acte, paroles de M. Ch. Narrey, musique de
M. Albert Vizentini; représentée aux Bouffes
Parisiens le 28 octobre 1869. On a remarqué
[ l'ouverture et les couplets : Gare à vous, mon
\ mari, d'une facture facile et soignée dans
j les détails. Jouée par Lanjallais, Lécuyer,
Mlles Pradal et Cellini,
NAIN (le), opérette, paroles de M. Tréfeu, musique de M. Emile Et tling -, jouée à laTertulia,en novembre 1872.
NOÉ, opéra, livret de M. de Saint-Georges, musique de Fr. Halévy, ouvrage posthume et inédit j. la partition a été achevée par M. Bizet.
NORMANNl A SALERNO (i), opera-mélodrame italien en quatre actes, musique de Marzano; représenté à Salerne, en juillet
NOTTE DEl. NATALE (la) [kt Nuit de Noël], opéra italien, musique de Poîitoglio, représenté à Bergame, au théâtre Riccardi, en septembre 1872.
nouvEi; ALADIN (lk), opéra-bouffe, livret de M. Thompson, musique de M. Hervé; représenté au théâtre des Folies-Nouvelles en décembre I87i. Une fille du taïcoun du Japon, nommée Veloutine, son amoureux Kokeliko, changé en singe, un Aladin,. commis chez un marchand de jouets, c'est assez dire pour indiquer à quel genre appartient, cette pièce imaginée par nn Anglais; l'opérette burlesque internationale existe donc? C'est un progrès .... Là pabiic cosmopolite qui se
déleete de ces sortes d'ouvrages a applaudi à la romance des Eamietons et de la Pervenche, à une romance: Sous unsoleil brûlant, etk la Ballade de la lune. Joué par Dailly, Marcel, Mlles Berthal et Claudia.
NOZZE Dl MICHELINA (le) , opéra-comique italien, musique de Mariani-Montaubry, représenté à Turin, au théâtre Gerbino, le 19
août 1872.
NOZZE PER ASTUZIE (le), opéra italien, musique de M. Panizza, représenté à Calcutta eu mai is72.
NDlT DO 15 OCTOBRE (la), opérette militaire en un acte, paroles de M.M. Leterrier et Vanloo, musique de Jacoby ; représentée aux Boufîes-Parisiens le 15 octobre 1869. Il y est question d'une jeime fille assassinée, d'une malle enterrée, des récits ineongruïs d'un brosseur, dont les couplets ont paru divertir un auditoire bien digne de se complaire à de telles excentricités.
NUITS DE FLORENCE (les), opéra-comique en trois actes, musique de Ferdinand Lavainne ; représenté au Grand-Théâtre de Lille, en février iSîî, avec un succès local très-«ccent«é..
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OLEMALA SCHIAVA, opéra-séria italien en quatre actes, musique de Carlo Pedrotti; représenté à Modène le 5 mai 1872.
OLIMPIADE, opéra italien, livret de Métastase, musique de Cimarosa, représenté àNaples en 1784 (voyez page 493). M. Gevaert a publié dans les Gloires de l'Italie un rondo tiré de cet ouvrage : Nel lasciarti, o prence amato,
OMBRE {!.'), opéra-comique en trois actes, livret de M. de Saint -Georges, musique de M. de Flottow ; représenté à rOpcra-Comique le 7 juillet 1870. Cet ouvrage est certainement l'un des plus distingués qu'on ait écrits dans ces dernières années; son succès a été interrompu par la guerre et on ne peut douter qu'il ne devienne un digne pendant de Martha. Le livret est très-dramatique et intéressant. Quoique le cadre dans lequel M. de Saint-Georges a placé l'action soit bien dédoré par l'usage, puisqu'il s'agit des éternelles dragonnades, les détails sont poétiques , charmants et émouvants. Voici d'abord la donnée de la pièce : Le comte de Rollecourt, officier sous le commandement du maréchal de Villars, avait désobéi à ses chefs en sauvant une famille de protestants qu'on allait massacrer; on l'avait condamné à mort pour ce fait. Une jeune fille, élevée dans le château de Rollecourt, qui, à l'insu du comte, avait conçu pour lui un amour ardent, le voit tomber sous les balles des soldats; nul doute, son maître est mort ; mais le comte a été sauvé par le capitaine chargé de l'exécution; son amitié a inspiré à celui-ci l'idée d'un stratagème qu'on découvre et qu'il va payer de sa vie. Le comte s'est réfugié dans un village; il est le locataire de Mme Abeille, veuve et riche ; il se fait passer pour un artisan, sculpteur en bois, et prend le nom de Fabrice ; la fermière ne le regarde pas avec indifférence; le médecin du village, Antoine Mirouet, s'est lié avec le jeune sculpteur,; tout ce monde se prépare à fêter la Saint-Fabrice, lorsqu'une jeune fille se présente à la ferme ; elle est épuisée de fatigue, et sous l'impression des
scènes de violence dont elle vient d'être témoin ; elle demande à remplacer la servante du -sculpteur, qui l'a quitté depuis quelques jours. Fabrice l'accepte; mais, en le voyant, Jeanne reste stupéfaite, et ne peut détacher ses regards de cet homme qui a tous les traits de son maître qu'elle a vu fusiller; Mme Abeille voit dans cette pauvre fille une rivale et conçoit de l'aversion pour elle ; Fabrice se laisse fasciner à son tour par la beauté de Jeanne et dépose un baiser sur son front; la jeune fille prend la résolution de fuir de cette maison ; Fabrice entend un cri ; il se précipite dans la chambre de sa servante; M'ue Abeille, qui épie tous ses mouvements, voit ce scandale. Ainsi finit le premier acte. Jeanne est en butte aux mauvais propos dans le village ; elle est chassée de l'église et va quitter le pays, lorsque Fabrice fait connaître son innocence. Après son entretien avec lui, Jeanne était sortie par un brouillard épais et prenait la direction d'un précipice où elle allait trouver la mort ; Fabrice avait couru après elle et l'avait ramenée évanouie dans ses bras. Le bon docteur Mirouet, touché de ce récit,offre de faire un sort à la pauvre fille en l'épousant. Mme Abeille reçoit ensuite les confidences de Jeanne, qui lui raconte la passion insensée et secrète qu'elle a conçue pour son jeune maître, et les sentiments qui l'animent en présence d'un autre luimême dont elle ne peut s'expliquerla si parfaite ressemblance. Fabrice a entendu cette conversation, et, loin de détromper Jeanne, il l'entretient dans la pensée que cette ressemblance est purement imaginaire. Mais voici que le docteur apporte une nouvelle dont il tient le récit d'un colporteur ; c'est le fait que nous avons raconté plus haut, relativement au simulacre d'exécution du comte. Il ajoute que si le comte ne vient pas se livrer lui-même, son ami, qui a trahi son devoir, sera fusillé à sa place. Rollecourt n'hésite pas; profitant de la nuit, il revêt son uniforme et se dispose à partir. Un rayon de lune le trahit aux yeux de Jeanne, qui le retrouve tel qu'elle l'a connu. Elle se jette à ses genoux, lui avoue sa tendresse, le conjure de rester. Le devoir impérieux de l'honneur
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l'emporte dans le cœur de Rollecourt, qui quitte Jeanne en la laissant évanouie. Au troisième acte, il a repassé encore la frontière ; car l'action se passe plutôt sur les confins de la Savoie que dans les Cévennes, qui en sont trop éloignées pour la vraisemblance du drame. Il y aeu là une assez grave distraction géographique chez l'auteur dramatique. Rollecourt a obtenu un sursis de vingt- quatre heures et veut en profiter pour épouser l'orpheline, et lui laisser son nom et sa fortune. Jeanne s'abandonne à toute l'illusion de son bonheur ; elle se laisse parer pour la cérémonie, elle reçoit l'anneau nuptial ; le mariage est célébré. Mais le secret fatal lui est révélé. Le comte, cette fois, va la quitter pour toujours. On comprend toute cette scène de larmes, de prières, de résistance. Pour abréger et finir, le docteur Mirouet apporte la nouvelle de la grâce accordée par le maréchal de Villars aux deux officiers. En glissant sur divers détails peu vraisemblables, sur les deux départs de Rollecourt, qui amènent deux scènes analogues, sur le mariage si prompt du comte avec une pauvre servante, on peut trouver ce livret très-favorable à l'œuvre musicale, à cause des situations pathétiques et originales qu'il présente, et du caractère bien marqué de chacun des quatre personnages mis en scène ; car, de même que dans l'Eclair, il n'y a dans l'Ombre que quatre voix, sans mélange de chœurs. Soutenir l'intérêt pendant trois actes avec si peu de ressources semblait une tâche difficile. Les auteurs s'en sont acquittés avec honneur et succès ; tant il est vrai qu'une œuvre où l'inspiration, le goût, le véritable talent en un mot préside, peut se passer de toutes ces complications dont on a surchargé les plus modestes opéras-comiques. Quel luxe indigent dans la plupart! Ici, au contraire, la simplicité, et néanmoins un grand eflet ! La partition est une digne émule de celle de Martha. L'inspiration y est moins abondante ; il y a plus de recherche et d'effort ; néanmoins, tout y est traité avec goût et distinction. Le travail harmonique laisse, à mon avis, quelque chose à désirer ; on trouve des modulations éloignées d'un fâcheux effet, surtout dans l'ouverture. Lorsque M. de Flotow veut être savant musicien, il s'égare; quand il se contente d'écrire sous la dictée de son inspiration, il exprime avec beaucoup de naturel le sens dramatique, et l'expression mélodique est à la fois juste et agréable. L'ouverture débute par un larghetto pathétique et doux ; l'allégro
qui suit est formé en partie du motif des couplets du docteur : Quand je monte Cocotte. La transposition dans plusieurs tons de ce motif gracieux, qui doit son succès à sa parfaite adaptation aux paroles, n'est pas toujours heureuse. Le compositeur a aussi abusé de l'accord de septième, de sensible et de ses renversements plaqués et en arpèges. Depuis une quinzaine d'années , cet accord jouit d'une trop grande faveur. Le duo du docteur et de Mme Abeille est bien traité dans le style qui convient à l'opéra-comique, mais n'offre rien de saillant. Le trio, malgré une assez jolie phrase dans l'andante, est médiocre et dans le goût des opérettes de M. Offenbach. On regrette d'y trouver de ces répétitions par deux voix du dernier mot chanté par le soprano. Cet effet n'est plus comique, mais commun et suranné. Je n'ai que des éloges pour les couplets très- réussis du docteur; le quatuor du premier acte est le morceau le plus important de tout l'ouvrage ; l'andante: La nuit approche, voici l'heure, esc d'un rhythme gracieux, et, lorsque le motif est exécuté pour la seconde fois, la voix de soprano dessine des broderies d'un charmant effet. Toute cette première partie du quatuor mérite d'être rangée au nombre des plus jolis morceaux du répertoire de l'Opéra-Comique. Il est regrettable que l'allégro n'y réponde pas. C'est un chœur qui paraît avoir été écrit pour les orphéons :
Et tic et toc et tic et toc, De nos verres vive le choc.
Il me semblait que les auteurs de livrets d'opéra-comique avaient répudié définitivement cette vieille défroque de M. Scribe. Tout le reste du premier acte est dramatique. Les moyens musicaux sont bien simples et presque pauvres; le ténor répète à l'octave les phrases du soprano, puis arrivent de fréquents unissons. Mais il y a tant de mobilité, tant de variété, dans le travail artistique de M. de Flotow que l'intérêt ne languit jamais. Le deuxième acte est précédé d'une sorte de rêverie symphonique. La sonorité en est douce et habilement conduite, mais la mélodie contournée ; des effets de quintes et des fausses relations sont mal dissimulés sous les nuances et les élégances de l'instrumentation. L'air de M™e Abeille est trèsmédiocre. Je ne comprends pas qu'un musicien de la valeur de M. de Flotowse soit laissé influencer par lès petits effets rhythmiques particuliers à M. Offenbach, et qu'il ait. imité ses appogiatures interrompues et dures, ses
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