‹ Dictionnaire lyriqueChapitre 82 sur 773 · BELZÉBUTH OU LES JEUX DU ROI RENÉ · texte numérisé non relu

BELZÉBUTH OU LES JEUX DU ROI RENÉ

grand opéra en quatre actes , musique de ; Castil-BIaze. 1

BÉNÉDICTION DE LA FORCE (la), opéra j

allemand, musique de Weber (Bernard -Anselme) , représenté au théâtre royal de Ber- ' lin en 1S06. j

BENEFICENZA (la), œuvre lyrique ita- !

lienne, musique de Generali, exécutée en 1816 à Trieste. j

BENEFIS ( ?c Bénéfice ) , duodrame polonais ; en un acte, musique d'Elsner, représenté à ! Varsovie en isio.

BENIOWSKI OU LES EXILÉS DU KAMTS- CHATKA , opéra en trois actes , paroles d'Alexandre Duval , musique de Boieldicu , représenté sur le théâtre de l'Opéra-Comique, le 8 juin 1800. Cet opéra doit son existence à un hasard singulier. Alexandre Duval raconte en ces termes les faits qui lui inspirèrent son poëme : a Un jour que plusieurs représentants se trouvaient réunis chez Talma, avec le général Dumouriez , qui revenait vainqueur de l'armée du Nord, Marat se présenta , seul , dans cette assemblée. Sa présence fit sur la société l'effet de la tête de Méduse... Il était dans ce costume aimable sous lequel on l'a représenté, ce qui contrastait beaucoup, je ne dirai pas avec la grande parure, mais avec l'élégante simplicité de toutes les personnes qui composaient la fête. Lui , sans se démonter , s'adresse à Dumouriez, dit des injures aux représentants dont il ne partageait pas les opinions, et finit enfin par avoir, avec le général, une assez longue conférence à voix basse. Dugazon, l'un des personnages de la fèie, qui était toujours sûr d'égayer la compagnie par son esprit et ses bons mots, quand il ne se laissait pas aller à toute son extravagance, fit une plaisanterie qui était plus que hardie , et qui pensa

conduire Talma et sa femme sur l'échafaud. Il prit un réchaud embrasé, y répandit des parfums , et suivit Marat dans tous les mouvements qu'il faisait, comme s'il voulait purifier l'air qu'il empoisonnait de sa présence. Marat n'eut pas l'air d'y faire attention ; mais, dès le lendemain, son journal retentit du repas donné par Talma aux conspirateurs et de l'insuHe faite aux véritables patriotes. Comme le temps, quoique déjà noirci par l'orage qui devait éclater en 1793, ne devait pas faire craindre que cette mauvaise plaisanterie eiit des suites , Talma resta dans la plus grande sécurité. Bientôt l'orage éclate, nos amis communs périssent sur l'échafaud... et, souvent, à ce tribunal de sang, on demandait aux accusés s'ils faisaient partie des conspirateurs qui s'étaient réunis chez l'acteur Talma. On juge quelle était sa situation, celle de tous ceux qui l'aimaient, et certes, le nombre en était grand. Cependant , on lui conseilla de se taire ; on lui représenta que la force de son talent , que le peuple savait apprécier, l'empêcherait toujours de faire partie des victimes... Cependant, comme nos sales tyrans finirent par ne plus rien respecter. Talma fut instruit par un de ses amis que son nom était porté sur une liste de proscription. L'amitié qui nous unissait dès ce temps-là, la conformité de nos opinions, l'engagèrent à me confier ses craintes.... Un soir qu'après avoir joué la tragédie , il me parut plus sombre qu'à l'ordinaire, je lui demandai le sujet de sa tristesse : il me dit qu'il ne pouvait se rendre compte de ses pressentiments, mais qu'il craignait d'être arrêté au premier moment, et que ce n'était qu'en tremblant qu'il rentrait chez lui ; qu'il allait s'y trouver seul; qu'il avait envoyé sa femme dans une campagne écartée... Le voyant dans ce trouble, qu'il ne pouvait vaincre, je lui proposai d'aller souper chez lui, et même d'y passer la nuit... Le long de la route, je tâchai de lui donner de l'espérance ; et en soupant , et après quelques verres do vin, nous finîmes par éloigner tout à fait nos I trop justes inquiétudes. Mais quand je fus retiré dans ma chambre, ou plutôt dans sa , bibliothèque, car c'était là que je couchais I dans un très-beau lit grec, très-élégant sans doute, mais très-peu commode , je me mis à réfléchir sur la position dangereuse dans laquelle il se trouvait ; et, de réflexion en réfiexion, je finis par me dire : mais si par hasard on venait l'arrêter cette nuit! mes opinions , moins connues que les siennes peut-être, mais qui néanmoins le sont assez.

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