ROME
RAHABA, opéra biblique en quatre actes, musique de D.-Fr. de Paula Sancbez, représenté au Liceo, à Barcelone, le 23 mars 1867 Cet ouvrage a été interprété par Mme pascal, MM. Stagno, Bocealini et Vialetti.
RÊVE D'UN ÉCOLIER (le), opéra-comique, paroles de M. Longuet, musique^ de M. Gariboldi, représenté par les élèves de l'Ecole internationale de Saint-Germain-en-Laye le 27 juin 1868.
RHUM ET EAU EN JUILLET , parodie de l'opéra de M. Gounod, en six tableaux, de M. de Jallais, musique de M. E. Déjazct, représentée au théâtre Déjazet dans le mois de juillet 1867. Ce sont les Crapulets et les Monstraigus qui défrayent cette spirituelle fantaisie. Les deux principaux rôles ont été remplis par Legrenay et M^e Boisgontier.
ROBINSON CRUSOÉ , opéra-comique en trois actes et cinq tableaux , paroles de MM. Cormon et Hector Crémieux, musique de M. Jacques Offenbacb, représenté à l'Opéra- Comique le 23 novembre 1867. Les auteurs n'ont pris que quelques noms propres au roman de Daniel Foë. Ils ont imaginé une fable tout à fait invraisemblable. Robinson quitte sa famille pour chercher la fortune, dans l'intention de revenir enrichir ses parents et surtout sa jolie cousine, la jeune Edwige, qu'il aime. Il s'embarque ; il fait naufrage ; il est jeté dans une île déserte; Vendredi est devenu son compagnon et son confident. Là viennent le rejoindre et sa cousine Edwige, et son ami d'enfance ïoby, et la servante Suzanne. Après quelques démêlés avec les cannibales et quelques coups de pistolet, tout ce monde s'embarque pour retourner dans la vieille Angleterre. Les tableaux descriptifs abondent dans cet ouvrage ; mais l'auteur de la Belle Hélène, malgré ses efforts, ne s'est pas élevé au-dessus du médiocre dans ce geni'e. Il a échoué là oii d'autres compositeurs sérieux, convaincus, ont échoué avant lui. Les scènes de mœurs sauvages, la description des beautés de la nature, des forêts vierges, de l'océan , de la nuit sous les tropiques, tout celd a été traité avec supériorité par des maîtres , entre autres par Kreutzer et par Lesueur dans leurs partitions dePaui
et Virginie, et cependant il n'en est rien resté pour le public. C'est la musique du premier acte qui a paru la mieux traitée. Il renferme une jolie ronde, la ronde du dimanche, l'ariette de Suzanne et un bon quatuor. Dans le deuxième acte, on a remarqué le duo entre Robinson et Vendredi, et la chanson bouffonne du Pot-au-feu, et dans le troisième, les couplets : Maître avait dit à Vendredi. Cet ouvrage a été interprété par Montaubry , Sainte-Foy, Ponchard, Crosti , M™e Galli- Marié, Mlles cico et Girard.
ROGER BONTEMPS , Opéra - comique en deux actes, paroles de MM. Clairville et Bernard Lopez, musique de M. Debillemont, représenté aux Fantaisies - Parisiennes le 18 mars 1868.
ROGNEDA, opéra russe, musique deScroff, représenté à Saint-Pétersbourg dans le mois de janvier 1866.
ROMÉO ET JULIETTE , Opéra en cinq actes , paroles de MM. Jules Barbier et Michel Carré, musique de M. Charles Gounod, représenté au Théâtre-Lyrique le 27 avril 1867. Le livret reproduit les principales situations du drame de Shakespeare : le prologue, ou l'exposition du sujet de la pièce, le bal chez Capulet, l'entrevue de Roméo et de Juliette, le rendez-vous, le mariage dans la cellule du frère Laurent, la scène du duel, la condamnation de Roméo à l'exil , la scène nocturne des adieux entre les deux amants, le sommeil léthargique de Juliette, le retour de Roméo et sa mort. Les auteurs ont préféré adopter le dénoûment des opéras de Bellini et de Vaccaj , c'est-à-dire rendre Roméo témoin du réveil de Juliette, plutôt que de terminer la pièce par la ïéconciliation des deux familles sur les cadavres de leurs enfants. C'eût été cependant une scène bien pathétique que celle-là , et l'impression sur le public eiit été plus morale et plus forte que celle qui résulte d'un suicide double et stérile.
C'était d'ailleurs la pensée du drame do Shakespeare.
« Le prince. — Où sont-ils maintenant ces ennemis? Câpulet , Montagne! Approchez!
venez! Voyez si vos haines sont maudites! Voyez comme Dieu châtie ! Il vous frappe
KOMÉ
ROSM
dans vos joies; l'amour venge l'humanité que déshonorent vos vengeances. »
Tel qu'il est cependant, le poëme est disposé avec beaucoup de talent, et les auteurs ont eu le bon goût de conserver, «lorsqu'ils l'ont pu, les expressions mêmes du poète anglais.
Ainsi que nous l'avons déjà dit ailleurs. i'V. les Musiciens célèhres , an. Gounod), «il était digne de l'ambition de M. Gounod de donner un pendant à son Faust, en s'arc-boutant au seul génie qui puisse peut-être entrer en comparaison avec Gœthe. » Toutefois le succès n'a pas complètement couronné son entreprise. L'élément symphoniquc domine trop dans cet opéra, où l'action est aussi animée, où les personnages sont sans cesse agissants. Il y a peut-être aussi plusieurs scènes trop développées et qui produisent un effet contraire à celui qu'espéraient les auteurs; telle est la bénédiction nuptiale donnée aux époux par le frère Laurent. Il y a là des phrases interminables, languissantes et déplacées dans un opéra. Nous ne comprenons pas cette manie qu'a M. Gounod de transporter dans tous ses ouvrages des scènes d'église. S'il croit impressionner les spectateurs par ce moyen, nous pensons qu'il se trompe. Au temps de Shakespeare, on était plus réservé dans l'intervention des actes de la religion. Ils étaient sous-entendus ou se passaient ailleurs que sur la scène.
«Le FRiiRE Laurent. — Allons, allons, jeunes gens, il faut me suivre; ce sera bientôt fait. Sauf votre bon plaisir, vous attendrez, pour })arler d'amour, que notre sainte Eglise vous ait unis à jamais. (Ils sortent.) «
Dans le premier acte, on remarque la chanson de la reine Mab, la valse chantée par Juliette; dans le second, le duo du jardin, où ;.e trouvent des phrases charmantes, entre :iutres la mélodie : Comme un oiseau captif, et le petit chœur des domestiques à )a recherche du page. La première partie du troisième acte est 'très-froide à cause de cette îccène de mariage dont nous avons parlé plus haut, mais la deuxième partie est tout à fait .saillante et une des meilleures que le compositeur ait écrites. La chanson du page : Garflez bien la belle, est jolie; mais c'est surtout la grande scène du duel qui est d'une beauté .ichevée. 11 y a là du mouvement, de la passion, et cet ensemble de mélodie et d'harmonie qui constitue une belle page de musique dramatique. Dans le quatrième acte, la scène sélèbre des adieux a été traitée par M. Gouflod avec un sentiment dramatique presque
exclusif. Ces phrases délicieuses : iVon , ce n'est pas le joui-, ce n'est pas l'alouette, auraient pu être interprétées avec autant de passion, mais avec plus de grâce, d'émotion na'ive , avec moins de dissonances déchirantes, de cris violents. Il s'agit d'une toute jeune fille , d'un premier amour entouré de mystère et de dangers. Les cris , les unissons stridents sont ici hors de propos. Il fallait beaucoup d'art et de nuances dans cette scène. Le compositeur a préféré faire des concessions aux doctrines de la musique de l'avenir, en laissant de coté les exigences du goût et de l'oreille, et en faisant du drame réaliste; nous le regrettons. C'est cependant le dernier morceau saillant de la partition. La scène des tombeaux n'a rien de remarquable, si ce n'est l'instrumentation, qui est riche d'effets et d'intentions ingénieuses. L'opéra de Roméo et Juliette a obtenu un succès que nous trouvons légitime, malgré nos réserves. Les œuvres sérieuses sont trop rares à notre époque pour qu'on leur marchande la sympathie. L'exécution de cet ouvrage a été excellente sous le rapport de l'orchestre et des chœurs. Mme Carvalho a créé le rôle de Juliette avec beaucoup de talent. Plusieurs personnes, dont le goût est difficile, ont trouvé qu'elle avait moins bien compris ce rôle que celui de Marguerite. Michot, malgré le timbre agréable de sa voix, a été un Roméo insuffisant. M'ie Daram, Troy, Barré et Puget ont chanté les autres rôles.
ROSE DES CARPATHES (la), opéra de M. Siegfried Saloman, représenté avec succès à Moscou le 7 janvier 1S68. Le sujet reproduit un épi.sode de l'histoire moldo-valaquo au xvn» siècle.
ROSA, LA ROSE, opérette en un acte, musique de M. Charles Poisot, représentée chez l'auteur le lundi 24 février 1868. La scène se passe dans un domaine des environs d'IIcidelberg, entre un jeune et noble étudiant, le comte Arnold, et une jolie personne qui , par sa grâce et ses conseils , le fait renoncer à une vie un peu dissipée, et fixe en sa faveur ses sentiments. La musique est gracieuse et originale. On y remarque deux airs et un duo fort bien traités. Chanté par Verdellet et M'ie Séveste, ce petit ouvrage a été souvent représenté dans les salons parisiens et particulièrement, avec beaucoup de succès, chez M»"! la marquise de Beaumont,
ROSMUNDA, opéra italien , musique de