‹ Dictionnaire-manuel-illustré d'agricultureChapitre 236 sur 394 · MOISSONNEUSE · texte numérisé non relu

MOISSONNEUSE

et non les javelles qu’on dispose en inoyettes; on a alors la moyette normande {Fif/,).

Mise en gerbes. — Lorsque le javola^o est terinitié, on procède à la mise en pferhes. Los gerbes sont formées par une réunion do tiges et maintenues ])ar un lion. Les liens employés sont souvent faits avec la céréale ellomèmo, mais c’est un mauvais jirocédé, car il cause régrenage d’un certain nom])ro d’opis. Il vaut mieux recourir à remploi de la paille de seigle préalablement battue. Les liens sont tordus, noués ou boucles.

On se sert encore, pour lier les gerbes, do cordes ou d’écorce de tilleul, de jeunes pousses d’arbres ou d’arbustes.

Pour faire une gerbe, il faut réunir 8 à 10 kg. de tiges que l’on dépose sur le lien et on serre ensuite soit à la main^ soit à la cheville. Pour (jue le liage ^e fasse vite, il faut qu’une femme dépose les liens et réunisse dessus la quantité de javelles nécessaire pour former le poids de 8 à 10 kg. Un homme et une femme |)euvent ainsi lier et mettre en dizeaux 5 à 600 gerbes par jour La mise en dizeaux s’exécute chaque soir.

Dizeaux. — Les dizeaux ont pour but do, protéger les récoltes de la pluie et des ravages des oiseaux. On peut faire des dizeaux circulaires, cruciformes ou prismatiques.

La moyette normande remplace très avantageusement les dizeaux. Après l’endizelage, il faut glaner ; ce glanage, le cultivateur relTectue au râteau à cheval pendant que les gerbes sont encore dans le champ. On estime qu’après une moisson bien faite le râteau peut encore ramener 1 hl. à de grains â l’hectare.

Glanage. — Ce qui reste est ensuite abandonné aux pauvres, mais ils n’ont le droit de pénétrer dans les champs qu’après l’enlèvement complet des gerbes par le cultivateur et ils ne doivent ramasser les épis qu’avec la main. I^es troupeaux du proi3riétaire ne peuvent être conduits sur les champs moissonnés que deux jours après l’enlèvement corn[)let des gerbes. Cotte prescription du Code rural de Î791(art. 2-2) a été confirmée par un arrêt de la Cour de cassation du 19 octobre 1835.

Rentrée des gerbes. Quand toute la récolte est liée et mise en gerbes, il faut la rentrer aussi rapidement que possible. Les gerbes se conservent en granges ou en meules. Quand on possède des granges, l’utilisation en est tout indiquée, mais très souvent ces constructions coûteuses no sont pas assez développées sur l’exploitation.

11 faut alors songer â faire des meules.

Ces meules sont établies soit sur le bord du champ qui a imoduit la céréale, soit dans la cour de la ferme, dans tous les cas en un endroit où les eaux des pluies ne séjournent pas.

Klles ont une forme circulaire, prismatique ou elliptique. On les établit sur un soutrait de fagots ou mieux de paille, de sorte que les épis ne sont jamais en contact avec le sol. IjG premier rang est placé au milieu et on continue ensuite jusqu’à la ijéripliérie. 11 faut que le centre de la meule soit constamment convexe, de sorte que les infiltrations ne puissent se produire.

l^endant la confection de la meule, il ne faut pas toujours décharger les voitures du même côté; autrement il y aurait tendance â inclinaison sur ce côté. I^a meule se monte jusqu’à 3 à 4 m. do hauteur, en s’élargissant; ensuite elle diminue successivement jusqu’au faîte, constituant alors une sorte de toit incliné sur lequel glisseront les eaux pluviales qui viendront tomber â 0®, 10 ou 0'”,50 de la base des meules. Si les meules sont battues dans l’espace de six semaines à deux mois, elles sont suffisamment protégées, mais si le battage ne s’etiectue que dans le courant do l’hiver, il faut les couvrir. La couverture s’établit à l’aide de poignées de paille de seigle ou d’avoine; toutes ces poignées sont placées à côté et au-dessus les unes des autres, de façon qu’elles s’imbriquent bien et forment un abri imperméable à l’eau.

Les dernières poignées se maintiennent au mo^^eii de baguettes fixées par des crochets en bois. Une meule ainsi bien établie peut se conserver pendant une année (Voy. Meule). — J. Thibondeau.

— La moissonneuse est un instrument à traction animale destiné à couper les céréales.

La moissonneuse reçoit un appareil de coupe semblable à celui de la faucheuse (Voy. Faucheuse), mais la scie de la moissonneuse est animée d’une vitesse moindre parce que les céréales sont plus faciles à couper et, de plus, elle rase moins le sol et, par conséquent, n’est plus sujette aux engorgements ni aux accidents causés par les taupinières et les pierres, La moissonneuse comprend en outre : une roue motrice unique, un tablier pour recevoir les tiges coupées, des râteaux rabatteurs et des râteaux javeleurs.

Les moissonneuses se divisent en trois classes : les faucheuses-moissonneuses, les moissonneuses combinées et les moissonncuses-javeleuses.

Faucheuses -moissonneuses . — Ce sont des faucheuses auxquelles on

Page 1