‹ Dictionnaire lyriqueChapitre 748 sur 773 · FANT · texte numérisé non relu

FANT

FAEUSTLING UND MARGARETH'L, parodie de Faust, paroles et musique de Julius Hopp ; jouée au théâtre de Friedrich-Williemstadt, de Berlin, en mai 1872.

FANTASIO, opéra-comique en trois actes, d'après la comédie d'Alfred de Musset, musique de J. Offenbach, représenté à l'Opéra- Comique le 18 janvier 1872. La réputation littéraire d'Alfred de Musset, le succès^de quelques-unes de ses pièces ont fait croire qu'on pourrait transporter au théâtre les scènes dialoguées que son imagination capricieuse lui avait dictées ; les essais tentés au Théâtre-Français et à l'Odéon n'ont pas réussi ; celui qu'on a renouvelé à l'Opéra- Comique a également échoué. On oublie trop souvent que, dans un ouvrage musical en trois actes, il faut autre chose que du marivaudage, que quelques mots spirituels ne suffisent pas ; or, il n'y a dans le Fantasio d'Alfped de Musset ni grâce ni sentiment. Ses personnages ne vivent pas, fort heureusement d'ailleurs. Leurs actions sont absurdes, leur langage cynique, leur cœur absent ; ce sont des marionnettes de mauvaise compagnie. Il faut convenir, cependant, que la musique de M. Offeubach les a encore abaissées d'un degré. Je ne connais rien, dans le répertoire de rOpéra-Comique, de moins digne d'une scène lyrique que cette partition. Les idées sont plus plates, plus écourtées, l'harmonie plus pauvre que dans les comédies mêlées d'ariettes des Gresnick et des Devienne. Dezède et Gaveaux, qu'on traitait sans cérémonie de leur temps, étaient des musiciens pleins d'invention et de sentiment, si on les compare à M. Offenbach; l'ouverture est d'un style si haché menu, qu'on l'a appelée Introduction ; mais, avec ce titre, elle est trop longue. Les couplets de l'étudiant Spark, avec imitation des cloches par le chœur, n'offrent rien d'original ; si le musicien avait le talent que les gens qu'il amuse lui accordent, n'aurait-il pas trouvé une occasion de le montrer dans la ballade à la lune ?

Voyez dans la nuit brune.

Sur le clocher jauni

La lune Comme un point sur un i.

Aa lieu de Fantasio, chantant une mélodie

humoristique et poétiquement bizarre, on croirait entendre Patachon, dans les Deux aveugles, ou Trombalcazar. La romance d'Elsbeth :

Pourquoi ne puis-je voir sans plaisir et sans peine Les baisers du zéphyr trembler sur la fontaine, Et l'ombre des tilleuls passer sur mes bras nusî Hier j'étais une enfant et je ne le suis plus,

a été mieux traitée. Mais il aurait fallu une autre muse que celle de l'auteur de la Belle Hélène pour exprimer le second couplet, bien préférable au premier :

L'eau, la terre et les rents, tout s'emplit d'harmonie ; Un jeune rossignol chante au fond de mon cœur; J'entends sous les roseaux murmurer les génies; Tout me parle d'amour, d'ivresse et de bonheur!

Le duo entre Elsbeth et Fantasio est une toute petite valse, tout au plus digne du Mariage aux lanternes. Il y a un morceau qui vaut le texte du livret ; c'est le chœur des pénitents :

O saint Jean! ta joyeuse face A fait sa dernière grimnce.

Toi qui chantais, toi qui raillais.

Grand Docteur en plaisanterie.

Ici le parolier et le musicien sont d'accord ; appeler un bouffon saint Jean, c'est dépasser les bornes de la raillerie. Le duo de Marinoni et du prince : Je médite un projet d'importance, écrit avec des répétitions burlesques qui rappellent le roi barbu qui s'avance, bu qui s'avance, aurait réussi sans doute aux Variétés. Le chœur des étudiants :

Tout bruit cesse Le jour fuit Dans le calme de la nuit,

est le morceau le mieux traité de l'ouvrage, musicalement parlant. Je passe sur la chanson des fous qui n'a ni brio ni élégance. Le deuxième acte est encore plus faible que le précédent ; à peine peut-on citer une assez mauvaise romance, chantée par le prince : Je ne serai donc jamais aimé pour moi-même; et les couplets de Fantasio : C'est le nouveau bouffon du rot. Dans le troisième acte, la mélodie de la romance d'Elsbeih : Psyché, pauvre imprudente, montre que le musicien fait rentrer dans des moules mélodiques qui lui sont familiers les strophes quelconques de son livret. Quel rapport a cet air à trois

FARC

temps avec la forme de la strophe formée de vers de six syllabes et de deux syllabes :

Psyché, pauvre impruilente,

Voici Que ton désir me tente

Aussi ; Pourtant j'étais heureuse;

Pouri|uoi Suis je aussi curieuse

Que toi ?

I,e duo qui suit entre Fantasio et Elsbeth, et dans lequel revient cette phrase banale sur un temps de valse, que nous avons entendue au premier acte : Regarde-toi, la jeune fille, me remet en mémoire cette situation analogue dans l'opéra de Grétry^, oii Azor redoute l'effet de sa laideur sur le cœur de Zémiro:

Du moment (>uV>d ^me I

On devient si doux, i

Et je suis inoi-HiÈme , Plus tremblant que TOUS.

Que de chemin parcouru dans le sens de l'idéal au rebours, de la laideur morale, depuis ce temps ! Cet opéra se termine par la répétition de la ronde des fous : j

Le sort des fous est agréable.

Le sort des fous est trop heureux !

Trop heureux, en effet, depuis plus de vingt 1 ans que le fils du chanti-e de la synagogue de Cologne agite sa marotte et lait pleuvoir les écus dans l'escarcelle des directeurs de Bpectacle! 'Ce -n'est pas que Fantasio ait eu du succès à rOpéra-Comique, mais il n'y a pas d'échec ponr M. Offenbaeh ; les représentations d'un de ses ouvrages à ce théàu-e ont indirectement corroboré le genre de l'apéra burlesque qu'il a inst.illé, et l'ont fait prendre au sérieux, dans le public léger et frivole qui n'y regarde pas de si près. Le rôle du bouffon a été joué par Mme Galli-Marié; celui d'Elsbeth, par MUe Priola; les autres par Ismaël, Potel, Melchisédech et MUe Moisset.

FARCE DE MAÎTRE VILLON '(la'), tjpéra-

comique en un acte, musique de M. Th. de LajaTte, représenté au théâtre de l'Athénée le 31 décembre 1872. On aurait pu tirer on meilleur parti de la vie accidentée du rimeur, et faire une farce plus spirituelle et moins lugubre que celle qui consis-te à laisser arracher sept dents à un ctnsimer par un charlatan, pour Ini faire payer le dîner de l'auteur de la Ballade des dames du temps jaâi^. Si la pièce n'a pas été goûtée, on a remarqué la musique vive et gracieuse que M. de Lajarte a écrite pour elle.

FÊTE

FATIMA, opéra italien, musique d'Impollomcni; représenté à Palerme, au théâtre Garibaldi, en février 1872.

FAUST, drame musical allemand, musique de M. F. de Roda, exécuté par l'Académie de chant et les orchestres de Rostock et de Sehwerin emnars 1-872.

FAVORTTO (il.), opéra italien, musiqofi de Carlo Pedrotti, représenté au Ihéàtre-Rûval de Turin en mars 1S70; cet ouvrage a été bien accueilli. Les principaux rôles ont été interprétés par Carpi, -Cotogni et M"»e T«resiTia Stolz.

^ERAMORS ILalla-ilay-kh), opéara aUi>mand en trois acte», musique de M. Antoine Rubinstjein , représenté à Vienne le 24 avril ^72. Gel ouvrage n'eut aucun succè-s. L'auteur est im excelient luusicicn -et un virtuose de premier ordre. Ses teudaïuies sont celles de la nouvelle école allemajade, si toutefois il existe une nouvelle école aliemande. Usnrait possible qiue cette qualificatioH servît 1 diasijnular l'absence du géaie et de l'inspiration.

FÊTE DES ARTS (Li), intermède musical, paroles de :Méry, musique d'AdolpTie Adam, représenté à l'Opcra-Comique le 16 norembre 1852. Chanté par Bataille, Mmes Ulgaldc, Lcfebvre.

FÊTE DI PIEUIGROTTA (t.a), ©péra-00-

mique en trois actes, musique de Louis Ricei, représenté au théâtre de l'Athénée le 83 décembre 1869. C'est -un invljroglio qui avait déjà été joué a Naples il y a quelqnes années, et dont l'analyse n'offre pas d'intérêt. Il y est ques-tion de deux «oldats amoureux de deux jeunes filles, de deux voisins des jeunes filles et de leurs femmes. Tons -ces couples, après Ijien des rivalrtés, des -péiripéties et des aventures, finissent patr daiuper ime tarentelle entraînante. La moiBiqDe do M. Ricci a suffi pour animer cette intrigue banale; «ette -musiqtie a beaucoup de grâce et d'entrain; toujours mélodieuse, «ce nique, bien éoi-ite pour les vx)ix, elle charme l'oreille et amose l'esprrt. Je signalerai au premier acte une sérénade ;uu deuxième, qui est le meilleur, la chanson bachique et le chœur ;uB air bouffe : Amour, patron des soêlérats, et un quinque pour vôix de femmes, qui est une trouvaille-; au troisième acte, la tarentelle finale. Cet ouvrage a été chanté par Aubéry, Justin Née, Soto, Barnolt, Davou-st, Mlles Singelée, Ceronetti, Lyonnel. Biarini et Mme Decroix.

FIAIN^

FÊTE DES LANTERNES (la), Opéra-comiquc, musique de iL Talexy, représenté au théâtre des Folies- Mari gny le 2 octobre • 1872.

FIANCÉE DE CORINTHE (la), Opéra en un acte, paroles de M. Camille du Locle, musique de M.J.Duprato, représenté à l'Opéra le 21 octobre 1867.

La ballade de Gœthe est devenue l'œuvre lyrique fort distinguée qui a traversé trop rapidement la scène de l'Opéra. Polus, pêcheur du golfe de Corinthe, avait deux filles, dont la ressemblance était si extraordinaire qu'on les prenait aisément l'une pour l'autre. I)aphné, fiancée à Lysis, a trouvé la mort accidentellement dans les flots pendant une absence de son amant. Chloris, sa sœur, qui ressent une passion fatale pour Lysis, use de plusieurs stratagèmes pour lui laisser ignorer, à son retour, la perte de sa bien-aimée. Elle obtient de son père qu'il gardera aussi le silence sur cet événement. Lysis, qui est revenu àla chute du jour, prend Chloris pour Daphné , et lui témoigne sa joie et sa tendresse. A peine Polus et sa fille ont-ils disparu, que Lysis interroge son cœur, et s'étonne de ne plus ressentir auprès de soa amante le même charme qu'autrefois. Il s'endort et, pendant son sommeil, l'ombre ôe Daphné lui apparaît. Ce n'est pas une ombre, mais un personnage fantastique qui agit, parle, marche et même boit comme un être vivant. Cette licence dans le régime des ombres a nui beaucoup à l'efîet du poëme. Daphné révèle à Lysis la jalousie de sa sœur, et lui fait jurer de préférer la mort à l'infidélité. Daphné s'éloigne ; Lysis se rendort. Le jour paraît; le chœur chante une aubade :

Eh quoi ! l'amoareux fiancé Est encore là, paupières closes ?

Quand pour lui nous avons tressé, £d gais iiistoiis, myrtes et roses.

Lysis se réveille, Polus et Chloris se présentent. Celle-ci fait connaître, en vKue fille de Corinthe {sU venia verbo), les secrets do son cœur :

Lysis... je t'ai trompé !... la triste Daphné dort Au sein des flots amers, dans les bras de la mort. Je suis Chloris ! la volonté suprême M'a donné de ma sœur Le visage... et le cœur!

Viens et sois mon époui... je t'aime!...

Lysis se rappelle son serment, qu'un chœur invisible l'invite à tenir. Il invoque Daphné et meurt , ïâmplement parce qu'il désire aller

FILL

la rejoindre , sans que l'auteur du poëme ait i daigné recourir à la moindre fleur de mancenilier, comme dans l'Africaine, ou à un des mille moyens usités en pareille circonstance. Il me semble qu'on aurait pu tirer de ce sujet un très-beau poëme d'opéra, en développant ' davantage Icsépisodes, en caractérisant plus profondément les personnages, et en ayant soin d'atténuer ce que la donnée offre de blessant et de trop corinthien.

Non cuivis lamini coniingU adiré Corinthum.

Le public de l'Opéra ne tolère pas encore cette crudité dans la passion, heureusement pour les destinées du goût français. La partition que M. Dupi'ato a écrite sur ce livret est, comme je l'ai dit, une œuvre de beaucoup de mérite et je regrette qu'elle ait été entraînée par la chute de la pièce ; car, as- ; sûrement, un succès aurait proba'olement engagé le compositeur dans une voie plus conforme à ce qui fait le fond de son talent élégant, poétique, fin et distingué, que celle des opérettes et des bouffonneries oii il s'est laissé tomber, et d'où il ne s'empresse pas de sortir.

Je citerai les stances de Chloris : Tu ne reverras plus ta belle et jeune amante ; le chœur des matelots, à cinq temps, ne répond pas à l'effet que l'auteur attendait de l'emploi de cette mesure bizarre. Le trio : O délices, et tout le finale olTrent des passages pleins de charme «t d'une harmonie pénétrante. Cet ouvrage a été chanté par David, Mlles R. Bloch et Mauduit.

FIERA (la), melodramtna giocoso en trois actes, musique de Delfico; représenté à Naples, au théâtre Mercadante,en août 1872. On a remarqué de jolies mélodies dans cet ouvrage.

FIESCHI, opéra-séria, livret de Giannini, musique de Montuoro; représenté au théitre de la Scala, à Milan, le 2o mars 18G9. Cet ouvrage eut la destinée qno méritait nn tel titre. Il n'était pas trop extraordinaire, d'ailleurs, de voir mettre sur la scène l'auteur de la machine infernale, dans un pays où les assassins du comte Rossi et les Milano sont l'objet des éloges populaires, et qui nous a gratifié des bombes Orsini.

FIGLI DEI BORGIA (i), opéra-sôria, livret de Barattani, musique de Strigelli; représenté au théâtre de la Scala, de Alilan, le 89 septembre 1860. Succès médiocre.

FILLE DU GOLFE (LA.), opéra-comique «n un acte, paroles de M. Charles Nnitter, mu-

FINT

sique rtc M. Léo Delibes, publié dans le Magasin des Demoiselles en 1852.

FILLE DE MADAME ANGOT (la), Opérabouffe, paroles de MM. Clairville, Siraudin et Koning, musique de M.Ch.Lecocq; joué au théâtre des Fantaisies-Parisiennes, à Bruxelles, en novembre 1872. La pièce est très-amusante. La fille de Mme Angot, Clairette, est une jolie fleuriste que les dames de la halle ont prise sous leur protection et veulent marier à un perruquier, le sieur Pomponnet ; mais Clairette aime le chansonnier Ange Pitou; celui-ci, fort inconstant, sacrifie son amie aux beaux yeux de M'ie Lange, la célèbre comédienne ; Clairette, après toutes sortes de péripéties , après s'être même fait mettre en prison pour avoir chanté une chanson satirique de son amant, se console de son infidélité en accordant sa main à Pomponnet. La musique de cet ouvrage est agréable, facilement écrite et e.xpressive. Le public a fait bon accueil aux couplets sur Mme Angot: Très-jolie, peu polie, au choeur des conspirateurs : Quand on conspire, la valse : Tournez, tournez, et la scène finale du troisième acte, dont ce qu'on appelle le catéchisme poissard a fait les principaux frais. Cet opérabouffe a été chanté par Widmer, Jolly, Mlles Desclauzas, Luigini, Mme Delorme. La fille de J/me Angot a obtenu depuis un immense succès à Paris.

FINGAL, opéra, musique de M. Edmond Membrée, joué au Théâtre -Italien en 1861.

FINTO STANISLAO (il), mélodrame bouffe en deux actes, livret de Felice Romani, musique de M. G. Verdi, représenté à Milan vers 1841. Cet ouvrage venait de subir une chute complète sous le titre de Un giorno di regno (v. ce nom) ; c'était le second opéra représenté du compositeur. Il Finto Stanislao doit donc prendre place entre Oberto, Conte di San-Bonifazio et Nabuchodonosor, quoique la partition ait subi des modifications importantes. Le genre de l'opéra-bouffe ne convenait nullement au tempérament de M. Verdi, qui n"apas le rire facile et qui, parmi les dons qu'il a reçus du ciel, ne compte pas celui de la verve spirituelle et finement railleuse dont les compositeurs napolitains ont tant usé avant et après Cimarosa. Le duetiino : Tesoriere garbatissimo est presque absolument mauvais; la cavatine : Compagnoni di Parigi offre un andante agréable dont l'accompagnement est bien rhythmé; leduetto enu< : Proverô che degnoio sono del favor, etc., est très-

Page 1