BRAV
la part du vulgaire , dans la scène où Effîe, pour donner du cœur à son fiancé, prend les attitudes et la démarche militaire. « Quand Mlle Prévost, dit le critique anonyme déjà cité, a commencé à parcourir le théâtre au pas de charge, en chantant : Ban -plan plan, le parterre s'est ému; aux jurons véritables qu'elle a prononcés, l'enthousiasme a éclaté ; mais, quind on l'a vue prendre une pipe, envoyer des bouffées de fumée de vrai tabac de caporal, qui ont répandu un vrai parfum de taverne et de corps de garde ; oh ! alors, les trépignements du parterre ont ébranlé la salle. » Le succès de la pièce se prolongea pendant plusieurs années. Le Brasseur de Preston a été repris à l'Opéra-National le 22 janvier 1848. Mme Henri Potier, charmante comédienne d'ailleurs, chantait faux le plus agréablement du monde. Musard a tiré de cet ouvrage un fort joli quadrille.
BRAUTIGAMSPIEGEL (der) [le Miroir du fiancé], opéra prussien, musique d'Ebell, représenté à Breslau vers 1800.
BRAUT IM SCKLEIER (die) [la Nonne fiancée], opéra allemand, musique de Bœhm (Jean), représenté en Allemagne vers isoo.
BRAUTSCHAU (diè) [la Dot de la mariée], opéra allemand , musique de F. Glaeser, représenté à Berlin, au théâtre Kœnigstadt vers 1830.
BRAVO (il), opéra italien en trois actes, livret de Berettoni, musique deMarliani, représenté à l'Opéra-Itali en sans succès le ler février 1834. Quel que soit l'intérêt d'un drame lyrique, quelque émouvantes qu'en puissent être les péripéties, il importe, en vue du succès, que le dénoiiment vienne soulager l'auditeur des émotions fortes que l'auteur lui a imposées. Si le héros succombe à la dernière scène, il doit mourir de désespoir ou de douleur, et exciter la pitié après avoir inspiré de la sympathie; mais l'amour partagé d'un brigand, fût-il passionné et sincère, ne suffira jamais pour intéresser à son sort les cœurs délicats, et sa condamnation à mort ne fera pas verser une larme, ni sur lui ni sur l'objet de son amour. Au temps d'Eschyle et de Sophocle, où régnait un autre ordre d'idées qu'aujourd'hui, la croyance à la fatalité motivait ces sortes de dénoûments.
Voici le sujet du livret qui nous a suggéré ces réflexions :
La scène se passe à Venise. Une joute sur l'eau vient de se terminer par le triomphe du vieux pêcheur Antonio et d'un homme
masqué. Lorsque celui-ci découvre ses traits, le peuple reconnaît en lui un bravo redouté, et s'en éloigne avec effroi. Rubini, qui jouait ce rôle, chantait à ce moment une assez jolie cavatine : Sta a ciascun sul ciglio accolto. Resté seul, il est bientôt rejoint par le patricien Gradenigo, qui lui propose de l'aider à se défaire d'un rival, amant de la belle Vénitienne Violetta Tiepolo , pupille de la République. Or, il se trouve que ce rival préféré n'est autre que le bravo lui-même, connu de Violetta sous le nom supposé de Bedmaro.
La scène, qui se passe dans le palais Tiepolo, est bien conduite, et M'ie Grisi, dans le rôle de Violetta, la jouait avec beaucoup d'expression. Gradenigo a employé la ruse pour attirer Violetta dans son casino, où tout est mis en œuvre pour la séduire. Il y a ici un beau chœur d'orgie : Sommergiamo gli affarei dt Bacco nel liquor; et des couplets pleins de verve, chantés par Tamburini. Mais le bravo arrive ; Violetta apprend de quelle nature sont les services qu'il a promis de rendre à Gradenigo; elle reconnaît en lui Bedmaro son amant, et elle le repousse avec horreur. L'air chanté alors par MUe Grisi (au commencement du troisième acte) est d'une belle expression mélodique. Le bravo s'efforce de la fléchir; il lui raconte les malheurs quil'ont réduit à embrasser son odieuse profession. Le duo : Odiar io non sapreî, est un des meilleurs morceaux de l'ouvrage. Accusé d'un meurtre, le bravo comparaît devant un tribunal, qui le condamne au dernier supplice, malgré les supplications que Violetta adresse aux juges.
Le style de la partition est élégant et facile, l'instrumentation bien traitée. L'œuvre de Marliani a été reprise en 185S. Elle a dû un peu l'accueil qui lui a été fait au rôle que le compositeur venait de jouer à cette époque dans la révolution italienne.
BRAVO (il), opéra italien en trois actes, libretto de Gaetano Rossi, musique de Mercadante, représenté au théâtre de la Scala, à Milan, pendant le carême de 1839, où M fut chanté par Donzelli, Castellan; Mme» Tadolini et Schoberlechner. Il fut joué au Théâtre-Italien de Paris le 12 mai 1853. Le livret n'est qu'un tissu de crimes et d'horreurs ; mais la partition renferme de beaux passages ; l'aîr de Foscari, par exemple :
Bella vila nel scnliero Vidi U7i angelo dcl cielo,
et le duo de ténors au premier acte. Au second, on remarque un large morceau d'en-
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semble, et, dans le troisième, un magnifique chœur de gardes de nuit et une scène finale très-dramatique. Il a été chanté à Paris par Belletti, Giudotti, Fortini; Mme de Lagrange et Mlle Beltramelli.
BRAZBN BUST (the) [la Tête de bronze] , opéra anglais, musique de Bishop, représenté à Londres, à Covent-Garden, en 1813.
BRAZEN MASK (the) [le Masque de fer], opéra, musique de Davy (John), représenté en 1801 à Covent-Garden.
BREF IL SO?.DO, opéra italien, musique de Capotorti, représenté au théâtre des Fiorentini à Naples vers 1810, joué également à Rome.
BRENNO, opéra sérieux italien, musique de Reichardt, représenté à Berlin en 1787.
BRENNO IN EFESO, opéra italien, musique de Perti, représenté à Florence en 1691.
BRETISLAUS, opéra allemand, musique de Keiser, représenté à Hambourg en 1725.
BREUVAGE DE L IMMORTALITÉ (le) , opéra allemand, musique de Walter, représenté en Allemagne vers 1785.
BRIDAL OF GERMAIN (the) [les Noces de Germain], opéra anglais en cinq actes, musique d'Ellerton, représenté en Prusse vers
BRIDE OF SONG (the) [la Fiancée du Chanï], opéra anglais en un acte, paroles de M. Farnie, musique de M. Benedict, représenté à Londres, sur le théâtre de Covent- Garden, le 3 décembre 1864.
BRIEF AN SICH SELBST (der) [la Lettre écrite à soi-même], opéra allemand, musique de F. Glaeser, représenté à Vienne, au Théâtre-sur-la-Vienne, en 1826.
BRIGANTI (i), opéra italien en trois actes, livret de Creseini, musique de Mercadante, représenté pour la première fois à Paris, au Théâtre-Italien, le 22 mars 1836. Le sujet a été emprunté à la pièce de Schiller. Les deux lils de Maximilien, comte de Moor , sont rivaux et se détestent. Ils aspirent tous deux à la main d'Amélie, leur cousine. Corrado, le plus jeune, fait enfermer son père, proclame i]u'il est mort, et s'empare de la puissance. L'aîné, Hermann, dans un accès d'exaltation romantique, se fait chef de brigands. Il délivre son père, et se trouve être involontairement le meurtrier de son frère, qu'il a délivré ainsi des remords qui aboyaient dans son cœur, selon l'expre.ssion de Schiller.
Un tel mélodrame offrait sans doute des situations musicales , mais d'une interprétation très-difficile. Il n'aurait pas été un obstacle au succès, malgré son invraisemblance, car nous avons vu réussir le Trovatore, dont la conception est encore plus bizarre. La musique de Mercadante a des formes trop développées et trop classiques pour s'associer à des impressions brusques et sauvages. Cet opéra a été accueilli sans enthousiasme par l'auditoire du Théâtre-Italien. On a cependant remarqué la cavatine dite par Tamburini, et précédée d'une gracieuse ritournelle jouée par le cor : Oue a me tu volga un guardo ; un air brillant et chaleureux d'Amélie, chanté par Mlle Grisi; la cavatine de Rubini: Questi due verdi salci ; enfin, le trio avec chœur, qui termine magistralement le premier acte.
Dans les deux autres, on distingue la prière d'Hermann, et le duo qu'il chante avec son père. Lablache jouait le rôle du vieux comte de Moor. Mercadante, qui était venu à Paris pour faire représenter cet opéra, retourna à Milan, peu satisfait de l'accueil fait à son œuvre.
BRIGAND (le), drame en trois actes et en prose, mêlé de musique, paroles de Hoffmann, musique de Kreutze, représenté pour la première fois au théâtre de l'Opéra-Comique le 7 thermidor an III (25 juillet 1795). C'était une pièce de circonstance, destinée à exposer sur la scène les crimes des agents de la Révolution, un an après la chute de Robespierre. Quoique la pièce se passe dans les montagnes de l'Ecosse, les allusions y sont assez transparentes, et les doctrines féroces des proconsuls y sont assez clairement exposées, comme, par exemple, à la fin des couplets chantés par Kirk au premier acte :
Les vaincus reviennent encore, Mms les morts ne reviennent plus.
La musique de Kreutzer, plus connu comme auteur de Lodoiska et de Paul et Virginie, partagea le sort de ce drame de circonstance, et fut oubliée avec lui. Nous mentionnerons seulement le finale du second acte, que les auditeurs contemporains ont trouvé pathétique et vrai.
BRIGAND HONNÊTE HOMME (Le), opéra,
musique de Zeller, représenté au théâtre du duc de Mecklembourg en 1789.
BRIGANDS ET LE CHANTEUR (les), opéra allemand, musique de Mlle Blahetka, représenté à Vienne, au théâtre de la porte de Ca-
rinthie, en 1830.
BRIGANTI (i)^ oi)éra italien, musique de
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