NÉM
fils de la Lune, et disent qu'il tomba de cet astre sur la terre. Il était invulnérable , et habitait la vallée de Némée, située entre Cléones et Phlionte, dans la partie nord-est du Péloponnèse. Hercule , allant l'attaquer, s'arrêta à Cléones, où un nommé Molcrchus (voy. ce nom) lui donna l'hospitalité. Son hôte voulant faire un sacrifice , il lui dit d'attendre trente iours, et qu'alors, s'il revenait vainqueur du lion, il sacrifierait à Jupiter Sauveur, et qu'au contraire s'il y mourait il lui rendrait à lui-même les honneurs héroïques. Arrivé à Némée et ayant trouvé le lion, il essaya d'abord de le percer à coups de flèches. Voyant qu'il était invulnérable , il le poursuivit avec sa massue. Le lion s'étant réfugié dans un antre qui avait deux ouvertures, Hercule en boucha une, et, entrant par l'autre, saisit le monstre par le cou et l'étrangla. Il le mit ensuite sur ses épaules , revint trouver Molorchus , qui , le dernier jour du délai fixé étant expiré, allait lui rendre les honneurs dus aux morts, et sacrifia lui-même à Jupiter Sauveur. — Le lion de Némée fut placé parmi les constellations.
némeens. Les jeux Néméens, comptés entre les plus fameux de la Grèce, furent institués par Hercule , après qu'il eut tué le lion de Némée , et en mémoire de sa victoire ; on les célébrait tous les trois ans.
néméios. Surnom de Jupiter,
némertès. Néréide.
némésées. Fêtes funèbres instituées en l'honneur de Némésis. On y faisait des expiations pour les morts et en faveur de ceux qui avaient abusé des présents de la fortune ou des dons de la nature.
némésis. Vulgairement déesse de la vengeance. Les poètes la font fille de la Nuit (Hésiode), de l'Érèbe (Hygin), de l'Océan (Tzetzès) , de la Justice ( Ammien Marcellin), de Jupiter et de la Nécessité (seul. Callimaq.). Suivant cette dernière tradition, Némésis accoucha d'un œuf que Minerve porta à Léda et d'où sortirent les Dioscures, — Originairement cette déesse était la personnification du sentiment moral de la justice et de l'équité, de la conscience et de la répugnance innée pour le mal; aussi Hésiode la place-t-il à côté de la pudeur ( Aidos ), Plus tard, et ceci apparaît surtout dans Hérodote et dans Pindare, on regarda Némésis comme une divinité fatale, présidant au sort des humains , et s'occupant principalement d'égaliser les conditions , en poursuivant les mortels aveuglés par de grandes richesses ou par l'excès du bonheur. Une fois comprise ainsi, Némésis devint nécessairement la déesse de la vengeance et du châtiment, qui, de même que Dicé et les Furies , finit toujours par atteindre les impies et les orgueilleux. A Smyrne on adorait deux Némésis; Alexandre reçut d'elles l'ordre de rebâtir la ville. Ce dédoublement de la grande déesse ne paraît pas appartenir à une haute antiquité. — Les surnoms les plus or-