‹ Dictionnaire lyriqueChapitre 684 sur 773 · SACR · texte numérisé non relu

SACR

SAEN

M. Gentili, représenté à Rome dans le mois de mars 1867.

ROSMUNDA, opéra italien, musique de M. Gialdini, représenté à la Pergola do Florence en mars 1868.

ROUSSALKA (la) , drame lyrique en doux actes, paroles de M. Bogros, d'après un poëine russe de Pouschkine , musique de Mme la baronne de Maistre. Cette œuvre, dont Ja donnée est poétique et la musique charmante, va être incessamment représentée.

D'ailleurs plusieurs morceaux ont été déjà chantés par nos principaux artistes dans plusieurs auditions; c'est ce qui nous engage à lui donner place ici. La scène se passe en Russie, oii la légende des Roussalkas est restée populaire. Ces Roussalkas sont des willis ou des ondines vengeresse^ de l'amour trompé. Voici le scénario du drame. Au premier acte, on assiste aux apprêts d'une noce près d'un moulin. Iwan est fiancé à Catherine; tout respire la joie. Catherine seule est triste et rêveuse. Elle demande un moment d'entretien à Iwan. La noce entre au moulin. Restée seule avec son fiancé, la pauvre fille lui avoue qH'elle a trahi la foi qu'elle lui avait jurée; qu'elle ne l'aime plus. Iwan est au désespoir, et la quitte. Catherine est aimée d'un jeune soigneur nommé Léo. Elle l'attend; mais, au lieu du bien-aimé, c'est un page qui arrive et lui remet une lettre. A. peine en a-t-elle achevé la lecture qu'elle pousse un cri et s'évanouit. Le page remet sur une table une bourse d'or et se retire. Goswin a entendu le cri de sa fille ; il accourt, suivi de tous les invités. Il trouve l'or sur la table; il maudit Catherine, qui devient folle •de désespoir, et court se jeter dans l'étang. ■Les Roussalkas accueillent cette nouvelle

victime par des chants sympathiques. Ainsi finit le premier acte. Le deuxième nous transporte dans le palais du prince Léo 01ger, au milieu d'une orgie des seigneurs, ses amis. Léo est livré à des remords, et, malgré les plaisanteries de ses camarades, il croit entendre la voix de Catherine et il en est troublé. On part pour la chasse. Dans un deuxième tableau, on est près du moulin; Léo croit voir celle qu'il a séduite ; c'est son apparition qu'il prend pou à peu pour sa personne môme. Il y a là une scène trèspoétique, un peu fantastique, mais d'un bel elTet au théâtre. Il est attiré par les chants de la Roussalka; plus il s'approche d'elle, plus elle s'éloigne. Il avance toujours les mains tendues vers elle ; il entre dans les roseaux et disparaît dans l'eau profonde où il trouve la mort. La musique exprime avec bonheur ces diverses situations. Dans le premier acte, nous signalerons dos chants gracieux et pleins d'entrain; la ballade: Sut' cette 7'ive déserte; la romance de Catherine : Dans cette chaumière obscure , et le duo d' Iwan et do sa fiancée : Quand je vous quitte sans courage. Dans le deuxième acte, le chœur de l'orgie, l'air de la coupe , le chœur de la chasse, un orage , l'air d'Olger : Quelle force inconnue en ces lieux me ramène , la scène de la séduction et le chœur final des Roussalkas :

Vengeance, et qu'ainsi gémissent Les cœurs cruels '.

Cet opéra olTre un mélange de réalité et de fantastique qui , au premier abord, semblait en rendre le sujet difficile au théâtre; mais les scènes sont bien conduites, l'intérêt est soutenu, les airs et les chœurs ont de la couleur et sont en parfaite harmonie avec le poëme. Nous tirons volontiers l'horoscope d'un succès.

SACRIPANT, opéra-comique en deux actes, paroles de M. Philippe Gilles, musique de M. Duprato, représenté aux Fantaisies-Parisiennes le 24 septembre 1SG6. Le compositeur a écrit un assez grand nombre de morceaux, dont plusieurs sont importants, tels -que le finale du premier acte, pour une pièce (le mauvais goiit, sans intérêt et qu'on ne reprendra probablement pas. On a distingué

l'air : Padoue est une grande ville , la ballade du bandit et un chœur d'un bon effet. Chanté par Gourdon, Barnolt, Mme Goby-Fontanel, Mlle Bonelli.

SAENGERS FLUCH (bER) [la Malédiction du éarde], opéra allemand, musique de M. Langert, représenté à Leipzig en mars 18C7. Le sujet du livret a été tiré de la ballade d'Uhland.

Page 1