‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 367 sur 420 · SIV · texte numérisé non relu

SIV

raître sous cette forme. — Les traditions les plus contraires se combattent sans cesse au sujet de ce dieu dans les livres sacrés des Hindous; ces divergences viennent de l'antiquité du culte de Siva, qui, antérieur au Vichnouisme, fut en antagonisme avec les modifications successives amenées par le cours des siècles. — « Quand se furent formées les quatorze mondes avec l'axe qui les traverse et au-dessus le mont Kailaça, alors parut sur le sommet de ce dernier le triangle, Yoni, et dans l'Yoni, leLingam. Ce Lingam (arbre de vie) avait trois écorces; la première et la plus extérieure était Brahma, celle du milieu Vicbnou; la troisième , et la plus tendre Siva ; et, quand les trois dieux se furent détachés, il ne resta plus dans le triangle que la tige nue , désormais sous la garde de Siva. » D'autres fois on représente Siva flottant , comme Brabma , dans le lotus : « Sur la montagne d'or Kailasa, habite le dieu Siva. Là est une plate-forme , sur laquelle se trouve une table carrée, enrichie de neuf pierres précieuses, et au milieu le Padma (lotus), portant dans son sein le triangle, origine et source de toutes choses. De ce triangle sort le Lingam, dieu éternel, qui en fait son éternelle demeure. » — Comme les deux autres membres de la trinité hindoue , Siva a une femme Bhavani , qui est sa fille , sa sœur et sa mère , et avec laquelle il fut obligé de lutter pendant longtemps. Il eut d'elle Ganéça (voy. ce nom) et Skanda , après avoir tué Kama, qui l'avait embrasé de ses feux. On lui donne encore pour enfants Véirava et Virabhadra, nés de sa sueur et de son souffle, puis Agni, Moudévi , Sana, Manarçouami, Içania. — Siva s'incarna deux fois , sous les noms de Markandéia et de Kandopa. — Il gouverne et conduit l'univers ; il prononce et exécute à la fois , dans les enfers comme ici bas, les arrêts *4e la justice et de la vengeance divine, et partout il est assisté de son épouse Bhavani. — Siva porte , sous le double aspect de reproducteur et de destructeur, une longue série de noms , dont le nombre s'élève à mille -uviron. Comme générateur et bienfaiteur : Mahëcha, le grand seigneur; Mahadéva, le grand dieu; Içouara, le grand maître ; Viomagéeka, seigneur du ciel ; Iç a, seigneur ; Boudécha , seigneur des sages; Bagliis , qui fait exister; Pachouvati , maître; Gangadhara , Gangophore; Tchandradhara , Séïénophore.

Sous son côté noir et menaçant, il s'appelle Ougra, l'horrible; Roudra, qui fait pleurer; liara, le destructeur; Bhima, le terrible; 'jkoulis , armé du trident; Mrdha, guerrier ; Ourchadradja, qui produit la pluie et la foudre, etc. — Le Siva bienfaisant est représenté porté sur le taureau Nandi , tenant dans ses mains le chevrotain , le bon serpent ot la fleur sacrée du lotus. Il a cinq tètes, dont une avec cinq yeux ( de là le surnom de Viroubakcha, aux yeux hidenx), et quatre mains; de son front, orné d'un croissant,

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coule une eau céleste. Au contraire le Siva infernal, qui se plaît au séjour des morts, s'abreuve de larmes et de sang, exerce les plus horribles vengeances, punit, récompense, et gouverne les âmes et les démons; ce Siva est représenté , vomissant le feu de sa bouche, armée de dents aiguës. Sa chevelure, entourée de flammes , est ou couverte de cendres , ou couronnée de crânes humains. Des serpents lui servent de ceinture et de bracelets. Ses mains nombreuses portent les armes les plus redoutables. Enfin un tigre est à ses côtés. Dans les légendes populaires le rôle de Siva a été complètement défiguré , et on le dépeint comme un libertin , un ivrogne , et un voleur. « Ravana, lui dit son épouse Bhavani, est resté debout au cœur de l'été environné de quatre brasiers ardents, allumés en son honneur ; par le froid le plus dur, il est resté debout dans l'eau glacée. Par la rude saison des pluies , il est resté debout , la tête inondée de torrents. Pour toi , tu n'es qu'un vieux coquin , que les voluptés ont flétri, un ivrogne dont la raison est étouffée par la fumée des herbes étourdissantes que tu respires. Tu couvres de cendres ton corps ignoble ; ton séjour de prédilection, ce sont les cimetières; tu les habites comme un vampire. Va, mendiant, ton nom sera en exécration parmi les hommes. A la longue on finira par l'oublier, monstre. »

seada. Déesse Scandinave, épouse de Niordr et mère de Fréir ; présidait à la chasse.

skanda. Dieu de la guerre aux Indes. On le nomme aussi Kartikéia ou Soubramania. Il naquit , soit de l'œil de Siva , soit de ce dieu et de Bhavani , qui le donna à nourrir à la constellation Kartika. On lui attribue pour épouses , ou deux filles de Vichnou (Tchandaravali et Amourdavali) , ou une Apsara, du nom de Devacéna, qui lui fut concédée par Indra. — Ayant vaincu Taraka, fameux chef des géants, il fut sur le point d'obtenir l'empire du ciel ; mais, joué par Ganéça \voy. ce nom), il quitta le Kailasa pour le pays de Kraouncha , et jeta là son épée, qui resta enfoncée dans.le sol. Plus tard, il défendit Ravana, attaqué par Rama. — Les livres sacrés donnent des épithètes pompeuses à ce dieu, auquel les Indiens ne rendent cependant qu'un culte très-secondaire, depuis la chute du sivaisme. — On le représente avec six ou sept tètes et douze ou quatorze bras, munis d'armes diverses. Un paon lui sert de monture. Le coq lui est aussi consacré.

skidjVer ou skïrna. Suivant du dieu Fréi, Il fut chargé par ce dieu de porter onze pommes d'or àGerda, pour l'engager à se laisser aimer. Voy. Fréi.

skol. Loup énorme qui, selon les Scandinaves , poursuit la lune et doit l'engloutir quelque jour.

skotos agnoton. Les ténèbres inconnues. Le plus ancien des êtres , dans la cosmogonie égyptienne de Damascius.

siainge et rughraidoe. Héros célè-

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bres dans l'histoire mythologique de l'Irlande.

slat. y-baba. La vieille d'or. Divinité slave, qui avait un temple très-riche dans la Permic. On la regardait comme la mère des dieux de la Slavonie, et elle passait pour rendre des oracles. Sa statue, entièrement dorée, la représentait tenant un enfant sur son sein. Elle était entourée de plusieurs instruments de musique. A défaut d'autres offrandes , on lui présentait quelques poils de barbe.

sleipxer. Cheval d'Odin. Sleipner a huit pieds , et court avec une vélocité prodigieuse.

s.MARAGOS. Génie funeste aux potiers. Il paraît appartenir à la mythologie burlesque.

smerdius (smerdios). Fils de Leucippe n° 5.

smicros. Fils deDémoclès, de Delphes, qui l'emmena à Milet , où il fut élevé par Eritharsès. Il y épousa ensuite une Milésienne, dont il eut Branchus.

smilax. Jeune fille, amante de Crocus; elle fut métamorphosée en une plante du genre des convolvalus.

sminthée (smixtheus). Surnom d'Apollon , tiré soit de la ville de Sminthe en Troade , soit du mot (7{JLi'v6o; , rat, parce que les anciens regardaient cet animal comme symbole de la divination et comme inspiré par les vapeurs prophétiques que la terre recèle. D'autres rapportent que Crinis , prêtre d'Apollon , ayant négligé ses fonctions sacerdotales, ce dieu le punit par la multitude de rats et de souris dont il remplit ses champs; mais Crinis obtint, par un redoublement de zèle , l'oubli de sa faute , et mérita qu'Apollon se donnât la peine de détruire lui-même ces animaux à coups de flèches, ce qui lui valut le surnom de Sminthéc. Une seconde légende nous montre les descendants de Teucer, sortis de la Crète et incertains sur le lieu du continent qu'ils devaient habiter, assaillis la nuit par des rais , qui rongèrent leurs ceintures et leurs boucliers de cuir. Ils s'établirent alors en cet endroit, et y élevèrent un te^nple à Apollon Sminthée. Une tradition non moins curieuse que celle-ci, met encore les rats dans une connexion intime avec la divinité : Séthon, prêtre de Vuleain (c'est-à-dire, sans doute, Fta), roi d'Égypte, attaqué par les Assyriens, et délivré par une multitude immense de rats, qui, en une seule nuit, rongèrent les cordes de tous les arcs ennemis , fit élever une statue qui le représentait tenant un rata la main, avec cette inscription : h Que mon exemple apprenne à révérer les « dieux. y> — Apollon Sminthée avait des temples à Ténédos , à Hamaxitus , à Parion , à Lindus , à Coressie, à Pœesse. Scopas l'avait représenté à Chrysé, mettant le pied sur un rat- Des médailles le montrent souvent un de ces animaux à la main.

s m o u ri a naka. Sœur de Ravana et reine d'une partie du Dékan; devint amoureuse de Rama lors de l'expédition de celui-ci contre

les Daitias. Ayant vu son amour méprisé, elle excita son frère a enlever la belle Sita épouse de Rama.

SMYRNE (SMYRNA). Fille de Theias et d'Orithyie, ou de Cinyre et de Cenchréis. Elle eut un commerce incestueux avec son père. V oy. Adonis. On la nomme aussi Mœra.

snorra. Déesse Scandinave, qui présidait aux sciences et à la sagesse.

sobades. Surnom des Bacchantes.

soccoth-bétvoth. Idole assyrienne peu connue, identique, soit à Vénus, soit à la constellation des Pléiades. Quelques auteurs pensent que ces deux mots désignent, non pas le nom de la déesse, mais les objets relatifs à son culte. Cette divinité était adorée à Babylone et à Samarie.

socharis. Divinité égyptienne, qu'on croit être la même qu'Isis.

socles. L'un des fils de Lycaon.

socos. Jeune troyen , fils d'Hippasus.

soerimner, Nom d'un sanglier monstrueux qui sert de nourriture aux héros Scandinaves admis dans le Valhalla. Chaque soir il est dévoré en entier par ces voraces guerriers, et chaque matin, le cuisinier Audhriraner le retrouve intact dans sa marmite.

soham. Monstre redouté des Parsis. C'était une sorte de dragon hippocéphale , long de huit pieds, et ayant quatre yeux.

soleil ( HÉLIOS, sol). Ainsi que la lune, cet astre a été adoré par presque tous les peuples , sous des noms différents. Nous ne comparerons pas ici les diverses formes de ces cultes , et, renvoyant aux articles Baal, Fre , Mithra, Patchacamac, Souria , etc., nous nous contenterons d'exposer le mythe du soleil tel qu'il est rapporté dans les auteurs grecs et latins. Les divergences relatives à son origine sont peu nombreuses. Il est vrai que Cicéron compte cinq Soleils : l'un fils de Jupiter ; le second , d'Hypérion ; le troisième , de Vuleain (Opas); le quatrième, d'Acantho; et le cinquième, père de Circé. Il est vrai encore, que, selon Diodore, Hélios fils d'Hypérion et de Basilée, noyé par les Titans ses oncles , fut transporté aux cieux et s'y confondit avec l'astre du jour. Mais ces opinions différentes ont peu d'importance; elles portent des traces trop évidentes , soit des subdivisions d'un même être , soit du plus grossier évhémérisme, pour mériter un examen sérieux. — Suivant Homère , le soleil est fils d'Hypérion et de Thia : de là ses noms patronymiques d'Hypérionidès et d'Hypérion ( pour Hypérioniôn). Le dernier est quelquefois employé comme le nom même du dieu (Odyss. 1,24; 11, XIX , 398 \ L'hymne homérique au soleil remplace Thia par Euryphaessa, et, ainsi qu'Hésiode , donne pour sœurs au dieu la Lune et l'Aurore. — L'Odyssée dépeint le soleil sortant à l'est du sein de l'Océan, non pas de l'orbe mobile du fleuve , mais d'une baie stagnante, que le poèTe désigne par le mot de >,i(j.vr] (Odyss. III, r-3). S'élevant dans

l'espace , il se trouve à midi au plus haut des cieux , commence ensuite à redescendre , et dirigeant sa course vers l'orient, disparaît de nouveau le soir dans l'Océan au point où règne une obscurité éternelle. Ce lieu porte le nom de portes du Soleil. Il faut remarquer ici que , bien qu'Homère fasse toujours disparaître cet astre à l'ouest, il le dépeint s'évanouissant tantôt dans les ténèbres des régions occidentales , tantôt sous la terre ; cette confusion se retrouve à propos du gisement de l'enfer homérique. Voxj. Enfers. L'expression avTO- Xaî yjeXlôtO qu'Homère emploie dans un passage de l'Odyssée (XII, 4) pour désigner l'île d'iEa, située à l'ouest, n'infirme en rien la donnée habituelle du poète ; car l'île de Circé ne porte le nom de lieu où le soleil se lève que relativement, et par rapport à Ulysse, qui, revenant des extrêmes limites de l'occident, aperçoit le soleil pour la première fois dans la demeure de Circé. — Le point où le soleil , après une direction apparente vers le nord ou le sud, s'incline au couchant, porte le nom de Solstice (xpouat yjeXtoio). — Quant au mode suivant lequel cet astre revient des régions occidentales dans la contrée du levant, Horaère« non plus qu'Hésiode n'en disent rien. — Complétons les données homériques sur le Soleil, en disant que ce dieu, qui n'est pas personnifié dans l'Iliade ni dans l'Odyssée sous une forme précise , est le dieu qui voit tout et apprend tout. Il révèle à Vulcain l'infidélité de son épouse , et à Cérès le rapt de Pluton. Cependant c'est Lampétie qui lui apporte la nouvelle de l'attentat commis par les compagnons dUlysse : ceux-ci, malgré les ordres du héros , ayant touché aux magnifiques bœufs du dieu dans l'île de Trinacie , qui lui est consacrée, le Soleil implora la vengeance des dieux, et menaça de descendre éclairer l'enfer. — Déjà dans l'Iliade on l'invoque dans les serments. — L'hymne homérique au Soleil précise la personnification du dieu : « Traîné dans un char rapide, il éclaire à la fois les dieux et les hom mes; à travers son casque d'or, ses yeux jettent des éclairs formidables ; des rayons étincelants s'élancent de son sein ; son casque brillant darde une splendeur éclatante; autour de son corps brille une draperie légère, que le souf fie du vent agite ; sa main conduit de v igoureux coursiers. » Les mythographes postérieurs , grecs et latins, ont conservé ces données en les amplifiant. Pour rendre compte de la réapparition quotidienne du Soleil au levant après su disparition dans l'ouest, ils supposent que, porté dans une barque d'or, il décrit chaque nuit un demi-cercle et se retrouve ainsi au point d'où il était parti le matin. Cette barque, qui, suivant Stésichore, contient sa mère, sa femme et ses enfants , est l'ouvrage de Vulcain. Il la prêta à Hercule. — Suivant le brillant Ovide, le lieu où le Soleil sort de la mer le matin , est occupé par un riche palais dans lequel siège le dieu, vêtu de pourpre,

et la tète ornée d*un diadème éblouissant autour de lui se pressenties Heures , les Jours les Mois , les Saisons , les Années. Chaque matin Téthys a mission d'ouvrir les barrières. — Nonnus, Athénée et Stace placent , au contraire, le palais du Soleil à l'ouest; près de là, ses chevaux paissent dans les îles des Heureux. — Quant au char du Soleil, mentionné pour la première fois dans l'hymne homérique , il est en or et a été fait par Vulcain. Les Heures y attellent ou deux coursiers seulement, Lampon et Phaéthon , ou quatre : Chronos, Aéthon, Astrape, Bronte, nommés aussi Pyroéis, Eous, Aéthon et Phlégon. Ces chevaux vomissent la flamme, et sont ailés. L'art des époques tardives les remplace quelquefois par des griffons. Du reste, les chevaux sont étroitement liés au culte du Soleil et à son mythe ; on voit ce dieu en donner un à /Eétès, à Hercule, faire présent à Médée d'un char attelé de dragons aîlés, donner place dans le sien à Circé, qui se rend à l'île d'iEa, à Vulcain, épuisé d'un combat avec un géant , enfin se faire remplacer par son fils Phaethon. Foy, ce nom. Il faut remarquer que dans les mythes, là apparaissent le plus souvent des troupeaux sacrés, et surtout des troupeaux de bœufs, où le culte du Soleil était en vigueur; ainsi à Érythie et à Apollonie. — La biographie.proprement dite du Soleil est courte et hachée. Suivant Servius , le Soleil, ayant fait preuve de bienveillance envers les Cronides, ne fut pas chassé comme ses frères les Titans. Frappé d'horreur à la vue du forfait d'Atrée , il recula dans les cieux. Un mythe, qui exprime d'une manière naïve le souvenir d'un fait géologique très-important, montre le Soleil en lutte avec Neptune (la mer) pour le territoire de Corinthe; Briarée, choisi pour arbitre, assigna l'isthme au dernier, et l'Acrocorinthe au Soleil, qui abandonna son lot à Vénus. On ne lui en éleva pas moins des autels en ce lieu. Pindare rapporte une fable analogue : lorsque les dieux se partagèrent le monde , Rhodes gisait encore sous les flots , et le Soleil, absent en cet instant, ne reçut aucun lot. I l s'en plaignit à Jupiter, qui , pour le dédommager, lui accorda cette île, qui parut alors à la surface de la mer. — Il nous reste à parler d'une confusion dont nous avons déjà dit quelques mots à l'article Atollon. Dans les poètes grecs et chez les Romains cette dernière divinité et le soleil paraissent à peu près identiques. Si l'on remarque d'un côté que le Soleil est déjà, dans Homère, le dieu qui voit et apprend tout , qu'il punit les mauvaises actions ( Apollonius ) , qu'il épie les dieux et les hommes ( Hymne à Cérès), que la croyance vulgaire lui attribuait ia faculté fatidique; et d'un autre côté, qu'Apollon a aussi dans Homère un caractère analogue , et qu'il porte le surnom de Phœbos ( brillant d'une lumière intellectuelle), on ne s'étonnera pas de la confusion qui a dû se produire plus tard entre ces deux divinités. On croit retrouver lçs

premières traces de cette identification dans Eschyle. ( Suppl. 198 ). Pindare ( Pyth. III , 29 ) emploie en parlant du dernier des expressions presque identiques avec celles par lesquelles Homère désigne l'astre du jour : « C'est le dieu qui sonde tous les cœurs, l'infaillible, que les immortels et les mortels ne peuvent tromper ni par leurs actions ni par leurs plus secrètes pensées. » Il paraît que la philosophie naturelle établit la première entre Apollon et le Soleil des rapports intimes, développés et affermis plus tard par Euripide. Mais il faut cependant remarquer que ces deux divinités n'ont jamais été identifiées d'une manière complète; ainsi, les poètes grecs n'ont point représenté Apollon guidant le char du Soleil, et les Latins postérieurs à Virgile l'ont rarement fait. De même , les artistes ont toujours distingué le premier du second, en lui donnant une figure plus pleine, une taille plus robuste et plus ramassée, et une chevelure qui, relevée sur le front, retombe sur les tempes et sur le cou. — Quant à l'identification du Soleil avec Jupiter et Bacchus , dans la Théosophie orphique, elle n'a pas plus de fondement que les autres doctrines de cette école mystique. — Le Soleil eut de Persé ouPerséis, Circé et^étès ( Apollodore ajoute à ces deux noms celui de Pasiphaé); de Néère, Phaéthuse ei Lampétie; d'iphinoé ou Naupidame, Augias; de Clymène, Phaéthon; de Rhodé, les quatorze Héliades. On nomme encore au nombre de ses amantes Leucothoë et Clytie , ainsi que la Terre , dont il eut Achéloùs. Dans Lycophron, Thémis passe pour sa fille. Un scoliaste de Pindare lui donne pour amante Amphitrite ou Vénus, et fait naître Rhodé de cette union. P'oy. Anaxibie. — Ses principaux surnoms sont les suivants : Acamas , infatigable; Éleuthèrios , libérateur ; Élector et Pamphanoon , rayonnant ; Hypérion, fils d'Hypérion ; Pandercès , qui voit tout; Phaéthon, Phœsimbrotos, Pkœbos (surnom propre d'Apollon), brillant; terpsimbrotos, qui réjouit les mortels. Le culte du Soleil était très-ancien en Grèce. Deux passages de l'Iliade nous montrent ce dieu invoqué dans les serments, et Ulysse, assiégé par la tempête, lui promet de lui élever un temple à Ithaque, s'il lui permet de gagner la côte. C'était aussi un usage très-ancien que de venir raconter ses songes au Soleil, quand ils semblaient présager quelque catastrophe. Les lieux les plus renommés pour le culte qu'on y rendait au dieu du jour étaient Élis, Apollonie, Hermione, l'Acropole de Corinthe, Argos, Trézène, Mégalopolis, Calaurie, le Ténare , Athènes , la Thrace ; et enfin Rhode , où se voyait le fameux colosse , surtout célèbre parce que, suivant une tradition erronée > les vaisseaux passaient à pleines voiles entre ses jambes. Cette masse, œuvre du sculpteur Charès , élève de Lysippe , avait soixante-dix coudées de hauteur; elle fut renversée par un tremblement de terre, et l'oracle défendit

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