BARK
étaient, dit-on, d'un effet magique. La musique de Lesueur , composée dans un style qui s'écartait dos idées reçues, eut des admirateurs entliousiastcs et des détracteurs non moins passionnés. On ne peut en méconnaître l'originalité et le caractère grandiose et simple, mais plutôt religieux que dramatique. L'empereur Napoléon I«r passait pour faire ses délices de la lecture des poëmes d'Ossian, cette mystérieuse compilation de Macphcrson. C'est par ce goût singulier do mélancolie rêveuse et de sentiments vagues qu'il appartenait à la fin du xviiie siècle. Oscar, Malvina et Fingal avaient le privilège d'émouvoir sa sensibilité, ce qui explique la protection qu'il accorda à l'ouvrage de Lesueur.
BARKOUF, opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Scribe et Boisseaux, musique de M. Offenbach , représenté à Paris, sur le théâtre de l'Opéra-Comique , le 24 décembre 18C0. Le sujet de Barkouf est tiré d'un conte politique et philosophique de l'abbé Blanchet, qui a publié plusieurs nouvelles ingénieuses. On peut affirmer, sans crainte d'être démenti, que peu d'auteurs eussent osé transporter ce sujet sur les planches et confier le principal rôle à... un bouledogue. Il a fallu l'habileté de Scribe pour venir à bout d'une entreprise aussi étrange. Une des principales difficultés do l'ouvrage a été plus ou moins spirituellement tournée. L'action se passe, en grande partie, dans la coulisse, et le public ne connaît le héros que par ses aboiements. Mais, nous dira-tron, plusieurs chiens fameux ont joué leur personnage dans une foule de pièces, témoin le Juif-Errant, la Bergère des Alpes, le Chien de Montargis : cela est vrai; ils sont nombreux, les drames , les vaudevilles, les féeries, où les collègues de Barkouf firent leurs preuves et obtinrent les bravos du public; mais citez-nous un terre-neuve qui se soit jamais risqué dans un rôle musical ; nommez-nous un bouledogue qui ait osé faire ronfler sa basse à la clarté du gaz, un king-charlcs qui se soit avisé de remplacer le ténor en vogue devant la rampe ? On craignait donc l'émotion inséparable d'un premier début. Aussi, de peur que Barkouf ne perdît la tête, la voix, le ton et la mesure, au premier coup d'archet, on l'a laissé prudemment à l'écart.
Il s'agit d'un chien que le Grand Mogol envoie aux habitants de Lahore, les plus turbulents, les plus séditieux de ses sujets. «Vous n'avez point voulu de votre dernier caïma-