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veuve, dont le jeune homme est épris, se laisse persuader au bord de cette fontaine, et le fermier fait son profit de cette source devenue une station thermale. La musique est fort agréable et abonde en motifs ingénieux, habilement accompagnés. Je citerai de préférence l'ouverture, dont le caractère est bien approprié au sujet de la pièce , le quatuor de la fontaine et l'air du docteur. L'idée de faire jouer le rôle de Lysidas par un mezzo-soprano travesti n'a pas été heureuse. Cet ouvrage a été chanté par MM. Couderc, Ponchard, Potel, Thierry, Mlles Belia et Moisset.

FOSCA, opéra italien, musique de Gomès ; représenté au théâtre de laScala, à Milan, en 1872. •

FRANCESCA Dl RIMINI, opéra italien, musique de Mercadante ; représenté sur les théâtres d'Italie en 1828, et à Madrid en 1829, avec quelque succès.

FRANCESCA DI RIMINI , Opéra italien, musique de M. Marcarini; représenté au théâtre Carcano, de Milan, en décembre

FRANCO BERSAGLIERE (il), opéra italien, musique de M. Antonietti ; représenté en Russie, au théâtre de Taganrog, en janvier

FUMEURS D'OPIUM (les). Opérette, paroles et musique de M. Oscar Stoumon ; jouée à Bruxelles en 1S69.

GABRIELLE DE VERGY, opérette-bouffe, paroles de MM. Blondeau et Monréal, musique deM.Demarquette, représentée au théâtre des Folies-Marigny le il novembre 1871. C'est encore là une parodie d'une légende poétique, dramatique et touchante. Le public qui fréquente ce théâtre et se gaudit de ce genre de pièces a applaudi le duo entre la dame de Fayel et le troubadour, ainsi que la marche des chevaliers.

GANDOLFO, Opérette en un acte, paroles de MM. Chivot etDuru, musique de M. Charles Lecocq, représentée aux Bouffes- Parisiens en janvier 1869. Le livret a été tiré d'un conte de Boccace. La nature de l'intrigue, le choix des personnages donnent à ce petit ouvrage un caractère archaïque qui ne manque pas d'intérêt, et idéalise un peu ce que la donnée du scénario offre de trop hardi. Angela, épouse du vieux juge Gandolfo, se pique de se montrer plus habile qu'une certaine femme qui s'est laissé surprendre avec son amant par le juge, son mari. Elle est courtisée elle-même par deux amants, Stenio et le capitan Sabrino-Sabrinardini ; Gandolfo intervient inopinément au milieu de ce trio; Angela s'y prend de telle sorte que Gandolfo complète le quatuor en invitant ces messieurs à souper; le juge prend même le jeune Stenio à son service, comme secrétaire. La musique de M. Charles Lecocq est jolie, animée, correcte, et toujours en rapport avec les situations. Ce compositeur paraît doué de beau-

coup de facilité pour ce genre d'ouvrages. J'ai remarqué la sérénade chantée par Stenio ; l'air du matamore : C'est moi qui suis l'Invincible; et un brindisi plein de verve. Jouéo par Désiré, Lanjallais, Mlles Périer, Bonelli, Breton.

GARÇON DE CABINET, opérette en un acte, paroles de M. de Najac, musique de M. Talexy, représenté aux Folies-Marigny en mai 1872.

GELMINA, opéra italien, livret de Rizelli, musique du prince J. Poniatowski ; représenté au théâtre de Covent-Garden, à Londres, en 1872. Cet ouvrage a été écrit par le maître pour Mme Patti, qui l'a interprété avec succès, en compagnie de Naudin, Cotogni, Bagagiolo et Tagliafico.

GILDA, opéra italien, musique de Salomé; représenté sur le théâtre Mercadante, à Naples, en janvier 1872.

GIOVANNA GREY, Opéra italien, musique de M. Mack, représenté à Calcutta en mai 1872. ^

GRANDUCA DI GEROLSTEIN (il). Opéra italien, musique de Bernard! ; représenté au Teatro-Milanese et au petit théâtre des Giardini-Pubblici, en I87i et 1872.

GROSSFÙRSTINN (die) [la Grande-duchesse], opéra allemand en quatre actes, li-

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IIELO

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vret de Mme pfciffer, représenté à Berlin le 19 novembre 1850.

GUARANI (il), opéra en quatre actes, musique de M. Carlos Gomcs, représenté au théâtre de la Scala de Milan le lO mars 1870. Le sujet a été tiré de l'histoire du Brésil, patrie du compositeur, alors que les Portugais l'occupèrent en 1560. Des aventuriers espagnols entourent de leurs pièges un noble portugais, à qui ils veulent enlever ses trésors et sa fille. Un chef indien, de la tribu des Guaranis, protège cette famille et finit par triompher de ces flibustiers. Quoiqu'on ait signalé dans cet opéra des réminiscences des ouvrages de M. Verdi, de Mcycrbecr, de Weber même, on a distingué divers morceaux qui ont fait concevoir des espérances pour l'avenir du jeune compositeur brésilien.

M. Gomès a d'ailleurs fait de bonnes études au Conservatoire de Milan. On peut citer une ballade, un A ve Maria, deux duos et des airs de ballet. // Guarani a été très-bien interprété par le baryton Maurel et Mme Marie Sass; Villani a chanté le rôle du ténor. On a donné des représentations do cet ouvrage à Rome. Il a été joué au théâtre de Covent- Garden, à Londres, le 13 juillet 1872, par Faure , Nicolini , Gotogni , Bagagiola et Mlle Scssi.

GUDRDN, opéra allemand, musique de M. Reissmann, représenté à Leipzig en octobre 1871. ^

GUSTAVO WASA, opéra italien, musique de M. ApoUoni, représenté au Théâtre Communale de Trieste en décembre 1872.

HAMADRYADEN (dkn) [les Hamadryades], opéra-comique allemand en deux actes, musique d'Adolphe Adam, représenté à Berlin

en 1839.

HAMLET, opéra, musique de M. Aristide Hignard. Cet ouvrage n'a pas été représenté, mais la partition a cependant été gravée.

HAROLD, LE DERNIER ROI SAXON, opéra

allemand, musique de Gustave Dullo; représenté à Kœnigsbei'g le 2 décembre 1872.

HÉLOÏSE ET ABAILARD, opéra-comique en trois actes, livret de MM. Clairville et William Busnach, musique de M. Henri LitolfT; représenté au théâtre des Folies-Dramatiques le 19 octobre 1872. Cette pièce a partagé avec celle de la Timbale d'argent les faveurs du public, pendant presque toute l'année ; succès qui s'explique naturellement par la grossièreté des situations, les équivoques nombreuses, la profanation de l'habit monastique, la moquerie et la dérision des choses respectables; depuis que les auteurs recherchent avant tout le succès d'argent, en sacrifiant au public tout scrupule de goût et de conscience, la littérature et l'art musical ne nous offrent plus que des oeuvres d'autant mieux récompensées qu'elles sont entachées de plus de bassesse et de lâcheté ; Sic itur ad inia. Les auteurs ont forgé un conte indécent et d'une grossièreté outrée, môme pour un théâtre ambulant de queues-rouges,

et ils lui ont donné le titre d'HéloUe et Abailard. Le chanoiijo Fulbert est un propriétaire dont le locataire, un barbier, lui doit plusieurs termes. Il propose à la femme de ce dernier l'adultère, en échange d'une quittance de loyer. Il affecte des habitudes d'austérité ei se livre en secret, c'est-à-dire devant le public, à des festins succulents. Il passe pour un savant, et c'est sa nièce Héloïse qui lui fabrique ses thèses. Il convoite la fortune de sa nièce, et c'est pour se l'attribuer qu'il forme le projet de traiter Abailard comme on sait. Héloïse, de son côté, est un bas bleu qui s'amourache de son professeur, se fait enlever par lui ; mais .^bailard est jeté en prison. Un certain amoureux de la perruquière est saisi, au lieu d'Abailard, par les hommes qu'a apostés le chanoine. Mais, en somme, Abailard est sorti de prison sain et sauf; les calculs de Fulbert sont déjoués et cette stupide pièce n'a pu môme être acceptable qu'à la condition de mentir à son titre et d'être réduite à une étiquette : Héloïse et Abailard. Scribe avait déjà essayé de faire un vaudeville sur ce sujet scabreux. Il n'eut aucun succès. On ne parviendra jamais à faire un bon ouvrage dramatique avec ce titre : Abailard. Ce personnage no sera jamais un héros intéressant. Sa mésaventure donnera toujours lieu à des plaisanteries de mauvais goiit, sans doute, mais inévitables.

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C'est dans la nature des choses ; tout au plus pourrait-on s'intéresser à Héloisc. En somme, Abailai-d était un tel esprit et un pauvre caractère. Ilétait plus rhéteur que théologien, plutôt poëte que savant. J'ai publié de lui, dans mes Carmina e poetis chrisiianis excerpta, des vers charmants. Il y a cependant un moment où cette figure singulière mérite une certaine sympathie ; c'est lorsqu'elle se profile sur les murailles du monastère de Cluny et qu'elle e.'icite une grande commisération. C'est lorsque, revenu de ses erreurs, affaibli par les souffrances, ce vieil athlète, dompté et soumis, est venu se jeter dans les bras de son arai fidèler le savant et pieux Odon, poëte aussi, qui le console et le ramène tout doucement au port après les orages de la vie. Si Héloïse avait pu vivre sur la scène, Paër n'aurait pas manqué de faire représenter son Eioisa.ed Abelardo, dont il ne reste qu'une cantate: Se in qitesie piage amené, qui a été chantée avec succès dans les salons pendant le premier Empire. Un compositeur a partagé avec les deux auteurs du livret le triste honneur ou plutôt l'excès d'indignité de ce succès populaire. Ce compositeur est un musicien allemand de beaucoup de talent. Sous l'Empire, la presse française lui a prodigué son encens et a contribué à sa gloire ; pendant l'occupation de plusieurs de nos départements par ses compatriotes, aurait-on dii accueillir son œuvre sur une scène française et la couvrir d'applaudis- .sements? Il est bien probable que le sujet de la pièce, flattant les préjugés de la foule, a ■énervé la fibre nationale. Il est aussi assez

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