MÉD
latives à Médée, mais qu'il est impossible de classer dans le récit de sa vie mythique, rapportent qu'elle fut l'amante de Sisyphe, et que , poursuivie par Jupiter, elle refusa de lui céder. Junon la récompensa en promettant l'immortalité à ses enfants , qui furent en effet honorés à Corinthe d'après l'ordre de l'oracle. On rapporte aussi qu'elle disputa à Thétis la palme de la beauté. Idoménée, juge de ce singulier concours, décida en faveur de la mère d'Achille. — Selon Élien et quelques historiens évhéméristes , tout ce que l'on publiait au désavantage de Médée était faux. Une tradition, en vogue à Corinthe , rapportait que Médée, venant régner dans cette ville, par droit d'héritage, après la mort de Corinthus , cacha ses enfants dans le temple de Junon pour les rendre immortels. Jason, irrité , s'en retourna alors à Iolcos , où Médée le suivit. Des légendes , provenues d'une même souche, nous montrent l'épouse de Jason tuée par les Corinthiens, et ajoutent que ceuxci, ayant lapidé ses enfants pour les punir d'avoir présenté à Créuse la cassette fatale, une peste frappa leur ville jusqu'à ce qu'ils eussent institué une fête expiatoire en l'honneur de ces quatorze infortunés, et élevé une statue à la Peur.
jviédéidès. Pilote du navire tyrrhénien dont Bacchus changea les matelots en dauphins.
médéox. Fils de Pylade et d'Électre ; donna son nom à une ville de Béotie.
médésicaste. Fille de Priam et femme d'Irabros de Pédase. Elle fut emmenée en captivité après la prise de Troie.
médica. Surnom de Minerve , adorée comme déesse qui donne la santé. Le serpent était son symbole.
medicurius. L'un des noms de Mercure.
mèdicus. Surnom d'Apollon.
médioximes. Dieux mitoyens ou aériens , qu'on croyait habiter les airs, et tenir le milieu entre ceux du ciel et ceux de la terre.
méditrixales. Fêtes en l'honneur de Méditrine. On y offrait à la déesse du vin vieux et du vin nouveau.
méditrixe (méditrixa). Divinité romaine qui présidait aux médicaments et aux guérisons.
médius (médéios). Le même que Médus n° i.
MÉDIUS FIDIUS. VOIJ. SANCUS.
médox. i. Héraut du palais d'Ulysse. — 2. Argien, ûls de Céisos. — 3. Fils d'Oilée et frère d'Ajax. Obligé de quitter sa patrie à la suite d'un meurtre, il se rendit à Troie, à la tète des guerriers de la Phthie, et périt de la main d'Énée. — 4. Centaure. — 5.'L'-un des Tyrrhéniens que Bacchus métamorphosa en poissons. — 6. Fils d'Anténor. Il fut tué au siège de Troie. Énée vit son ombre aux enfers.
médus (médos). i. Fils de Jason et de Médée. Il tua Persée. qui avait usurpé le trône
MÉG
de Colchide, et le remplaça dans lo rang suprême. Voy. Médée* — • 2. Fils de Bacchus et d'Alphésibée.
méduse (médousa V i. Hideuse Gorgone, sœur d'Euryale et de Sthéno. Voy. Gorgones. Des trois sœurs , elle seule n'était pas immortelle. En lui donnant la beauté, les auteurs anciens des derniers âges supposèrent que Neptune, amoureux d'elle, se transforma en oiseau pour la posséder, et profana le temple de Minerve, qui, dans sa fureur, changea les cheveux de la Gorgone en serpents. De cette union naquirent Chrysaor et le cheval Pégase. Méduse périt de la main de Persée (voy. ce nom), et Minerve plaça sa tète sur l'égide. D'autres traditions disent qu'on l'enterra au milieu de la place publique d'Argos. Une boucle de ses cheveux, donnée par Minerve Polias à Hercule ou à Céphée, et qui passa ensuite aux Tégéates, était regardée par ceux-ci comme un talisman auquel le salut de leur ville était attaché. — Une foule de monuments antiques représentent Méduse ou la tète seule de la terrible Gorgone. Le plus célèbre la montre assise sur un rocher et frappée de stupeur à la vue de ses cheveux changés en serpents. — 2. Fille de Sthénélus et de Tsicippe, sœur d'Eurysthée. — 3. Fille de Priam.
mégarroxtës. Dolien , tué par Hercule.
mégalarties. Fêtes de Cèrès dans l'île de Délos. On y portait un grand pain en procession.
MÉGALARTOS et MÉGAL03IAZOS. Sur-
noms de Cérès, comme ayant donné le pain aux hommes.
mégalétor. Fils de Munychus et frère d'Alcandre. Il fut changé en Ichneumon. Voy. Alcandre.
mégalossacès. Dolien , tué par les Dioscures.
mégamede. Fille d'Arnaeus et mère des cinquante Thespiades.
mégaxire (mégaxéira). i. Fille de Crocon et femme d'Arcas , suivant quelques auteurs. — 2. Femme de Diomus, mère d'Alcyonée n° 3.
mégapexthe (megapexthes . i. Fils de Prœtus, et père d'Anaxagore et d Iphianire. 11 régna d'abord à Tirynthe, et échangea ensuite cette ville pour Argos, qui lui fut cédée par Persée. Suivant Hygin, Mégapenthe tua Persée pour venger la mort de Prœtus. ~ 2. Fils de Ménélas et de Piéris ou de Téridée, esclave étolienne. Son père lui fit épouser la fille d'Alector. Suivant une tradition rhodienne, lorsque Ménélas fut mort, Mégapenthe et son frère Nicostrate chassèrent Hélène de Sparte, et la contraignirent a se retirer dans l'île de Rhodes.
mégare (még ara). Fille de Créon , roi de Thcbes, et femme d'Hercule, qui l'obtint en récompense du secours qu'il lui avait porté, contre Erginus , roi des Orchoméniens. Pendant la descente d'Hercule aux enfers, Lycus
voulut s'emparer deThèbes, et forcer Mégare à l'épouser: Hercule revint à propos, tua Lycus et rétablit Créon. Junon, indignée de la mort de Lycus , inspira à Hercule cette fureur dans un accès de laquelle il tua Mégare et les enfants qu il avait eus d'elle. Cette tradition offre de nombreuses variantes.
Suivant Apollodore, Mégare échappa à la mort et épousa lolas. — Foy. Hercule.
mégarée(mégareus )i Fils d'Onchestus, ou de Neptune et d'OEnope, ou d'Hippomène, ou d'Apollon, ou d'Égée. Suivant une tradition qui avait cours en Béotie , il fut tué en portant du secours à Nisus, assiégé par Minos. On l'enterra sons les murs de Nysa, qui prit son nom et s'appela depuis Mégare. H laissa trois enfants , Évippus, Timalcus et Évaechmé. Les Mégariens disaient, au contraire, que Mégarée, gendre de Nisus, succéda à son beau-père, et qu'il laissa le trône à Alcathoiis, vainqueur du lion du Cithéron. y oy. Alcathous.
mégarus (mé<;aros). Fils de Jupiter et d'une nymphe Sithnide. Il échappa au déluge de Deucalion.
még as. Père de Périme; fut tué par Patrocle devant Troie.
mégère (még^era). Ennemie. L'une des Furies.
mégÈs. Fils de Phylée et d'Eustyoche, ou de Ctimène, ou deTimandre. Il amena devant Troie quarante navires, renfermant les guerriers de Dulichium et des iles Échinades. Polygnote l'avait représenté blessé, dans la Lesché de Delphes.
mégessarès. Père de Pharnacé.
mégisto. Nom de Callisto après sa métamorphose.
mégistos. Suprême. Surnom de Jupiter.
méibdh. i. Reine du Connaught, fille d'Éochaidh-Fiedlioch et de Bénia , et sœur des trois Finéamhnas , qui eurent avec elle un commerce incestueux. Son père, voulant la marier, hésita quelque temps entre ses trois favoris, et la donna enûn à Tinne, qui périt dans un combat. Devenue souveraine du pays par la mort de son époux, Meibdh épousa en secondes noces OiliollMorc, et donna le jour à sept fils. Feargus l'exilé étant venu lui demander asile quelques années après, elle devint amoureuse de lui, et causa sa mort, car Oilioll le fit périr. Meibdh elle-même fut tuée par Jorbuïdhe, fils de Konnor, roi de l'Ulster. — 2. Divinité des Tuatha-Dadan.
3IÉLAIIVÉ. La noire. Surnom de Cérès , qui , affligée de la disparition de sa fille , se retira, couverte d'un voile noir, dans une grotte près de Phigalie. D'autres disent qu'on la surnomma ainsi à cause de la fureur qu'elle ressentit des poursuites de Neptune.
BLÉLAINÉUS. Fils de Lycaon.
mélainis. Noire. Surnom de Vénus à Corinthe.
mélampe ( melampous ). i. De la race des Éolides , fils d'Amythaon et d'idomène ou
d'Aglasa ou de Rhodope , et frère de Bias. 11 fut, suivant Apollodore, le premier devin qui trouva l'art de guérir par des remèdes secrets et des purifications, et l'introducteur du culte de Bacchus en Grèce; d'après Hérodote, il aurait appris l'orgiastique égyptienne des colons phéniciens , compagnons de Bacchus, et l'aurait propagée en Grèce , ainsi que l'art de mêler le vin avec de l'eau, et divers mythes, au nombre desquels Diodore fait figurer le combat des Titans avec Saturne. Mais ces assertions sont autant de fables. La mythologie indigène nous apprend seulement que Mélampe, personnage purement grec, régna sur Argos , et épousa Iphianasse , iphianire ou Cyrianasse , dont il eut Mantius , Abas et Antiphatès (Apollodore); ou, suivant Diodore, Bias, Antiphatès, Manto et Pronoë. Voici les trois principales traditions qui le concernent. — I. Mélampe, fils d'Amithaou de Pylos, habitait à la campagne, et avait devant sa maison un chêne dans lequel était un nid de serpents; ses domestiques ayant tué ces serpents, Mélampe fit apporter du bois, les brûla et éleva leurs petits, qui, étant devenus grands, s'entortillèrent autour de ses épaules un jour qu'il dormait, et lui purifièrent les oreilles avec leur langue. Mélampe, s'étant réveillé, fut saisi de frayeur, mais il s'aperçut bientôt qu'il entendait le langage des oiseaux; et d'après ce qu'ils disaient, il prédisait l'avenir. Cette tradition est conforme à l'esprit général de l'antiquité, qui regardait le serpent comme le symbole de la divination. Voy. Escttlape et Hélénus.
Mélampe s'instruisit aussi dans la partie de la divination qui se fait par les sacrifices. Enfin . ayant rencontré Apollon sur les bords de l'Alphée, le dieu compléta sa science prophétique. — II. Bias , fils d'Amythaon, recherchait en mariage Péro , fille de Nélée ; d'autres la demandant aussi, Nélée la promit à celui qui lui amènerait les bœufs de Phylacus, gardés à Phylaque, avec tant de soin, que personne ne pouvait en approcher. Bias, ne sachant de quelle manière s'en rendre maître, pria son frère de lui rendre ce service; Mélampe le lui promit, en l'avertissant d'avance qu'il serait pris sur le fait, qu'il resterait un an en prison , mais qu'il aurait enfin les bœufs. 11 se rendit ensuite à Phylaque, y fut pris comme il l'avait prédit et jeté en prison. L'année étant presque révolue, il entendit dans le faîte de la maison, quelques vers qui se parlaient; l'un demandait s'il restait encore beaucoup de la poutre à ronger, et les autres lui répondaient qu'elle était presque finie. Mélampe demanda alors qu'on le transférât sur-lt-champ dans une autre chambre ; celle qu'il venait de quitter étant tombée peu de temps après son départ, Phylacus, étonné, et apprenant qu'il était un excellent devin , lui promit de lui donner ses bœufs s'il indiquait à son fils Iphiclus comment il pourrait avoir des enfants, Mélampe sacrifia deux
taureaux, et les ayant coupés en morceaux , il invita les oiseaux à en manger. Dans le nombre se trouvait un vautour, qui lui apprit que Fhylacus, taillant un jour des béliers dans ses champs, avait posé auprès d'Iphiclus son couteau tout ensanglanté; l'enfant s'étant enfui saisi de frayeur, Phylacus ramassa le couteau et le piqua dans un chêne sacré; il l'y oublia , et le chêne , en croissant , l'enveloppa de son ecorce : le vautour ajouta que , pour qu'Iphiclus pùt avoir des enfants , il fallait retrouver le couteau, en racler la rouille, et lui en faire boire pendant dix jours. Mélampe parvint à retrouver le couteau, et fit boire de la rouille à Iphiclus, qui eut un fils. Il emmena ensuite les bœufs à Pylos; et ayant obtenu par ce moyen la fille de Nélée , il la maria à Bias, son frère, et s'établit en Messénie. — III. a. Pendant qu'Anaxagoras exerçait le pouvoir souverain à Argos , les femmes de cette ville furent saisies d'une folie furieuse. Mélampe parvint à les guérir, et obtint du monarque la moitié de ses États, pour lui et son frère Bias. Il avait posé cette condition d'avance, en cas de réussite. — b. Les filles de Prœtus , Lysippe , Iphinoé et Ipbianasse étant parvenues à l'âge de puberté, devinrent folles, suivant Hésiode, pour avoir rejeté les mystères de Bacchus, ou , suivant Acusilas , pour avoir méprisé une statue de Junon; elles parcouraient dans cet état toute l'Argolide, l'Arcadie et le Péloponnèse, effrayant les populations de leur délire. Mélampe promit de les guérir, si Prœtus voulait lui donner le tiers de son royaume. Le monarque ayant refusé , la folie de ses ûlles augmenta, et gagna le reste des femmes , qui toutes abandonnaient leurs maisons, faisaient périr leurs enfants, et se retiraient dans les lieux déserts. Prœtus consentit enfin à la demande de Mélampe, qui exigea un second tiers du royaume pour son frère Bias, et se mit à la poursuite des Argiennes avec un cortège de jeunes gens , qui poussaient des cris bizarres en exécutant une sorte de danse sacrée. Les Prœtides quittèrent les montagnes, et entrèrent dans le pays de Sicyone. Iphinoé, l'aînée, mourut dans cette poursuite ; ses deux sœurs guérirent de leur folie et épousèrent Mélampe et Bias. Strabon place le lieu de la purification à la source d'Anigros, d'autres dans le temple de Diane Hémérésie à Lyses, d'autres à Sicyone. — Mélampe avait à Égosthène, dans le nord de la Mégaride, un temple ou l'on célébrait une fête annuelle en son honneur. — 2. Compagnon d'Hercule . père de Gyas et de Cissée.
mélampyge. Surnom d'Hercule.
>iéla\aigis. A l'Égide noire. Surnom de Bacchus à Éleuthère, où sa statue était recouverte d'une peau de chèvre (égide), ainsi qu'à Athènes et à Hermione. — « 2. Surnom d'Erinnys.
mélaxéa. Amante du Nil, fille de Neptune.
mél.wle >iéla\éls). Roi des Dryope», fils d'Apollon et père d'Eurytus. 11 était célèbre comme habile archer. Périérès, auprès duquel il se rendit , lui assigna pour demeure une ville que Mclanée nomma OEchalie , du nom de sa femme. — 2. Centaure.
méla-Vippe ( mélaxippé ). i. Cavale noire. Fille de Chiron, nommée aussi Évippé. Séduite par Éole ou par Neptune , elle se -éfugia dans une grotte du Pélion . pour échapper au courroux paternel , et fut métamorphosée en cavale par Diane, qui la plaça au nombre des constellations. D'autres traditions la font fille ou mère d'Éole, et disent que Chiron lui fit crever les yeux , mais que Neptune lui rendit la vue. Suivant Hygin, c'est pour avoir méprisé Diane, que Ménalippe, qui jusqu'alors s'appelait ThéHs , fut changée en cavale. La constellation de Ménalippe, qui monte sur l'horizon au moment où le centaure Chiron achève de se coucher, est désignée plus ordinairement sous le nom de Pégase. — 2. Femme d'Hippotès , mère d'Éole.
— 3. Fille d'Hippotès, de Desmontès ou d'Éole.
— 4. Reine des Amazones, sœur d'Hippolyte ; elle acquit sa liberté au prix du baudrier qu'Eurysthée avait demandé au héros. —