TONE
métaphores d'un goût littéraire douteux.
Qu'on en juge par le début de la première scène. Sophie est assise devant un métier à tapisserie où elle travaille , et elle chante ceci :
Que les devoirs que tu m'imposes,
Triste raison, ont de rigueur!
Tu gémis, Sophie, et tu n'oses
Tinterroger sur ta douleur.
Quand sous tes doigts naissent les roses,
Les épines sont dans ton cœur.
En quelques mots, voici le sujet de la pièce : Tom Jones passe pour un enfant trouvé. Il a été élevé dans la maison de M. Alworthy avec Blifil, neveu de ce riche propriétaire. Ses talents, son caractère sympathique, la grâce de sa personne l'ont fait aimer de tous et distinguer particulièrement par miss Sophie, fille de M. Western, opulent'et fanatique chasseur, voisin d'Alworthy. Mistress Western, sœur du Nemrod, se pique de diplomatie ; elle prétend être très-perspicace; elle s'imagine que Sophie aime Blifil ; elle organise le mariage, qui réunit les suffrages de tout le monde, excepté ceux de Tom Jones ot de Sophie, qui s'adorent sans se l'être dit ; mais en présence d'une signature de contrat imminente, tous deux se déclarent leurs sentiments. On les surprend. Tom Jones est chassé. Sophie se dérobe par la fuite avec son amie Honora à un hymen odieux. Les deux familles suivent les traces de la fugitive. On se retrouve dans l'hôtellerie de la ville voisine du château. Là, le quaker Dowling, confident des secrets de la famille .ilworthy, révèle la naissance de Tom Jones. Celui qu'on croyait un enfant trouvé est le fils légitime de la sœur d'.\lworthy et le frère aîné du traître Blifil. Il recouvre sa position, sa fortune, et reçoit de M. Western la main de celle qu'il aime.
Comme Rameau, Philidor aimaili assez les épisodes descriptifs. Il y excellait. L'air de chasse de Western : D'un cerf dix cors j'ai connaissance, est traité avec habileté et esprit. Il est d'un entrain incroyalile et accompagné avec un art consommé. L'air de chasse du Pardon de Ploërmel est lamentable en comparaison de celui-là. Il faudrait tout citer, car la partition de Tom Jones se soutient sans éclipse depuis l'ouverture jusqu'au vaudeville de la fin. Cependant nous recommandons la lecture du duo entre W'estern et sa fille : Non, rien ne peut me retenir, qui termine le premier acte ; dans le second, l'air de Jones : Amour, quelle est donc ta puissance"} l'&rietic àe Sophie, qui est si louchante : C'est à vous que je dois la vie, et
le septuor final ; dans le troisième acte, le quatuor des buveurs en canon sans accompagnement, et le grand air de Sophie : 0 toi gui ne peux m'entendre. En tenant compte de l'état du goût public à l'époque où Tom Jones a été écrit, du genre des pièces et de la faiblesse des exécutants, en un mot des obstacles devant lesquels Philidor devait faire plier son génie, on regrette que ce compositeur, doué d'une organisation si fine et qui savait écrire une harmonie si délicate et si bien appropriée aux situations dramatiques, n'ait pas vécu en Italie, où il aurait été l'émule de Paisiello et de Cimarosa.
TOM JONES, opéra-comique anglais, musique de Linley, représenté sur le théâtre de Drury-Lane, à Londres, en 1785.
TOM RICK, opéra-comique allemand, musique de Conradin Kreutzer, représenté à Vienne vers 1839.
TOMBEAU DU MUPHTI (i,e), opéra allemand, musique de Baumgarten, représenté à Breslau en 1779.
TOMIRI, opéra italien, livret de Antonio Medolago, musique d'Angiolo Vitali , représenté au théâtre San-Cassiano, à Venise, en
TOMMASO MORO {T/iomas Monts), tragédie lyrique en forme d'oratorio à cinq voix, livret de Giammaria Piantini, musique de Vicenzo-Maria Orlandi, récitée et exécutée dans l'oratoire des confrères de la Charité de Bologne le soir du dimanche des Rameaux en 1696. Cinq tragédies furent composées sur ce sujet en Italie, où le célèbre chancelier, plus digne encore d'admiration pour sa courageuse fermeté en face du tyran Henri VIII que pour ses talents littéraires et diplomatiques, a été à juste titre considéré et honoré comme un martyr.
TOMYRIS, opéra allemand , musique de Keiser, représenté à Hambourg en 1717.
TONELLI (la), opéra-comique en deux actes, paroles de M. Thomas Sauvage , musique de M. Ambroise Thomas, représenté à l'Opéra- Comique le 30 mars 1853. L'action se passe à Naples. La Tonelli, première chanteuse au théâtre Saint-Charles, est aimée par un magistrat ridicule, et elle lui préfère il primo buffo du théâtre avec lequel elle se concerte pour faire épouser à Carlino Puppo une jeune villageoise nommée Bettina , qui ressemble beaucoup à la cantatrice et que le soupirant grotesque prend pour elle. La par-