‹ Dictionnaire-manuel-illustré d'agricultureChapitre 363 sur 394 · TER · texte numérisé non relu

TER

pnonnc, absolument comme la vigne en cas do inildew.

Vciiiâi. — Les ténias sont des vers }>lats composés d’articles bien distincts et sexués {Fie/.). L'extrémité antérieure, appelée tôte, meme lorsqu'elle reste seule, a la propriété do régénérer tous les articles suivants.

La tête est armée de crochets et de ventouses; les articles (proglottis), ^ u

après avoir été longtemps ad hé- Ténia,

rents, finissent par

se détacher; ils vivent alors isolés.

On connaît surtout une espèce de ténia qui vit dans l’intestin de riiomme : c’est le Tænia solium on ye?' solilaif^e. Voici comment il se multijdie.

Les ])roglottis sont expulsés du corps humain avec les excréments. S’ils viennent à être ingérés par les porcs, dans l'intestin do ces animaux, l’cnvcloppo des arti- Ténia des se trouve dissoute, les embryons, armés de crochets tra-

versent la muqueuse intestinale et se répandent dans les muscles. Ils perdent leurs crochets, deviennent des cysficcr-

Crui hols (Je progloUis et l ystiecrquej.

blo dans une place do leur vigne et en la répartissant sur toute Tétendue en couche de Ils considèrent alors

le terrage comme une fumure. A moins de frais et avec infiniment moins de peine, ils obtiendraient de meilleurs résultats avec des engrais chimiques appropriés à la nature de leur sol.

Xerro — La terre arable

ou végétale est la couche superficielle, dans laquelle se fixent, vivent et se développent les racines des végétaux.

Au-dessous vient une couche désignée sous le nom de sous-sol. Beaucoup de cultivateurs ne connaissent que la division telle qu’elle vient d’étro établie ; elle est cependant insuffisante. Avec M. do Gasparin, il faut faire des couches une division plus complète :

1° La couche superficielle ou sol actifs dans laquelle on pratique les façons culturales et incorpore les engrais, les amendements. Cette couche concourt directement à la production agricole

Le sol inerte, de môme composition minéralogique, mais non remué par les instruments et contenant moins de matière organique (matière noire).

3° Le sous-sol, de composition minéralogique parfois différente.

4" La couche imperméable , généralement argileuse, compacte, où s'arrêtent les eaux.

L’épaisseur du sol actif est excessivement variable ; elle peut presque toujours s’augmenter par les labours profonds dont l’exécution procure de

ques (^Fiq.). et occasionnent alors la ladrerie (Vov. Ladrerie).

L'homme qui consomme de la viande de porc mal cuite peut contracter le ver solitaire par suite do la transformation d'un cysticerque en ténia au contact de l’intestin humain.

Xerra^e. — Le terrage est une opération qui consiste à mettre à la surface du sol une certaine épaisseur do terre prélevée dans un lieu voisin. Cette pratique est surtout usitée dans les vignobles situés en côte alors que la terre descend des crêtes dans la vallée sous l’influence des pluies violentes.

Dans ces conditions, le terrage est un travail fatigant, car toute la terre doit se porter à la hotte. Les vignerons ont souvent le tort de généraliser ce procédé en prenant toute la terre ara-

grands avantages au cultivateur (Voy.

Labour). On peut encore se servir du sous-sol pour le mélanger avec le sol ; cette opération ne doit toutefois être entreprise que progressivement, sur-

tout si le sous-sol est argileux. M. Dchérain en donne la raison suivante :

l’argile possède des propriétés absorbantes considérables, mais elles ne sont pas indéfinies, si bien qu'au bout de longues années, sur une terre enrichie par de fréquentes fumures, les affinités de l’argile pour les dissolutions salines sont satisfaites. Mais dès qu’une couche nouvelle et vierge sera remuée, elle s’emparera des matières dissoutes au détriment dos plantes, de sorte que le sol semblera s appauvrir, et qu’il faudra, pour lui rendre sa fertilité, appliquer do fortes fumures.

I.a couche imperméable est composée d’argile, de schistes, do cailloux serrés et elle arrête les eaux. Si le sol actif repose directement sur la couche imperméable (le sol inerte et le soussol manquant) les eaux sont stagnantes on hiver; pour augmenter la profondeur do la couche végétale, on dispose alors le sol on billons (Voy. Labour).

Propriétés chimiques de la terre arable. — Maintenant que nous connaissons la disposition des couches, il faut étudier les éléments qui leur ont donné naissance.

I^a terre aral>le est formée par la désagrégation de roches, auxquelles s’est ajoutée une quantité plus ou moins grande de matière organique.

I^es roches sont formées par un minéral, quelquefois par plusieurs minéraux, et ceux-ci sont constitués par des corps simples.

Les corps simples entrant dans la constitution des roches sont les suivants :

Aluminium.

Azote.

Calcium.

Carbone. / Chlore.

Ter.

Fluor.

Hydrogène.

Magnésium

Manganèse

Oxygène.

Phosphore.

Potassium.

Silicium.

Sodiu m.

Soufre.

Leur étude est du ressort de la chimie. Eléments minérau.x du sol. — I..es principaux éléments minéraux du sol sont :

Le quartz.

Les feldspaths.

Le mica.

L’amphibole.

Le gneiss.

Le granit.

La syénite.

Les basaltes.

Les trachytes.

Les calcaires.

Les argiles.

Les schistes.

Les marnes.

Le phosphate de chaux.

Le gypse.

Le 1er à Tctat oxyde.

Passons rapidement en revue ces minéraux.

Quartz. — C’est la silice du chimiste ou oxyde de silicium ; elle entre dans la composition des terres, seule ou combinée, formant des silicates. Dans

tous les sols, il y a des quantités plus ou moins grandes de silice. Lorsque le quarts est à l’état de grains très fins, il constitue le sable sans cohésion qui forme les terres siliceuses, dont les y^ï’^priétés sont d’ôtro très perméables à l’eau et faciles à travailler. 8ur les bords de la mer, les sables constituent les dunes.

La silice entre peu dans la composition des plantes; on avait cru pendant longtemps que cette silice empêchait la verse des céréales, mais cette propriété lui était à tort attribuée.

J^^eldspatJis. — I^’iniportance <les feldspaths est considérable, car ils entrent dans la composition de toutes les roches d’origine ignée , d’où dérivent beaucoup de terres arables. Les feldspatlis sont composes de silice, d'alumine et de potasse ou d’une autre base. Ce sont donc des silicates double d’alumiiio et de potasse ou d’une autre base.

Il y a plusieurs variétés do feldspaths; la principale est le feldspath orthose : silicate double d’alumine et de potasse. Sous l’influence do l’eau chargée d’acide carbonique, le feldspatli ortliose est décomposé ; il se forme du carbonate de potasse, qui est la source de la potasse que i on rencontre dans les argiles. Le feldspath orthose se met donc à la disposition des plantes, dans les sols où il se trouve, un élément important : la potasse.

Mica. — Le mica est un silicate d'alumine à base de potasse, de chaux, de fer et de magnésie. La structure est feuilletée ; en se décomposant, il donne des sols légers, riches en potasse.

Amphibole. — Silicate de magnésie et de chaux, elle apporte au sol la chaux qu’elle contient.

Gneiss. — Le gneiss est constitué par du feldspath orthose, du quartz et du mica. Le Limousin et la Bretagne renferment de grandes surfaces gneissiques.

Granit. — Il a la même composition que le gneiss; seulement les éléments, au lieu d’être stratifiés par couche, sont mélangés, de sorte que la texture est grenue.

Les rochés granitoïdes s’altèrent sous l’influence do l’eau chargée d’acide carbonique; la potasse du feldspath so combine avec l’acide pour former du carbonate de potasse. La silice et l’alumine donnent un silicate d’alumine ; si alors on isole le quartz, ce silicate d’alumine donne ce qu’on appelle le kaolin., qui sert à la fabrication de la porcelaine.

Les terrains granitiques se trouvent surtout en Bretagne , en Cotentin,

T£RRE ARABLE — 718

en Vendée, en Limousin; ils sont en général peu fertiles, mais on peut en tirer un excellent parti eu employant les l'umiers, les amendements calcaires et les phosphates de chaux.

Si/énife. — Roclic granitoïdo dans larpielle le mica est remplacé par l’am- ])hibole. Les terres formées jjar la syënite sont donc pourvues de chaux, niais pas en quantité suffisante pour dispenser de l’apport de l’élément calcaire.

Basaltes et trachytes, — Ce sont des roches très complexes, renfermant dos silicates de cliaux, de soude, de potasse; l’analyse y décèle meme souvent la présence de l’acide phos|)hori-

aue. Aussi les terres qui proviennent e la désagrégation de ces roches sont en général fertiles.

Calcaire. — La chaux est un minéral très important; aucune terre n’est fertile si elle en est complètement dépourvue. Le calcaire outre non seulement dans l’alimentation des plantes, mais encore il neutralise l’acidité des terrains trop riches en matièrosorganiques. Le calcaire aide à la nitrification, c’est-à-dire à la formation des nitrates, phénomène de la plus grande importance dans ralimentation des plantes, car c’est principaleiiHmt sous forme de nitrates que l’azote est assimilé par les végétaux. Enfin le calcaire joue un rôle important en agriculture comme amendement (Voy. Amendement).

Aryiles. — On en distingue deu.x cati'gories :

1® L'argile plastique, qui est un silicate d’alumine hydraïC (silice, alumine, eau). Elle est onctueuse, fait pâte avec l’eau, happe fortement à la langue et éprouve un retrait par la chaleur. Sa couleur va du blanc au noir en passant par le gris et le jaune :

La terre glaise, qui est une argile impure ; quand elle contient 15 0/0 de calcaire, elle prend le nom de marne.

Les argiles sont souvent déposées en couches considérables; comme elles sont imperméables à l'eau, il est fort utile de so rendre compte de leur profondeur pour juger de la valeur d’un terrain au point de vue agricole.

Les argiles ont été produites par la décomposition des feldspaths des roches primitives : granit, gneiss, syénite, etc.

Schistes. — Les schistes sont aussi des silicates d’alumine; seulement ils ne se délayent pas dans l’eau, contrairement aux argiles. Ils sont de couleur bleuâtre, noirs ou rougeâtres, leur structure est schistoïde quelquefois compacte.

Les schistes sont très communs en Bretagne et dans l’Ardenne ; ils forment des sols froids, compacts, humides.

Sous l’action do la sécheresse, ils dur-

cissent et SC fendillent; par la pluie, ils se prennent en masses. Les amendements calcaires et les engrais phosphatés sont particulièrement à recommander dans ces sols pauvres en chaux et en acide pliosphorique.

amies. — La marne est composée d’argile et de calcaire ; on en distinguo plusieurs espèces; elle est employée comme amendement.

Phosphate de chaux. — Il se présente sous plusieurs états : cristallisé, il forme l'apatite ; s’il est compact, c’est la phosphorite : sous forme de noyaux, ce sont les nodules ou coprolithes.

L'apatite se rencontre au Canada.

Les phosphorites du Lot, de l’Aveyron sont utilisées pour la fabrication des superphosphates.

l^es nodules du grès vert sont employés à l’état naturel sous le nom de phosphates . on les rencontre surtout dans la Meuse, les Ardennes, la Marne, le Cher et l’Ain.

Les phosphates apportent au sol l’acide phospliorique, si important pour les plantes cultivées.

Gypse. — C’est du sulfate de chaux ou plâtre. Il est employé comme engrais et amendement ; "son action est surtout marquée sur les plantes légumineuses (Voy. Plathe).

Per oxyaé. — Quand il entre dans la composition des terres, il colore les matières minérales. îSi le fer est renfermé dans le sol et que par un labour profond on le ramène à la surface il peut être nuisible. EfiTectivement, alors, l’oxygène, s’unissant à lui pour le peroxyder, ne se trouve plus en proportion suffisante pour aiaer à la germination des plantes, et il se i^roduit des vides dans les cultures.

Matières organiques du sol. — L'étude des matières organiques du sol présente aussi un très grand intérêt.

Sur les roches minérales ou dans le sol qu’elles ont formé se sont développées des plantes qui, en se décomposant, ont donné un tem^eau dont le dernier terme de décomposition est un résidu de couleur brune, qui a reçu le nom (l'humus. Certaines terres en renferment quelquefois une telle quantité qu’elles ont une couleur noire qui les caractérise.

Pendant longtemps, on s'est imaginé que la matière humique était la source de la végétation. Malagutti et Th. de Saussure soutenaient cette assertion ; il fallut l’hitervention de Liebig pour démontrer que les plantes vivent de substances minérales. Cependant toutes les matières organiques que l’on rencontre dans les terres, ou qui sont apportées par les fumiers, ne tirent pas leur seule valeur des éléments minéraux qu’elles renferment

IjGS substances organiques possèdent nn rôle physique qui se traduit par une aftinito remarquable, méritant d’etre utilisée pour retenir les éléments minéraux assimilables (potasse, acide pliosphorique, ammoniaque) du sol.

Voici une comparaison qui fora saisir cette remarqualde propriété. Lorsque, dans rindiistrie de la teinture, certaines étoffes })rennent mal les couleurs, on les traite préalablement par l'acétate d'alumine; les tissus shmprègnent d’alumine, lacpielle hxo alors parfaitement la teinture. Dans le sol, rimmus agit de la meme façon vis-à-vis de rammoniaque, do facide pliosphorique, do la potasse; il itariaye ce ponvou' fixateur avec r alumine des argiles.

Mais, lorsque les terres sont légères, à riiumus presfjue seul incombe le rôle de retenir les principes fertilisants qui, sans sa présence, seraient entrainés par les eaux pluviales.

La matière organi([uo possède aussi un rôle chimique; en se décomposant lentement, mais progressivement, l'humus produit au fur et à mesure des besoins des plantes une certaine quantité d’azote qui peut être assimilé de pair avec les diverses matières minérales que I huinus contient. Ainsi se trouve expliquée sans doute la véritable fonction de la matière organique, assurant au sol une fertilité d’autant plus grande qu'il en renferme davantage.

La théorie se met donc d’accord avec la pratique des agriculteurs, donnant toujours une préférence méritée aux terrains qui tiennent en réserve ce qu'ils appellent une vieille graisse^ sans laquelle il n’y a pas de produits durables et avantageux. Mais si les modifications de la matière organique sont trop lentes pour fournir aux plantes la matière azotée soluble, il devient nécessaire d'ajouter au sol une certaine dose de matière assimilable. C'est ce qui se produit dans la pratique courante en employant de concert avec le fumier les engrais complémentaires.

Voyons succinctement les produits de la décomposition de la matière organique ; ce sont l’acide carbonique, l’ammoniaque, l'eau et enlin un dépôt de matières minérales. Tous ces éléments peuvent concourir à une nouvelle végétation et l’on peut indiquer ainsi ces transformations ;

Humus

Acide carbonique.

Ammoniaque.

Eau.

Matières minérales.

Plante

nouvelle.

Acide carbonique. — L’acide carbonique dans le sol tend à dissoudre le carbonate de chaux, les sulfates et les phosphates; c'est ce qui explique que

certaines substances insolubles dans l’eau peuvent pénétrer dans les racines après avoir été préalablement dissoutes à la faveur de l’acide carbonique.

Ammoniaque . — L’ammoniaque ( Voy.

Ammoniaque) est composée d'azote et d’hydrogène. L’azote joue un rôle pré- ])ondérant dans la vie des plantes, il est localisé surtout dans les parties vitales : bourgeon, (leurs, graines.

L'azote entre dans la comi)osition do l’air; aussi s’est-on demandé pendant longtemps si cet azote intervenait dans la nutrition végétale. Les auteurs ([ui ont étudié la question l’ont d’abord résolue en sens différent : tandis que Boussingault, Lawes et Gilbert affirmaient que les plantes cultivées dans des sols calcinés ne fixent jamais l’azoto de l'air, Georges Ville, au contraire, soutenait une opinion différente et opposée, assurant, après expérience, que les plantes pouvaient l’utiMser.

M. Berthelot a reconnu depuis que les sols argileux, exposés à l’action de l’air, s’enrichissent d'azote, et que cette fi.xation ne peut être due qu’à l’action de microorganismes ayant la propriété de fabriquer de la matière organique en utilisant l’azote de l’air.

Kn 1886, les expériences de MM. Hellriegel et Wilfarth ont apporté des arguments pour conlirrner cette manière <lo voir. M. llellriegel annonça qu’en cultivant des pois et des lupins, présentant des nodosités sur leurs racines, ces nodosités, remplies de V.iactériès, avaient pour fonction de fixer i’azote de l'air. M. Bréal donne de ces faits une démonstration par l’expérience suivante. Il met des lupins à germer sur du papier humide, et quand la racine présente "2 cm. de longueur, elle est piquée par une aiguille, trempée dans la nodosité développée sur une racine do luzerne. Ce lupin est repiqué dans un sol stérilisé, additionné seulement d'engrais minéraux ; à côté on sème un lupin non inoculé. Tandis que le premier constitue une plante vigoureuse qui traverse toutes les phases de son développement jusqu’à la fructification, le second végète misérablement. En présence de ces faits, il demeure donc absolument acquis que les bactéries contenues dans les nodosités des plantes légumineuses interviennent dans la fixation de l’azote.

Quant à l'ammoniaque produite dans le sol par la décomposition de la matière organique, elle n'est probablement pas assimilée sous sa forme jirimitive, elle doit être transformée en nitrates (Voy. Nitrification).

Le sol peut donc s’enrichir d’azote de plusieurs façons differentes :

Par la fixation de l’azote de l’air

sur les particules terreuses au moyen des microbes qu’elles renferment.

Parles microbes contenus dans les nodosités des racines des léf^ruminouses.

3^ J^es eaux météoriijues, la pluie, les brouillards en fournissent à l’état d’ammoniaque et d’ac ide azotique 10 à 1-2 k^. par hectare et par an.

— La terre, pour être fertile, doit en outre renfermer do l’eau. Cette eau aj2:it :

P IMiysiquement, en dissolvant, soit seule, soit avec racide carbonique, les matières minérales nécessaires aux plantes.

2® Mécaniquemont, eii^ servant do véliiculo aux aliments des végétaux.

3® Chimiquement, comme faisant partie intégrante des plantes.

Formation de la terre arable. — Nous venons devoir cpiels sont les éléments qui concourent à la formation de la terre arable, et nous avons dit qu’elle était le résultat de la désagrégation des roches qui ont été succinctement passées en rovno. Les roches désorganisées ont ainsi donné trois éléments :

1® le sable: 2® l'argile; 3® le calcaire; aux([uels s’est ajouté: 4® l'humus.

Kn so mélangeant en proportions variables suivant les couchesgéologi([ues, ces (pialre éléments forment les terres arables de tous les pays. Ils sont nécessaires pour que le sol donne un tout solide; leurs pro])riétés se complètent mutuellement. L’argile empecho la mobilité dos sables ; le sable rend les argiles perméables à l’eau et à l’air ; l’iiumus, en fournissant de l’acide carbonique, favorise la dissolution du calcaire, qui jouit de la propriété de coaguler l’argile et rempêcixe de se délayer dans l'eau.

Tout ce que nous venons de dire jusqu’alors ne s’applique guère qu’à la constitution des terres arables.

Cette étude doit être complétée par la composition chimique^ c’est-à-dire par la recherche des éléments fertilisants qu’elles renferment, et^qui proviennent de la décomposition des éléments minéraux ou des éléments organiques, ou encore de ramélioration par la culture. C’est donc, autrement dit, une question de fertilité qui se pose.

Fertilité du sol. — Les progrès de la chimie moderne et contemixoraine permettent, par l’analyse des terres, d’avoir des données à peu près certaines sur la productivité des sols. Les agronomes et les chimistes, par l’observation des faits, sont arrivés à déterminer quelles doivent être, pour une terre fertile, ses ressources en éléments nutritifs: azote, acide phosphorique, potasse et chaux.

Les quantités ainsi reconnues nécessaires sont les suivantes ;

Azote 1 j>. iOOO

Acide phosphoriguc. . . i *“ —

Poliisse 2,5 —

Chaux 50 —

Pour la culture des plantes légumineuses, il sera toujours indispensable d’avoir la composition du sous-sol, surtout en acide phosphorique, potasse et chaux, Tazoto leur étant Iburni par ratmosphère.

Avec ces moyens d'appréciation, la fertilité d’un sol devient facile à évaluer,mais il ne fautpas oublier défavoriser les propriétés pliysiques atiii d’aider à la transformation des éléments fertilisants, pour qu’ils se jnésentent aux racines des plantes sous leurs formes assimilables.

Propriétés physiques de la terre arable. — Elles s’entendent des difîérentes façons suivant lesquelles la terre se comporte avec l’eau, la chaleur et les instruments qui doivent la pénétrer. Ce sont ; la perméabilité^ Y hygj'oscopi-’ cité^ la capillarité. Y état hygrométrique, le retrait subi pa-*' la dessiccation, la ténacitéy Y adhérence, les propynétés absorbantes et les propriétés calorifiques.

Perméabilité. — La pluie qui tomlje sur le sol coule à la surface ou s’iiitiltro dans les couches inférieures; dans le premier cas, le sol est impey'méable ; dans le second, il est dit perméable.

I^es terres imperméables regorgent rapidement d'eau; dans une localité perméable, au contraire, l'eau entre dans le sol ; celui-ci se ressuie très vite, il j>eut être labouré dès la tin de riiiver, I^es sols pierreux sont les plus perméables ; ceux formés d’argile réalisent rimperméabilité complète.

Hygy'oscopicité. — Elle s entend do la faculté que possède la terre de retenir l'eau qui l’a imbibée. Les terres les plus hygroscopiques sont par ordre : riiumus, le calcaire, l’argilo et le sable. Un sol est frais quand il renferme 15 0/0 d’eau; sec. s'il en contient moins de 10 0/0; à G 0/0, les plantes jaunissent et meurent.

Les haies ou vents desséchants du printemps exercent une action salutaire sur les terres trop liygroscopi- (pies I^e cultivateur aide la dessiccation en laissant les labours bruts après riiiver; il favorise ainsi, en outre, l’aération. En été, au contraire, il faut pratiquer des hersages, voire même des roulages légers, afin de diminuer la surface exposée à l’air et de maintenir la fraîcheur dans le sol.

Capillarité. — Elle est caractérisée par le mouvement ascendant qui se produit par l'eau remontant du sous-sol à la surface. Pour comprendre ce phénomène, il faut considérer la terre coinmo formée d’un tout continu sans inter..

ruption trop grande entre les molécules. En brisant la croûte superficielle de la terre par les façons culturales (hersages, binages), on détruit la continuité, la capillarité est diminuée, la fraîcheur se maintient dans le sol, d’où le vieil adage : « Un binage vaut un arrosage. » Un roulage très peu énergique agit dans le meme sons. Il est nécessaire de tenir compte de la capillarité des terres, et de leur pouvoir hygroscopique, pour leur donner intelligemment les façons aratoires qu’elles peuvent réclamer.

Etat hygrométrique. — La terre possède la propriété d’absorber l’humidité répandue dans l’air sous forme de vapeur d’eau. Le cultivateur peut développer cette propriété très importante, pendant l’été surtout, en favorisant la pénétration de l’air et diminuant la capillarité par les hersages et les binages.

Retrait subi par la dessiccation. — En perdant de l’eau, en se desséchant, les terres, surtout celles dites imperméables, éprouvent un retrait assez considérable. Elles se crevassent, les racines et le collet des plantes sont déchirés ou comprimés. La dessiccation est évitée par les hersages qui diminuent l’évaporation et facilitent l’action hygrométrique.

Ténacité. — Elle s’apprécie par la résistance que le sol oppose à la pénétration des instruments. E]lle est en corrélation parfaite avec l’imperméabilité ; les cultivateurs désignent par terres fortes celles qui sont imperméables et tenaces, par opposition à la dénomination de terres légères^ appliquée à celles qui sont perméables et non tenaces.

La dessiccation d’un sol augmente sa ténacité. Une terre tenace ne doit être labourée que lorsqu’elle est fraîche, à *20 0/0 d’eau ; si on attend la chaleur et la sécheresse, elle se durcit et devient impénétrable à la charrue.

Adhérence. — Ij’adhérence est la propriété que possède la terre de s’attacher, de coller aux instruments. Elle se constate facilement en pratique : le sol adhérent colle au versoir de la charrue, et le laboureur doit à chaque instant le nettoyer. Une terre siliceuse glisse sur le versoir et le raye, le polit, l’use rapidement.

Propriétés absorbantes. — Elles comprennent la faculté que les terres possèdent de reténir et d’absorber les substances dissoutes.

M. Brustlein, collaborateur de Boussingault, a détèrminé le pouvoir absorbant de plusieurs terres au moyen de dissolutions de carbonate d’ammoniaque dans 100 cmc. d’eau. Il a trouvé

DICTIONNAIRE d’aGRIGULTURE.

que, pour Oe^O^O de sol dissous, l’absorption a été :

Pour la terre argilo-calcairo : do 0p»’,014 sur 50 grammes de terre.

Pour une terre moins forte : do O^^Ol 1 sur 50 grammes de terre.

Pour une terre sableuse, siliceuse : do Op»*, 008 sur 50 grammes de terre.

La potasse et la soude s’absorbent mieux que Tammoniaque ; l’acide phosplioriquo est aussi bien retenu. Mais, en ce qui concerne les nitrates, leur absorption est presque nulle ; c’est ce qui explique leur présence, en si grande quantité, dans les eaux de drainage.

M . Dehérain a trouvé à Grignon, pondant une année (juin 1889 à juin 1890), que la perte avait été de iTl kg. d’azote nitrique. Il a remarqué, en outre, que 1 entraînement des nitrates était surtout considérable au printemps et en été. C’est pour éviter ces pertes qu’il a proposé do semer, immédiatement après la moisson, des plantes à végétation rapide, destinées à être entouies en vert, comme le colza, la moutarde, la navette. Ces plantes remédient au manque d’absorption du sol ; elles utilisent les nitrates au moment où leur production est abondante et les restituent par l’enfouissement, pour les besoins des cultures suivantes.

Cotte étude des propriétés absorbantes de la terre arable a une importance capitale, à l’époque actuelle surtout, où les engrais complémentaires azotés sont de plus en plus employés par les cultivateurs pour maintenir la fertilité d'un domaine et accroître les rendements des plantes cultivées. Les engrais chimiques présentent en elfet l’azote sous forme assez soluble dans l’eau, pouvant par conséquent disparaître du sol, plus ou moins rapidement. Cet inconvénient ne se présentait pas avec le fumier dont les éléments utiles sont engagés sous forme de combinaisons, ne se détruisant que lentement, pour l’utilisation des plantes. Quand il s’agit d’apporter au sol l’élément azoté, il convient de l’employer judicieusement (Voy. Azotés [Engrais]).

Propriétés calorifiques. — Elles ont trait à réchauffement du sol sous l’influence des rayons solaires. C’est surtout la couleur qui joue un rôle prépondérant dans réchauffement du sol.

Le noir concentre les rayons solaires, le blanc les reflète. La couleur des terres ne peut être économiquement modifiée qu’en culture maraîchère.

L’humidité du sol empêche le réchauffement en vertu de l’évaporation constante ; pratiquement, ce phénomène a son application dans le drai-

nafre, dont les elTots so manifostent en rochaulfant lo sol.

Classification des terres. — I.a classidcation dos terres est utile, alin que Jour nom seul éveille la notion de leur composition.

De Gasnarin a fait trois sections réparties clans le tableau ci-dessous :

I. — Terres calcaires : 1® Terres franches ; *2® Terres argilo-calcaircs; 3o Terres crayeuses; DTerres sablo-calcaires.

II. — Terres sa)is calcaires : 1*^ Terres ari^ileuses ; 2*^ Terres siliceuses.

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