GEN , DJINN , TCHIN OU BENI-AL-DJIAN
Génies malfaisants, regardés par les musulmans comme la cause de tout ce qui arrive de fâcheux aux hommes. Formés d'un feu ardent, ils habitèrent d'abord la terre, et vécurent deux mille ans sous la domination de Gian-ben Gian. Mais s'étant révoltés contre Dieu, ils furent attaqués par Eblis , chassés à l'extrémité du monde , puis frappés d'une malédiction pour avoir refusé de se soumettre à Adam. Quelques traditions disent même qu ils furent entièrement exterminés : « Qu'est devenu le peuple de Gian-ben- Gian, dit l'épitaphc de Kaimourah? vois ce que le temps en a fait. » Les musulmans continuent cependant à accuser les Djinns de tout le mal qui arrive sur la terre, et ils pensent que si un homme s'approche fortuitement de la demeure qu'ils se sont choisie dans notre globe , il tombe victime de leur colère.
gendjé. Fille d'Iradj. Ses deux frères Salem et Tour ayant tué leur père , Féridoun la confina dans une retraite obscure , où elle donna naissance à Minotcher. Elle périt peu après sous les coups de Salem.
généa. Nom donné par Sanchoniathon à îa fille des fondateurs de, l'espèce humaine, Protogonos et Mon. Elle épousa son frère Génos, efe en'eut Phos, Pyr et Phlox, ou la lumière, le feu et la flamme.
génésios. Le procréateur. Surnom de Neptune, qui avait un temple sur la côte de Lerne.
génét^eos. Surnom de Jupiter Hospitalier, qui avait un temple sur le c»p Génétos (côte du Pont).
génet-al-coduz. Nom par lequel les mahométans désignent le paradis terrestre où. Dieu plaça le premier homme.
généthliaques. Astrologues qui tiraient l'horoscope des enfants d'après l'inspection des astres.
cénéthlios. Générateur, i Surnom d'Apollon à Sparte. — 2. Non du génie de la naissance (TevÉÔXio; Aatpuov), qui veillait sur le sort de l'homme. — 3. Dieu tutélaire d'une famille ou d'une race. Voy. Païroos.
géivétor. Fils de Lycaon.
GÉNÉTYLLis. Déesse de la naissance et de la génération t. Surnom de Diane-Hécate, •4 laquelle on sacrifiait des chiens. — 2. Au
pluriel, Génétyllides, se disait de certaines déesses qui présidaient à la génération et se trouvaient dans une intime connexion avec Vénus Colias.
génies. Divinités intermédiaires entre les hommes et les dieux, et dont le culte se trouve répandu chez toutes les nations, qui imaginèrent comme de concert ces êtres mystérieux. On les rencontre, sous des noms différents, dans toute l'antiquité, parmi les orientaux modernes ; en Europe, même où la transformation qu'ils ont subie n'a guère été que nominale. Les Dévatns et les Daitias des Hindous, les Izeds des Zends, les Djinns des Arabes , les esprits bons et malfaisants des sauvages, ne sont autres que les Genii ou Daimones de l'antiquité classique , avec quelques modifications dues au génie des divers peuples qui les regardent toujours comme présidant aux destinées de l'homme, soit que ces créatures immatérielles aient reçu de la puissance suprême la mission de veiller sur notre vie et quelquefois d'en entraver le développement normal, soit que, hommes comme nous , dans l'origine, les génies n'aient été préposés à la garde du monde humain qu'après avoir déposé leur enveloppe mortelle. Telle était la croyance des Grecs et des Latins, comme nous le verrons bientôt, et telle est encore celle des Chinois, chez lesquels chaque ville, chaque province a son protecteur, sous le nom de Chin-hoan, que chaque mandarin implore en entrant en charge. Ces génies, invoqués par les peuples de 1 empire carré, n'avaient pas d'abord de statues dans les temples; on ne croyait pas devoir un culte divin à des êtres supérieurs, il est vrai, à l'homme, mais seulement depuis l'époque de leur mort. On se contentait donc d'indiquer leur présidence par ces mots gravés en lettres d'or sur une tablette : « ici est la demeure du gardien spirituel de la ville, de la province. » Plus tard on introduisit leur représentation dans les édifices sacrés. — Génies (dœmones) des Grecs. Homère ne parle nullement de démons ou génies présidant à la naissance de l'homme, ou qui , nés en même temps que lui, soient ses guides dans la vie. Dans ce poëte, le mot dœmon désigne seulement la divinité qui décide de la destinée de chacun, le sort; et il n'a pas d'autre signification dans les poètes postérieurs et plus particulièrement dans les tragiques. Hésiode fait seul mention de trente mille démons, serviteurs de Jupiter, et gardiens des mortels qui ne sauraient apercevoir leurs corps aériens. Ces génies sont les âmes des justes de l âge d'or, et leur mission est de veiller à l'exercice de l'a justice. — Plus tard les philosophes ont singulièrement contribué au développement de cette idée ; leurs écrits représentent les dœmones comme des génies tutélaires attachés aux hommes dès l'instant de leur naissance, et les conduisant, après leur mort, au lieu du monde souterrain qu'ils doivent ha-
biter (Platon). Ces esprits servent d'ailleurs d'intermédiaires entre les dieux et les hommes, portant les prières de ceux-ci dans les profondeurs du ciel, et rapportant en retour les faveurs des immortels. Si la croyance populaire avait adopté le nombre de génies que mentionne Hésiode, à coup sûr elle n'a jamais pu adresser qu'un hommage vague et général à cette myriade de messagers divins. Voici cependant les noms de quelques-uns d'entre eux tels qu'ils se trouvent dans les auteurs : Gigon, Tychon, Orthagès, démons de Vénus; Hadreus, démon de Gérés; Akratos , démon de Bacchus ; on joint encore à ces génies les Corybantes, les Dactyles et les Cabires; mais ceux-ci, admettant même qu'ils soient dieux inférieurs, spontanés et non divinisés après coup, ce qui est loin d'être prouvé, nous paraissent être d'un ordre analogue à celui des génies sans s'identifier avec eux. Voy. Corybantes, Curetés. — Les démons qui partagent les sensations et les passions des hommes sont comme les Izeds et les Devs , bons ou malfaisants; les uns inspirent à la vertu, les autres conseillent le mal. — Dans les auteurs des derniers temps , les âmes des morts prennent toujours le nom de dœmones, ce qui, joint à d'autres inductions, ferait penser que cette conception générale des génies n'est que l'idée mal interprétée de l'existence de l'âme après la mort. Voy. Lémures et Mânes. L'art grec n'a jamais représenté les génies tutélaires des hommes ou des lieux. — Génies des Étrusques. Bien que le mot génius , qui, suivant saint Augustin, provient du latin gignere, créer, n'ait pas son étymologie dans la langue étrusque, il n'en est pas moins vrai cependant que le culte des génies formait une partie essentielle de la religion de ces peuples. Issus des dieux , les génies étaient , suivant eux, pères des hommes: c'est par leur moyen que Jupiter envoyait une âme à l'enfant qui naissait; et il les chargeait de veiller au bienêtre et à la prospérité des familles. Tous n'étaient pas, du reste, au service du maître des dieux; il y en avait d'autres qui servaient Neptune et les dieux du monde inférieur. Quant aux âmes des défunts , qu'on supposait veiller sur ceux qui survivaient, voy. Lares , Pénates. — Génies des Romains.
Chez les Romains , le génie était un être en général bienfaisant, quoiqu'on pût naître iratis geniis , qui présidait à la naissance et à la vie de chaque homme, vivant et mourant avec lui. Jouir de tous les plaisirs de la vie épicurienne, c'était plaire au génie (indulgere genio) , tandis que celui qui se créait des chagrins volontaires ou laissait sombrer son âme sous quelque contre-temps affligeait son génie {de frudare genium). On voit que la conception primitive n'a plus de caractère chez les Romains, qui ont fait du génie une sorte de mannequin subordonné à la volonté de l'homme, et qui semble n'avoir