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CHAMPIGNON — 148 — CHAMPIGNON

Si notre cryptogame opère toutes ses transformations sur une seule et meme plante hospitalière, il est dit a\itoïq\ie ou monoxène : c’est le cas du Clavicfjps purpurea sur le seigle, du Gui(j)i(irdia JiidwelHi (hlack-rot) sur la vigne, etc. Mais notre champignon peut au contraire avoir hosoin de plusieurs hâtes pour accomplir le cycle entier do son évolution, auquel cas il est dit }u*tin*oK/u(* ou hétrroxènc^ comiiKî cela s’ohserv’o iiour le Pucciiiid f/ra- 7)iinis nui envanit au jirintomjis le berherido vulgaire ou éi>inc-vinette, en été le blé cultivé et qui finalement a produit trois sortes de conidies indépendamment de ses probasides et de scs propres spores : les basidiospores.

Ceci nous oblige à remarquer que dans les cryptogames, et en particulier dans les champignons qui nous intéressent ici, nous assistons à un jihénomène extrêmement curieux et tout à fait inattendu : VaUernance dans les (jenèrations^ contrairememt à ce que Ton sait des plantes phanérogames où ce phénomène n’existe pas. Malheureusement il faut reconnaître que nos connaissances sur les états successifs par lesquels peut ]>assor telle ou telle espèce sont encore loin d’etre suflisamment étendues. La filiation des formes successives nous échaj^pe souvent, et il en résulte qu’on a été amené h désigner sous des noms génériques et spécifiques distincts des êtres qui no représentent en somme que des formes transitoires dune seule et même espèce. Cette nomenclature très compliquée, d’ailleurs nécessaire pour faciliter l’étude, ne peut donc avoir qu’une valeur provisoire et est appelée à se simplifier au fur et à mesure que nous connaîtrons mieux la biologie des champignons.

Faculté germinative des spores. — Les spores des champignons, qu’elles soient issues de fécondation ou non, qu’elles soient spores proprement dites ou conidies, ne présentent pas à beaucoup près le même caractère dans la durée de la faculté germinative. C’est ainsi que nous pouvons poser en principe que, d’une manière générale, les conidies conservent la faculté do germer pendant un court espace de temps, tandis que les oospores, les chlamydospores, les basidiospores et les ascosporos peuvent conserver cette faculté d’une année à l’autre, et on signale même dos cas où pour certaines espèces on a réussi à faire germer des sporesayant quatre années d’existence, telles lès oospores du Phytophthora omnwora. A cet égard nous forons observer que les spores qui passent ainsi à l’état de vie ralentie cutinisent

et colorent extérieurement leur membrane, si bien que l’on trouve par la suite deux parties distinctes dans l’enveloppo cellulaire : une couche interne qui doincure cellulosique et une couche externe qui s’est cutiniséo et qui présente souvent des porcs pour la germination future : c’est le cas des ///’Obas'ules de certaines Urédinées.

De la germination des spores. — Lorsque des spores fertiles sont placées dans des conditions d’aération, de chaleur et d’humidité suffisantes, on jieut les voir germer do plusieurs manières selon l’espèce do champignon considérée, mais aussi selon les variétés de spores mises en expérience.

Le plus fréquemment, ces semences donnent directement naissance à un thalle que nous appellerons ordinaire, qu’il soit d’ailleurs homogène ou hétérogène : c’est la germination en tube dos basidiospores, des ascospores, etc.

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Dans la puccinie du l)lé, au contraire, nous verrons toujours la téleutospore ou probaside émettre un rudiment de thalle à rjuatre compartiments rjue l’on peut considérer comme représentant une baside cloisonnée et qui d’ailleurs émet bientôt ses quatre basidiospores caractéristiques.

Dans les Péronosporées, l’oospore du Pevonospora viticola^ par exemple, pourra germer tantôt en zoosporango, tantôt en produisant directement un conidiophore De même, on

verra les conidies ainsi émises germer, elles aussi, en zoosporange, ou bien émettre de suite un tube de germination {Fig.),

Enfin il est des spores capables do germer en levure, c’est-à-dire de donner un thalle pulvérulent, c'est le cas des Saccharomyces et de certaines Ustilaginées lorsqu’on vient à placer celles-ci dans des circonstances spéciales {Fig.).

De la distribution, du rôle et du mode d'existence des champignons à la surface du globe. — l^es champignons sont surtout des plantes des pays tempérés et chauds des deux hémisphères, mais leur rôle dans la nature n’en est pas moins immense, car ils font partie des ]^rincipaux agents do destruction des matières organiques.

Comme nous l’avons établi au commencement de cette étude, le thalle des champignons, n’aj^ant pas de chlorophylle, doit emprunter pour se nourrir les composés carbonés complexes formés par les végétaux verts, tantôt dans les débris des animaux ou des végétaux morts, tantôt directement dans le corps des animaux ou végétaux vivants. Dans

CHAMPIGNONS (suite)

Spore germant en tube

(Sp, M, Mycélium).

Plasmopara viticola (OE, OEuI* germant en conicJiophores).

le premier cas, on dit que l’espèce vit en saprophyte ; dans le second, qu’elle vit en symbiose ou en parasite, 11 y a symbiose, s’il y a bénétice réciproque

f>our les deux etres vivants; dans les ichens, par exemple, on trouve toujours l’association d’une alg^uc avec un champignon ; les Mycor/ii za do Franck seraient des champignons vivant en symbiose sur les jeunes racines de cnene, de châtaignier. Au contraire, il y a parasitisme, s’il y a bonéHco unilatéral, et l’on trouve alors tous les degrés d’âpreté dans la lutte de la part de l’espece (|ui remporte sur l’autre.

De môme nous nous hâtons de dire que la distinction entre champignons saprophytes et cliampignons parasites ne saurait être absolue, puisque parmi les espèces saprophytes il en est qui peuvent, quand les circonstances le permettent, se nourrir en parasites, comme le^, Penicillhun crustaceum,, V Arrnillaria mellea et, parmi les parasites, il s’en trouve qui deviennent saprophytes, tel le Demalophora necatrix, il faut donc, d’une part, recon-

naître des saprophytes absolus, commo le champignon de couche, l’oronge, etc., et des sapy'ophytes facultatifs, comme l’agaric de miel, et, d’autre part, des parasites absolus : les Pe?'onospo7*a, le PlasmodiophorUy etc., et des parasites facultatifs, tels que V Oj^hiobolus graminis, le Necti'ia cinnabarùia et autres analogues qui continuent â vivre en saprophytes après avoir tué les tissus (Voy.la description de ces champignons lus ou moins parasites à la suite es principales cultures do plantes commo : Betteuave, Fuoment, Vigne, etc.).

Tout comme les plantes supérieures, ces champignons ont aussi besoin, pour se développer, d’une certaine quantité d’air avec une humidité suflisanto et une température convenable. Par contre, les uns vivent en l’absence do lumière comme la trutfe, et d’autres demandent des radiations lumineuses pour Ibrmer et mûrir leur appareil reproducteur; ex. : les Coprins.

Entin, dans les espèces parasites, on peut faire cette remarque que le thalle se développe tantôt à l’intérieur.

tantôt à la surface de sa plante hospitalière ; de là, la distinction des champignons parasites en clianijii^nons épiphytes : les J'Æysiphées, et en champignons eiidophytes : les l^éronosporées et autres groupes.

Classification. — Plusieurs classifications ont été adoptées pour les champignons, mais nous admettrons de préférence celle qui répartit les noml)reuses espèces de ce groupe en quatre grands ordres :

1” Les Basidio7nycùtes, thalle pourvu do membranes cellulosiques, cloisonné, pas d’œufs, mais spores en nombre déterminé sur des basides. Ex. : agaric, bolet, hydno, clavaire, Uœoperde, trémelle, auriculaire, rouilles, charbons.

2® Ascomycètes^ thalle à membranes cellulosiques, cloisonné, formant spores en nombre déterminé dans des asques.

Ex. : morille, i)ézize, rhytisma, exoascus, saccharomyces, perisporium, erysiphe, t.^utfe, dematophora, clavice[)S, valsa, etc.

3^ Oomycètes^ thalle pourvu de membranes cellulosi(|ues, continu et formant des œufs. Ex. : mucor, peroiiospora, saprolegnia, etc.

•1® AJ yxomycètes^ thalle mobile et dépourvu de membranes cellulosicpies.

Pas d’œufs, mais spores dans un sporange. Ex. : luligo , plasmodiophora, etc.

Du reste, étant encore insuflisamment édiliés sur la filiation des formes successives par lesquelles liassent le plus souvent les nombreuses espèces de ce groupe, cette classification est appelée à subir dos remaniements incessants, et c’est pour cette raison que nous ne disons rien des Alacédiliécs, dos iJématiées^ des Alélanconiées et des Sphxropsidéacées qui constituent dans leur ensemble une sorte do pépinièi^ dans laquelle viendront puiser l’un ou l’autre des ordres précités pour compléter le cycle des espèces encore mal connues.

Ikisidiomycètes, Dans le champignon de couche, par exemple, le mycélium n’est autre chose que le blaiic de champiynon^ cet ensemble do filaments blanchâtres existant dans les plaques de fumier sec qui servent à la culture. Ce mycélium est hétérogène, car il se compose dune trame de filaments simples ramifiés et cloisonnés, associée à une trame de cordons blanchâtres de grosseur variable et constitués par des filaments agrégés. Ce sont ces cordons blanchâtres qui font que l'appareil végétatif du champignon de couche peut persister souvent plusieurs années. Quant à l’appareil reproducteur, dans le champignon de couche, c’est l’ensemble du pied, du cha-

peau et des lames qui constitue la fructification.

Les éléments reproducteurs proprement dits, qui, par leur développement, redonnent un nouveau mycélium et de nouvelles fructifications, naissent sur les lames.

Une coupe très mince d’une de ces lames, faite perpendiculairement à son plan et examinée au microscope, présente, au centre, un feutrage de filaments blancs. Les cellules qui constituent les extrémités de ces filaments se disposent toutes parallèlement les unes aux autres, de façon à former, sur chaque face du feuillet, une sorte do mince memlirane à laquelle on a donné le nom dliymeïiium. La plupart des cellules de l’h^nienium sont renflées en massue et portent le nom do basides. Au sommet des basides poussent deux prolongements grêles appelés stérlymates; chaque stérigmate se renfle en boule â son extrémité. Cette boule, qui ne mesure que quelques millièmes do millimètre do diamètre, est l’élément reproducteur ou basidiospore.

Chaque baside de champignon de couche ne présente que doux stérigmatos et deux spores ; le nombre de quatre est cependant de beaucoup-dcL plus fréquent.

Dans le cèpe, riiymcnium, les basides, les spores se forment à la face interne des tubes qui sont situés sous le chapeau. Dans les Lycoperdes, Lhymenium à basides tapisse une ou plusieurs cavités ménagées dans l'intérieur d’un faux tissu à apparence massive.

Dans les Rouilles, le mycélium filamenteux peut s'implanter en parasite alternativement sur deux plantes différentes. Par exemple la rouille du blé vit sur le blé et sur répine-vinette

Sur l’épine-vinette, le champignon produit deux sortes do spores conidiennes : dos æcidiolisj^^ores et des æcidiospores. Ces dernières, en germant sur le blé, provoquent l’apparition do la rouille rouge par l'émission de nombreuses conidies urédos pores. Mais à l’approche do l’hiver, à la rouille rouge du blé succède la rouille noire, représentée i)ar des organes de conservation composés de deux cellules à parois épaisses et cutinisées; ce sont ces organes qui avaient reçu le nom de téleutospores, et qui aujourd’hui sont désignés sous le nom de probasides^ car en germant au printemps suivant, chaque cellule donne naissance â une baside cloisonnée transversalement comme dans les Auriculariécs et produisant de môme quatre spores Celles-ci sont suscep-

tibles de germer sur les feuilles d’épinevinette.

A.^co)njjr()lf*s. L’appareil vi^g'étatif dos asconiy cèles est en tous points seinhlablo îï celui îles chainpifj^nons basidiom ycètes ; coux-ci ditîèront donc des preiiners , surloui par Tappareil do reproduction.

Hn ollet, chez uno p<''zizo, uno inorillo, les spores naissent autrement, bai faisant uno coupo P pcn< lie U lai renie lit la surface du chapeau, on irouvo encore un hyménium, mais les cellules do cet hyménium sont très allongées. Ce n'est plus à. leur sommet, c’est dans leur intérieur, aux dépens du contenu d(' ces cellules, que s’o r g a n i s e nt huit masses ovoïdes entourées d’une membrane : ce sont les spores. Los longues cellules qui produisent les spores sont nommées Les Puccinia graminis

asques s’ouvrent au \,i»robî»>i<le irhMitosonimet, et les spo- spore. — b, Hasidiores sont mises en spores).

liberté.

Dans la trutTe, ce champignon qui so développe entièrement sous terre, l’iiymcnium à, asques au lieu d’étre superficiel, tapisse au contraire des vacuoles plus ou moins nombreuses que l’on peut constater dans la masse charnue.

Do nombreuses espèces do ce groupe peuvent vivre on parasites soit sur animaux, soit sur vt'gçtaux, et donner naissance à une ou ])li\sieurs variétés de spores conidiennos avant de produire la forme do fructification en asques.

Ainsi roïdium do la vigne émet des chapelets de conidies ellipsoïdales, avant do produire des asques.

Le l)lack-rot, autre maladie de la vigne, produit dans des réceptacles fructifères en forme do bouteilles, des spores conidiennes en bâtonnets grêles dites spermaties^ puis un peu plus tard, ou bien en même temps, d’autres bouteilles contenant des spores yilus volumineuses et ovoïdes appelées fiti/lospores, et tout cela avant la forme dite parfaite, la forme ascosporée.

Ajoutons pour terminer que l’appareil do fructification à asques et ascopores reçoit Souvent le nom de péri'thèce^ par opposition à celui do cha-

peau^ qui est plus spécialement réservé pour désigner l’appareil reproducteur des champignons â basides.

3® Oonn/cétes, Si nous prenons pour excmido le inildow de la vigne, le mycélium lilannmti'ux et ramifie vit en parasite dans les divers tissus des organes verts où il voyage comme cidui des rouilles entre les ccdlules et en s’alimentant do matériaux nutritifs au moyen de suçoirs qui seuls ]»énètrent les parois cellulaires de riiôto ; mais Uindis (juc chez les rouilles, les filaments sont cloisonnés transversalement, ici CCS cloisons font défaut, l’aiipareil végétatif est, pour cetto raison, dit continu.

Le moment de la fructification arrive, un ou plusieurs rameaux filamenteux viennent faire saillie au dehors en passant par les ouvertures stomates de la face inférieure des feuilles, et chacun do ces rameaux ai>rès s’être ramifié un certain nombre de fois dans son tiers sunéricur, finit jiar représenter sous le chani]) du mic'roscopo uno sorte d’arbuscule dont chacun des éléments ultimes se tcM’mine par doux ou trois courts stérigmates portant chacun uno spore «dlipsoïdale : ce sont autant <lc conidies.

C’est rensemble de ces conidiophores arborescents de la fac(^ inférieuro des feuilles atteintes de mildew, qui donne â l’œil nu la sensation d’un fin duvet blanc et pulvérulent.

( haquo conidic, en présence d'une goutte d’eau et d’une température favorable germe en zoosporange, c’est-à-dire en énnUtant au dehors do six à liuit petites masses jirotoplasmiques avec deux cils : ce sont les zoospo7*es.

Ces zoospores, en so fixant, perdent leurs cils, s’entourent d’une membrano de cellulose et dès lors peuvent germer en émettant un tube capable de pénétrer à nouveau les organes de la vigne

Mais CO n’est pas tout, l’appareil végétatif qui a donné naissance aux filaments à conidies peut aussi produire des œufs. Ainsi en étudiant au microscope, surtout vers la fin de l’été, des coupes faites dans des feuilles de vigne attaquées })ar le mildew, on trouve que, çà et là, un filament do mycélium se renfle en boule â son extrémité, c’est Voof/oyie renfermant Toosphère; un filament voisin se termine par une sorte do massue qui vient s’a^ipliquer sur la boule, c’est le pollinide; au point do contact, il so produit uno communication entre les deux organes, le contenu de la massue s’épanche dans la boule, le produit provenant do l’union des deux contenus est Vœuf ou oospore. C’est uno

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