‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 45 sur 420 · ROPE · texte numérisé non relu

ROPE

APHOPHIS. VOIJ. KPAPHUS.

APHRODITE. Vénus. FoiJ. VÉNUS.

apis. 1. Fils de Phoronée et de Laodicé, roi d'Argos. Comme il gouvernait tyranniquement , il fut tué par Telchin et Thelxion. Le Péloponnèse fut appelé d'après lui, Apis, ou terre d'Apis (Apoilodore). — Selon Vanon et Eusèbe, Apis conduisit une colonie grecque en Egypte, où il répandit la civilisation, donna des lois et enseigna les arts. Par reconnaissance pourtant de bienfaits, les Égyptiens, après sa mort, le mirent au rang des dieux , et l'adorèrent sous le nom de Sérapis. — 2. Fils de Telchin, et roi de Sicyone. Suivant Pausanias, le Péloponnèse, avant l'arrivée de Pélops à Olympie , s'appeia d'après lui Apia. Il eut pour fils Thelxion.— 3. Fils de Jason , né à Pallantium. iEtolus le tua par mégarde aux jeux funèbres célébrés en l'honneur d'Azan. Voy. ZEtolus 1.— 4. Fils d'Apollon /médecin et devin deNaupacte. Il délivra Argos des bêtes féroces qui dévastaienteette contrée.

apis, ou, suivant Champollion jeune, hapi. Divinité adorée en Egypte sous la forme d'un breuf. Le bœuf Apis était considéré comme un symbole vivant d'Osiris. comme un incarnation de son âme. Sa résidence était à Memphis ; du reste , il était révéré de l Egypte entière. On célébrait en son honneur une fête solennelle, pendant laquelle le bœuf était conduit proeessionncllemcnt par les prêtres. La durée de sa vie était limitée à vingt-cinq ans. Lorsque avait vécu le temps voulu, s'il ne mourait pas naturellement, les prêtres le conduisaient

A PO il

sur les bords du Nil, et le noyaient avec les cérémonies prescrites. Les Égyptiens pleuraient ensuite sa mort comme celle d'Osiris môme, avec de grandes lamentations. On procédait alors à la recherche d'un nouvel Apis. On le reconnaissait à divers signes, dont Élien porte le nombre à vingt-neuf. Suivant Plutarque, il devait être noir et en même temps être marqué d'une tache blanche et carrée sur le front, et de plus avoir sur le côté droit une marque blanche ressemblant au croissant de la lune. On peut soupçonner que ces signes étaient en partie l'ouvrage des prêtres, qui les imprimaient eux-mêmes d'avance sur l'animal.

Lorsqu'enfin Apis était trouvé, on célébrait son avènement comme on eût fait d'une résurrection d'Osiris. — Apis avait à Memphis deux étables, ou plutôt deux temples, dans lesquels il rendait ses oracles. S'il mangeait ce qu'on lui présentait, c'était un augure favorable, et s'il le refusait, c'était un signe funeste. Quand on venait le consulter, on brûlait de l'encens sur l'autel, et on y déposait une pièce d'argent; puis on approchait l'oreille de la bouche d'Apis, et l'on se retirait en se bouchant les oreilles, jusqu'à ce qu'on fût hors du temple. Le premier son qu'on entendait alors était pris pour la réponse du dieu. — Apis n'était point le seul dieu bœuf qu'adorassent les Égyptiens ; tels étaient aussi Mnévis, Pacis et Onuphis. Apis était le plus célèbre des quatre.

apisaon. 1. Fils de Phausias, tué devant Troie par Eurypyde (Iliade). — 2. Pœonien, fils d'Hippasus, tué par Lycomède (Iliade).

Apollon. Fils de Jupiter et de Latone, et frère de Diane (Artémisj. Une tradition le fait naître en Lycie (Iliade), une autre à Délos (hymne homérique à Apollon) , une autre dans le boissacréd'Ortygie, près d'Éphèse (Tacite); une autre àTégyre en Béotie, et une autre à Zoster dans l'Attique ( Étienne de Byzance ). Le culte de Délos ayant pris une importance considérable , la tradition qui rattache à cette île la naissance du Dieu devint par la suite dominante , sans que pour cela il faille conclure qu'elle fût ni d'une haute antiquité ni d'une grande valeur. — Après avoir longtemps erré, poursuivie par le serpent Python, que Junon, jalouse, suscita contre elle , ou suivant d'autres, demandant en vain à toutes les contrées un lieu de relâche que sur l'ordre de Junon la Terre lui refusait partout, c'est à Délos que Latone, enceinte, parvint enfin à trouver un refuge. Cette île consentit à lui donner asile , mais moyennant le serment que fit Latone qu'Apollon fixerait à Délos le siège de son culte. D'autres racontent qu êtant submergée, l'île sortit des flots pour la recevoir; ou bien que , jusque-là flottante , elle devint stable au moyen de quatre colonnes qui s'élevèrent du fond de la mer pour la soutenir. Voy. Latone et Asteïua. — l à sur le montCynthus, au pied d'un palmier, ou, suivant d'autres, d'un olivier, ou de l'un et i'au-

i2 A PO

trc à la fois , ou encore de deux lauriers, elle mit au monde Apollon et Diane. Rhéa , Thémis, Dioné, Amphitrite et les autres déesses vinrent assister à sa délivrance ; seules Junon et lllithie ne paraissaient pas. Enfin la dernière , à force de promesses, se décida à venir, etLatone, aprèsune attente de neuf jours, fut délivrée. Apollon naquit à sept mois, le septième jour du mois. C'est pourquoi le nombre sept lui fut consacré. De là aussi le surnom de Heplaménœos , enfant né à sept mois, et de Hebdomagénès, né le septième jour, ou plutôt Hcbdomayetès, celui auquel on sacrifie le 7 de chaque mois. Les déesses ayant reçu le jeune dieu le baignèrent et l'enveloppèrent de ses langes. Thémis le nourrit de nectar et d'ambrofate. — Peu de jours s'étaient écoulés depuis sa naissance lorsqu'il perça de ses flèches te serpent Python (ou Delphien), persécuteur de Latone. Suivant une tradition, il dut ensuite se purifier de ce meurtre , et pour l'expier il servit huit ans chez Admèle, roi de Phères, en qualité de berger. Du reste, relativement aux causes ou à la durée de cette servitude, les traditions offrent de nombreuses variantes. D'après le récit vulgaire, irrité de ce que Jupiter avait frappé de la foudre son fils Esculape, Apollon tua les Cyclopes, et c'est par suite de <e meurtre que, banni du ciel , il se réfugia chez Admète, dont il garda les troupeaux. Suivant un autre récit, il avait ourdi avec Neptune une conspiration contre Jupiter. Tous deux furent exiies de l'Olympe. S'étant alors mis au service de Laomédon, ils bâtirent de concert les murs de Troie. Voij. Laomédon. Le temps de son exil achevé , Apollon rentra en grâce auprès de Jupiter, qui lui confia la conduite du char du soleil. — Apollon appartient à cette classe de dieux qui sont issus de Jupiter, dont ils relèvent. — I. Il s'offre sous le caractère d'un dieu vengeur, d'un dieu qui envoie aux hommes le châtiment et la mort (Ouliosj. Comme tel, il est armé d'un carquois et de flèches inévitables , dons de Vulcain (Pindare). De là les surnoms de Hecatos , Hécœrgos , Hécatébolos , d''Hekébolos, celui dont les coups atteignent au loin ; Clytotoxos,xArgyrotoxos, le dieu illustre par l'arc , le dieu à l'arc d'argent. Cependant ceux qui tombent sous ses coups ne^sont point frappés à la manière des guerriers dans la bataille ; la mort qu'il envoie, c'est toujours la mort naturelle. C'est ainsi que dans l'Iliade il frappe de la peste l'armée d'Agamemnon. — 11. Mais il n'est point seulement un dieu vengeur; s'il envoie aux hommes la peste et les maladies, il est aussi le dieu bienfaisant qui les écarte, celui qui par ses oracles enseigne aux hommes à s'en garantir. Il est donc le dieu qui détourne le mal (de là les surnoms d'Atexicacos , Apotropecos, le dieu seeourable . le dieu sauveur, te dieu qui guérit, Acesios, Acestor, Pa?on,Epicourios, Medicus, Opifer, Salutaris\ C'est pourquoi dans les pestes ou autres maladies . on consultait son oracle; de là le surnom d'Ia-

Page 1