GÉR
de volonté que pour les plaisirs sensuels. On lui rendait cependant un culte habituel, emprunté aux formes de la religion étrusque. Honoré surtout aux anniversaires des naissances, on lui offrait du vin, des fleurs, des gâteaux ; mais jamais le sang ne coulait sur ses autels. Les génies étaient représentés sous la forme déjeunes hommes tenant d'une main une coupe ou une lance , de l'autre une corne d'abondance. — De même que ies individus, les villes, les royaumes, les édifices, avaient aussi leurs génies tutélaires , qui subsistaient conjointement avec eux. Ces genii locorum étaient représentés, le plus habituellement, sous la figure de serpents dévorant des offrandes de fruits.
génita mana. Divinité étrusque, à laquelle on sacrifiait un chien , en la priant de veiller à la conservation des nouveau-nés. C'est sans doute la même que Mania.
génitalis. Qui préside à la naissance.
Surnom de Diane-llithyie.
génitrix. Génératrice, mère. i. Surnom deCybèle; — 2. de Vénus, à laquelle Jules- César, qui prétendait descendre de cette déesse, érigea un temple à Rome ; — 3. de Didon ou Élissa à Carthage.
genjvaïdes. Déesses adorées à Phocée dans l'Asie Mineure. On les identifie avec les Génétyllides.
génus. Frère et époux de Généa, dans la mythologie phénicienne.
géomaivtie. Divination qui se pratiquait , tantôt en traçant par terre des lignes ou des cercles, tantôt en faisant au hasard, patterre ou sur le papier, plusieurs points sans garder aucun ordre, tantôt en observant les fentes et les crevasses qui se font naturellement à la surface de la terre.
GÉPHYRiEA et GÉPHYRISTÈS. Sumom
de Cérès et de Minerve.
gér^estus (gér^stos). 1. Fils de Jupiter; donna son nom à la ville de Géreste en Eubée. — 2. Fils de Mygdon. — 3. Cyclope, suite tombeau duquel on immolait des victimes humaines. Voy. ZEgleis.
gérana. Reine des Pygmées, épouse de Nicodaraas, et mère de Mopsus. Enorgueillie des honneurs que lui rendaient ses sujets, elle outragea les dieux, et fut changée en grue par Diane et Junon. Les Pygmées la tuèrent comme elle volait autour de la maison de son fils , et donnèrent ainsi naissance à la guerre continuelle qu'ils soutiennent contre les grues. Antoninus Libéralis donne à Gérana le nom d'ÛEnoé.
gerda. Fille du géant Gymer, épouse de Fréi.
gère. L'un des deux loups qui accompagnent Odin.
GÉRÉivios. Surnom de Nestor, qui passa une partie de son enfance à Gérénie en Messénie.
géresties. Fête en l'honneur de Neptune à Géreste, ville de l'Eubée, où il avait un. temple,
GHO
gergithios. Surnom d'Apollon, qui avait ù Gergis sur l'Ida un temple dans lequel on voyait le tombeau d'une des plus célèbres sibylles.
géroiv. Vieillard. Surnom de Nérée à Gitliiutn en Laconie.
gerrélien-teîvgri. Suivant les Thibétains, esprits bienfaisants qui habitent trois royaumes célestes : l'Utsiken-Géreltou , le Kemché-Ouge-Géreltou , et le Todorkhoi-Géreltou.
gerséhi. Fille de Fréya et d'Odour.
géryon. Fils de Chrysaor et de Callirrhoé; régnait sur l'île d'Érytbie (Apollodore) , ou sur la côte occidentale de l'Ibérie (Diodore), ou sur l'Épire, dans la contrée située entre Ambracie et le territoire des Amphiloques ( Hécatée), lorsqu'il eut avec, Hercule une querelle dans laquelle il perdit à la fois le pouvoir et la vie. C'était cependant un adversaire formidable, même pour le fils d'Alcmène. II avait trois corps qui ne tenaient ensemble qu'à la région du ventre, et tirait de cette singulière conformation le surnom de tricorpor , tri/ormis, tergeminus, TpKKotxaTo; potrjp 'Épuôei'aç. Les traditions postérieures lui donnent de plus quatre ailes. Sa principale richesse consistait en un troupeau de bœufs magnifiques, de couleur rouge , et confiés à la garde du géant Eurytion, que secondait le chien Orthros, animal bicéphale, auquel Typhon et Échidna avaient donne le jour. Pindare mentionne encore d'autres chiens comme gardiens du troupeau de Géryon, et fait figurer parmi eux Cerbère, le monstre à trois têtes, qu'on ne doit pas s'étonner de retrouver à côté du berger de Pluton, Ménèce, sous la garde duquel les bestiaux du monarque infernal paissaient dans le même lieu. Hercule, chargé par Eurysthée de se rendre maître des bœufs de Geryon, se délit d'Eurytion et d Orthros, puis, attaqué par le souverain d'Érythie, auquel Ménèce avait annoncé en hâte la tentative de l'audacieux étranger , il couronna sa victoire en le tuant à coups de flèche au bord du fleuve Authemus. Foy. Hercule.
gérys. La même que Cérès Opis , la Terre, Hellé et Achéro ( Hésychius ).
gestation. Superstition de porter des anneaux ou enchantés ou empreints de la figure de quelques divinités , et même quel- ■ ques petits simulacres , comme des préservatifs contre les accidents fâcheux. On nommait encore gestation une autre superstition des sages-femmes romaines, qui portaient en courant autour d'un autel où l'on faisait brûler une victime , les petits enfants un des premiers jours de leur naissance. C'était ordinairement le cinquième.
gévar. L'un des noms de Neff , père de Nanna, et beau-père de Balder, l'Ase Scandinave.
ghoagor. Dieu lamaïque, l'un des huit Bourkhans infernaux. On le représente debout ou porté sur un éléphant , le cou entouré d'un
GLA 199
collier de tètes humaines. Quelquefois il a luimême une tète d'éléphant. Son costume est une peau d'homme ceinte autour de lui par une écharpe verte. II est regardé comme protecteur de la foi.
giall. Nom d'un fleuve des enfers chez les Scandinaves.
g i alp. Qui parle beaucoup. Fille du géant Geirreudour, et mère d'Heimdall.
giam-ciang. Dieu de la sagesse chez les Thibétains. Il apprit aux dieux à s'incarner en singes pour procréer l'espèce humaine, et habite dans la lune. On le représente assis, sur cet astre , issant d'une fleur de Péma , et portant un costume composé du bizarre assemblage de vêtements des deux sexes.
giçoiv. Divinité bucéphale, adorée par les bouddhistes japonais.
gieaivo-gioca. Célèbre cénobite japonais, auquel les dévôts attribuent la fondation de l'ordre des Jammabos.
gigantolétis et gigajvtophoaos.
Tueuse de géants. Surnom de Minerve.
gigox. i. Roi éthiopien, vaincu par Hercule. — 2. Surnom de Bacchus en Macédoine.
— 3. Démon (oaiixtov) de Vénus. Foy. Génies et Gingron.
gigour. Célèbre géaiîte Scandinave, mère des deux loups Skoll et Hate, qu'elle eut de Fenris. La forêt de Iarnvidour lui sert de demeure.
gixgr as et gixgris. Nom phénicien d'Adonis.
giagrox. Le même que Gigon.
GIXXISTAX OU DJIXX1STAX. Pays fabu-
leux où furent relégués les Djinns, qui habitaient la terre avant l'apparition d'Adam.
gixxungagap. Nom de l'abîme du néant chez les Scandinaves.
giourtasch. Pierre à laquelle les Turcs attribuent la vertu de leur procurer de la pluie quand ils en ont besoin.
gir (Les). Dieux de la peuplade asiatique des Tchoukotches. Les images grossières qui les représentent sont, à certaines époques, frottées de moelle de renne jusqu'à l'incandescence.
gireca. Leseigneur de la montagne. Surnom de Siva.
gisl ou gifl. Cheval des Ases, qui le montent pour se rendre sous ilggdrasil.
gladheim. Paradis des anciens Germains.
gladr. L'un des chevaux des Ases.
glaxos. Fils de Mégare et d'Hercule; périt de la main de son père.
GLAUCÉ. ï. Néréide. — 2. Nymphe arcadienne. — 3. Femme d'Upis, et mère de la troisième Diane. — 4. Fille de Créon , roi de Corinthe , que Jason épousa^après avoir répudié Médée. On la connaît aussi sous le nom de Créuse. — 5. Une des Danaïdes, fiancée d'Alcis.
— 6. Fille de Cenchréus , épouse en secondes noces de Télamon. — 7. Fille de Cycnus.
glaucie (glaugia). Fille du Scamandre ; devint éprise de Déimachus , lorsque celui-ci
200 GLA
vint avec Hercule assiéger Laomédon dans la ville de Troie. Déimachus ayant été tué dans cette expédition, Hercule ramena Glaucie avec lui en Beotie, où elle mit au monde un fils qu'elle appela Scamandre. Celui-ci donna son nom au fleuve Inachus, et à une fontaine celui de sa femme Aciduse, dont il eut trois filles , qu'on adora par la suite sous le nom des trois Vierges.
glalcippe. Une des Dauaïdes, épouse de Potamon ou de Niavius.
glalco'OME. Une des Néréides.
glaucopis. Qui a les yeux bleus. Surnom de Minerve.
glaucus (glaucos). i. Dieu marin prophète, fils de Copéus, ou de Polybe et d'Eubée, ou d'Anthédon et d'Alcyone, ou de Neptune et d'une Naïade. Les traditions les plus anciennes qui avaient cours à Anthédon en Béotie le font figurer dans le cycle des fables relatives aux Argonautes. C'est lui qui construisit;ieinavire Argo et qui fut chargé d'en diriger la'marche conjointement avec Typhis. Seul de tous les Grecs, il se trouva sans blessure, après le combat contre les Tyrrhéniens; et, d;après Tordre de Jupiter, apparut à Jason sous la forme d'un dieu marin. D'autres disent au contraire qu'il fut giièvement blessé, et s'élança dans les ondes, sans doute pour y finir ses jours; mais les dieux marins l'admirent parmi eux. Quelques mythographes l'identifient avec Mélieei te , fils d'Athamas. — Les auteurs anciens des derniers âges qui ont brodé les traditions primitives du cycle argonautique représentent principalement Glaucus comme dieumarin et fatidique ; voici ce qu'ils racontent touchant son apothéose :— a. Glaucus, pécheur d'Anthédon , ayant mis un jour sur l'herbe du rivage des poissons qu'il venait de prendre, s'aperçut qu'ils s'agitaient d'une manière extraordinaire, et se jetaient dans la mer. Persuadé que cette herbe, qu'Athénée fait croître .dans les îles des Heureux, avait une vertu particulière, il en goûta, suivit leur exemple, fut changé en triton, et bonoré comme un dieu marin. On montrait sur la côte d'Anthédon le lieu d'où le pécheur s'élança dans les flots et qui portait le nom de saut de Glaucus. — b. Glaucus, occupé à courre un lièvre, près d'Oréia en Étolie, vit l'animal épuisé retrouver de nouvelles forces et lui échapper tout à coup , après avoir goûté d'une certaine herbe. Surpris, le pécheur suivit son exemple , et un jour qu'une tempête agitait les flots, il sauta dans la mer par une impulsion secrète de Jupiter. — Comme dieu marin, Glaucus habite à Délos; aimé de Ncrée et d'Apollon, qui lui a accordé le don de prophétie, il se plaît à prédire l'avenir r.vec les Néréides; la sibylle Déiphobe est sa fille. Quant à ses amours, les poètes les racontent très-différemment : suivant les uns , amoureux d'Ariadne, au moment où Bacchus arrivait à Naxos, il fut chargé de chaînes de pampre par le dieu ; selon d'autres , il eut