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Théâtre-Lyrique le 23 octobre 1867. Le livret n'a pas été heureusement conçu. Le roi don Juan de Castille veut remettre sa couronne à son fils naturel, Fabio, jeune guerrier plein de bravoure. Pour arriver à son dessein, il fait éloigner de sa vue une jeune fille qu'il aime et qu'il doit épouser. Estelle est son nom. Le roi la fait enfermer dans un couvent. L'abbesse de ce couvent, la soeur Carmen, qu'il destine en mariage à FabiOj est un personnage comique et de mauvais goût.

L'infant d'Espagne meurt; Fabio, le fils naturel, est proclamé roi d'Espagne, et il ou-

blie la pauvre Estelle avec laquelle il allait cueillir les bluets dans les blés. La musique n'a pas produit une vive impression. On a distingué plusieurs morceaux, chantés par Mlle Nilsson, un chœur au troisième acte et une marche triomphale, instrumentée avec habileté. Cet ouvrage a été chanté par Troy, Lutz, Mlles Nilsson et Tuai.

BRAMBORI V CÈCHACH {les Brandebowgeois en Bohême), opéra tchèque , de M. F. Smetana, représenté au théâtre National de Prague le 5 janvier 1866.

CARABINIERS { LES ) , opéra-comique en trois actes, paroles de Keller, musique de Hcertel, représenté à Schwérin le 8 novembre 1866.

CARDILLAC, opéra en trois actes et quatre tableaux, paroles de MM. Nuitteret Beaumont, musique de M. Lucien Dautresme, représenté au Théâtre-Lyrique le il décembre 1867. Le sujet de la pièce a été tiré d'un conte d'Hoffmann, et n'est pas heureux. On a remarqué quelques morceaux, entre autres : Si les galants aiment les belles, et le madrigal : Celle que j'aime. Chanté par Ismaël, Barré, Bosquin, Mlle Daram.

CASINO DI CAMPAGNA (il) [la Maison de camp/J5'îie],opéra-buffa en trois actes, paroles d'Ulysse Barbieri, musique de M. Vincent Mêla, représenté au Théâtre-Italien le samedi 3 mai 1866. Cet ouvrage avait été représenté déjà dans l'été de 1865 au théâtre Del Re, à Milan. Il n'a obtenu aucun succès. Chanté par Mercuriali, M'ie Sorandi et Mlle Mêla, fille du compositeur.

CATARINA HOWARD , Opéra italien , musique de Peirella, représenté à Rome dans le mois de février 1866.

CHANTEUR FLORENTIN (le), scène lyrique de MM. Alfred et Ernest Blau, musique de M. Duprato , représentée aux Fantaisies- Parisiennes le 29 novembre 1866. La scène se passe à Florence. La signora Sylvia reste froide et insensible au milieu des jeunes seigneurs qui forment sa cour. Survient un petit chanteur. Son improvisation touche le cœur de la belle , qui congédie son brillant

entourage et lui préfère la société du chanteur florentin. Sur ce canevas léger, M. Duprato a écrit une musique agréable et instrumentée avec beaucoup de délicatesse. On a remarqué une villanelle à trois voix. Chanté par Engel et M^^js Geraizer, Bonelli, Rigault, Eléonore Peyret et Arnaud.

CHÂTEAU À TOTO (le) , opéra-bouffe en trois actes,, paroles de MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de M. Jacques Offenbach, représenté au Palais-Royal le 6 mai 1868. Bouffonnerie jouée par Gil-Perez, Brasseur, Hyacinthe , Lassouche , Mlles Zulma Bouffar, Worms, Paurelle, Alphonsine.

CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE (les),

^opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Chivot et Duru, musique de M. Hervé, représenté aux Bouffes-Parisiens le 17 novembre 1866. La parodie, l'antithèse, la vulgarité des détails, qui contrastent avec la noblesse et la grandeur des noms et de la condition sociale des personnages, tels sont les éléments comiques de ce genre de pièces, qui a obtenu depuis quinze ans tant de succès en France, en Allemagne et en Russie. 11 y a dans la musique plusieurs morceaux traités avec verve et esprit. Le duo d'Angélique et Médor, les couplets de Mme Rodomont ont eu du succès. Chanté par Kelm, Garnier, Jannin, Léonce, Desmonts, Mme Ugalde, Mlles Darder et Castello.

CHILPÉRIC, opéra-bouffe en trois actes, paroles et musique de M. Hervé, représenté aux Folies-Dramatiques -le 24 octobre 1868. Cette pièce a encore pour ressorts principaux les contrastes, les antithèses et les ana-

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chronisnies. Frédégonde, faisant son déménagement du palais de Chilpéric dans une voiture à bras poussée par le docteur Ricin, tous les personnages de la pièce chantant un finale, abrités sous des parapluies de toutes couleurs, tel est l'ordre d'idées dans lequel se déroulent les opérettes modernes. Les auteurs, en somme, servent au public les mets qu'il mérite; puisqu'il les digère et les paye, on recommence le lendemain. L'imagination musicale ne fait pas défaut à M. Hervé; seulement elle est mal réglée. On a applaudi la chanson du Papillon bleu, des couplets bouffes et un jo'i boléro. Chanté par Milher , Chaudesaigues , Béret, Mendasti, Monroy, Mlles Blanche d'Antigny, Berthall, JuUien, Cuinet, Massue.

CHEVALIER LUBIN (le), opéra-comique en un acte, paroles de MM. V. Perrot et Michel Carré, musique de M. Adrien Boieldieu, représenté aux Fantaisies -Parisiennes le 23 mai 1866. La pièce est agréable. La comtesse Rosine est rebelle aux feux dont le chevalier de Simianc brûle pour elle. Apprenant qu'il doit s'introduire chez elle, elle confie la surveillance de son parc à son nouveau jardinier. Mais sous les habits de Lubin s'est caché le chevalier. Il y a plusieurs scènes épisodiques de travestissements assez ingénieuses. La partition débute par une jolie ouverture. On a distingué l'air du marquis, dont l'accompagnement concertant produit un bon effet; le duo de Rosine et du marquis, sur un mouvement de valse élégant; l'air du jardinier; le cantabile de Rosine, dont l'allégro est aussi une valse mélodieuse ; le trio : Il croit rêver sans doute, et les couplets bachiques en duo et dans le style de Lulli. L'instrumentation dénote par sa souplesse la main exercée et les bonnes études du fils de "Boieldieu. Ce joli ouvrage a été interprété par Arsandaux , Gourdon et Mlle Arnaud.

CLÉOPÂTRE, opéra en quatre actes, paroles de M. Bogros, musique de Mn>e la baronne de Maisire. Cet ouvrage, dont plusieurs fragments ont été entendus par un auditoire d'élite et ont produit la plus favorable impression, a été remarqué et signale par le jury chargé de l'examen des partitions envoyées au concours du Théâtre -Lyrique.

C'est à ce double titre que nous mentionnons cet opéra. Les compositions musicales de Mme la baronne de Maistre se distinguent par la force et la vérité de l'expression dramatique, par l'originalité des idées et l'em-

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ploi intelligent des ressources de l'harmonie. L'opéra de Cle'opâtre renferme des beautés trop saillantes et d'un ordre trop élevé pour que le public ne soit pas admis à l'entendre et à le juger sur une de nos premières scènes lyriques. Le livret offre des situations favorables à une belle mise en scène. Au premier acte, l'atrium du palais d'Antoine; les rois, reines et peuples de l'Asie vaincue défilent devant lui ; ce qui rappelle les beaux spectacles des opéras de Quinault et de Lulli ; l'arrivée de Cléopâtre dans sa galère ; la salle du festin; l'arrivée inattendue d'Octavie. Au deuxième acte, les jardins de l'île de Méosie, des scènes de passion et de désespoir. Au troisième, le golfe d'Ambracie au lendemain de la célèbre bataille d'Actium. Au quatrième, l'intérieur du tombeau de Ptolémée ; dans un deuxième tableau, les jardins d'Alexandrie ; la mort d'.\ntoine , celle de Cléopâtre et l'arrivée de César triomphant. La partition renferme des morceaux remarquables; parmi les plus saillants , nous signalerons dans le premier acte : le chœur d'introduction, l'air du grand-prêtre : Déesse au front paré d'étoiles, le chœur des esclaves, la romance de ténor : Un soir d'été calme et tranquille. Dans le deuxième acte, l'air de Cléopâtre : le Soleil décline; un duo entre Antoine et la reine. Dans le troisième , le chœur des soldats : Le vent gémit, la mer profonde ; la grande scène du désespoir de Cléopâtre. Dans le dernier acte, l'air de la Tcine: Accueil le -moi, dernier asile; le trio syllabique : la Nuit sombre, de son ombre; le duo entre Octavie et Cléopâtre : Trop grande est ton audace ;CQ&n la scène de la mort de Cléopâtre.

Dans cet ouvrage important , comme dans l'opéra de Sardanapale du même auteur (v. ce mot) que nous avons fait connaître, circule abondamment le souffle épique. Ce sont là des œuvres d'un grand mérite et qu'on ne saurait trop encourager ; car elles sont de nature à arrêter cette décadence dont nous suivons la pente depuis quelques années.

COLUMELLA, opéra-bouffe en trois actes , musique de Vincent Fioravanti, représente au Théâtre-Italien de Paris le il avril 1867. (V. //)-î<or«o(/iPadoua.) Dans le premier acte, l'air d'Elise : Bella sorgea la rosa, est assez mélodieux ; l'air bouffe de Columella est long et peu intéressant; l'ottetto final est mouvementé et bien écrit pour les voix. Dans le deuxième acte, l'andante chanté par .■X.urèle est pathétique. Le violoncelle en accompagne

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