PRETRES
semis. — Le semis est le mode le plus important de multiplication des plantes de nos jardins, plantes d'ornement et plantes potagères.
Les graines ne donneront de bons résultats que si elles sont bonnes. Quand on achète ses graines, il faut d'abord examiner si elles ont bien la forme, la couleur et la grosseur convenables; car les graines mal conformées, ou trop petites ou de mauvaise couleur, donnent des plantes abâtardies. Les graines ayant bonne apparence, on se demandera si elles ne sont pas trop vieilles, auquel cas elles auraient perdu leur faculté germinative. La vérification se fait par l'essai suivant. Deux morceaux
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d'une étoffe de laine un pou épaisse sont trempés dans l'eau et mis l'un sur l'autre au fond d'une soucoupe; quelques-unes des graines à essayer sont placées sur ce tapis, de façon qu'elles ne se touchent pas , puis recouvertes d'un troisième morceau d'étoffe, également mouillé. On place le tout dans un endroit un peu chaud (de 12 à 18°). Chaque jour on ajoute un peu d'eau, de façon à maintenirles draps simplementmouillés;chaqvie jour aussi, on soulève le drap supérieur et l'on e,\amine l'état des graines. Les bonnes germent bientôt, les mauvaises moisissent.
Le mieux est de n'acheter ses graines que dans une bonne maison, ou bien de les produire soi-même. Pour cela, au moment de la maturité, on fait la récolte. On cueille autant que possible par un beau temps, en choisissant les plantes les plus vigoureuses et, sur ces plantes, les fruits les plus beaux et les moins tardifs. Les graines, une fois récollées et séchées, sont triées, de façon ù ce qu'on ne prenne que celles a3'ant la meilleure forme, la plus jolie couleur et le plus de poids. On conserve jusqu'à l'année suivante dans un endroit sec, à l'abri des trop grandes variations de la température.
On ne conservera pas les graines pendant plusieurs années, la faculté germinative se perdant très rapidement dans certaines espèces.
Le semis se fait de plusieurs manières différentes.
Semis sur place, à la volée. On répand les graines par petites poignées sur le sol, en les répartissant aussi également que possible. Il vaut toujours mieux semer clair. On choisira un moment où il y a peu ou pas de vent ; sans cette précaution on n'obtiendrait aucune régularité. Si les graines sont très petites, on les mêle préalablement avec 8 à 10 fois leur volume de cendre ou de sable fin. Si elles ont des aspérités qui les empêchent de glisser les unes sur les autres, on les froisse d'abord par friction entre les mains, avec du sable; cela se nomme persiller tes (/mines. Le semis à la volée est peu employé dans les jardins.
Semis sur place, en lignes. On répand les graines à la suite les unes des autres dans des raies étroites, peu profondes, tracées préalablement sur le sol avec une binette à l'aide d'un cordeau.
Semis sur place, en paquets. Sur des lignes tracées au cordeau, on pratique des trous également distants les uns dos autres et d'une profondeur variable, selon la nature de la graine. Dans chaque tron, ou paquet, on .jette une ou plusieurs graines, et on recouvre de
terre, en faisant tomber dans le trou un peu de la terre des bords.
Dans tous ces cas, un coup de râteau donné sur le terrain assure un recouvrement suffisant do la graine. Dans tous les cas aussi, si l'on opère par un temps sec, il faut arroser le terrain quelques heures avant de semer, mais pas sur le moment même, car on ferait ensuite de la boue en remuant la terre. Un peu de terreau très tin, répandu à la volée sur le terrain après que le semis est terminé, fait ordinairement très bon effet.
Si on a affaire à une graine à germination lente, il est bon, avant de la semer, de la faire tremper dans l'eau pendant quelques heures. D'autres jardiniers préfèrent conserver ces graines paresseuses pendant l'hiver dans des vases où on a fait alterner des couches de graines et des couches de sable humide.
On évitera de semer trop profondément quand on sèmera en lignes ou en paquets ; 1 à o centimètres, selon les graines.
Après le semis, il faut arroser de temps en temps, pour maintenir la terre dans un état convenable d'humidité.
Semis en pépinière. On appelle semis en pépinière les plantes semées dru dans un espace restreint et destinées à la transplantation. Les semis en pépinière demandent des soins particuliers; on les fait ordinairement sur couche.
Une couche est constituée par un lit assez épais de fumier susceptible de fermenter, recouvert d'une couche de bon terreau* bien fin. Pour dresser une couche, on creuse une fosse rectangulaire, profonde de 3U à 3.t centimètres, bien nivelée au fond, et on y étale une couche d'un mélange de fumier vieux et de fumier neuf; on piétine fortement. On met une seconde couche, qu'on piétine, puis une troisième, jusqu'à ce que la fosse soit bien pleine de fumier ainsi tassé. On recouvre d'une couche de terreau* un peu lassé, sur une épaisseur de 14 à 15 centimètres. Un cadre en bois, de forme rectangulaire, est posé sur le fumier avant qu'on mette le terreau, et c'est à l'intérieur qu'on met le terreau; tout autour on lasse un épais bourrelet de terre. Les parois du cadre doivent s'élever notablement au-dessus du niveau du terreau.
C'est sur ce terreau qu'on fait le semis en pépinière. Ce semis en pépinière est celui qu'on adopte ordinairement pour obtenir des plantes précoces. La fermentation qui se produit dans la couche de fumier disposée au-dessous du terreau élève, en effet, très notablement la température de ce dernier. On se ga-
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