‹ Dictionnaire lyriqueChapitre 769 sur 773 · VERT · texte numérisé non relu

VERT

de tant de romances qui ont joui autrefois d'une si grande vogue aurait pu rester ellemême sans déchoir. Son genre d'inspiration gracieux, mélodique et sans prétention convenait mieux à une opérette de salon comme la Veilleuse, que le rhythme un peu embarrassé, les altérations et les modulations qui compliquent sa partitionnette ; ie plus joli morceau est la mélodie dialogaée : Ce voile trop léger. Cet ouvrage a été chanté par Pradeau, Vois et M">e Irma Marié.

VERT- VERT, opéra-comique en trois actes, paroles de MM. Henri Meilhac et Charles Nuitter, musique de M. Jacques Offenbach ; représenté àrOpéra-Comiquele lo mars 1869. Le livret a été imité d'une ancienne pièce de MM. de Leuven et Desforges, dans laquelle Mlle Déjazet a obtenu un grand succès il y a près de quarante ans. Le scène se passe dans tin pensionnat; La sous-directrice a épousé secrètement le maître à danser Baladon- Deux pensionnaires sont aussi plus ou moins mariées à deux officiers de dragons. On voit déjà que les librettistes ont pris la salle Pavart pour le passage Choiseul; mais ce n'est rien encore. Le perroquet, héros du joli poëme de Gresset, vient de mourir ; le jardinier Binet l'enterre dans une platebande du jardin, aux accents d'un chœur funèbre. Il y a là un neveu de la directrice qui est élevé dans ce gynécée et qui fait la cour à une demoiselle Mimi; il reçoit le nom du défunt et hérite de ses prérogatives. La directrice l'envoie toutefois voyager sous la conduite du jardinier Binet. Mimi se désespère; elle trouve l'uniforme d'un de ces messieurs les dragons, s'en revêt et court après son amant, qu'elle retiouvc dans une auberge donnant la réplique à une chanteuse de théâtre, la prima donna Corilla. Elle gagne à sa cause les deux dragons qui grisent Vert- Vert et le ramènent au pensionnat ; arrivés là, les dragons profitent du trouble de la sous-directrice, qui s'est laissé surprendre avec le Vestris Baladon, pour emmener leurs femmes, et Mimi s'empare de l'inconstant Vert-Vert. Je laisse au lecteur le soin de juger de la valeur de ce livret. M. Of-

VRAJ

fenbach n'a pas été plus heureux que lorsqu'il a fait jouer Darkouf au même théâtre ; ■ et cependant c'est à mon avis son meilleur 1 ouvrage comme compositeur. On l'eût ac- I cueilli avec faveur s'il eût été donné aux Boufj fes-Parisiens. La romance de Vert- Vert :

Oui, l'oiseau reviendra dans sa cage.

Retrouver le bonheur qui l'attend,

est agréable. J'en dirai autant de l'air du coche dont l'accompagnement est ingénieux. II y a aussi à la fin du troisième acte un quatuor d'un assez joli effet. Chanté par Capoul, Sainte-Foy, Gailhard, Coudere, Potel, Mlles Girard, Cico, Moisset, Tuai.

VINCIGUERRA, Opérette en un acte, paroles de MM. J. Renard et Hugot, musique de M. Bottesini ; jouée au théâtre du Palais- Royal en avril 1870. Cette pièce avait d'abord été représentée àMonaco et accueillie favorablement, comme le sont toutes les opérettes, par le public frivole qui fréquente ces villes de plaisance. Il s'agit de la passion romanesque et ridicule d'une noble dame pour un brigand des Abruzzes, nommé Vinciguerra ; mais lorsqu'elle le voit de près, elle est obligée de reconnaître qu'il répond peu à l'objet de ses rêves. Un soupirant de la dame se déguise en bandit, et, prenant les dehors de Vinciguerra, lui tient un tout autre langage, ce qui lui cause quelque perplexité; mais il advient que le faux Vinciguerra est pris pour le vrai, qu'il est arrêté, et qu'en fin de compte la grande datiie et lui laissent le brigand regagner ses montagnes et y exercer son joli métier. M. Bottesini est bon musicien, et on sait qu'il est virtuose sur son instrument. Sa musique, tout italienne, est agréable et sans prétention. On a remarqué une jolie valse chantée. On ne s'attendait pas à voir sortir des flancs d'une contre-basse une œuvre aussi légère. Ce petit ouvrage a été chante par Luguct, Deschamps, M'ie* Jalia Baron et Peyron.

VRAJIA SILA (la Fatalité), opéra russe, musique de Séroir ; représenté à Saiiit-Pctersbourg en décembre 1872.

ZAUB

ZORl

WALKYRIE (la), opéra allemand, musique de M. Richard Wagner ; représenté au théâtre de Munich le 26 juin 1870. La Walkyrie est la première partie de la trilogie des Niebelwifjen. Malgré les fulgurantes annonces qui ont précédé la représentation» l'accueil a été froid ; de sourds murmures d'improbation se sont même fait entendre là où le maître a son piédestal, ou plutôt un trépied royal.

WILFRIDB, opéra -comique, livret de M. ***, Marseillais, musique de M. Ginouvès, musicien également marseillais; représenté au Grand-Théâtre de Marseille en avril 1869. Le sujet a été emprunté à la littérature allemande. La partition a obtenu un succès local très-marqué. Chanté par Isniaël, Falchieri et Mme Geraizer.

TELLA, opéra, musique de Fr. Halévy ; ouvrage posthume et inédit.

ZAUBERRING (der) [l'Anneau magique], opéra lyrico-romantique allemand en deux actes, musique d'Albert Schroder ; représenté à Quedlimbourg le 17 octobre 1871.

ZINGARA, opéra romantique et comique en trois actes, musique de J.-N. Fuchs ; représenté à Briinn le 5 mars 1872.

ZORILLA , opéra italien , musique de M. Nani ; représenté à Naples, au théâtre Rossini, en mars 1872.

M. Joseph de Filippi a rédigé un catalogue des noms des compositeurs dont AUacci fait mention dans sa Drammaturgia, et il a eu l'obligeance de me signaler ceux qui ne figurent pas sur la table du Dictionnaire Lyrique. Le plan de mon livre n'admettant que les ouvrages expressément dramatiques et représentés avec l'appareil théâtral, j'ai dû écarter les noms des compositeurs qui n'ont écrit que des cantates ou des oratorios, ou telles autres compositions qui ne rentraient pas dans le cadre de mon travail. Il est à désirer que quelque érudit dévoué entreprenne l'histoire des oratorios et des laudi spirituali, des messes, des psaumes et des motets, comme j'ai livré au public celle des opéras et des opérascomiques.

Page 1