Nymphe, mère de Bœotus. — 6. Une des sœurs de Méléagre
MÉLAIÏIPPE ( MELAMPPOS ;. I. Fils de
Mars et de Tritée, en l'honneur de laquelle il fonda la ville de Tritée en Arcadie. — 2. Fils d'Agrius, tué par Diomède. Voy. OEnee. — 3. Fils d'Astacus, tué par Amphiaraiis. Ce fut lui qui blessa mortellement le farouche Tydée. Voy. ce nom. On montrait son tombeau sur la route de Thèbes à Chalcis. — 4. Fils de Thésée et de Périgone, père d'Ioxus, et chef d'une colonie grecque en Carie. Il remporta le prix de la course aux jeux néméens célébrés par les Épigones. — 5. Fils de Priam. —
6. Jeune homme de Patres ; ayant fait violence à Coraétho, prêtresse de Diane-Triclarie, dans le temple même de la déesse, il fut frappé de mort subite au pied de l'autel, ainsi que son amante. Une effroyable épidémie s'ensuivit, et ne cessa que lorsque l'oracle eut ordonné d'immoler chaque année à la déesse irritée un jeune homme et une jeune fille de Patres, tous deux remarquables par lenr beauté. —
7. Fils d'Hicétaon, tué par Antiloque devant Troie. — 8. Prêtre d'Apollon à Cyrène, mis à mort par les ordres de Nicocrate.
MÉLAAOPL S ( mélaatopos ). De Cumes , auteur d'un chant sacré en l'honneur d'Opis et d'Hécaergé.
mélaxthe mélaathos). ï, Rjoi de Messénie, fils d'Andropompos, et père de Codros. Chassé de son royaume par les Héraclides, il se retira en Attique , et vint résider à Eleusis. Thymœtés., qui régnait à cette époque sur Athènes, était en guerre avec Xanthus, roi des Béotiens, et refusait de vider par un combat singulier la querelle relative à la possession d'OEnoé. Mélanthe s'offrit à com-
battre à la place du monarque athénien. A peine les deux champions étaient-ils en présence, que Bacchus apparut derrière Xanthus, sous la figure d'un jeune homme vêtu d'une peau de chèvre. Foy. Mélanaigis. Mélanine ayant reproché à son adversaire de n'être pas venu seul au combat, celui-ci tourna la tête et fut aussitôt tué par son rival, que sa victoire fit proclamer roi de PAttique. En souvenir de l'intervention de Bacchus, Mélanthe lui érigea un temple , sous le nom de Mélanaigis ou Mélanthidès , sacrifia à Jupiter Apaturios ( trompeur ) et institua la fête des Apaturies. — 2. Un des matelots tyrrhénicns changés en dauphins par Bacchus. — 3. Fils de Laocoon.
MELANTHEE ( MELANTHÉI A ). Fille d'Al-
phée, amante de Neptune, dont elle eut Irène.
mélanthidès. Surnom de Bacchus. Vo\j.
Melanthe n° î.
MÉLANTHIUS ( MÉLAXTHIOS, MELAN-
théus). Fils de Dolius et l'un des prétendants de Pénélope, tué par Ulysse.
mélantho. i. Fille de Deucalion , amante de Neptune, dont elle eut Delphus. — 2. Suivante de Pénélope, amante d'Eurymaque.
mêlas, i. Frère d'Angelos n° 3. — t. Un des matelots tyrrhéniens punis par Bacchus. Ovide le nomme Mélanthe. — 3. Argonaute, fils de Phrixus et de Chalciope, époux d'Euryclée, dont il eut Hypérès. Il se noya ainsi qu'Hellé , dans la traversée, — 4. Fils de Parthaon et d'Eury te , frère d'OEnée. Il fut père de neuf fils, qui périrent de la main de Tydée.
— 5. Fils de Licymnius ; accompagna Hercule dans son expédition contre OEchalie. Le héros lui rendit les honneurs funèbres. — 6. Fils d'Ops. Minerve emprunta sa figure pour calmer la dispute qui s'était élevée entre Agamemnon et Teuthis. — 7. Fils d'OEnopion.
— 8. Fils d'Antasus , de Gonuse près Sicyone. Il se joignit à l'armée dorienne en marche contre Corinthe.
MELCARTUS. VO\JCZ MFLKARTH.
méléagre ( méléagros ). Célèbre héros étolien, qui prit part à l'expédition des Argonautes et à la chasse du sanglier de Calydon. Fils d'OEnée ( ou de Mars ) et d' Althée, il épousa Cléopâtre, nommée aussi Alcyone, et en eut Polydora. — Suivant la tradition homérique, le roi OEnée faisant un jour des sacrifices à tous les dieux , pour leur rendre grâce de la fertilité de l'année, oublia la seule Diane. La déesse, irritée, envoya un sanglier terrible par sa force et par sa taille, qui ravagea toutes les terres d'OEnée, déracina les arbres, et désola les campagnes. Méléagre assembla de toutes les villes voisines un grand nombre de chasseurs et de chiens, et parvint à tuer le monstre. La colère de Diane en redoubla; pour satisfaire sa haine , la déesse excita entre les Étoliens et les Curètes un funeste démêlé pour la hure et la peau de la bête. Méléagre, ayant, dans une sortie, tué quelques-uns des frèrês de sa mère, Althée, au désespoir, fit
contre lui les plus affreuses imprécations, en frappant la terre de ses mains , et en conjurant à genoux Pluton et Proserpine d'envoyer la mort à son fils. La Furie, dit Homère , qui erre dans les airs, et qui a toujours un cœur violent et sanguinaire , entendit ces imprécations du fond des enfers. Cependant Méléagre , irrité de voir sa mère prendre parti contre lui , se retira dans sa demeure , auprès de sa femme Cléopâtre , sans vouloir se laisser fléchir par les supplications des Étoliens, exposés chaque jour aux furieux assauts de leurs ennemis. Les larmes de sa mère et les prières de sa femme le décidèrent enfin à reprendre les armes , et il repoussa les Curètes au moment où ils allaient embraser la ville. Les malédictions d'Althée eurent cependant leur effet : Méléagre ne revint pas du champ de bataille. — Les poètes et les mythologues postérieurs à Homère se sont plu à broder la légende de Méléagre. Suivant eux , sept jours après que ce héros fut né , les Parques lui apparurent et prédirent sa grandeur future. Clotho dit qu'il aurait de la vaillance ; Lachésis , qu'il serait doué d'une force extraordinaire, et Atropos, qu'il vivrait autant de temps que durerait un tison qui brûlait alors dans le foyer. Althée éteignit aussitôt ce tison, et le garda soigneusement, afin de conserver la vie à son fils , doué aussi d'invulnérabilité. Célèbre par son adresse à lancer le javelot, Méléagre gagna le prix, dans ce genre d'exercice, aux jeux donnés en l'honneur d'Acaste ( BygioA Comme Argonaute, il tua le roi iEétés, qui lui disputait la possession de la toison d'or ( Diodore ). L'armée qu'il rassembla pour combattre le sanglier de Calydon était composée des héros suivants : Dryas, fils de Mars; Idas et Lyncée, fils d'Apharée ; les Dioscures ; Thésée , fils d'Égée ; Admète, fils de Phérès; Céphëe et Ancée, fils de Lycurgue; Jason, fils d'Éson; Iphiclès, fils d'Amphitryon; Pirithoiis, fils d'Ixion; Pélée, fils d'Éaque ; Télamon, de Salamine ; Eurytion, fils d'Actor ; Amphiaraus, fils d'Oïclée ; et, avec eux, les fils de Thestius, Iphiclus, Evippus, Plexippe, Eurypyle. Ces derniers, oncles de Méléagre, se nomment encore dans les auteurs, ïoxée et Plexippe ou Frothous et Cométès. Ovide comprend de plus au nombre des chasseurs calydoniens ; Acaste , Échion , Eupalamus , Eurytus , Hippasus , Hippothous , les Hippocootides, Iolas, Caenée, Gtéatus, Laërte, Lélex, Leucippe, Mopsus, Nestor, Panopée , Pélagon , Phœnix , Phylée ; et Hygin clot la liste par les noms d'Esculape, d'Alcon, d'Euphéraus, de Deucalion, et d'Hippotès. — Un point important à noter dans les mythes qui se rapportent à cette expédition, l'un des plus mémorables événements de l'antiquité héroïque, c'est l'introduction, qui n'a lieu que postérieurement à Homère, de la Diane arcadienne, Atalante,au milieu des chasseurs calydoniens. OEnée ayant accueilli chez lui les guerriers de l'expédition, et les ayant traités pendant neuf jours, le dixième,
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Céphée et Ancée parurent dédaigner d'aller à la chasse avec une femme ; Mélëagre , qui avait eu ou eut plus tard d'Atalante un fils nommé Parthénopée, les força d'admettre l'amazone dans leur compagnie. Lorsqu'ils furent tous rassemblés autour du sanglier, Hylée et Ancée furent tués par cet animal; Pélée tua involontairement Eurytion d'un coup de flèche; Atalante blessa la première l'animal d'un coup de flèche dans le dos. Amphiaraiis lui perça ensuite l'œil, et Méléagre le tua enfin en le perçant au côté. Après en avoir ûté la dépouille, prix prorais par OEnée ;iu \ainqueur, il la donna à Atalante; les fils de Thestius , se croyant déshonorés si une femme avait le prix en présence de tant d'hommes, la lui enlevèrent, disant qu'elle leur appartenait par droit de naissance , si Méléagre ne la prenait pas pour lui. Irrité de cela , Méléagre les tua, et rendit la peau du sanglier à son amante. Althée vengea ses frères en brûlant le tison fatal, et la vie de son fils finit avec lui. Suivant d'autres, ce fut Apollon luimême qui tua Méléagre pendant le combat entre les Curètes et les Étoliens, dont Homère fait mention. — Lorsque Hercule descendit aux enfers, l'ombre de Méléagre et celle de Méduse furent les seules qui ne s'enfuirent pas avec terreur devant le héros. Voy. Hercule. — Le fameux sanglier de Calydon ( qui n'était qu'une laie [blanche , suivant Athénée) est donné par quelques auteurs comme un descendant de la laie de Crommyon . Voy. Phea. On montrait ses dents à Tégée, dans le temple de Minerve Alée, et répieu de Méléagre, dans celui d'Apollon à Sicyone. — Les monuments antiques nous ont transmis plusieurs suites de représentations figurées relatives à Méléagre, qui y apparaît toujours comme un jeune homme mâle, aux cheveux bouclés, ayant la chlamyde étolienne roulée autour du bras gauche, et pour attribut une tète de sanglier.
méléagrides. Sœurs de Méléagre. Elles étaient au nombre de quatre, Gorgé, Eurymède, Déjanire et Mélanippe. Inconsolables de la mort de leur frère, elles le pleurèrent jusqu'à ce que Diane , irritée , les eut changées en pintades, excepté Gorgé et Dejanire, qui échappèrent à ce châtiment sur la prière de Bacchus. Les deux autres habitèrent l'île de Leros, sous leur nouvelle forme ; chaque année, à une certaine époque, elles recommençaient, disait-on, à pousser des cris plaintifs en mémoire de la fin malheureuse de Méléagre.
mélek-el-molt. L'ange de la mort, chez les Persans.
mêles, t. Père de Candaule, roi de Lydie. — 2. Jeune Athénien qui, décespèré de la mort de son ami Timagoras, se précipita du haut de l'Acropolis.
mélété. L'une des trois Muses, qui furent les premières révérées sur l'Hélicon. Voy. Muses.
MÉLIADES. T'py. MALIADES.
méliaste. Épithète de Bacchus, tirée d'une fontaine près de laquelle ses Orgies étaient célébrées.
mélibée (méliboea). i. Surnom deCora ou Proserpine. — 2. Océanide que Pélasgus rendit mère de Lycaon. — 3. Femme de Magnés et mère d'Aleelor, suivant Eustathe. — 4. Fille de Niobé; elle fut, ainsi que sa sœur Amycla, épargnée par Diane. Voy. Chlo ris — 5. Jeune fille d'Éphèse qui aimait un jeune homme nommé Alexis. Ses parents ayant .voulu la marier contre son gré, elle sauta du toit de la maison, le jour même des noces , et alla se cacher dans une barque qu'on avait laissée attachée au rivage. La corde qui retenait la nacelle se délia tout à coup, et la jeune fille commença à descendre le fleuve; elle ne s'arrêta qu'après une longue descente et se trouva auprès de son amant, qui avait aussi quitté sa patrie pour ne pas voir le bonheur de son rival. Les deux époux reconnaissants élevèrent un temple à Vénus Automaté et Épidatie.
MÉLICERTE (MÉLICERTÈS. ) Fils d'Atha-
raas et d'Ino ; il fut ainsi que sa mère mis au nombre des divinités marines. Son corps, porté par les vagues ou par un dauphin sur la côte de Corinthe, marqua l'endroit où on éleva plus tard un autel à Palémon.. nom que prit Mélicerte en se revêtant du caractère divin. Sisyphe institua les jeux isthmiques en son honneur. D'après Nicanor de Cyrène , cité par Athénée, Mélicerte fut adoré comme dieu-marin sous le nom de Glaucus. Voy. Palémon.
mélie (mélia). t. Océanide , amante d'Inachus et mère de Phoronée et d'Égiaiée ou de Pégée. — 2. Nymphe , amante de Silène, mère de Pholus. — 3. Nymphe, amante de Neptune, mère d'Amycus. — 4. Océanide, enlevée par Apollon, qui la rendit mère dTsménius (son frère, suivant d'autres) et du devin Ténéros. On lui rendait un culte dans l'isménium à Thèbes. — 5. Au pluriel, les Melies ( iXcXiai ) , nymphes qui naquirent du sang d'Uranus et de la Terre. On donne aussi ce nom aux nourrices de Jupiter.
méligums. Fille de Vénus ( Hésychius ).
mélï.vea. Surnom de Vénus à Méline en Argolide.
méline. L'une des Thespiades.
MÉLIN'OÉ. Voy. MlLLNOÉ.
mélissa. L'abeille. 1. Nymphe qui découvrit le miel et en enseigna l'usage aux hommes. Elle laissa son nom aux abeilles , qui étaient, dans l'antiquité, le symbole des nymphes ; aussi voit-on celles-ci porter le nom de Mélissœ ; être changées en abeilles ( Columelle ) ; conduire sous cette forme une colonie à Éplièse (Philostrate), et nourrir le jeune Jupiter . soit comme nymphes (Méliades) soit comme abeilles (Mélissœ). On donnait aussi ce dernier nom aux prêtresses de Proserpine et de Cérès. L'une de ces dernières, initiée, suivant Servius , aux
mystères secrets de la déesse, ayant refusé de les divulguer, fut massacrée par les femmes de Corinthe. Cérès , irritée , frappa la ville d'une épidémie meurtrière , et fit naître ies abeilles du cadavre desa prêtresse. —2. Diane- Lune, présidant aux naissances (Porphyre). — 3. Fille d'Épidamnos, amante de Neptune, dont elle eut Dyrrhachius. — 4. Sœur d'Amalthée.
méliss.eos. Surnom de Jupiter.
mélissosoos. Protecteur des abeilles.
Surnom de Pan.
MÉLISSUS (MÉLISSÉUS , MÉLISSOS). Roi
de Crète , époux d'Amalthée, et père des nymphes Adrastée et Ida, auxquelles Rhée confia Jupiter enfant. D'autres le font père d'Amalthée et de Méllssa.
MÉlite. 1. Néréide. — 2. Naïade, fille du dieu fleuve Egée, amante d'Hercule, dont elle eut Hyllus n° 3. - 3. Fille d'Érasinus.
mélitée (mélitéus ). Fils de Jupiter et d'une nymphe magnésienne. Sa mère, craignant le courroux de Junon, l'exposa dans un bois, où il fut nourri par des abeilles , puis recueilli par Phagrus, son frère de mère, qui lui donna le nom de M'élitée, en mémoire de sa miraculeuse conservation [mélissa, abeille). Plus tard Mélitée fonda Mélite dans la Phthie.
mélitodès. Douce comme le miel. Surnom euphémique donné à Proserpine.
MÉlius ( MÉlios ). i. Fils de Priam. — ?.. Surnom d'Hercule à Thèbes et à Thespies, où on lui sacrifiait une brebis ((ayjXov) et plus tard des pommes ((xrjXa).
melkarth. Le roi fort (en latin melicarthus). Nom de l'Hercule tyrien. On l'adorait aussi à Gadès , à Malte , et à Carthagc. Voy. Hercule.
mélusine. De toutes nos fées, Mélusine est, sans contredit, la plus célèbre C'était la patronne de la maison de Lusignan, et la plupart des femmes de cette famille portèrent son nom. Jean d'Arras , poêle du quatorzième siècle, a écrit en vers l'histoire de cette fée. Fille d'un roi d'Albanie, elle avait été, en punition d'une faute, condamnée par sa mère à être fée et serpent tous les samedis, jusqu'au jour du jugement dernier, à moins qu'elle ne pût trouver un chevalier qui consentît à l'épouser et ne pût jamais la voir sous cette forme. Raymondin, fils du comte de Forez, l'ayant rencontrée dans un bois, en devint amoureux, et l'épousa. Ce fut pour lui qu'elle bâtit le fameux château de Lusignan en Poitou. Mais malheureusement , il ne tint point la promesse qu'il lui avait faite de ne jamais chercher à la voir le samedi , et un jour il la surprit lorsqu'elle était métamorphosée en serpent. Elle s'échappa par une fenêtre en poussant un grand cri , et ne reparut plus. Seulement, toutes les fois que le château de Lusignan changeait de seigneur, ou qu'il devait mourir quelque personne de sa famille . on la voyait pendant trois Jours apparaître sur le donjon en exhalant de lugubres gémissements. Le manoir de Raymond
resta plein des souvenirs de ia mère des Lusignan, tour à tour nommée mère Lusigne, Merlusine, enfin Mellusine. Les bonnes gens parlaient sans cesse des huit fils de la femmeserpent, tous esfroyables à veoir, tous marqués de signes surnaturels. La statue de l'un d'eux, Geoffroi à la Grand' Dent, se dressait même sur la maîtresse porte, comme pour attester la réalité des traditions. Parfois , un serpent aux cercles noueux se glissait la nuit le long des escarpements de la forteresse. S'il en faisait trois fois le tour, on pouvait être certain de la menace d'un assaut. Les cris prophétiques de la fée redoublaient au trépas de quelque prince de la famille royale de France. Les constructions les plus anciennes et les plus renommées du Poitou , ainsi que des provinces voisines, étaient également attribuées à la femme-serpent; entre autres, les châteaux de Morvant, de Pouvant, de Partenay, de Parc-Soubise , du Coudray, de Salbart, de Béruges en Poitou , de Marmande en Touraine , d'issoudun en Berri , etc. ; et dans leurs vieilles ceintures de murailles flanquées de tours, dans leurs ruines majestueuses, ies mêmes apparitions se répétaient. La tradition de Mélusine était encore en pleine vigueur vers la fin du seizième siècle. Dans les guerres de religion qui désolèrent la France à cette époque , le château et la ville de Lusignan furent, en 1574, assiégés et pris par le duc de Montpensier. « Le roi, dit le président de Thou, ordonna que ce château, le plus fameux et le mieux bâti de France, serait rasé; on ne fit pas même grâce à cetté fameuse tour de Mélusine, que nos auteurs ont rendue si célèbre par les fables qu'ils ont racontées. » Catherine de Médicis, qui était, comme on sait , fort adonnée à la magie , prit alors un grand plaisir à faire causer de vieilles femmes qui lavaient leur linge à une fontaine auprès du vieux château. « Les unes lui disaient, rapporte Brantôme, qu'elles voyaient Mélusine quelquefois venir à la fontaine pour s'y baigner en forme d'une très-belle dame et en habit de veuve; les autres disaient qu'elles la voyaient, mais très-rarement, et ce , le samedi à vêpres ( car en cet état ne se laissait-elle guère voir), se baigner, moitié le corps d'une très-belle dame et l'autre moitié en serpent: les autres, qu'elle paraissait sur le haut de la grosse tour en forme d'une trèsbelle dame et en serpent. Les unes disaient que quand il devait arriver quelque grand désastre au royaume ou changement de règne,'ou mort et inconvénient de ses parents, les plus grands de ia France , que trois jours avant on l'oyait crier d'un cri très-aigre et effroyable par trois fois. On tient celui-ci pour très-vrai. » Une autre Mélusine figure dans les traditions féeriques de la Franche- Comté; c'est la vouivre , être moitié femme aussi moitié serpent, qui porte au front une escarboucle lumineuse.
melloiva ou MELLOiviA. Déesse latine