‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 131 sur 420 · MO DID · texte numérisé non relu

MO DID

à Klissa, fille de Mutgo , roi de Tyr, et sœur de Pygraalion. Ce dernier|succéda à son père, et Élissa épousa son oncle Acerbas, prêtre d'Hercule, qui, possédant de grands biens, fut égorgé par Pygraalion. La veuve dissimula sa haine contre l'auteur de ce meurtre, et, pour se donner le temps de fuir, feignit de vouloir se rendre auprès de lui avec les trésors de son mari. Les serviteurs que le roi avait envoyés pour porter les richesses d'Acerbas dans son palais embarquèrent sur un vaisseau toutes tes richesses, et, en outre, de lourds sacs remplis de sable que Didon les força de jeter dans la mer. Croyant que les sacs qu'ils venaient de jeter contenaient les trésors qui avaient si fortement excité l'avidité de leur maître; et craignant sa colère, ils résolurent de s'enfuir avec Élissa. Elle aborda d'abord à l'île de Cjpre, où, par ordre de l'oracle , le prêtre deJupiter se joignit à elle , après s'être réservé le pontificat à perpétuité pour lui et ses descendants. Elle fit aussi enlever quatre-vingts jeunes filles qui étaient au service de Vénus, et qui, d'après l'usage de cette île, s'étaient présentées sur le rivage, et les fit épouser aux compagnons de sa fuite. Les vents portèrent les émigrants sur la côte d'Afrique, où elle acheta autant de terrain qu'elle en pourrait entourer de la peau d'un bœuf. Élissa découpa le cuir en lanières très-minces, et en entoura un espace assez considérable, qu'elle appela Bijrsa (cuir de bœuf). Les peuplades voisines y affluèrent de tous côtés , pour entretenir de bonnes relations avec les étrangers, et Élissa résolut d'y fonder une ville. Mais y ayant trouvé une tête de bœuf, qu'elle regarda comme d'un mauvais augure et comme signe que le sol était difficile à labourer et demanderait une culture continuelle , elle choisit un autre lieu. Là elle trouva la tête d'un cheval, qu'on interpréta comme signe de la puissance et de l'esprit guerrier de la ville future. Ainsi fut fondée la ville de Carthage. Quand elle fut achevée, Iarbas demanda Didon en mariage, et sur son .'refus, il la menaça de la guerre; la princesse, trahie et trompée par ses propres sujets, oonsentit à lui donner sa main. Mais, feignant de vouloir apaiser par un sacrifice les mânes de son premier époux , elle éleva un magnifique bûcher, y monta, et se tua d'un coup de poignard. Après sa mort, les Carthaginois lui rendirent des honneurs divins (Justin). — b. Suivant Virgile, Didon, fille de Bélos, s'étant dérobée avec sa sœur Anne à la cruauté de son frère , fonda la ville de Carthage sur la côte d'Afrique, et y épousa Sichée, qui était mort lorsque les vents poussèrent Énée sur cette plage. L'Amour, qui, suivant le désir de sa mère, avait pris les formes d'Ascagne, fils d'Énée, excita dans le cœur de Didon une passion violente pour le héros. Sur l'avis de sa sœur Anne , elle fit tous ses efforts pour l'attirer à elle. Ne pouvant plus vaincre ra passion, elle s'abandonna à lui, lorsque,

DÎO

surpris à la chasse par une tempête que Junon avait envoyée, ils se trouvaient seuls dans une caverne. Énée retarda son départ jusqu'à ce que Jupiter, sur les plaintes du roi Iarbas, qui en était jaloux, lui eût envoyé Mercure, pour lui ordonner de quitter l'Afrique, et de se rendre en Italie. Didon, s'apercevant des préparatifs secrets qu'Enée fit pour son départ, chercha vainement à le retenir par ses reproches, ses prières et ses larmes; il résista, et, après un second message de Mercure , s'embarqua et quitta ces rivages hospitaliers. Alors la malheureuse reine fit élever un bûcher, sous prétexte de se guérir de sa passion par un feu magique, et se tua d'un coup de poignard, sur le bûcher. Énée la rencontra aux enfers, réunie à Sichée, son premier mari. — En rapprochant Énée et Didon , Virgile a fait un anachronisme de trois siècles ; car Didon quitta la Phénicie deux cent quarante-sept ans après la guerre de Troie.

didym/eos. Surnom d'Apollon , emprunté à l'oracle qu'il possédait à Didyme sur le territoire de Milet , ville qui fut fondée , suivant la tradition, par des colons de Delphes. Cet oracle, qui, auparavant, portait le nom des Branchides, remontait à une époque très-reculée, et, étant d'origine ionienne, était consulté particulièrement par les Ioniens et les iEoliens. Le temple fut saccage par l'armée de Darius.

diespiter. (Aiç 7raTYjp). Surnom deJupiter et de Pluton.

DiaiETOR. Né de deux mères. Surnom de Bacchus , né de Sémélé, et ensuite de la cuisse de Jupiter.

demorphos. Qui a deux formes. Surnom de Bacchus.

diiv. Génie de la Loi, un des vingt-huit Izeds de la religion persane.

diivagara. Radjah hindou, père adoptif de Sita, épouse de Rama.

dindymé. Épouse de Maeon , mère de Cybèle (Diodore).

diîvdymene. Surnom de Cibèle, du mont Dindyme, en Phrygie, qui lui était consacré.

dioclées. Fêtes mégariennes, célébrées au printemps en l'honneur de Dioclès.

dioclès. i. Héros grec , tué en prenant la défense d'un de ses amis. — 2. Un des quatre que Cérès préposa à la célébration de ses mystères. — 3. Fils d'Orsiloquc, père de Créthon et d?Orsiloque , roi de Phère.

dioCorystÈS. Fils d'Égyptus, et fiance d'Hippodamie.

diodas. Nom phrygien d'Hercule.

diogéxée ( diogénéia ). 1. Fille de Céléos , roi de Mégare , qui accueillit Cérès. — 2. Fille du Céphise, épouse de Praximos, mère de Praxithée.

diomède (diomédÈS). i. Fils de Mars et de Cyrène, et roi des Bistoniens de Thrace , nourrissait ses juments de chair humaine. Hercule le vainquit, le fit périr, et donna ses ju-

mentsàEurysthée, qui les mit en liberté. Elles allèrent sur le mont Olympe, et y furent dévorées par les bètes féroces. Suivant Hygin, il était fils d'Atlas et d'Astérie. — 2. Fils de Tydée et de Déipylé, petit-fils d'OEnée, roi d'iEtolie, époux d'iEgialée, et après la mort d'Adrastc, roi d'Argos.— Il faut distinguer, quant à la vie de ce héros, les traditions homériques de celles qui leur sont postérieures. Suivant les premières, dès sa plus tendre enfance, Dioraède perdit son père, qui fut tué dans la guerre de Thèbes ; lui-même avec les autres Épigoncs s'empara plus tard de cette ville. Il avait pour épouse JEgialée , petite-fille d'Adrastos. Il conduisit avec Sthénélus etEuryalus quatre-vingts vaisseaux devant Troie, où il se signala comme le guerrier le plus brave des Grecs, après Achille. Comme ce héros et comme Ulysse, Diomède était aimé de Minerve. II s'offrit au combat avec Hector; d'abord le sort ne lui fut pas favorable ; plus tard cependant, il l'attaqua deux fois, et le renversa même; mais Jupiter et Apollon protégèrent le héros troyen. Il lutta aussi contre Énéc,et même, avec le secours de Minerve, contre les dieux protecteurs de Troie; il blessa Vénus à la main lorsqu'elle vint au secours d'Énée, et la força de quitter le champ de bataille. Assisté de Minerve, qui était montée sur son ebar, dont, comme dit le poète , « l'essieu gémit sous le poids de la déesse terrible et du héros », il blessa le dieu Mars. Un grand nombre de guerriers troyens tombèrent sous ses coups. Il fut plusieurs fois blessé, par Paris lorsque les Troyens surprirent le camp des Grecs, et par Pandarus, qu'il tua. Sthénélus était son ami et le conducteur de son char. Sa cuirasse avait été forgée par Vulcain ; il portait aussi une peau de lion. Ainsi qu'Achille . Ulysse et Hector, Diomède est du nombre des héros les plus célébrés par Homère. Il assiste à tous les combats, et se trouve à tous les dangers ; son opinion prévaut dans le conseil, il sort victorieux des jeux, il est la terreur des ennemis , et jouit d'une grande autorité parmi ses amis. — Mythes postérieurs à Homère. Après la guerre des Épigones contre Troie , Diomède sollicita la main d'Hélène, et plus tard fit partie de l'expédition de Troie. Comme parent de Thersite, tué par Achille , il s'opposa à ce que l'amazone Penthésilée reçût les honneurs de la sépulture; lui-même, il saisit le corps de cette princesse par les pieds, et le traîna dans le Scamandre. Il se rendit avec Ulysse à Lemnos , pour engager Philoctète à se rendre devant Troie. Hygin le met au nombre des guerriers cachés dans le cheval de bois. Il se glissa pendant la nuit avec Ulysse dans la citadelle, et s'empara du Palladium. Eustathe rapporte qu'à leur retour de celte expédition, Ulysse, qui voulait seul jouir de l'honneur d'avoir enlevé ce précieux dépôt , tâcha d'assassiner son compagnon d'armes; mais il fut prévenu par ce héros, et chargé de fers. Alors, ainsi que l'avait prédit l'oracle, s'accomplirent les

DIO i4i

destinées de Troie, que ce palladium avait toujours protégée. La guerre étant terminée, Diomède transporta le palladium à Argos ; mais, à sa mort, il fut enlevé par un de ses descendants, ou, suivant d'autres, par Déraophon. Diomède fut un de ceux qui, dans le retour de l'expédition, se trouvèrent exposés à des courses incertaines et multipliées, et à des dangers sans nombre, avant de revoir leur patrie. Mars et Vénus, irrités contre celui qui avait osé les attaquer et les blesser, le poursuivirent de leur haine; mais Minerve le protégea, et le préserva de la mort. Jeté sur les côtes de Lycie, et sur le point d'être immolé à Mars par le roi Lycus, il fut sauvé par Calirrhoé, sa fille, qui avait conçu de l'amour par lui. Suivant Pausanias, Diomède débarqua à main armée dans l'Attique, que, dans l'obscurité delà nuit, il prit pour un pays ennemi, et perdit le palladium, a. son retour à Argos, il trouva sa femme iEgiale ou vEgialée vivant en adultère avec Hippolyte, ou, suivant d'autres, avec Coraétès. ou avec Cyllabarus. Il quitta alors Argos de sa propre volonté, ou peut-être chassé par sa femrae.'etses amants. Dans la plupart des lieux où il passa, il fonda des sanctuaires en l'honneur de Minerve, sa déesse tutélaire. Il reconquit enfin Argos, après avoir passé quelque temps en Étolie, où il tua Agrios avec tous ses fils. Quelques auteurs le font jeter par une tempête sur la côte d'Italie, où Daunus, roi de cette contrée, lui donna l'hospitalité, et lui promit sa fille Évippé en mariage, ainsi qu'une partie de son royaume, s'il voulait lui prêter secours contre les Messapiens , ses ennemis. Diomède, ayant accepté , défit l'armée ennemie, obtint Évippé, et partagea avec les siens le pays qu'il, venait de conquérir. Sa femme lui donna deux fils, Dioraède et Amphinomos. Il mourut trèsavancé en âge, et fut enseveli par les Dauniens dans l'île qui, depuis, porta son nom. D'autres prétendent qu'après la victoire remportée sur les Messapiens, Daunus laissa à Diomède le choix entre le pays conquis et le butin. Alaenos , frère naturel de Diomède , appelé comme arbitre, et voulant plaire à Évippé, qu'il aimait, adjugea le butin à Diomède. Le héros , mécontent de ce partage, donna sa malédiction au pays. En Italie, il ne se montra plus l'ennemi des Troyens , car Pausanias et Servius rapportent qu'il se rangea du côté d'Énée dans la guerre contre Turnus. — Sa mort est très-diversement racontée : les uns disent qu'il fut tué par le roi Daunus , ou qu'il mourut très-vieux en Daunie ; d'autres le font disparaître dans l'île qui porta son nom , ou dans le pays des Hénètes. Selon plusieurs auteurs, il fonda un grand nombre de temples et de villes sur la côte orientale de l'Italie , comme : Beneventum, TEquumtuticum , Argos , Hippion (plus tard appelée Arpi), Venusia ou Aphrodisia, Canusium, Vénafrum , Salapia ou Elpiœ,Spina,"Sipus, Garganura, Brundusiura.

Strabon le fait aussi construire en partie un canal sur le promontoire de Garganou. Partout où vint ce héros, ajoute-t-ih il répandit le culte des dieux et des héFos, mais surtout de Minerve, sa déesse protectrice, et abolit les sacrifices humains. Après sa mort, on lui rendit des honneurs divins, surtout en Italie, où déjà, pendant sa vie, on lui avait érigé des statues. Daunus, qui, selon une tradition peu accréditée , lui ôta la vie, fit précipiter ses statues dans la mer; mais elles reparaissaient toujours et reprenaient leurs premières places. Les Hénètes sacrifiaient à Diomède des chevaux blancs. On trouve aussi des traces de son culte dans la Grèce ; car Pindare dit qu'il fut placé parmi les dieux avec les Dioscures et qu'il vit avec eux. A la fête que les Athéniens célébraient en l'honneur de Minerve, on portait avec beaucoup de pompe le bouclier de Diomède avec le Palladium, et on baignait l'image du héros dans l'inachus; usage qu'Eumédès, prêtre de Minerve, introduisit à Argos. Selon une autre conjecture, Diomède fut l'ancien nom ( pélasgien peutêtre) d'une divinité qui plus tard, fut confondue avec le héros son homonyme. Il était représenté dans l'Acropolis d'Athènes emportant le Palladium de Troie. Polygnote aussi l'avait représenté dans la Lesché de Delphes. Sur des gemmes on le voit en costume étolien, la chlamyde roulée' autour du bras gauche. — 3. Fils de Diomède et d'Évippé.

diomédé. r. Femme de Déion n° 2. — 2. Fille de Lapithas, épouse d'Amyclas, mère de Cynortès et d'Hyacinthe. — 3. Épouse de Pallas, mère d'Eurychus. — 4. Fille de Phorbas, de Lemnos, amante d'Achille. Les poètes l'appelaient aussi Diomédée.

diomédée. Épouse dTpliiclus , mère de lolaïis.

diomées. Fêtes grecques en l'honneur -de Jupiter-Dioméus , ou de Diomus, héros athénien, duquel les habitants d'une ville de l'Attique prirent le nom de Diomiens.

dioiieus. Surnom de Jupiter.

DiOMOS, fils deColyttos, favori et serviteur d'Hercule, donna son nom à un bourg de l'Attique.

diox. Roi de Laconie, époux d'Iphitée; ayant donne l'hospitalité à Apollon, le dieu, pour le récompenser, doua ses trois filles, Orphé, Lyco et Carya, de la faculté de lire dans l'avenir, mais à la condition de ne jamais révéler les secrets des dieux, et de ne pas chercher à pénétrer ce qui devait leur rester caché. Bientôt après, Bacchus s'arrêta chez Dion , et devint amoureux de Carya; s'étant aperçu que Lyco et Orphé cherchaient à traverser cette passion , il leur rappela la défense d'Apollon ; mais ses remontrances furent vaines : irrité de l'opiniâtreté des deux sœurs, il leur inspira un délire furieux, et les changea ensuite en rocher. Carya fut métamorphosée en noyer.

dioX/EA (dioxaia), Nom patronymique de

DtO

Vénus , fille de Dione. On applique aussi ce nom aux objets consacrés à cette déesse : ainsi la colombe est appelée, dans Stace, dionœa columba.

dio\e (dioxé). 1. Titanide, fille de l'Océan et de Téthys, ou d'Uranus et de la Terr.c, ou encore fille del'Éther. Amante de Jupiter, elle eut de lui Vénus. Homère représente Dionc accueillant avec des consolations et des caresses sa fille blessée, et menaçant Diomède d'un avenir malheureux. Elle fut du nombre des déesses qui assistèrent à la naissance d'Apollon et de Diane, à Délos. On la nomme aussi mère de Bacchus. Un bois lui était consacré, au pied du mont Lépréon, sur la côte occidentale du Péloponnèse. — 2. Nom de Vénus. — 3. Néréide. — 4. Fille d'Atlas, épouse de Tantale , mère de Pélops et de Niobé. — 5. Nymphe de Dodone. 1

dioxysiaques. Ce nom, qui désigne en général toutes les fêtes consacrées à Bacchus , s'applique plus particulièrement à deux ordres de cérémonies mystiques, qu'on distin guait par le nom de grandes et petites dionysiaques, appelées aussi urbaines (astica) et rurales (ta cat'agrous). Les premières se célébraient au mois d'ÉÎapbébolion (mars), les autres en Posidéon (décembre). Les principales cérémonies consistaient en processions ou l'on portait des vases remplis de vin et couronnés de pampre. On y voyait figurer des canéphores portant des corbeilles pleines de fruits, des sylènes, des pans, des satyres, des phallophores, des ithyphalles; et la fête était présidée par Farchonte-roi , qui s'adjoignait quatre matrones et des épimélètes pour l'aider dans ses fonctions. Les mystères qui précédaient ou suivaient ces processions étaient à .peu près les mêmes que ceux des Éleusinies. Voy. Anthestéries, Bacchanales, -et Libéraeies.

dioxy-sodotos. Né de Bacchus. Surnom d'Apollon dans le bourg de Phlya, en Attique.

dioxysos- Nom grec de Bacchus.

diopatra. Nom d'une des nymphes qui furent insultées par Térambe.

diophoros, géant, défia au combat Gé, sa mère , et fut changé en rocher.

diorÈs. 1. Fils d'Éole; épousa sa sœur Polymélé. — 2. Fils d'Amaryncée , qui tonduisit les Épéiens devant Troie; il y fut tué par Pirus. — 3. Père d'Automédon, compagnon d'armes d'Achille. — 4. Fils de Priam, frère d'Amycus, compagnon d'Énée ; fut tué avec son frère par Turnus.

dioscures ( dioscouroi, fils de Jupiter ). Nom patronymique de Castor et Pollux. La légende homérique relative à ces deux héros est courte et simple ; il faut la distinguer soigneusement des fables dont les poètes postérieurs ont surchargé l'histoire des Dioscures , qu'on désigne aussi sous le nom de Tyndarid.es, de Castores, et de Gemini ou. gémeaux. Selon Homère, ils sont fils de Tyndare

et de Léda, et frères d'Hélène et de Clytemnestre. Castor est célèbre par son adresse à dompter les chevaux , Poliux est habile au pugilat. Tous deux avaient déjà quitté la terre à une époque antérieure à la guerre de Troie; ils y reparaissaient cependant alternativement, se partageant l'immortalité, et jouissant des honneurs qu'on accordait aux dieux. — Les traditions postérieures ne s'accordent nullement, ni sur la naissance des Dioscures, ni sur les événements qui remplirent leur vie guerrière. Nous allons essayer de les distinguer, en nous bornant à mentionner les principaux mythes. — • Naissance des Dioscures. Castor. Poliux et Hélène sont tous trois enfants de Jupiter et de Léda, auprès de laquelle le maître des dieux s'introduisit sous la forme d'un cygne; ils vinrent au monde renfermés dans un œuf, qui, suivant d'autres, ne contenait que les deux demi-dieux. On dit encore qu'ils naquirent de Léda suivant le mode ordinaire, Jupiter ayant emprunté la forme d'un astre pour posséder leur mère. Enfin, une troisième tradition dit que Léda accoucha de deux œufs, dont l'un, de Tyndare, son mari, produisit deux mortels, Castor et Clytemnestre; et l'autre, d*e Jupiter, Hélène et Poliux , tous deux immortels comme leur père. Le lieu de leur naissance fut Amyclée , ou le Taygète, ou l'île de Pephnos, près de Thalames, ou la ville même de Thalames. — Exp édition contre Athènes. Thésée ayant enlevé Hélène , la confina dans une retraite obscure, à Aphidnes, et pria sa mère TEthra de veiller attentivement sur sa captive. Mais les Dioscures, irrités, survinrent tout à coup en Atlique, s'emparèrent d'une partie du pays , et, guidés par les avis d'un certain Décémus ou Académus, pénétrèrent jusqu'à Aphidnes, d'où ils ramenèrent leur sœur : iEthra tomba aussi dans leurs mains. A leur retour de cette expédition, qui ne s'acheva pas sans combat , Menesthée leur ouvrit les portes d'Athènes, et Aphidnus les adopta ; ils purent donc comme ils le désiraient, et comme Hercule l'avait fait, se faire initier aux mystères. Les Athéniens leur rendirent des honneurs divins. — Voyage en Colchide. Comme alliés de Jason, les Dioscures prirent part à l'expédition des Argonautes ; ils s'étaient de même signalés contre le sanglier de Calydon. Une forte tempête ayant assailli les hardis navigateurs sur la mer de Colchos, Orphée implora le secours des dieux de Samothrace, et l'on vit tout â coup deux flammes descendre et se poser sur la tête des Tyndarides. Cette lueur bienfaisante, qui présage au marin la fin de la tourmente, est appelée encore aujourd'hui feu Saint-Elme (pour Elue, abréviation d'Hélène). Parvenu dans le pays des Bébryces, Poliux vainquit, au combat du ceste , le monstrueux géant fils de Neptune. Les deux frères fondèrent ensuite la ville de Dioscorias. — Combat avec les Apharèides. Amoureux des belles filles de Leucippe, Phœbé, prêtresse de Minerve,

BÏO 143

et Hiiaïrc, prêtresse de Diane, les Dioscures les enlevèrent, et les épousèrent à Messine. Poliux eut de Phébé Mnésilée, et Hilaïre donna à Castor, Anogon. On nomme aussi le premier Mnésinoos ou Asinéos, et le second Anaxis ou Aulothos. Les Tyndarides firent ensuite une expédition en Arcadie avec les Apharèides Idas etLyncée, auxquels ils refusèrent leur part de butin. Il s'ensuivit un violent combat, qui, suivant d'autres, eut sa cause dans l'amour que les Apharèides ressentaient pour les filles de Leucippe. Ici, ce sont les Tyndarides , qui, invités aux noces d'Idas et de Lyncée, enlèvent les belles épousées ; là, ce sont au contraire les Apharèides qui portent des mains violentes sur les fiancées des divins héros. Enfin, dans Théocrite, c'est Leucippe lui-même , qui , séduit par les riches présents des Dioscures, préfère ces nouveaux prétendants aux Apharèides, dont la libéralité ne s'était pas déployée avec autant d'éclat. — Mort de Castor. Les traditions qui regardent la mort de Castor, principal épisode du combat, sont aussi diverses que celles qui se rapportent à la cause de cette lutte terrible. — a. Suivant Pindare, les Dioscures, après avoir enlevé injustement la part du butin qu'avaient gagnée les Apharèides, résolurent de se mettre en embuscade pour surprendre leurs adversaires, et se cachèrent dans le tronc d'un chêne creusé par les ans. Mais Lyncée les aperçut des hauteurs du Taygète, et, les tournant adroitement, blessa mortellement Castor avant que le héros eût eu le temps de se mettre en garde. Poliux, enflammé de rage , poursuit les meurtriers jusqu'au tombeau d'Apharée; il supporte sans fléchir le poids du cippe que ses ennemis lui jettent à la tête, et perce Lyncée pendant que Jupiter foudroie Idas, qui avait accompagné son frère. L'éclair consuma les corps des deux Apharèides. — b. Les Apharèides ayant atteint les Dioscures au tombeau d'Apharée , il fut convenu , sur la proposition de Lyncée , que les deux plus jeunes, c'est-à-dire lui et Castor, combattraient seuls, sous les yeux de Poliux et d'Idas. Castor blessa Lyncée à la main, et le massacra ensuite sur le tombeau de son père. Idas saisit alors le cippe funéraire, pour en écraser le meurtrier ; mais il tomba frappé de la foudre. — c. Castor tue Lyncée debout auprès de lui; Idas abandonne alors et combat et fiancée, et commence à ensevelir son frère. Castor veut l'en empêcher : Idas le tue. — d. Castor périt dans une guerre entre Athènes et Lacédéraone, ou lorsque Sparte fut assiégée par les Apharèides. On lui éleva des tombeaux à Argos , à Sparte , et auprès de Thérapné. — Apothéose des Dioscures.

Poliux, voyant Castor près de rendre le dernier soupir, pria Jupiter de lui accorder de mourir avec son frère chéri. Jupiter, alors, lui laissa le choix, ou de venir habiter l'Olympe , ou de partager le sort de son frère, et de passer alternativement avec lui un jour

dans le ciel, et l'autre, sur la terre. Selon d'autres auteurs, Jupiter,, pour récompenser cet amour fraternel, les plaça parmi les astres Ce furent les Achéens qui , les premiers , rendirent les honneurs divins aux Dioscures, les regardant comme des héros indigènes : ils instituèrent leur culte à Arayclée, a Thérapné et à Pephnos, quarante ans après la mort de Castor, suivant la tradition. Localisés ensuite chez les Doriens, qui empruntèrent aux Achéens et le mythe et le culte des deux frères , les Dioscures furent confondus, à une époque bien postérieure , non-seulement avec les Cahires de Samothrace, mais encore avec d'autres dieux tutélaircs, et ce fut comme tels que leur culte se répandit dans toute la Grèce, l'Italie et la Sicile. On les invoquait comme dieux protecteurs et sauveurs; de là leurs épitèthes de Megaloi Theoi, d'Anactès, de Sotérès, de Boethooi, d'Agathoi Parastatai. Ils protégeaient surtout les nochers dans les tempêtes: Neptune , touché de leur amour fraternel, leur avait donné la faculté d'apaiser les flots irrités. Enfin, on les considérait comme dieux tutélaires de l'hospitalité et comme vengeurs de ceux qui l'avaient violée. Ils se présentaient souvent chez les habitants des villes pour éprouver leur bienveillance à accueillir des étrangers. Un certain Phormion, auquel était échue la maison qu'ils avaient habitée à Sparte, ayant refusé de leur abandonner leur ancienne chambre, parce que sa fille, disait-il, en avait fait sa demeure, chercha en vain son enfant le jour suivant : elle avait disparu avec tous ceux qui la servaient; le malheureux père trouva dans la chambre qu'il avait refusée aux Dioscures les images des deux héros, une table, et du silphium. — Quant à leur vie héroïque, les Tyndarides ont un caractère différent, ainsi que nous l'avons déjà vu par Homère. Pollux est le lutteur adroit et vigoureux , pyx agathos ; Castor, le guerrier habile à dompter les chevaux. Aussi les poètes donnent-ils à ce dernier les surnoms d'Hippodamos, d'Hippalidès, de Tachy polos. Tous deux montent de magnifiques chevaux blancs , qui leur ont été donnés par N eptune , ou par Mercure ou par Junon. Les noms de ces coursiers sont Phlogeus et Harpagus , ou Xanthus et Cyllarus. Quelquefois ils sont attelés à un magnifique char d'or, et leurs maîtres changent alors leurs surnoms d'Evippei , d'Hippeis, de Leucopoloi , pour celui de Chrysarmatoi. Comme Mercure et Hercule, Castor et Pollux président aux jeux gymniques en général, et plus particulièrement aux jeux olympiques, epoptai ton agonôn,» enagônioi. A Sparte, leurs statues se trouvaient dans l'endroit où avaient lieu les courses, et les habitants de la ville leur attribuaient l'invention des danses militaires et d'une sorte de musique guerrière que les Spartiates faisaient entendre toutes les fois qu'ils marchaient au combat. — Les Dioscures avaient un grand nombre de temples et de statues; nous men-

Page 1