BARK
can, dit le Grand Mogol au peuple de Lahore. Voici un nouveau gouverneur; il a des crocs, il a des griffes , il aboie à merveille et saura bien vous mettre à la raison si le goût lui en prend. Tous les sujets du grand Mogol tremblent d'épouvante à chaque aboiement de Barkouf. Mais une jeune fille nommé Ma'ima apprivoise le dogue , et gouverne à sa place avec jus'tice et bonté. La félicité la plus complète règne dans le royaume de Lahore ; malheureusement Barkouf est tué, et sa mort est pleurée par son peuple reconnaissant.
La musique n'a pas répondu à l'attente des habitués de l'Opéra-Comique. M. Offenbach s'est trouvé plus à l'aise à son petit théâtre des Bouffes-Parisiens qu'à l'Opéra- Comique. Notons toutefois quelques jolis airs, entre autres les couplets :
Ici. Barkouf!
au deuxième acte, et ceux du troisième :
Mais buvez donc... Deux ou trois chœurs ont une facture légère, ingénieuse et pimpante ; mais l'originalité, qui constitue , en définitive, le principal mérite du maestro , ne montre guère plus l'oreille en cette histoire de chien couronné que le chien lui-même. Tandis que la critique, qui a toujours gâté M. Offenbach, se montrait bonne personne envers la partition de 5«r- /tou/", il s'élevait, du sein de la. Bévue des Deux Mondes, un coup de sifflet aigu , jeté par le sévère Scudo. Le même écrivain s'exprimait de la manière suivante dans le deuxième volume de son Année musicale: «Est-il possible d'imaginer une œuvre plus misérable, plus honteuse pour tous ceux qui y ont coopéré et plus indigne d'être représentée devant un public qui a le droit d'être respecté, que Barkouf, chiennerie en trois actes, de l'invention de M. Scribe? Je dis avec intention une chiennerie, car c'est un chien, nommé Barkouf, qui est le héros de la pièce, et la musique de M. Offenbach est digne du sujet qui l'a inspirée. Comment l'administration d'un théâtre subventionné n'a-t-elle pas jugé ce que valait l'ouvrage qu'on avait mis à l'étude et que tous les artistes déclaraient impossible? Je ne serais pas étonné, cependant, qu'il se trouvât un éditeur assez hardi pour faire graver la partition de Barkouf. » Faut-il en vouloir au compositeur qui verse ainsi la folie à Euterpe et l'entraîne aux mauvais lieux, sur les traces d'Erato, ou bien à ce public blasé, ignorant et grossier , qui ne trouve jamais que l'orgie soit assez décolletée, la farce assez grimaçante, l'épilepsio