ELE
dans ce jour, ou dans la nuit du sixième au septième, qu'avait lieu l'initiation proprement dite (Époptce;, qui consistait en scènes de fantasmagorie , en rapides alternatives de lumière et de ténèbres; les portes du temple , s'ouvrant avec fracas, laissaient voir aux Époptes des fantômes à figures monstrueuses, des lueurs éblouissantes et fugitives, que remplaçait bientôt une ombre épaisse, spectacle effrayant , dont des hurlements inconnus et des roulements semblables à celui du tonnerre venaient augmenter l'horreur. Tout à coup les portes de l'adyte s'ouvraient à deux battants, et la statue de la déesse apparaissait au milieu d'une lumière éclatante : c'était là l'Autopsie , dernière cérémonie de l'initiation , à la fin de laquelle l'hiérophante prononçait ces mots barbares : Komx Ompax, dont le sens est inconnu. Le septième jour on célébrait des jeux dans lesquels le prix du vainqueur était une mesure d'orge. Le lendemain on initiait les retardataires. Ce jour se nommait Épidaurion , en mémoire d'Esculape, qui, venant d'Épidaure pour se faire admettre à la participation des mystères, n'arriva à Eleusis que le huitième jour. Le neuvième et dernier jour de la fête portait le nom de Plémochoé , c'est-à-dire vaisseau de terre, à cause des deux vaisseaux remplis de vin qu'on renversait, l'un du côté du levant, l'autre du côté du couchant. Le ministre qui présidait à l'initiation s'appelait l'hiérophante; il devait se vouer à un célibat éternel. Assis sur un trône dans l'intérieur du temple , il avait auprès de lui le Dadouque , qui partageait sa présidence. Après eux venait l'hiérocéryx, qui veillait à ce qu'aucun profane ne pénétrât parmi les initiés; le quatrième et dernier officier supérieur administrait à l'autel sous le nom d'Épibome. Les officiers d'un ordre inférieur étaient l'archonte - roi , les quatre épimélètes , et les dix hiéropoioi. — Le temps de la célébration des fêtes d'Eleusis était une époque sacrée; le magistrat ne pouvait attenter à la liberté d'aucun coupable ; nulle requête n'était admise en justice; les fèves et le millet consacrés à Cérès étaient absolumment proscrits ; enfin une amende de mille drachmes frappait la femme qui se serait fait conduire en char à Eleusis, le but de ces processions étant de rappeler les courses de Cerès. — Transportées d'Eleusis à Rome sous le règne d'Adrien, les Éleusinies subsistèrent avec la même pompe jusqu'au règne de Théodose le Grand, qui les abolit entièrement.
éleusis. Filsd'Ogygos ou de Mercure et de Daire; il épousa Cothonéa que Servius nomme Cyntinia, et donna son nom à la ville d'Eleusis.
éleuther. i. Fils d'Apollon et d'/Ethusa, fondateur de la ville béotienne d'Éleuthérie. Il fut père de Jasios. Suivant Hygin, il éleva le premier une statue en l'honneur de Baechus, et travailla activement à la propaga-
ÉLE 157
tion du culte de ce dieu. — 2. Fils de Lycaon, qui s'abstint ainsi que son frère Lébéados, du crime commis parles autres Lycaonides. — 3. Un des Curètes; il donna le nom d'Élcutherœ à l'île de Crète, où il fonda la ville d'Éleutherna.
éleuthéreus. Surnom de Baechus, tiré soit du nom d'Éleuther qui avait érigé une statue au dieu , soit du mot grec Éleuthèros (libre).
éleuthéries. Fête en l'honneur de Jupiter, qui se célébrait à Platée. Elle fut instituée en mémoire de la victoire remportée sur Mardonius.
éleuthérios. 1. Surnom de Jupiter; répond à l'épithète Liberator. libérateur, des Romains. — ?.. Surnom de Baechus. Voy.
Éleuthéreus.
éleutho. Voy. Iuthyie.
élicius. Le même que Catœbatès. Voy.
ce nom.
élirius. Chef troyen établi en Sicile.
élinos. Père d'Eunostos n° 2.
éliox. Dieu phénicien, époux de Béruth, et père d'Ouranos et de Gé (Sanchoniaton).
élissa. Voy. Didon.
ÉLisSAOiV. Lycaonide; donna son nom à une ville du Péloponnèse.
ÉLITHYIA. Voy. ILITHYIE.
ELLÉROPHONTESOUBELLÉROPHOJVTÈS.
Nom d'Hipponoiis ou Bellérophon. Voy. ce mot.
ellops. Fils d'Ion ou de Tithon; donna son nom à la ville d'EIlopie en Eubée.
elloties. Fêtes des Cretois , en l'honneur d'Europe, qu'ils nommaient Ellotis.
elpé. Fille du cyclope Polyphème , enlevée par Ulysse et rendue à son père par les Lestrigons.
elpéivor. Un des compagnons d'Ulysse, qui furent changés en pourceaux par Circé. Rendu à sa première forme, il s'endormit sur le toit de la maison de Circé et se tua en tombant. Ulysse, descendu aux enfers, rencontra son ombre, qui le supplia de brûler son corps et de lui ériger un monument, ce que le fils de Laërte exécuta après son retour des enfers dans l'île de Circé. Polygnote l'avait représenté dans la Lesché de Delphes.
ELPis. Nom sous lequel les Grecs honoraient l'Espérance. Voy. Espérance.
elviîva. Surnom de Cérès.
elycès. Un des compagnons de Phinée, tué par Persée.
elymeus. Surnom de Jupiter, d'Elymaïs, villede Perse, où il avait un temple magnifique.
élymivios- Surnom de Neptune à Lesbos.
élymus (elymos ). Troyen d'extraction royale , frère d'Éryx, et fils naturel d'Anchise. Il se rendit en Sicile avant Énce, et s'y établit avec Ségeste sur les bords du Crimisos, où Énée les trouva et bâtit les villes dTEgeste et d'Ëlyme. Les Troyens qui habitaient cette contrée s'appelaient Élyméens. — Strabon
158 ÉMP
rappelle Elymnus, et raconte qu'Énée se rendit avec lui en Sicile, où il prit possession des villes d'Eryx et de Lilybaeon. Suivant Servius , Élymos était aussi le fondateur d'Asca et d'Entellâ en Sicile.
ELYSÉE OU CHAMPS-ELYSÉES. SéjOlirdes
ombres vertueuses après la mort. Homère le place aux limites occidentales de la terre, en deçà de l'Océan. Suivant ce poëte, un printemps éternel règne dans l'Elysée , où habite Rhadamanthe : le soleil y répand toujours sa lumière ; Jamais la pluie ni les orages ne viennent attrister les héros qui y vivent dans une félicité parfaite. Hésiode nomme ce lieu fortuné les îles bienheureuses , où la terre se couvre de fleurs et de fruits trois fois dans l'année, et où les héros vivent heureux au delà de l'Océan. Suivant Pindare, Saturne a un palais dans ces îles; on n'y est admis qu'après avoir subi sur,terre et dans l'Hadès trois épreuves pendant chacune desquelles on ne doit se rendre coupable d'aucun crime. Rhadamanthe y siège auprès de Saturne. Les traditions postérieures s'écartent en quelques points du mythe primitif; ainsi, suivant Lucien, c'est dans la lune qu'est l'Elysée; Plutarque le place au centre de la terre , et Denys le géographe dans les îles Blanches. Virgile suppose qu'après un séjour de mille ans dans ce paradis , les âmes boivent l'eau du fleuve Léthé et viennent habiter d'autres corps.
ÉM ygixgillier. Ministres du dieu des enfers, lama, dans la mythologie hindoue; sont chargés de torturer les âmes des criminels.
émathides. Nom des Piérides , filles de Piérus, roi d'Éraathie.
ÊHATHION. r. Fils de Tithon et de l'Aurore, frère de Memnon. Suivant Apollodore, il régna sur l'Arabie, et fut tué par Hercule.— ?.. Vieillard tué par Chromis aux noces de Persée. — 3. Compagnon d'Énée, tué par Liger.
émathos, fils de Macédon, frère de Piérus, donna son nom à l'Émathie.
embaros. Natif de l'île de Pyrée; sacrifia sa fille aux dieux, pour faire cesser une famine qui désolait sa patrie.
embasios. Surnom d'Apollon, invoqué par les navigateurs au moment du départ»
embla, La première femme, suivant la mythologie Scandinave ; fut formée d'un gros bloc de bois, ainsi qu'Aske, son époux.
É jIéxé ( iEMÊNÉ )• Troyenne ; reçut à Athènes les honneurs héroïques.
émeth. Dans la cosmogonie égyptienne, la première divinité après Noétarque.
émolus (ésiolos), fils d'Atrée, est Compté avec ses deux frères, Alcon et Melampe, au nombre des Dioscures (Cicéron).
émox. Voy. HÉMOÏT.
empaxda. Divinité rustique, protectrice des bourgs et des villages, suivant Festus. L'étymologie de son nom est incertaine.
e m pu sa (empousa). Sorte de vampire féminin qu'Hécate envoyait aux voyageurs afin
Ëftfi
de les épouvanter. C était une divinité anthropophage, qui avait la faculté de varier à l'infini les formes sous lesquelles elle se présentait. On la figurait ordinairement avec un pied d'airain, et l'autre composé d'excréments d'âne. C'est par des injures que l'on faisait fuir l'Empuse , qui poussait des cris rauques en s'éloignant. Aristophane lui donne les surnoms VOnoscelis et û'Onocôlé.
émélus. Selon quelques auteurs , fils d'Ascagne, dont la famille Émilienne prétendait descendre.
éxachsys. Déesse malfaisante , redoutée des Yakoutes , qui lui croient le pouvoir de nuire à leurs troupeaux.
Éx.esiwls. Fils d'Hippocoon, tué parle sanglier de Calydon.
éxagoxios. Qui préside aux lices. Surnom de Mercure.
Éxalls(é\\ylos ). L'oracle avait ordonné aux Penthélides , qui allaient fonder une colonie à Lesbos, de s'arrêter sur le Mésogion, et d'y sacrifier un taureau à Neptune et une jeune fille à Amphitrite et aux Néréides. Le sort désigna comme victime la fille de Sminthée ou Phinée. Comme on la jetait dans la mer, son amant Enalus la saisit, et s'y précipita avec elle. Ils furent sauvés et portés à terre par des dauphins. Plus tard, Énalus descendit dans la mer par une tempête tellement furieuse que personne n'osait s'approcher du rivage, en sortit sain et sauf, et, suivi des Polypes, il se rendit au temple de Neptune. Le plus grand des Polypes portait une pierre, qu'Énalus consacra au dieu, et qui fut désignée dans la suite sous le nom d'Énalus.
éxaréphoros, fils d'Hippocoon , voulut s'emparer de la jeune Hélène; mais Tyndare la confia à Thésée.
éivarÈte. Femme d'iEolus n° i.
encelade (encelados). i. Fils du Tartare et de la Terre, l'un des géants aux cent bras qui luttèrent contre les dieux ; il fut foudroyé par Jupiter, ou, suivant Pausanias, écrasé par le char de Minerve ; ou encore , comme le rapporte Euripide, percé par le javelot de Silène. Apollodore prétend que Minerve jeta l'île de Sicile sur le géant, et qu'il fut enseveli sous l'Etna. — ?.. Nom d'un des chevaux de Neptune. — 6. Fils d'^Egyptus, fiancé de la danaide Araymone.
exclyseus. Divinité dont il n'est fait mention que dans une seule inscription trouvée à Gaza en Palestine, rapportée par Muratori.
ex d arthyia. Surnom de Minerve, qui selon Hésychius, se changea en plongeon, (aÏTUia) cacha Cécrops sous ses ailes, et le transporta à Mégare.
exdéis. Fille de Chiron ou Sciron, femme d'Eaque : dans Plutarque, mère de Télamon et de Pélée.
exdovellicus. Divinité des Celtibériens, dont le nom se lit sur plusieurs inscriptions trouvées en Espagne. Ces mêmes inscriptions
ÉKÉ
se présentent encore sous les noms d'Endovolicus et d'Endobolicus.
ex dr a cm \ a . Fils de Viçoavangaça et père de Vidikrota.
endymion. L'amant de la déesse de la lune. Il y a sur ce personnage mythologique deux traditions très-différentes , qui avaient cours , l'une enElide, l'autre en Carie. Suivant la première , JEndymion était fils d'Aêthlius , ou de Jupiter et de Calycé, ou encore de Jupiter et de Protogenie. Il avait pour épouse Astérodie ou Chromie, fille d'Itonus; ou Hypérippe, fille d'Arcas, suivant les uns, ou encore, Néis ou Iphianasse , selon d'autres. II eut d'Hypérippe trois fils : iEtolus , Paeon, Épée, et une fille appelée Eurycydé ou Eurypvlé, suivant Pausanias, il rendit Séléné mère de cinquante filles. Il succéda à Aëthlius, et amena de Tbessalie en Élide une colonie éolienne. II promit sa couronne à celui de ses fils qui surpasserait les autres à la course. Ce fut Épée qui l'emporta. LesÉléens montraient le tombeau d'Endymion à Olympie, où l'on gardait aussi sa statue dans le trésor des Métapontins. — Suivant la tradition carienne , Endymion était roi, ou berger, ou chasseur; il habitait le mont Latmus en Carie. Ce fut la que la lune (Séléné) lui déroba un baiser, pendant qu'il était plongé dans un profond sommeil. Il y avait aussi dans le même endroit un temple où Ton montrait son tombeau. Les poètes et les auteurs diffèrent sur la cause de son sommeil éternel : suivant Apollodore, Jupiter lui ayant accordé la liberté de demander une grâce , Endymion pria le dieu de lui donner l'immortalité , une jeunesse éternelle, et le pouvoir de dormir tant qu'il voudrait. Suivant Théocrite, Jupiter le chérissait tellement pour sa justice et sa probité , qu'il l'accueillit dans le ciel ; mais comme il y devint épris de Junon, Jupiter le condamna à un sommeil éternel sur le mont Latmus. Enfin, suivant Cicéron , la lune (Séléné) , éprise d'Endymion, le plongea dans le sommeil pour lui dérober un baiser à son insu. Endymion paraît encore chez les anciens comme la personnification du sommeil, et en ceci, nous ne pouvons qu'admirer le sentiment du sublime et du beau chez les Grecs, qui représentaient le sommeil sous la forme douce et gracieuse d un jeune homme profondément endormi.
Comme génie dusorameil, Endymion (litt. qui se glisse, qui surprend doucement) était représenté par les poètes sous l'aspect d'un roi qui exerce son empire sur toutes les créatures vivantes , ou sous celui d'un pasteur , qui s'endort dans les fraîches grottes du mont Latmus {le mont de l'oubli), caressé par tes rayons de [a lune , l'amie du sommeil.
éxée. Célèbre héros troyen. 11 faut distinguer les diverses traditions qui se rapportent a ce personnage. — i. Tradition homérique. Fils d'Anchise et de Vénus ; il fut élevé par Alcathous. époux de sa sœur. Avant l'expédition te Troie , Achille l'attaqua sur le mont
Ida , près de ses troupeaux , et le chassa devant lui jusqu'à Lyrnesse, où les dieux le sauvèrent. Plus tard il vint à la tête des Dardaniens au secours des Troyens contre les Grecs. C'est alors que, selon Homère, il se montra le guerrier le plus intrépide et le chef le plus sage de l'armée des Troyens, « qui le révéraient à l'égal d'un dieu. » C'est lui et Hector qui servent de soutien aux Troyens et aux Lyciens, parce qu'ils surpassent infiniment les autres guerriers en valeur et en sagesse. Dans Homère, Énée est pour les Troyens ce qu'Achille est pour les Grecs. De même qu'Achille, il est fils d'une déesse; comme lui il possède des chevaux d'origine divine, issus des coursiers que Jupiter donna àTros pour le dédommager de la perte de son fils Ganymède, qu'il avait enlevé; et, tandis qu'Hector lui-même avoue qu'il est inférieur à Achille, Homère donne au fils de Pélée l'épithète de valeureux , parce qu'il ose marcher contre le vaillant Enée. Enfin , si Achille est en butte à la haine d'Agamemnon, Énée Test à celle de rriam, car l'oracle avait prédit qu'il lui succéderait au trône. En défendant le corps de son ami Pandarus Énée montre la plus grande valeur, et quand il combat avec Idoménée, ce héros tremble devant lui. Terrassé par un quartier de roc que Diomède lui lance, et ayant la hanche fracassée, il ne peut plus combattre ; Vénus vole à son secours, car il est son fils chéri, et lorsqu'elle même, blessée par Diomède, se retire de la mêlée , Apollon vient secourir le héros, et le transporte dans son temple à Troie; là il est soigné par Latone et par Diane, tandis que les Troyens et les Grecs poursuivent le combat en se disputant une ombre à laquelle Apollon avait prêté la forme d'Énée, jusqu'à ce que celui-ci pût reparaître au combat. Guéri par les soins de Latone et de Diane, Énée entre en lutte avec Achille, se trouve en danger, et Neptune, qui, ailleurs, est représenté comme l'ennemi des Troyens, le sauve d'une mort certaine. — Homère ne parle nullement d'une émigration de ce héros; au contraire, il le considère, lui et ses descendants, comme les successeurs de Priam. L'auteur de l'hymne à Vénus, que quelques-uns attribuent à Homère, ajoute encore qu'Énée avait été élevé par les nymphes du mont Ida jusqu'à sa cinquième année , époque à laquelle il fut confié aux soins de son père. — 2. Traditions postérieures. Elles représentent le centaure Chiron comme précepteur d Énée, et le héros lui-même comme n'étant point étranger au rapt d'Hélène. Dans le combat , il était inférieur à Hector, mais il surpassait tous les autres Troyens en prudence, de sorte que les Grecs nommaient Hector la main, et Énée, la tête des Troyens. Il tua de sa propre main vingt-huit ennemis. Quoique époux de Créuse , fille de Priam et d'Hécube, il n'était point aimé de la famille de ce roi, et .surtout de Paris. Les poèmes Cypriques