SOR
entre les bras de la Nuit. De nouveau séduit par Junon, qui lui promet un trône d'or et la plus jeune des Grâces, la charmante Pasithée , pour épouse, le Sommeil se cache sur un sapin de l'Ida, sous la forme d'un oiseau de nuit, et endort Jupiter; puis il court annoncer cette nouvelle à Neptune, et regagne ensuite Lemnos. — Plus tard, on fit du Sommeil un fils de la Nuit (Hésiode) ou d'Aslrée (Sénèque trag.) , résidant aux enfers , et conduisant le char de sa mère. On supposa que pour endormir les hommes il les touchait avec une baguette magique ou les éventait avec ses ailes brunes ou dorées. Outre ces deux attributs, .on lui donnait encore une corne remplie de sucs narcotiques et de pavots. — Ovide donne pour résidence au Sommeil une grotte des monts Cimmériens, où les rayons du soleil ne pénètrent jamais , où ne se montre aucun être vivant; les seules plantes qui existent dans ce lieu sont le pavot et d'autres somnifères. C'est là qu'habite le Sommeil, entouré de ses enfants, les songes, parmi lesquels se distinguent Morphée, Icélus ou Phobétor, Phanlasus. — Les œuvres d'art des anciens représentaient presque toujours le Sommeil à côté de la Mort, et il en était de même dans le culte. Ainsi l'on voyait à Sparte des statues de ces deux divinités. A Trézène, on sacrifiait aux Muses en même temps qu'au Sommeil : cette idée est reproduite dans un groupe de la villa de Cassius à Tivoli, représentant le Sommeil au mileu des Muses , sous les traits d'un jeune homme debout, la tête penchée et les yeux fermés; son bras gauche . appuyé sur un tronc d'arbre, retient à peiné un flambeau renversé. — Quelquefois, mais rarement, ce dieu jouissait d'un culte particulier. A Sicyone , où on l'adorait sous le nom û'Hijpnos Épidotès ( qui donne ), sa statue le représentait endormant un lion.
somiyialis. Surnom d'Hercule , de qui on croyait recevoir des avertissements en songe. Les malades allaient dormir dans ses temples f pour y recevoir les avis du dieu.
songes. Suivant Homère , ils habitent le ténébreux rivage de l'océan occidental; ceux qui annoncent la vérité aux mortels sortent par une porte d'ivoire, les autres par une porte de corne. Hésiode les fait fils de la Nuit; Euripide , de la Terre , et les peint avec des ailes noires. Ovide , qui leur donne pour père le Sommeil, en nomme trois principaux, Morphée, Icélus et Phantasus. — Homère paraît reconnaître un dieu du songe par excellence. — L'art antique ne nous a guère transmis de représentations figurées des songes ; Hirt croit voir dans une figure de femme accompagnée de trois génies ailés endormis J modelée sur une lampe funéraire, la personnification de la Nuit et des Rêves. Quelques bas-reliefs figurent Morphée, auprès d'Endymion , sous les traits d'un vieillard ailé.
sonteb ou seb. Déesse égyptienne, qui ne nous est connue que par les monuments. Une
sculpture du temple d'Edfou la représente portant un vase sur la tète , et marchant processionnellement derrière Ertosi, Djom et Tafnet, tandis qu'Haroéri, Isis, Nephthys , et les quatre génies infernaux la suivent.
soou, sou ou gaou. Dieu égyptien inconnu , que les mythologues identifient avec Jupiter (Zéou) et avec Hercuie (Djom). Un bas-relief du grand temple de Denderah le représente derrière deux divinités, sans doute Osiris et Isis , vers lesquelles se dirigent un prêtre, un roi et sa femme. Une planche du Panthéon égyptien le figure à côté d'une déesse inconnue, et recevant les offrandes d'un souverain : Soou a les chairs vertes; il est revêtu d'une tunique à raies jaunes et rouges, et deux plumes bleues surmontent sa coiffure.
sophax. Fils d Hercule et de Tinga, épouse d'Antée; il donna son nom à la dynastie des Syphacides.
soranus. Dieu du monde souterrain, chez les Sabins. Suivant Servius , le mont Soracte, qui avait probablement tiré son nom de cette divinité, était consacré aux dieux infernauv , et particulièrement à Dispater. — Un jour qu'on sacrifiait à ce dieu , des loups vinrent enlever les victimes ; poursuivis par des bergers , ils se réfugièrent dans une caverne d'où sortirent des vapeurs pestilentielles qui communiquèrent la peste à la contrée. Alors l'oracle , déclarant que les loups étaient protégés par Soranus , ordonna aux montagnards du Soracte de vivre, comme ces animaux, de rapines; ce qui leur fit donner le nom d'flirpins (du mot sabin IrpUs, loup), et de Sorani. Quelques familles romaines se prétendaient issues de cette peuplade sabine. Voy. HiRrms. Elles marchaient pieds nus sur des charbons ardents lors de la fête d'Apollon, célébrée sur le Soracte. Suivant Strabon.ee cérémonial bizarre faisait partie de la fête de Féronia., et il est probable que dans l'origine Soranus et Féronia avaient un culte commun et ne différaient pas essentiellement des divinités étrusques Mantus et Mania. Des Sabins le culte de Soranus passa aux Falisques. Plus tard , les Romains identifièrent Dispater, le dieu de Soracte, avec Apollon , primitivement étranger à la religion italique; sans doute à cause des analogies accidentelles qui existaient entre l'Apollon Oulios des Hellènes, et Soranus, auquel les Falisques attribuaient la même puissance destructrice. Le loup était d'ailleurs consacré au fils de Latone ainsi qu'au dieu grossier du Soracte. Enfin , l'oracle de Delphes jouissait d'une grande célébrité parmi les Étrusques, ce qui dut faciliter l'identification des deux divinités.
sorgé. Fille d'OEnée, roi de Calydon ; elle épousa Andrémon et fut mère d'Oxylus.
sororia. (DeSoror, sœur.) Surnom sous lequel Horace, après le meurtre de sa sœur, éleva un autel à Junon et à Janus Curiatius.