‹ Dictionnaire lyriqueChapitre 755 sur 773 · PASS · texte numérisé non relu

PASS

rondement tournés et un ou deux chœurs bouffes. Un compositeur tel que M. Bazin pouvait encore y trouver une occasion d'exercer sa verve dans ces conditions restreintes. Mais c'était un peu user sa poudre contre des moineaux qae d'écrire pour une farce de ce genre une ouverture très-travaillée, un grand duo et divers morceaux remplis d'intentions musicales recherchées et d'effets harmoni-

PETI

ques savamment combinés. Le directeur qui a dit à M. Bazin « Prenez mon ours » a été mal inspiré. L'association de la musique avec les scènes burlesques du livret n'a pu s'effectuer, plutôt par la fauté du sujet que par la volonté du compositeur. Cet opéracomique a été joué avec beaucoup d'entrain par Coudcrc, Potel, PriUeux, Ponchard et Mll« Bôlia.

PAPA MARTIN, Opéra italien, musique de C'agnoni ; représenté à Milan, au Politeama- Tivoli, le 25 juillet 1872.

PARAPLUIE (le), opéra-comique en trois actes, livret de MM. Deulin et de Najac, musique de Albert Grisar ; ouvrage posthume et inédit.

PARIA (il), opéra italien, musique de Bur. gio ; représenté à Florence, au théâtra de la Pergola, en mars 1873.

PARIA (le), opéra polonais en trois actes^ livret tiré do la tragédie de Casimir Dclavigne, musique de Moniuszko, représenté au théâtre de Varsovie eu janvier 1870. Cet ouvrage a obtenu uu certain succès ; le second acte a été surtout remarqué. Moniuszko a introduit dans cet opéra indou des mélodies lithuaniennes, si chères à ses compatriotes.

PASSANT -(le), opéra-comique, livret do M. François Coppée, musique de RL Paladilhe; représenté à rOpéra-Comiquc en avril 1872. Il est fâcheux pour le jeune compositeur d'avoir accepté pour ses débuts au théâtre une œuvre aussi antilyiique que la fantaisie poétique de M. Coppée. Dcjolis vers, une étude psychologique intéressante, un dialogue d'un caractère original, cela a pu motiver un succès en faveur du poëte, et, dans une époque stérile en talents comme la nôtre, lui procurer à peu de frais une gloire éphémère. Mais il n'y avait dans cette ocnvre aucun dos éléments propres à former un livret d'opéra-comique. M. Faladilhe a tenu à lutter avec un sujet ingrat. I^a partition et le poëme se sont nui mutuellement. Le musicien n'a trouvé aucune mélodie frandie; ses procédés de composition , tout laborieux

et estimables qu'ils sont, n'ont abouti à aucun effet appréciable sur le public, si ce n'est à une impression générale d'ennui et de défiance à l'égard de son avenir de compositeur. On a remarqué un joli prélude et un chœur sans accompagnement. L'auteur de la 3Iandolinata a une revanche à prendre. Cet ouvrage a été clianté par Mj»o Galli-Marié et Mlle Priola.

PEARL OF BAGDAD (the), Opéra américain, livret de M. E. Nyse, musique de M. John Moretz ; représenté au Brooklyn- Lycœura de New-York en mai 1872.

PÉCHÉ DE GÉRONTE (le), opéra-comique en un acte, paroles de MM. *"*, musique de M. Chaumet; représenté au théâtre do l'Athénée le 31 décembre 1872. C'est l'éternel sujet du tuteur et de la pupille, d'un vieillard épousour et d'une Rosine qui lui joue des tours et finit par lui échapper. La musique a été accueillie avec une indulgence qu'on a absolument refusée à la pièce. On y a remarqué un morceau commençant par ces mots : Vous ■plaisantez. Cet ouvr<ago n'a pas réussi.

PETITE FADETTE (l,\), opéra-comiquo en trois actes et cinq tableaux, livret de Mme George Sand et de M. Micliel Carré, musique de M. Théodore .Semet; représcûtô à rOpéra-Comique tell septembre 1.8G9. Le roman de la Petite Fadetle est trop connu pour qu'une analyse de la pièce soit néces- :saire ■: je ferai observer que ce mélaiige de sentimentalité et de réalisme qui en a fait le succès a nui beaucoup à celui de l'opéra. Le thème de l'œuvre littéraire ne pouvait être goîité qu'à l'aide de détails multipliés, d'épisodes et de longs dialogues. I>ans une œuvre dramatique, l'action doit être simple

PETI

et non entravée par les descriptions et les analyses de sentiment. Là où Sedaine, ou tout simplement Desforges aurait pleinement réussi, Mme George Sand a échoué. Un musicien laborieux et convaincu, comme M. Semet, a sans doute fait preuve de beaucoup de talent dans cet ouvrage ; mais, malheureusement pour lui, il a perdu sa peine. Des mélodies charmantes, des intentions ingénieuses, une orcbestratioa des plus distinguées n'ont été appréciées que par les amateurs. Je citerai dans le premier acte le chant du Fadet: Fadet, petit Fadet, prends ta cape; la chanson du bois joli et le chœur des enfants : Fadette qui naguère ne dansait. Dans le second acte on a remarqué les souhaits de la grand'mère : Ce soir, oublie en dormant; les couplets de Cadet-Caillaux : Je suis jeune et bel homme. Il y a aussi le chœur dans lequel les effets de cloches sont bien rendus par les cors. Tout est intéressant dans cet opéra, musicalement parlant ; le troisième acte renferme aussi des morceaux traités avec beaucoup de goût, entre autres une romance de Landry : Oui, Fadette, quand je t'appelle. Distribution : Landry , Barré ; Cadet-Caillaux, Potel ; le père Barbeau, Gaiihard; Fadette, Mme Galli -Marié ; la mère Fadet, MHe Révilly ; Madelon, M'ie Bélia.

PETIT FAUST (le), opéra-bouffe en trois actes ctquinze tableaux, parolesdeMM. Hector Crémieux et Jaime fils, musique de\ M. Hervé; représenté au théâtre des Folies- Dramatiques le 23 avril 1869. Si on devait juger du mérite d'une œuvre par le succès et par le nombre de représentations successives, celle-ci l'emporterait de beaucoup sur les meilleurs opéras d'Hérold, deBoieldieu et d'Auber, voire même deRossini; aucun ouvrage de ces maîtres n'a joui à son apparition d'une vogue comparable à celle du Petit Faust. Il y a là un problème psychologique à résoudre. Pour ma part, je ne proposerai pas d'autre solution que celle-ci: 11 faut retourner la proposition et dire : on peut juger de l'état mental d'une société par le succès qu'une œuvre telle que le Petit Faust y obtient et par le plaisir qu'on y prend. Il est impossible de donner une analyse supportable des scènes décousues composant cette pièce, dont le musicien a fait çà et là une parodie de l'opéra de M. Gounod, mais qui, sous la plume des librettistes, n'est qu'une olla podrida de lazzi plus indécents les uns que les autres, et dans lesquels l'esprit ne dissimule pas la grossièreté. Faust est un

PETI

vieux maître d'école qui tient une classe de garçons et de filles. Marguerite lui est amenée par son frère Valentin, qui part pour la guerre ; cette drôlesse met l'école sans dessus dessous , et se sauve pour devenir ce qu'onsait. Faust, rajeuni par Méphisto, court après sa belle, la trouve dans un bal public, l'enlève dans un fiacre après avoir tué son frère. Le spectre de Valentin apparaît aux yeux des coupables et les entraîne dans un enfer fort tristement parodié. Pour qu'on ne m'accuse pas de sévérité outrée, voici le texte du finale du troisième acte que les auteurs n'ont pas craint d'intituler: Hymne. à Satan!.,..

Page 1