HEU
saisons personnifiées, qui sont formellement distinctes des Heures dans Ovide, et que les monuments représentent sous la forme de génies mâles ou femelles. Du reste, Jupiter étant le maître souverain des deux mondes, les Heures n'ont qu'une puissance subordonnée à la sienne, et le servent ainsi que Junon. — Les poètes grecs et romains postérieurs à Homère ont conservé les mêmes traditions, plus altérées dans les mythologues, sur la nature et les attributs des Heures. Suivant eux , elles président aux changements des saisons, et, en leur qualité de déesses de la température , à la floraison et à la maturité. Sous ce dernier aspect, on distinguait surtout l'Heure du printemps et celle de l'automne, qui étaient adorées à Athènes sous le nom de Thallo ( croissance ), et de Carpo (fruc tification), et dont on fit plus tard les ministres du dieu du soleil. On les invoquait pour qu'elles humectassent le sol de pluies bienfaisantes et qu'elles fissent mûrir les fruits. — En général, les anciens représentaient les Heures sous les formes les plus séduisantes. Douées d'une jeunesse éternelle, d'une beauté ravissante, leur chevelure exhalant de suaves parfums, elles forment des chœurs et des danses avec les Grâces, Hébé, Harmonie et Vénus, pendant que les Muses font entendre des chants harmonieux. C'est cette chaîne des Heures qui mesure le temps aux mortels. Les aimables déesses se plaisent aussi à parer d'ornements gracieux tout ce qu'aiment les dieux et les mortels. Vénus, née de l'écume de la mer, arriva dans l'Olympe couronnée de fleurs par leurs mains, qui s'occupèrent de rehausser la beauté de Pandore par les mêmes ornements naturels. — Veillant sur la floraison et la croissance, les Heures étaient regardées, par une analogie assez naturelle, comme protectrices de la jeunesse. On les voit donner les premiers soins à Junon, à Aristee, à Bacchus, à Mercure, encore enfants ; et Thallo était au nombre des divinités que les Éphèbes invoquaient dans le temple d'Agraulos. — Jusqu'ici nous avons vu les Heures douées d'attributions purement physiques; il est temps de parler de l'élément moral qui s'introduisit de bonne heure dans l'essence même de leur être, au point de n'en pouvoir plus être séparé plus tard. Cette transition d'une nature à l'autre se trouve déjà dans Hésiode, suivant lequel les Heures mûrissent les actions des mortels. Leur influence sur La vie humaine ne diffère pas de celle qu'elles exercent sur leur nature. De même qu'elles président au changement invariable des saisons, à l'heureuse température, à la floraison, de même aussi elles président à la marche régulière des lois (eOvojJitav) , à la justice et aux bonnes mœurs (&xt]v), à la paix (£ipY)VY)v) . Ces Heures sont lilles de Jupiter et de Thémis, ou d'Eunomie ; elles sont au nombre de trois : Eunomie, Dicé, Irène. Les anciens ne les ont cependant ja-