMAQUE DANS L'ÎLE DE CALYPSO ou LE TRIOMPHE DE LA SAGESSE, tragédie lyrique en trois actes, paroles de P. Dercy, musique de Lesueur, représenté sur le théâtre Fey deau le 1 1 mai 1796 (floréal an IV). Cet ouvrage avait été écrit d'abord pour l'Opéra; on supprima les récitatifs, auxquels on substitua le dialogue pour la représentation à Fey deau. Ce beau sujet n'a pas encore été bien traité au théâtre. Dans cette pièce, Télémaque arrive dans l'île au premier acte, et inspire à Calypso et à Eucharis une violente passion. Il aurait fallu séparer l'action de l'avant-scène et ne pas enflammer au bout de peu d'instants trois cœurs à la fois. Mentor au troisième acte remplit l'office que l'on sait. On a reproché avec quelque raison au compositeur d'avoir mis trop d'accent dramatique dans ses œuvres religieuses et de ne pas en avoir mis assez dans ses opéras. Le lieu et l'é^ioque du sujet invitaient le compositeur à se livrer à ses tendances archaïques et à chercher l'explication du système de la musique des Grecs, qu'assurément personne ne connaissait plus mal que lui. Il déclare que l'ouverture de Télémaque a été écrite sur le mode hypo-dorien et sur le nome spondaïque, en observant la mélopée méso'ide. Passe encore po«r le nome spondaïque, en raison des nombreuses blanches qui alourdissent la première moitié de cette sympho-
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nie ; mais quant au reste, nous ne voyons pas en quoi une ouverture qui commence en sol majeur et s'achève en sol mineur, en employant tous les accords connus en musique, peut rappeler le mode hypo-dorien. Le motif ririncipal est une gamme descendante de mi à mi avec le fa naturel ; c'est l'échelle du mode lydien. Lesueur s'est trompé même en ceci. Ces prétentions pédantesques n'empêchent pas que l'ouvrage ne renferme certaines heautés. Le joli chœur de nymphes, l'air pantomime de la toilette de Calypso, le chœur souterrain dos vents qui bientôt sont déchaînés par Eole, la tempête et la scène dans laquelle Calypso et les nymphes accueillent Télémaque, forment un premier acte trèsagréable. Dans le second, les airs d'Eucharis, de Calypso et de Télémaque sont longs et ennuyeux; les nomes tribrachiques, les mélopées mésoïdes et systaltiques ne sont pas parvenus à leur donner de l'intérêt. Le tableau de la forêt a fourni l'occasion d'un grand spectacle. Les faunes, les sylvains, les satyres, les dryades, les bacchantes et les grâces en font libéralement les frais, et la musique descriptive ne manque ni de couleur ni de variété. Le chœur des nymphes, qui se transforme en tutti général, est très-beau. Mentor ouvre le troisième acte par un bon récitatif :
Il est temps d'opposer l'égide redoutable Aux traits que l'Amour a lancé; Tendons au fils d'Ulysse une main secouralile Dans le danger cruel dont il est menacé.
Au lieu de demander à son poëte des noms dactyliques propres à une mélopée diastaltique, Lesue'ur aurait dû exiger qu'il ne fît pas de fautes de français.
Cet acte renferme, je crois, la plus belle scène dramatique que Lesueur ait écrite. C'est le duo d'amour d'Eucharis et de Télémaque, interrompu par l'arrivée de Calypso ; la fureur de celle-ci contre Eucharis est bien exprimée, et l'entrée du chœur qui intercède en faveur de la nymphe, produit un bon effet. L'air de Calypso, qui suit : Cruel, fuis, crains ma rage , a de l'énergie ; mais qu'il y a loin de cette passion formaliste aux accents déchirants de cet air de Piccinni, dans Iphigénie en Taui'ide : Cruel, et tu dis que tu m'aimes! Les objurgations de Mentor sont assez véhémentes toutefois, et amènent assez bien le dénoûment :
Lâche fils d'un père si sage.
Esclave d'une indigne ardeur, Seul sur cet odieux rivage, Languissez, rampez sans honneur.
La pièce se prêtait aux décors et aux machines. On y voyait aussi un vaisseau, comme
dans la Reine de Chypre, Haydée, l'Africaine, et même un vaisseau en flammes. Télémaque est précipité du haut d'un rocher dans la mer par Mentor, sous les yeux de Calypso et d'Eucharis, ce qui fait un coup de théâtre. Le tonnerre éclate, la scène se couvre de nuages argentins, ils s'ouvrent et laissent voir Minerve, qui descend de l'olympe dans toute sa gloire. La déesse console Calypso et Eucharis, et tout se termine par un chœur général. C'est là, on en conviendra, un dénoijment qu'il est rare de rencontrer au théâtre. Quoique le livret ait été conçu en dehors des habitudes dramatiques, quoique la musique ait un caractère assez singulier, l'opéra de Télémaque a joui d'un certain succès, et peut-être en aurait-il encore à cause des beautés réelles qu'il renferme.
TÉLÉMAQUE OU CALYPSO, tragédie-opéra en cinq actes, paroles de l'abbé Pellegrin, musique de Destouches, représentée à l'Académie royale de musique le 29 novembre 1714. Cet ouvrage eut plusieurs reprises.
TÉLÉMAQUE OU LES FRAGMENTS DES MODERNES, tragédie opéra en cinq actes, précédée d'un prologue , paroles de Danchet, musique de Campra, représentée à l'Académie royale de musique le u novembre 17C4.
Cet ouvrage est un pastiche composé des fragments de plusieurs opéras récemment représentés, tels que ceux à'Astrée , d'^née et Lavinie, de Canente, à'Aréthuse, de Médée, du Carnaval de Venise, d'Ariane, de Cii'cé, des Fêtes galantes et d'Ulysse. Les interprètes furent Mlles Maupin, Desmàtins, Armand, Dupeyré, Bataille, et les sieurs Cochereau, Poussin, Dun, etc.
TÉLÈPHE, tragédie lyrique en cinq actes, précédée d'un prologue, paroles de Danchet, musique de Campi-a , représentée à l'Académie royale de musique le 28 novembre 1713. Le prologue, qui a pour sujet l'apothéose d'Hercule, renferme deux beaux chœurs :
Qu'il soit adoré des mortels et Protecteur des vertus, il punit les forfaits. Le sujet de la pièce est assez intéressant. Télèphe, guerrier inconnu, a combattu victorieusement les ennemis d'Eurite , roi de Mysie. Se livrant à la recherche d'Isménie, princesse qu'il aime passionnément, mais dont on ignore la destinée, il s'expose aux aventures les plus hasardeuses; il s'abandonne au désespoir et s'expose à la mort ; mais sa bravoure en fait le héros de la Mysie , le rend redoutable au roi même qui lui doit la conservation de sou