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CROQ
la fin avec charme. Le duo est peu saillant. Nous avons parlé ailleurs de la scène des fous. En somme, cette musique manque de brio, de gaieté.
COMÉDIE EN VOYAGE (la.), opéra-comique en un acte, paroles de Méry, musique de M. DefiFès, représenté à Ems en juillet 1867. On a remarqué dans cet ouvrage l'air du marquis, le duo de la peur : Réveillez-vous, la chanson d'Edmond, le chant de table : Versez le vin du Bhin, divin.
CONTESSINA (la) , opéra semi-séria en trois actes, paroles italiennes de M. de Lauzières, d'après un livret de MM. de Saint- Georges et Jules Adenis, musique de M. le prince J. Poniatowski , représenté aux Italiens le 28 avril 1868. Le livret repose au fond sur la donnée la plus vulgaire, puisqu'un héritage intervient au dénoiiment pour faire épouser au jeune comte d'Alteriva, qui est sans fortune, la jeune fille qu'il aime et qui est devenue millonnaire. Seulement les auteurs ont introduit un épisode piquant, une véritable invention. La scène se passe au bord de la mer. Un vaisseau échoue. Une jeune fille est sauvée des flots par le jeune comte; mais la frayeur l'a rendue muette; de telle sorte que, pendant la plus grande partie de la pièce , l'héroïne mime son rôle. Elle recouvre la parole à l'heure du dénoûment. La musique est bien écrite pour les Toix, instrumentée avec goût et d'un style italien agréable. Nous avons remarqué le chœur des serviteurs, un joli quatuor, un duo, un menuet bien traité et la chanson du matelot. Il convient de signaler, en outre, les airs de ballet , que le prince compositeur traite toujours avec verve et talent. Quoique inférieurs à ceux de Pierre de Médicis, du même auteur, on les entend avec un vif plaisir. L'ouvrage a été interprété par M. et Mme Tiberini, Verger, Scalese et Mme Grossi. Le rôle de Stella a été mimé avec beaucoup de grâce par Mlle Urban.
CORRICOLO (le) , opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Labiche et Delacour, musique de M. Ferdinand Poise, représenté à rOpéra-C'omique le 28 novembre 1868. C'est un vaudeville excentrique, invraisemblable, mais assez amusant. La partition renferme de fort jolis motifs, notamment la romance : Faut-il que sitôt on oublie, et l'arrangement de l'air : // pleut, il pleut, bergère. Chanté par Sainte-Foy, Barré, Laurent, Prilleux, Mme Cabel, M'ie Heilbron.
CORSEN (die) [les Corses], opéra allemand, musique de Cari Goetze, représenté à Weimar dans le mois de mai 1866.
COSCOLETTO , opéra-comique, musique de M. J. Offenbach, représenté avec quelque succès au théâtre An-der-Wien, à Vienne, le 5 janvier 1866. Cet ouvrage avait eu un sort moins heureux à Berlin. L'interprète principale était Mlle Geistinger.
CROISADE DES DAMES (la), opéra-COmique en un acte, paroles française de M. Victor Wilder, musique de Franz Schubert, représenté pour la première fois à Paris, sur le théâtre des Fantaisies-Parisiennes, le 3 février 1868. Ce ne sera pas un des moindres titres de M. Martinet au souvenir des amis des arts , que d'avoir fait représenter pour la première fois en France ce petit chef-d'œuvre de l'auteur du Roi des Aulnes. La Croisade des dames a porté originairement le titre de la Guerre domestique ou les Conjurés. (V. la Guerre domestique.) Le sujet a pu être suggéré par la pièce d'Aristophane, intitulée : Zysw^ra^a; mais on n'y remarque aucune trace des obscénités qui rendent illisible la comédie de l'auteur grec. De braves chevaliers reviennent de la croisade. Les châtelaines, irritées par la longue absence de leurs maris, complotent de se venger en les déconcertant par la froideur de leur accueil ; mais plusieurs des conjurées trahissent en secret leur serment, et la réconciliation devient bientôt générale. L'ouverture, quoique peu développée, est une page magistrale. Schubert est, à notre avis, supérieur à la plupart des compositeurs allemands dans l'art d'écrire pour les voix. Les chœurs, dans ce petit opéra, ont une sonorité magnifique. Belle harmonie au service d'idées originales, des formes variées d'accompagnement, un sentiment poétique et toujours conforme aux règles du goût le plus pur, telles sont les qualités maîtresses de François Schubert. On les retrouve toutes dans son petit opéra. Nous recommandons aux amateurs, dans l'édition française publiée par M. Gérard, la lecture du délicieux lieder : Hélas! verrai-je encore, du morceau d'ensemble : Seigneurs, dans vos domaines, l'ariette du baron Thrasybule : Pour toi, j'ai souffert, et le finale. Cet ouvrage a été chanté par Geraizer, Laurent, Masson, Guyard, Mmes Decroix, Arnaud, Vois et Deneux.
CROQUEUSES DE POMMES (les). Opérette en cinq actes, paroles de MM. Eugène Grange
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DONC
et Emile Abraham, musique de M. Louis Deffès, représentée au théâtre des Menus- Plaisirs le 28 septembre 1868. Le sujet est fort léger. C'est encore un tableau peu séduisant de certaines mœurs parisiennes : de petites paysannes qui ont préféré le trottoir des boulevards à la grande rue du village. Il ne comportait pas cinq actes. La partition a été accueillie favorablement. On y a trouvé
cette facture élégante et ces motifs caractérisés qui distinguent la manière du compositeur. Nous signalerons la chanson rustique en si bémol, l'air bouffe : Je suis le coiffeur de ces dames, et la chanson des croqueuses de pommes. Chanté par Gourdon, Daniel Bac, Paul Ginet, Branciard, Detroges, Mlles Marchand et Marcus.
DALIBOR, opéra en trois actes, musique de M. Smetana, chef d'orchestre, représenté au Neustœdler-Theater, à Prague, en mai
DANS LES GABDES FRANÇAISES, opéracomique, musique de M. E. Pichoz, compositeur lyonnais, représenté au Grand-Théâtre de Lyon en janvier 1868.
DANS LES VIGNES DU SEIGNEUR , opérette, musique de Conradi, représentée au théâtre de Friedrich- Wilhelmstadt , à Berlin, en décembre 1867.
DÉBORAH, opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Adolphe Favre et Edouard Plouvier, musique de M. Devin-Duvivier, représenté au Théâtre-Lyrique, à Paris, le U janvier 1867. Le sujet a été tiré d'un roman de Walter Scott. Le livret n'a pas été jugé favorablement. Quant à la musique, plusieurs morceaux ont été remarqués, entre autres la romance : Les voilà bien, ces ingrats qu'on adore. Chanté par Puget, Lutz, Mme Talvo-Bedogni, Mlles Daram et Demay.
DÉFAUTS DE JACOTTE (les), opérette en un acte, paroles de MM. Duru et Chivot, musique de M. "V. Robillard, représentée aux Fantaisies-Parisiennes le 27 avril 18C7. Chantée par Bonnet , Croué , Géraizer , Mme» Decroix, Gourdon et MUe Mathilde.
DEUX CONSULTATIONS (les), opéra-comique en vers, paroles de M. Gransart, musique de F. Schwab, représenté au Lycée de la ville de Strasbourg en aoiit 1867.
DIANA, opérette-bouffe , musique de Millœcker , représentée au théâtre de l'Harmonie, à Vienne, le 2 janvier 1867.
DIDON, opéra-bouffe en deux actes et quatre tableaux, paroles de M. Belot, musique
de M. Blangini fils , représenté aux Bouffes- Parisiens le 5 avril isffe. C'est encore une parodie de l'histoire de la reine de Carthage. Les titres des tableaux sont les suivants : 1° les Anthropophages; 2" \q Bouclier de la vertu; 3" la Grotte mystérieuse ; 4° le Bàchnr de l'amour. Chacun de ces tableaux sert do prétexte aux farces les moins attiques. Il y a des marques de talent dans la musique, un bon duo entre Enée et Didon, ainsi que quelques airs rhythmés avec verve ; mais un compositeur qui porte le nom de l'auteur do tant de gracieux et poétiques nocturnes no devrait pas s'abaisser à ce genre de pièces. Chanté par Désiré, Tayau, M'ics Silly, Zulma Bouffar , Théric , Yalentine.
DON CARLOS, Opéra en cinq actes, paroles de Méry et de M. Camille Du Locle, musique de M. Verdi, représenté àl'Opéra le U mars 1867. C'est dans le drame de Schiller que les auteurs ont puisé les principaux éléments delà pièce. On sait que ce drame est en complet désaccord avec l'histoire , que tous les caractères sont faussés et que les idées émises par le poëte allemand forment un auachronisme choquant avec celles qui avaient cours dans la seconde moitié du xvie siècle. Don Carlos n'était pas un prince intéressant. Il était laid et cruel. Rien n'est moins prouvé que son amour malheureux avec Elisabeth. Il est établi seulement qu'il avait été fiancé trèsjeune avec cette princesse, et que Philippe If, son père, l'épousa à sa place pour cimenter l'alliance de la France et de l'Espagne. Dans le livret de l'opéra, on a suivi les inventions de Schiller, et il en est résulté une œuvre peu lyrique, profondément monotone et sombre, et n'offrant aucune figure sympathique, pas môme celle du marquis de Posa. Au premier acte, qui se passe à Fontainebleau, les deux fiancés se voient pour la première fois,
DONC
s'enflamment aussitôt l'un pour l'autre. Ce qui est plus invraisemblable, c'est qu'ils sont aussitôt invités à se séparer , Elisabeth devant épouser Philippe II et monter sur le trône d'Espagne. Le comte de Lerme apporte à la princesse l'ordre du roi de France, son père, et en obtient un consentement à peine articulé.
Au second acte , on assiste à la fin des obsèques de Charles- Quint au couvent de Saint-Just. La mort de cet empereur eut lieu effectivement en 1558, deux ans avant les noces de Philippe et d'Elisabeth. Il n'y a donc aucun doute sur la mort réelle de Charles-Ouint. On verra au cinquième acte que le défunt n'est pas mort. Carlos fait connaître à son ami , le marquis de Posa , qu'il aime Elisabeth avec passion. Au lieu de chercher à l'en guérir, l'ami emploie son éloquence à obtenir pour lui une audience de la reine.
L'infant Carlos, notre espérance, Vit dans le deuil et dans les pleurs.
DONC
Daignez le voir, daignez l'entendre!
Sauvez l'infant ! sauvez Carlos.
C'est un vilain rôle que celui-là, surtout pour un homme, pour un marquis au sort duquel les auteurs ont voulu que le public s'intéressât. Don Carlos demande à la reine qu'elle supplie le roi de l'envoyer loin d'elle , en Flandre; puis il laisse éclater sa passion dans toute sa force. « Jet'aime, Elisabeth ! le monde est oublié. «Philippe II entre sur la scène, et, voyant la reine seule, sans sa dame d'honneur, conçoit des soupçons. Il exile la comtesse d'Aremberg en France , ce qui donne lieu aux touchants adieux que lui fait la jeune Elisabeth.
Le troisième acte est en partie consacré à un ballet allégorique-. La comtesse Eboli, qui aime aussi don Carlos, surprend le secret des amants, et sa jalousie la porte à les perdre tous deux. Elle s'empare d'une cassette contenant le portrait de l'infant , et la fait parvenir au roi. Il y a à la fin de cet acte une procession de moines conduisant au supplice des victimes du tribunal de l'inquisition. C'est le tableau obligé dans un sujet espagnol. Les auteurs n'y ont pas manqué; M. Verdi non plus. Ce dernier nous semblait cependant avoir peu do goût pour les bûchers, puisqu'il a préféré faire mourir de ses blessures sa Giovanna d'Arco, au siège de Compiègne et dans les bras du dauphin, son amant. (Voy. Giova7ina d'Arco. Viennent ensuite des députés flamands, qui exposent les plaintes de leurs
compatriotes. Don Carlos réclame, l'épée à la main, le gouvernement du Brabani et des Flandres. Philippe II résiste et fait conduire en prison son fils désarmé. L'émotion est générale.
Au quatrième acte, Elisabeth se plaint du vol dont elle a été victime ; le portrait de l'infant lui avait été donné alors qu'il était son fiancé ; mais le roi l'accable de paroles amères. La princesse Eboli est épouvantée du mal qu'eHe a fait; elle court se jeter aux pieds de la reine et lui avoue sa faute. Elisabeth la punit en lui donnant à choisir entre le cloître ou l'exil. Dans le tableau suivant, le marquis de Posa rend visite à don Carlos dans sa prison. Un arquebusier, apposté par l'ordre du roi, l'ajuste et lui envoie le coup mortel. Le marquis expire dans les bras de son ami en lui faisant les plus touchants adieux.
Au cinquième acte, Elisabeth et don Carlos se prodiguent d'amères consolations dans le couvent de Saint-Just. Le roi arrive et veut livrer son fils au saint office. Carlos résiste. Une sorte de lutte s'engage, dans laquelle l'infant recule vers le tombeau de Charles Quint. La porte du caveau s'ouvre, et l'empereur, revêtu du froc monastique et la couronne en tête, apparaît, ouvre ses bras à son petit-fils et le protège contre les entreprises de ses ennemis consternés. Qu'est-ce que cela veut dire? Si Charles-Quint était encore vivant, on comprendrait qu'il sorte de sa retraite volontaire pour protéger l'infant contre la sévérité de son père ; mais il a été positivement enterré au second acte. Il est mort en 1558 ; or, nous sommes en 1560. C'est donc une apparition fantasmagorique et le plus étrange dénoiiment qu'on ait vu à l'Opéra depuis les tragédies lyriques de LuUi et de Rameau ; ce n'est pas là un dénoûment. Le manteau impérial du spectre de Charles- Quint ne protège pas plus don Carlos et Elisabeth contre les fureurs du roi, qu'un cauchemar ne nous débarrasse la nuit d'une situation critique où nous nous retrouvons au matin. Il y a de grands efl'orts, dans cet ouvrage, pour produire de l'elTet. L'adultère, les anachronismes, une fausse amitié, des sentiments de haine contre nature entre le père et le fils, la menace brutale d'un coup de poignard faite à une femme, une lâche délation commise par une jeune princesse à laquelle on s'est intéressé au second acte, des scènes lugubres et désagréables d'autoda-fé, enfin la scène inexplicable du tombeau, tout cela a déjà compromis le succès
ELIX
(le cot opéra, et, nous le croyons, lui fera toujours obstacle.
M. Verdi a cherché à changer sa manière en l'honneur de ce mauvais poëme. Il a presque abandonné le terrain de la mélodie, où il est si à l'aise , pour aller à la découverte des phrases compliquées, des cadences évitées et d'une mélopée un peu vague, dans le goût de la nouvelle école allemande. On aremarqué la chanson du voile, le duo qui la suit, entre le marquis de Posa et la princesse Kboli , le grand duo dramatique de Carlos et d'Elisabeth, la musique du ballet allégorique et le finale du troisième acte, qui est le morceau capital de l'ouvrage, le monologue sombre de Philippe II, le dernier chant du marquis : Bon Carlos, c'est mon jour suprême, les stances de la reine au couvent de Saint-Just. Cet ouvrage a eu pour interprètes : Obin, Morère, Faure, David, Mmes Sass, Gueymard, Mlle Levieilli, et pour la danse, MUe Beaugrand.
DON DIEGO DE MENDOZA, opéra italien, musique de Pacini, représenté à la Fenice, à Venise, dans le mois de janvier 1867.
DONA MARIA, opéra en deux actes , texte
EXPL
allemand, musique du comte de Reiset, représenté à Darmstadt en avril 1806. M. le comte de Reiset est ministre plénipotentiaire de France à la cour de Rome. C'est le deuxième ouvrage dramatique qu'il fait représenter.
DOUBLE PIÈGE (le), opéra-comique en un acte, paroles de M«>c Mélanie Waldor, musique de M. G. Douay, représenté dans la salle Herz en juin 1868. Chanté par Ducellier, Aurèle, Neveu, M'ie» Regnault et Ducasse.
DRAHOMIRA, opéra, musique de L. Schebor, représenté au théâtre National bohème, à Prague, en octobre 1867.
DUCHESSA Dl GUISA (la), opéra italien, musique de Serrao , représenté au théâtre San-Carlo, de Naples , dans le mois de décembre 1866.
DUE ORSI (i), opéra italien, musique Dali* Argine, représenté au théâtre Santa-Radegonda, à Milan, dans le mois de février 1867. Le sujet de cet ouvrage a été tiré do l'Ours et le pacha , de Scribe. Bottero et Altini ont chanté les principaux rôles.
ELIXIR DE CORNELIUS (l'), opéra-comique en un acte , paroles de MM. Henri Mei- Ihac et Arthur Delavigne , musique de M. Emile Durand , représenté sur le théâtre (les Fantaisies-Parisiennes le 3 février 1868. I.a donnée de la pièce est ultra-originale. Le docteur Cornélius possède un élixir au moyen duquel les âmes changent de corps. Un militaire, qui aime Frédérique, la nièce du docteur, exploite sa manie, et se fait passer pour avoir été fille jadis et séduite par Frédéricque, alors qu'elle était garçon. Il demande, après cinq cents ans de distance , la réparation, et Cornélius consent au mariage. La partition offre de jolies mélodies , écrites
avec facilité et harmonisées avecgoiît. L'air chanté par Cornélius, la chanson militaire et la sérénade ont été applaudis. Ce petit ouvrage a été chanté par Bonnet, Derval, Mmes Decroix et Labarre.
ERSTE FALTE (die) [la Première ridé], opéra-comique allemand en un acte, musique de Leschetitzky , représenté au théâtre allemand, à Prague, le 9 octobre 1867. Cet ouvrage est à quatre personnages.
EXPLOITS DE BANDITS , opéra-boufTe , musique de Suppé, représenté au théâtre de Friedrich-Wilhelmstadt, à Berlin, en décembre 1867.
FIAN
FIOR
FABIER (die) [lesiFabius], opéra allemand en cinq actes, livret de M. G. de Meyern, d'après le drame classique de Gustave Freytag, musique de M. Langert, représenté à l'opéra Royal de Berlin en mars 1868. Cet ouvrage avait été joué à Cobourg en 1867; mais il ne reçut sa forme définitive que pour la représentation sur la scène berlinoise. Il obtint un succès décisif. Le style en est élevé et en harmonie avec ce sujet antique. L'amour du plébéien Icilius avec la jeune patricienne Fabia est le sujet du poërae. On a applaudi le finale du premier acte, un duo dans le second, les saturnales et la marche au troisième. Le quatrième acte a paru le plus saillant. Chanté par Woworsky, Betz et Mlle Griin.
FÊTE DES NATIONS (la), à-propos allégorique, paroles de M. Arthur Pougin, musique de M. Adrien Boieldieu, représenté aux Fantaisies-Parisiennes le 27 avril 1867. C'est une cantate plutôt qu'une scène. La France, l'Art et l'Industrie dialoguent entre eux, et un choeur cosmopolite chante l'union pacifique des peuples. La musique a hien le caractère qui convient à ce genre de composition.
FIANCÉE D'ABYDOS (la), opéra en quatre actes, paroles de M. Jules Adenis, musique de M. Adrien Barthe, représenté au Théâtre- Lyrique le 30 décembre 1865. Le livret a été tiré du poëme de lord Byron. Zuléika, la vierge d'Abydos , est destinée au bey Oglou par l'ambitieux Giaffir, parent du bey. Elle est aimée de Sélim, fils d'Abdallah et neveu de Giaffir, meurtrier de son frère. Ce Giaffir tue son amant, et Zuléika se soustrait par la mort à un odieux hymen. Tel est le dénoûment dans le poëme de Byron. Il est remplacé dans l'opéra par un assoupissement léthargique de la fiancée d'Abydos et par son union avec Sélim. La partition est l'œuvre d'un musicien de mérite. On a remarqué la chanson mauresque, la marche turque, la ronde de nuit , la scène de la conjuration et la marche nuptiale. M™e Carvalho a obtenu un grand succès dans cet ouvrage, qui a été interprété en outre par Monjauze, Ismaël et Lutz.
FIANCÉE D'AZOLA (la) opéra allemand,
paroles de MM.Linden et Adolphe Katsch, musique de M. Louis Liébé, représenté à Carisruhe le 9 septembre 18G8. On a applaudi l'ariette : £in guter Eliemann, une cavatine avec accompagnement de cor anglais et un chœur arrangé sur l'air de la Romanesca. Cet ouvrage a réussi. Il a été chanté par Stolzemberg, Kœrner, Oberhofer, MUos Formaneck et Hauser.
FIANCÉE HUSSITE (la), opéra tchèque en cinq actes, musique de M. Schebor, représenté avec succès à Prague en octobre
FIFRE ENCHANTÉ (le), opérette, musique de M. Jacques Offenbach, représentée aux Bouffes-Parisiens le 30 septembre 1868.
FIGLIA DEL MARINAJO (la), opéra italien, musique de Clodio Conti, représenté au théâtre Bellini, de Naples, dans le mois de mai 1866. Le premier rôle a été chanté par la prima donna Mancusi.
FILS DU BRIGADIER (le), opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Eugène Labiche et Dclacour, musique de M. Victor Massé, représenté à l'Opéra-Comique, à Paris, le 25 février 1867. La scène se passe en Espagne, pendant le siège de Burgos. C'est une sorte de mélodrame dans lequel sont encadrées plusieurs scènes très-comiques; mais, en somme, le livret n'a pas été goiité. Quant à la musique, elle est pleine de motifs ingénieux et colorés. Toute la première partie de l'ouverture est charmante. 11 était difficile de mieux poétiser la formule militaire et banale de la retraite. Nous signalerons dans le premier acte une valse chantée, la romance: Trembler , quand on est militaire ; un refrain populaire : Les Flamands, les Saxons, et un rondo bouffe. Dans le troisième acte, nn bon trio et la romance : Pardonne-moi, avec accompagnement de cor anglais. Chanté par Crosti, Montaubry, Sainte-Foy, Prilleux, Mlles Girard, Roze et Révilly.
FIOR D'ALIZA , opéra-comique en quatre actes et sept tableaux, paroles de M. VI. Hippolyte Lucas et Michel Carré, musique do M. Victor Massé, représenté à l'Opéra-Comique le 5 février 1866. C'est un ouvrage qui
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renferme des morceaux excellents et des mélodies fort agréables, mais que les défauts du livret ont malheureusement déjà écarté de la scène. Le sujet de la pièce a été tiré du roman si connu de M. de Lamartine, Graziclla. Les principaux événements amenés dans un livre avec des ménagements et des circonstances qui les préparent, les motivent et les rendent vraisemblables, sont ici dans la pièce brusqués, Cfcousus et sans intérêt. Géronimo et Fior d'Aliza ont été élevés ensemble dans une cabane qu'abrite un châtaignier séculaire. Ils s'aiment, et leurs parents consentent à les unir. Mais un capitaine de gendarmes de la ville voisine demande en mariage la jeune fille. Ne pouvant vaincre la résistance des parents, il ne songe qu'à se venger. Il achète la propriété louée au.x pauvres gens, et veut faire abattre le châtaignier. Géronimo, indigné et cédant à l'emportement do son amour et de la colère, décharge son arme sur le capitaine et le tue. Il est conduit en prison, et peu après condamné à la mort. L'infortunée Fior d'Aliza, pour sauver son amant, se déguise en pifferaro et se fait introduire chez le geôlier ou bargello , dont la fille se marie. Elle entre dans la maison avec les gens de la noce; elle est reconnue par le prisonnier à l'aide d'une cantilène qu'ils chantaient ensemble aux jours de bonheur. Ils parviennent à se voir, et un bon religieux les unit quelques heures avant le moment désigné pour l'exécution. Un incident étrange et fort bien traité complique la situation et, à la fois, amène un heureux dônoûment. Une jeune fille, dont le père était bandit et la mère bohémienne, a été élevée dans la prison. Sa raison paraît un peu altérée. Elle devient amoureuse de Géronimo et le fait évader. Kior d'.\liza, de son côté, lorsqu'on vient chercher le condamné, se revêt de la robe préparée pour lui et marche au supplice. Ce qui est d'une invraisemblance choquante.
Arrivée sur les remparts, elle va mourir, lorsque Géronimo accourt pour réclamer son sort, et aussi le bon religieux, qui est allé chercher et qui a obtenu la grâce du jeune condamné. L'ouverture offre des effets de rhythme piquants et se termine par une saltarelle animée. Dans le premier acte, on a remarqué la romance : C'est l'amour, dont l'accompagnement imitatif est d'une grâce ingénieuse, et le quintette du châtaignier. Les formes du finale sont belles, mais trop
pompeuses pour le cadre étroit de l'action. Dans le second acte , il y a une farandole accompagnée de tambours de Basque d'un charmant effet. Dans le troisième , la saltarelle , dont le motif termine l'ouverture, revient à l'occasion de la noce de la fille du geôlier, et elle a été fort applaudie. C'est le principal morceau de chant de l'ouvrage. On a remarqué aussi l'air de la jeune bohémienne, qui a de l'originalité. Nous signalerons encore, dans le quatrième acte, la marche funèbre. Le rôle de Fior d'Aliza a été admirablement interprété par Mme Vandenheuvel - Duprez ; Mme Galli-Marié a joué celui de Piccinina, Achard et Crosti, ceux de Géronimo et du moine.
FLEUR DE THÉ, opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Chivot et Dura, musique de M. Charles Lecocq , représenté à l'Athénée le 11 avril 186S. C'est une bouffonnerie amusante. Plusieurs scènes sont comiques et semées de quelques mots spirituels. On a applaudi les couplets du mandarin : Je suis clairvoyant comme un sphinx: l'air de Césarine : En tous pays, et un joli duo au troisième acte : Rappelle-foi. Joué par Désiré , Léonce, Sylter, M"es Irma Marié et Lucie Cabel.
PRELUCHETTE, opérette en un acte, musique de M. Montaubry , représentée aux Fantaisies-Parisiennes en octobre 1867. Le compositeur est le frère du ténor de l'Opéra- Coniique. Ce petit ouvrage a été chanté par Bonnet, Barnolt et Mlle Decroix.
FIANCÉE DE CORINTHE (la), Opéra en un acte, paroles de M. Camille du Locle , musique de M. J. Duprato, représenté à l'Opéra le 21 octobre 1867.
FRANZ ACKERMAN , opéra en quatre actes, paroles de M. Distemberg, musique de Miry, représenté au théâtre Flamand, à Bruxelles, en octobre 1867. Le sujet est tiré des annales de la ville de Gand. La scène se passe au xive siècle, à l'époque où les communes flamandes étaient assez organisées pour tenir tête au roi de France. La musique est agréable, quoique peu originale; elle a obtenu assez de succès. Le principal rôle a été chanté par M. Warnots.
FRÈRES AVARES (les), opérette, paroles de M. Richard, musique de M. Matz, repréprésontée sur le théâtre du Gymnase, à Bordeaux, le 11 mai 1866.
GRAN
GRAN
GIAOUR (le), opéra ^musique de M. Hermann, représenté à Bordeaux dans le mois de janvier 1866. Le principal rôle a été chanté par Wicart.
GIOVANNA DI NAPOLI {Jeanne de Naples), opéra italien, musique de Coppola, représenté à Lisbonne dans le mois de février 1866. Mme Borglii-Mamo a rempli avec succès le principal rôle.
GRAND-DUC DE MATAPA (le), opérabouffe en trois actes et cinq tableaux, paroles de MM. Clairville et Octave Gastineau, musique de M. Debillemont, représenté au théâtre des Menus-Plaisirs le 16 novembre 1868. On a applaudi les couplets : On a vu desrois épouser des bergères, et un quintette. Chanté par Gourdon, Aurèle, Paul Ginet, Mmcs Debrigny-Varney, Marchand et M\^^ Scchel.